Face à la corruption sur les fonds du Fonds Mondial au Mali, je métonne
quil ny ait pas eu plus de réactions dindignation outre celles dArsène
OUEDRAOGO conformes à celles que lon peut attendre dun confrère venant
du pays des hommes intègres !!!
Un tel silence peut au mieux paraître complaisant.
Mais la réaction de Théophile AGBOFOUN doit nous interpeller car dune
part il estime que lAfrique na pas le monopole de la corruption parce
que « les vrais escrocs sont ailleurs » et dautre part, il trouve mille
excuses aux fléchissements des « pauvres fonctionnaires, complices mal
payés » face aux « fonctionnaires internationaux qui gagnent dix fois plus
que les nationaux ».
A ma modeste place, je pense quil ne faut pas se tromper de combat.
Dans léchelle des valeurs, il y a toujours plus pauvre que soi. Dans nos
pays, les fonctionnaires sont des privilégiés par rapport à la moyenne et
des « bourgeois » par rapport au lumpen prolétariat. A contrario, il y a
des gens qui refusent des postes de fonctionnaires internationaux.
Voler à un riche na pas les mêmes conséquences que voler à un pauvre car
le riche rebondira toujours alors que le pauvre peut payer de sa vie. Or
lAfrique est le continent le plus pauvre sur lequel continue de se porter
le plus dattention au plan mondial malgré 50 ans dindépendance. Pour
exemple, le PIB/habitant de la Corée du Sud en 1960 était inférieur à
celui des pays dAfrique sub saharienne. Aujourdhui le Pays du matin
calme figure à la 26ème place du classement IDH du PNUD.
Alors de grâce, ne cherchons pas de boucs émissaires à nos propres
turpitudes. Que chacun fasse son travail de façon irréprochable au plan de
la morale et de léthique et pour ce qui est des pharmaciens conforme aux
règles de lhonneur, de la probité et du désintéressement comme nous en
avons prêté le serment.
Rien ne peut justifier la corruption, le vol. Il en va de notre
crédibilité. Face à de tels cas il convient de condamner sans amalgame ou
au pire de suivre les paroles du sage : « Il y a un temps pour ne rien
dire. Il y a un temps pour parler. Mais il ny a pas de temps pour tout
dire».
Francis Coste da SILVA
Président de Santé Sans Frontières