# \[e-med\] (2) Position et r�le de l'industrie du m�dicament

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**Category:** e-med\
**Created:** [June 13, 2002, 7:52am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-2-position-et-r-le-de-lindustrie-du-m-dicament/14525 "2002-06-13T07:52:11Z")\
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**Author:** ![laurent.ziegelmeyer](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/l/f08c70/32.png) [@laurent.ziegelmeyer](https://talk.edrugplus.org/u/laurent.ziegelmeyer)\
**Post date:** [June 13, 2002, 7:52am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-2-position-et-r-le-de-lindustrie-du-m-dicament/14525/1 "2002-06-13T07:52:11Z")

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E-MED: (2) Position et r�le de l'industrie du m�dicament  
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Bonjour � tous,

Syndicaliste dans l'industrie pharmaceutique, je vous livre quelques  
extraits d'un article qui sera publi� � la rentr�e, pour ouvrir le d�bat,  
sur l'alternative � "big pharma".

"Revenons sur la notion de m�dicaments g�n�riques, et les diff�rences entre  
Nord et Sud. Les m�dicaments fabriqu�s au Br�sil, en Inde par exemple  
d�nomm�s g�n�riques sont des copies de m�dicaments encore prot�g�s. Par  
contre, en Europe, le terme g�n�rique �voque des mol�cules dont le brevet a  
expir�. Et en g�n�ral, les fabricants de ces g�n�riques sont des filiales de  
grands groupes pharmaceutiques ! Il y a aussi une diff�rence dans le d�bat,  
ce que font les br�siliens est l'appropriation de m�dicaments pour r�pondre  
� des besoins de sant�, appropriation in�vitable face � Big Pharma.

Au nord, les gouvernements disent augmentons la part des g�n�riques, pour  
diminuer les d�penses de sant�. Au del� de l'aspect contestable de cette  
approche comptable, il faut �voquer �galement le marchandage avec les  
industriels, qui est en gros, nous augmentons la pr�sence des g�n�riques, si  
vous augmentez nos prix sur les mol�cules innovantes, avec le risque  
d'aggraver encore l'�cart entre une m�decine pour les riches et une m�decine  
pour les pauvres. Il ne faudrait pas qu'� terme on aille vers des  
m�dicaments pour les pauvres les g�n�riques, et des m�dicaments pour les  
riches avec des prix libres que seraient les mol�cules innovantes ! !

Et puis cette r�flexion sur le g�n�rique, cette mode devrai je dire, part  
d'un principe contestable : consid�rer le m�dicament comme un produit  
anodin. Enfin il serait illusoire de croire que dans un cadre exclusivement  
priv�, sans r�forme des brevets, la concurrence entre grands groupes pour la  
fabrication de g�n�riques ferait r�ellement baisser les prix de mani�re  
durable. C'est un secteur o� pour prot�ger les profits, l'entente est de  
mise. Prenons l'exemple de Pretoria, mais surtout la d�couverte r�cente aux  
USA et en Europe d'un accord illicite entre trusts sur le prix des vitamines  
! Il faut dire �galement qu'aujourd'hui les g�n�riques les moins chers  
restent encore hors de port�e pour la plupart des habitants des pays  
pauvres."

"En fait c'est bien de changements radicaux dont nous avons besoin. Il  
s'agit tout d'abord de d�battre de la notion de propri�t� intellectuelle et  
de son appropriation. Les brevets dans ce domaine ne sont qu'une  
confiscation pour des int�r�ts lucratifs. Il faut sortir de ce syst�me. Je  
rappellerai ce que disait le docteur Salk, cr�ateur du premier vaccin contre  
la polio en 1955. Un journaliste lui demanda � qui appartenait cette  
d�couverte, il r�pondit : � Eh bien au peuple, il n'y a pas de brevet.  
Peut -on breveter le soleil ? �.

