# \[e-med\] Après le scandale du Mediator, Xavier Bertrand dévoile sa réforme (France)

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**Created:** [June 23, 2011, 1:50pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-apres-le-scandale-du-mediator-xavier-bertrand-devoile-sa-reforme-france/35704 "2011-06-23T13:50:01Z")\
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**Post date:** [June 23, 2011, 1:50pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-apres-le-scandale-du-mediator-xavier-bertrand-devoile-sa-reforme-france/35704/1 "2011-06-23T13:50:01Z")

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Après le scandale du Mediator, Xavier Bertrand dévoile sa réforme  
pour Le Monde.fr | 23.06.11 | 10h36  Mis à jour le 23.06.11 | 12h26  
[http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/06/23/apres-le-scandale-du-mediat](http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/06/23/apres-le-scandale-du-mediat)  
or-xavier-bertrand-devoile-sa-reforme\_1539680\_3224.html#ens\_id=1527237

Après le scandale du Mediator et la remise de plusieurs rapports sur les  
pistes de réforme du système de pharmacovigilance, le ministre de la santé,  
Xavier Bertrand, explique au Monde les mesures qu'il devait dévoiler jeudi  
23 juin. Il présentera un projet de loi au plus tard début août, afin que le  
texte puisse être examiné au Parlement à l'automne.

En janvier, vous aviez promis "une réforme en profondeur" du système du  
médicament. Quelles décisions prenez-vous ?

Xavier Bertrand : L'affaire du Mediator montre que le problème est lié au  
système d'autorisation de mise sur le marché (AMM), qu'il faut faire  
évoluer, et qu'il y a la nécessité de renforcer la pharmacovigilance et la  
réactivité devant les signaux d'alerte. Je veux provoquer un changement de  
culture. Cela offrira beaucoup plus de garantie de réactivité et  
d'efficacité que la création d'une agence gigantesque, en regroupant ou  
déplaçant les structures existantes comme dans un jeu de construction.

Comment modifiez-vous le système ?

Il faut que l'agence en charge du médicament soit clairement identifée.  
L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) va  
donc devenir l'ANSM : l'Agence nationale de sécurité du médicament (et des  
produits de santé). Elle sera financée par l'Etat qui percevra les taxes et  
redevances payées par l'industrie pharmaceutique pour l'examen des dossiers  
des médicaments.  
Nous allons aussi entreprendre une révision complète de la pharmacopée : les  
Français consomment trop de médicaments et il y a trop de molécules sur le  
marché.

Comment obtiendrez-vous une meilleure prévention des conflits d'intérêts des  
experts avec l'industrie pharmaceutique et davantage de transparence ?

Nous instaurons une déclaration publique d'intérêts pour tous les acteurs de  
santé : médecins et autres professionnels de santé, fonctionnaires,  
enseignants Les défauts de déclaration seront passibles de sanctions.  
Quant aux commissions statuant sur le médicament, leurs membres seront moins  
nombreux et avec un mandat d'une durée limitée à quatre ou cinq ans. Les  
débats et décisions donneront lieu à publication des ordres du jour et des  
comptes-rendus.  
Toutes les agences disposeront dorénavant d'une cellule de déontologie.  
Beaucoup de décisions sont prises par l'Agence européenne du médicament  
C'est vrai, 90 % des AMM sont accordées au niveau européen. Nous voulons que  
la mise sur le marché d'un médicament soit conditionnée à des études  
comparant la nouvelle molécule à un médicament de référence quand il existe  
et non plus seulement à un produit inactif (placebo). Dès la semaine  
prochaine, je saisirai à ce sujet le commissaire européen à la santé, John  
Dalli. Tant que cette réforme ne sera pas achevée au niveau européen, nous  
refuserons d'admettre au remboursement au niveau national les médicaments  
n'ayant pas fait l'objet d'une telle étude comparative.

Des rapports ont préconisé un retour du politique dans la chaîne de  
décision

Plus aucun ministre de la santé ne devra pouvoir dire qu'il ne savait pas  
qu'un médicament était suspecté de poser problème, comme cela a été le cas  
avec le Mediator. Nous allons créer un comité opérationnel des produits de  
santé, dans lequel siègeront des représentants des agences sanitaires, de  
l'assurance-maladie, de l'administration centrale mais aussi du ministre. Et  
ce dernier, chaque trimestre, présidera lui-même un comité stratégique, avec  
les mêmes participants.

Le rapport de l'IGAS préconise l'interdiction de la visite des représentants  
des laboratoires chez les médecins. Pourquoi ne pas être allé jusque-là ?

