# \[e-med\] Afrique du sud, traitement par la névirapine des femmes enceintes

**URL:** <https://talk.edrugplus.org/t/e-med-afrique-du-sud-traitement-par-la-nevirapine-des-femmes-enceintes/22174>\
**Category:** e-med\
**Created:** [April 14, 2005, 8:31am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-afrique-du-sud-traitement-par-la-nevirapine-des-femmes-enceintes/22174 "2005-04-14T08:31:51Z")\
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**Post date:** [April 14, 2005, 8:31am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-afrique-du-sud-traitement-par-la-nevirapine-des-femmes-enceintes/22174/1 "2005-04-14T08:31:51Z")

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[en complément du précédent message sur la nivérapine]

1 - AFRIQUE DU SUD : Les mères séropositives se font entendre

JOHANNESBOURG, le 12 avril (IRIN) - Cela fait trois ans que les tribunaux  
ont ordonné au gouvernement sud-africain de fournir de la Nevirapine aux  
femmes enceintes séropositives dans les structures de santé publiques.  
Pourtant l'on sait peu de choses sur les épreuves endurées par les mères qui  
suivent ce programme.

Ces dernières années la large couverture médiatique consacrée au programme  
controversé de la prévention de la transmission mère-enfant (PMTCT) s'est  
focalisée essentiellement sur le conflit entre les activistes de la lutte  
contre le sida et le gouvernement. Les médias ont rarement donné la parole  
aux personnes directement concernées par ce programme.

De nouvelles recherches ont été menées par l'Université de Witswatersrand  
sur le VIH/SIDA et le projet médias sur les défis auxquels sont confrontées  
les mères vivant avec le VIH. D'après les résultats de ces recherches, le  
"climat qui prévaut autour du VIH/SIDA est toujours celui du secret" et de  
nombreuses femmes du programme évitent encore de révéler leur statut, de  
peur d'être rejetées et isolées.

Lors de la présentation des résultats préliminaires, la responsable de  
l'enquête, Philippa Garson, a raconté l'expérience de Thoko, mère  
célibataire de quatre enfants et séropositive, rejetée par sa mère et ses  
soeurs avant d'être mise à la porte de la maison familiale.

"Ma mère a seulement dit: 'Elle a le sida, elle a le sida... Je ne la veux  
pas dans ma maison'... Je pleurais, je me suis demandé 'Où dois-je aller  
maintenant?", a raconté Thoko dans l'étude.

En dépit des avancées constatées sur le plan de la sensibilisation et de  
l'accès aux traitements, "l'énorme poids de la stigmatisation" constitue un  
obstacle très important pour les femmes enceintes qui suivent le programme  
PMTCT.

Le lait en poudre pour les bébés réduit d'un tiers le risque de transmission  
lié à l'allaitement et le programme conseille aux femmes de nourrir leurs  
enfants au biberon. Mais les femmes interrogées par Garson à Soweto, la  
banlieue défavorisée de Johannesbourg, ont expliqué que dès qu'elles sont  
surprises en train de nourrir leur bébé au biberon, "c'est clair, tout le  
monde sait que vous avez le sida".

Les femmes "déploient des trésors d'imagination pour dissimuler les aliments  
pour bébés distribués par le gouvernement", allant jusqu'à transférer le  
contenu de la boîte orange, décrite comme le "lait du sida", dans un autre  
récipient.

Quans sa grand-mère a essayé de la forcer à allaiter, une femme, dont le  
bébé et l'ex-mari sont tous deux séropositifs, s'est ouvert une veine avec  
une lame de rasoir "pour que le sang sorte, puis j'ai dit à ma grand-mère  
qu'il y avait du sang dans mon lait".

Les femmes souffrent aussi d'une forte anxiété et d'un sentiment de  
culpabilité à cause du statut sérologique de leur enfant, estimant qu'il est  
plus difficile d'accepter la séropositivité de leur bébé que la leur, a  
révélé l'étude.

Les relations humaines sont mises à rude épreuve par le VIH. Des femmes ont  
raconté qu'elles étaient accusées d'avoir apporté le sida à la maison alors  
que les hommes refusaient d'endosser leurs responsabilités. Les tensions  
liées à l'obligation de négocier des rapports sexuels protégés leur ont fait  
perdre l'intérêt et le plaisir.

"Une campagne énergique contre la stigmatisation, des programmes d'éducation  
intensive destinés aux hommes et un effort accru des médias pour donner une  
dimension humaine à l'épidémie pourrait permettre d'apporter un réel soutien  
aux personnes affectées et d'éradiquer la stigmatisation", a conclu le  
rapport préliminaire.