Il ne s'agit pas d'imposer aux labos de faire l'aum�ne mais bien de donner �  
chaque �tre humain le droit � la sant� et cela repose la question du  
m�dicament pour qui, pour quoi faire ? Je rajouterai avec quelle industrie  
pharmaceutique ?

Le m�dicament n'est pas un produit comme les autres, il faut le consid�rer  
comme partie int�grante de la politique de sant�, comme un bien public, au  
m�me titre que l'eau, l'�nergie... La recherche, la production et la  
distribution pharmaceutique ne doivent donc pas �tre r�gis par les lois du  
profit, sous le contr�le exclusif de quelques grands groupes priv�s. Il  
appara�t clairement que ceux ci doivent �tre plac�s sous contr�le public. En  
France dans les ann�es 80, nous avons connu une nationalisation de  
l'industrie pharmaceutique. Cela n'a pas emp�ch� il est vrai des scandales  
comme l'Oltipraz, traitement contre la bilharziose d�couvert chez  
Rh�ne-Poulenc mais jamais produit. Cela n'a pas permis la constitution d'un  
grand p�le pharmaceutique permettant de r�pondre aux besoins. En fait cette  
nationalisation a remis ces entreprises � flot, ce qui a permis des  
privatisations juteuses ensuite. Ce contr�le public peut prendre plusieurs  
formes.

Tout d'abord on peut �voquer la mise en place d'un v�ritable conseil  
scientifique du m�dicament, ind�pendant de Big Pharma, qui en lien avec les  
ONG �tablissent des priorit�s. Les conclusions de ce conseil pourraient  
servir d'orientations tant � la recherche publique, j'y reviendrai qu'�  
l'industrie priv�e. Comment ? Les aides publiques pourraient �tre soumises �  
ces orientations, et on peut imaginer �galement l'obligation pour les trusts  
d'utiliser une partie de leurs b�n�fices � des recherches et des productions  
utiles et indispensables.

D'autres pistes peuvent �tre �voqu�es : fond aliment� par une taxe sur ces  
b�n�fices, fond de soutien � la recherche publique et � des initiative de  
solidarit� internationale. On peut penser �galement � la r�quisition des  
unit�s de fabrication qui ne sont pas utilis�es afin de produire les  
m�dicaments faisant d�faut aujourd'hui. Il y a �galement n�cessit� �  
r�fl�chir sur la recherche publique, il faut la sortir de son asservissement  
au priv�. Cela veut dire lui donner plus de moyens mais aussi lui donner une  
autre dimension. Pour d�velopper un m�dicament apr�s sa d�couverte, elle est  
quasi oblig�e de passer par Big Pharma, cela suppose donc la mise en place  
d'un secteur de d�veloppement pharmaceutique public.

Cette derni�re proposition m'am�ne � pousser plus loin la r�flexion,  
r�flexion que l'on pourrait r�sumer par une d�claration d'Yves Salesse,  
pr�sident de la fondation Copernic : � La r�alit� d'aujourd'hui est que des  
choix fondamentaux pour la vie imm�diate et l'avenir de nos soci�t�s,  
rel�vent de d�cisions priv�es, alors qu'ils devraient �tre au coeur du d�bat  
d�mocratique. �. Toutes les propositions �voqu�es pr�c�demment ne sont pour  
moi que des mesures temporaires. C'est vers la constitution d'un grand p�le  
public de recherche et de production pharmaceutique qu'il faut aller, mais  
avec un mode de gestion qui ne soit pas calqu� sur le priv�, p�le public  
g�r� par les chercheurs, les salari�s, impliquant les syndicats, les  
associations de malades, les ONG, p�le public tr�s ouvert sur les  
collaborations internationales notamment avec le Sud, p�le public dont les  
d�cisions seraient impuls�es par le d�bat d�mocratique et non par le  
profit."

Laurent Ziegelmeyer  
Laurent.Ziegelmeyer@aventis.com

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