Nous ne pouvons pas garder la visite médicale telle qu'on la connaît.  
Participe-t-elle réellement à l'information des médecins? C'est cela que  
nous devons évaluer. Nous avons donc décidé de commencer par interdire les  
visites médicales individuelles dans les hôpitaux, où l'on peut dès  
maintenant organiser des visites collectives. Nous verrons ensuite si nous  
élargissons la mesure à la médecine de ville.

Propos recueillis par Paul Benkimoun et Laetitia Clavreul

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**Author:** ![remed9](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/r/22d042/32.png) [@remed9](https://talk.edrugplus.org/u/remed9)\
**Post date:** [June 23, 2011, 4:14pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-apres-le-scandale-du-mediator-xavier-bertrand-devoile-sa-reforme-france/35704/2 "2011-06-23T16:14:05Z")

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Intervention de Xavier Bertrand Ministre du Travail, de lEmploi et de la  
Santé - Conférence de presse sur la réforme du médicament  
[http://www.sante.gouv.fr/intervention-de-xavier-bertrand-ministre-du-travail](http://www.sante.gouv.fr/intervention-de-xavier-bertrand-ministre-du-travail)  
-de-l-emploi-et-de-la-sante-conference-de-presse-sur-la-reforme-du-medicamen  
t.html  
[23 juin 2011]

Mesdames, Messieurs,

Le 15 janvier dernier, nous vous exposions avec Nora Berra les enseignements  
que nous tirions du rapport de lIGAS à la suite du drame du Mediator. Ce  
rapport a établi clairement quil y a eu des défaillances graves dans le  
fonctionnement de notre système du médicament.

Jai dit que notre responsabilité, mon devoir, était de rebâtir un nouveau  
système du médicament, un nouveau système de sécurité sanitaire, avec un  
objectif : quil ny ait pas demain de nouveau « Mediator ». Cest la  
condition de la confiance dans nos médicaments.

Ce nest pas un sujet partisan, cest une volonté qui doit être partagée par  
lensemble des acteurs. Voilà pourquoi jai souhaité avoir les contributions  
du plus grand nombre.

Jai donc lancé une grande concertation, les assises du médicament : nous  
avons décidé de réunir les parlementaires et lensemble des acteurs du  
domaine des produits de santé, les prescripteurs et les dispensateurs, les  
utilisateurs, les régulateurs, les fournisseurs, les chercheurs et bien sûr  
les lanceurs dalerte.

Plus de 300 personnes ont participé à ces Assises et il y a eu près de 50  
réunions au total. La restitution publique de chaque groupe de travail sest  
tenue le 31 mai dernier et Edouard Couty, rapporteur général des Assises,  
vient de nous exposer leurs propositions.

Je tiens à le remercier ainsi que les présidents, vice-présidents et  
rapporteurs des six groupes de travail.

Un point extrêmement important que je tiens à souligner : les Assises se  
sont déroulées dans une totale transparence, gage indispensable pour  
retrouver la confiance : tous les débats ont été enregistrés et sont  
disponibles sur le site du ministère, tout comme les contributions et  
comptes-rendus des différents groupes.

Nous disposons aussi, depuis ce mardi, du deuxième rapport de lIGAS sur la  
pharmacovigilance et la gouvernance de la chaîne du médicament en France.  
Les professeurs Debré et Even nous avaient déjà fait connaître leurs  
propositions dès le mois de mars.

Hier a été publié le rapport de la mission parlementaire de lAssemblée  
nationale sur le Médiator et la pharmacovigilance, présidée par Gérard Bapt,  
avec Jean-Pierre Door pour rapporteur, et je les salue. Nous attendons aussi  
le rapport de la mission commune du Sénat de François Autain et  
Marie-Thérèse Hermange dici la fin du mois de juin.

Je tiens à souligner lampleur du travail des présidents et rapporteurs de  
ces missions, ainsi que la démarche, quils ont tous adoptée, de  
consultation très large de lensemble des parties prenantes.

Tous ces travaux, comme vous avez pu le voir à leur lecture, mettent en  
évidence un point commun et rejoignent ma conviction : notre police du  
médicament doit mieux assurer la sécurité des patients, le doute doit  
toujours bénéficier au patient.

Jai voulu que nous prenions le temps de cette réflexion en profondeur,  
parce que la sécurité ne se construit pas dans la fébrilité. Pour autant,  
sans attendre, et comme je lavais annoncé, nous avons pris les mesures qui  
pouvaient entrer en vigueur immédiatement.

Sur la question des conflits dintérêt par exemple, Nora Berra et moi-même  
avons établi et demandé des déclarations dintérêt à nos collaborateurs,  
avant même que la commission Sauvé ne remette son rapport au Président de la  
République, parce que jestime que ce ministère est en première ligne pour  
porter cette exigence de transparence.

Nous avons aussi pris des mesures immédiates concernant les médicaments qui  
sont aujourdhui commercialisés sur le marché français. Avec Nora Berra,  
nous avons demandé à lAfssaps de dresser un bilan des médicaments qui font  
actuellement lobjet dun suivi renforcé de pharmacovigilance, en  
déclenchant immédiatement des processus de réévaluation du bénéfice/risque.

Pour lancer une nouvelle dynamique, il fallait une nouvelle direction à  
lAfssaps. Même si cela nest pas prévu par les textes, jai souhaité que le  
nouveau directeur général, Dominique Maraninchi, soit auditionné par les  
commissions compétentes de lAssemblée nationale et du Sénat avant sa  
nomination.

Concernant lindemnisation des victimes du Médiator, et même si ce nest pas  
lobjet principal de cette conférence de presse, un dispositif spécifique  
est prévu. Claire Favre, présidente de la chambre commerciale, financière et  
économique de la Cour de cassation, ma rendu hier son rapport. Sans rentrer  
dans le détail, je veux quune chose soit claire : il nest pas question que  
la solidarité nationale, et donc les contribuables, paient à la place du  
premier responsable, les laboratoires Servier.

Les mois écoulés ont été des mois utiles : avec ces mesures durgence, cest  
déjà un état desprit qui a changé.

Ces premières mesures, et toutes les propositions des différents rapports,  
nont quun seul objectif : restaurer la confiance. Et pour restaurer la  
confiance, il faut des décisions prises en toute transparence, il faut que  
le doute bénéfice systématiquement au patient, et il faut que les patients  
et les professionnels de santé soient bien formés et bien informés.

1. Premier pilier de notre réforme, la lutte contre les conflits dintérêt  
et la transparence des décisions.

Je lai dit, sil ny a pas une transparence totale, il ny aura pas une  
confiance totale. Cela passe par deux voies : lindépendance des experts et  
lorganisation dune procédure dexpertise transparente et collégiale.

Lindépendance des experts, dabord. La lutte contre les conflits dintérêt  
est notre priorité. On a progressé ces dernières années, mais pas assez. Il  
faut aller plus loin. Tous les rapports saccordent sur cet objectif et les  
propositions que je vais vous détailler sen inspirent grandement.

Désormais, un formulaire unique de déclaration publique dintérêts (DPI)  
devra être rempli par les acteurs intervenant dans le domaine de la santé,  
quil sagisse des experts externes et internes ou des associations de  
patients.

Sagissant des fonctionnaires, ils seront soumis aux dispositions prévues  
dans le cadre du projet de loi relatif aux conflits dintérêts. Chaque  
institution devra assumer ses responsabilités : elle disposera dune cellule  
de déontologie pour gérer et contrôler les DPI des acteurs quelle  
sollicite.

Lensemble des DPI pourra être consultée sur une base de données publique.

Les règles de transparence doivent être strictement appliquées. Quand, dans  
une réunion, un expert présent est concerné par un conflit dintérêt, les  
décisions et les avis pris lors de cette réunion doivent être frappés de  
nullité. Il sagit par là dinterdire à toute personne qui se trouve en  
conflit dintérêt dêtre présente et de participer à la réunion. Ainsi les  
choses seront claires et sans ambiguïté.

La transparence totale, cest aussi que toutes les conventions et  
rétributions passées entre les laboratoires, les médecins, les experts, la  
presse spécialisée, les sociétés savantes et les associations de patients,  
soient désormais publiques, consultables. Toutes, sans exception.

Chaque industriel aura la responsabilité de publier sur son site internet,  
en annexe de ses comptes, lintégralité de ces informations. Cest en  
quelque sorte la transposition du système américain du « Sunshine Act » :  
le « Sunshine Act » à la française, qui sadresse à lensemble des acteurs  
du monde de la santé. Cest une des préconisations du rapport de lIGAS,  
mais aussi des Assises, comme Edouard Couty vous la présenté, ainsi que de  
la mission de lAssemblée nationale.

Si les obligations de déclaration ne sont pas respectées, alors des  
sanctions seront appliquées, à commencer par limpossibilité de siéger dans  
les commissions.

Jai parlé de la lutte contre les conflits dintérêt, jen viens à la  
transparence des décisions.

Il faut renforcer la collégialité des travaux : les Assises, mais également  
le rapport de la mission Mediator de lAssemblée nationale lont bien  
souligné.

Cela veut dire intégrer des personnes qualifiées comme les représentants  
dassociations de patients dans les commissions et rendre publics les  
débats. Cette publicité des débats, vous avez pu le constater, a déjà été  
mise en place à lAfssaps par le nouveau directeur général, Dominique  
Maraninchi. Cette démarche doit être étendue.

Par ailleurs, comme je lai dit le 15 janvier, je pense quil faut réduire  
le nombre de membres au sein des commissions pour éviter une dilution des  
responsabilités : trop de membres, cest moins de responsabilités.

Ils ne doivent pas non plus être là ad vitam aeternam. Leur renouvellement  
régulier est indispensable. Au-delà de quatre ou cinq années dexercice, un  
renouvellement ne peut que profiter à intéressé et à linstitution  
concernée.

Afin de garantir la meilleure qualité des décisions, il est important de  
pouvoir renforcer les capacités dexpertise interne, notamment de lAfssaps,  
en veillant également à la mobilité du personnel sur les postes à  
responsabilité : cela permet dassurer une nécessaire vigilance sur les  
sujets à traiter.

La transparence des décisions, cest aussi un système où chaque institution  
a sa place, avec des rôles et missions clairement définis, pour que le  
public sy retrouve. Cest pourquoi il est indispensable que linstitution  
en charge de notre police du médicament soit clairement identifiée, et cela  
commence dabord par son nom : lAfssaps sappellera désormais lagence  
nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Il fallait aussi un nouveau mode de financement de lagence : il sera  
désormais directement assuré par les subventions de lEtat, qui percevra les  
taxes et les redevances de lindustrie pharmaceutique.

2. Deuxième pilier de notre réforme, le doute doit bénéficier  
systématiquement au patient.

Cela vaut dès lautorisation de mise sur le marchédu médicament (AMM) et  
tout au long de sa vie.

Je lai dit, il ne faut pas que le médicament soit juste un peu mieux que  
rien, il faut un réel bénéfice pour le patient. Cest un combat que  
jentends mener au niveau européen : disposer, dès lAMM, de données  
comparatives avec le médicament de référence sil existe.

Toutes les personnes qui ont longuement réfléchi sur ce sujet, messieurs  
Bapt et Door, messieurs Debré et Even, et les participants des assises,  
saccordent sur cette nécessité de promouvoir la réalisation dessais  
cliniques contre comparateurs actifs, lorsquils existent. Le critère de la  
valeur ajoutée thérapeutique doit être pris en compte dans la réflexion de  
loctroi dune AMM. Dès la semaine prochaine, je vais saisir le commissaire  
européen John Dalli sur ce sujet.

Nous nattendons pas simplement davoir plus de médicaments, mais davoir  
des médicaments qui soignent mieux, ou au moins aussi bien que ce qui est  
disponible.

En attendant, au plan national, nous allons adopter dès à présent des règles  
plus exigeantes pour la prise en charge des traitements par la collectivité  
: pour être remboursé, le produit devra démontrer quil est au moins aussi  
bon que ce qui est déjà sur le marché et remboursable.

Enfin, pour les médicaments présentant un Service Médical Rendu Insuffisant  
(SMRI), de nouvelles règles sont applicables : à lavenir, aucune prise en  
charge par la collectivité, donc pas de remboursement, sauf sil y a un avis  
contraire du ministre, mais cet avis devra alors être motivé.

Les prescriptions hors AMM, bien quindispensables dans certains cas comme  
ceux des maladies orphelines, doivent rester des situations réellement  
exceptionnelles : elles doivent être encadrées et leurs risques associés  
maîtrisés.

Pour cela nous devons détecter lusage « hors AMM » des médicaments pour  
identifier les pratiques à risque et en informer les professionnels de  
santé.

Le rôle des logiciels daide à la prescription, que je souhait désormais  
certifiés par la HAS, est capital pour aider les professionnels de santé à  
distinguer les indications relevant de lAMM et celles hors AMM. Voilà  
pourquoi jai demandé que les médecins inscrivent sur lordonnance la  
mention « hors AMM ».

Je crois que ce travail didentification et dencadrement des prescriptions  
hors AMM est essentiel pour permettre une information éclairée des médecins.

Tout au long de sa vie, le médicament doit être suivi. Pour cela, il faut  
notamment favoriser et simplifier la notification des effets indésirables  
pour les professionnels de santé. Chaque notification donnera lieu à un  
retour systématique de la suite donnée au signalement. De plus, le  
professionnel de santé qui notifie doit pouvoir être protégé : la  
confidentialité des données sera respectée.

Les alertes ne pourront plus rester lettre morte : un dispositif de  
médiation sera mis en place au sein de chaque institution pour permettre un  
recours en cas de non traitement dune demande ou dun dossier.

En outre, il faut que sur chaque boîte de médicament soit inscrit le numéro  
vert dappel et le site internet de lAgence nationale de sécurité du  
médicament auxquels les patients peuvent sadresser.

Les entreprises qui retirent un produit pour des raisons commerciales dans  
un pays devront le signaler à tous les autres pays.

La liste des médicaments sous surveillance particulière sera régulièrement  
mise à jour par lAgence et publiée sur son site internet.

Je reconnais que la démarche initiale est perfectible : il faut une grille  
de lecture plus fonctionnelle, permettant aux professionnels de santé et au  
public de disposer dune information juste et proportionnée. Il est  
également indispensable dinstaurer des échanges institutionnalisés entre  
lANSM et les professionnels de santé, médecins et pharmaciens, lorsquil y  
a des décisions importantes à prendre en matière de sécurité sanitaire.

Je souhaite en outre que chacun de ces médicaments porte un pictogramme  
identifiant sur la boîte.

Enfin, jai demandé à lagence de procéder à une réévaluation du rapport  
bénéfice/risque des médicaments les plus anciens.

Sagissant de lévaluation, il faut un effort tout particulier sur le  
développement de la pharmaco-épidémiologie, que ce soit en termes de  
compétences et de ressources allouées à lANSM que détudes à réaliser  
conjointement entre lANSM, la HAS, lINVS et lAssurance maladie.

Prenons lexemple dActos : cet antidiabétique, comme vous le savez, vient  
dêtre suspendu par lANSM. Cette décision de sécurité sanitaire a pu être  
prise grâce à la collaboration active entre la CNAM et lANSM, mais aussi  
grâce à cette collégialité et transparence des travaux qui permet de  
garantir une prise de décision rapide, efficace et proportionnée. Je veux le  
souligner, à la suite de la publication de létude CNAM et de la décision de  
lANSM, la FDA, (ladministration américaine de lalimentation et des  
médicaments), dans les 48 heures, a ajouté une contre-indication dans la  
notice dActos et lAllemagne a recommandé de ne pas initier de nouveaux  
traitements. Cette réactivité, je la veux pour chaque dossier.

Une commission mixte bénéfice-risque sera créée à lANSM pour traiter des  
sujets majeurs, avec parité des représentants de la pharmacovigilance et de  
lAMM.

Je lai dit, le doute doit toujours bénéficier au patient. Si les délais des  
études demandées aux industriels ne sont pas respectés, alors des sanctions  
sappliqueront. Elles pourront aller jusquà une suspension dAMM.

Concernant la problématique spécifique des dispositifs médicaux, il me  
semble important daccroître lobligation dévaluation des données cliniques  
et de pouvoir conditionner, à terme, la prise en charge de ces dispositifs  
médicaux à une évaluation positive de lintérêt thérapeutique.

Il faut également encadrer la publicité sur les dispositifs médicaux.

Enfin, à linstar de la pharmacovigilance, la vigilance sur les dispositifs  
médicaux, quon appelle la materiovigilance, doit être améliorée et mieux  
coordonnée.

3. Troisième axe de cette réforme, des patients mieux informés et des  
professionnels de santé mieux formés et mieux informés.

Une information publique, indépendante et de qualité, cela passe par la  
création dun portail public du médicament, qui devra regrouper les  
informations à la fois de lANSM, de la HAS et de lAssurance maladie.

Il faut que ce site puisse devenir la référence en matière dinformation sur  
le médicament, aussi bien pour les professionnels de santé que pour le  
public. Evidemment, lenjeu sera de rendre ce site visible, lisible et  
compréhensible.

Informer le public, cest également réaliser des campagnes dinformation sur  
la thématique du médicament, ses caractéristiques, ses risques et surtout  
son bon usage. Je pense que nous consommons trop de médicaments en France.  
Je le rappelle, le médicament nest pas un produit de consommation comme un  
autre : cest un bien précieux qui peut sauver des vies mais qui doit  
sutiliser avec précaution et à bon escient.

Pour être bien informé, le professionnel de santé doit avant tout être bien  
formé, et cela tout au long de sa vie de praticien. Il faut donc renforcer  
la connaissance du médicament et de la pharmacovigilance dans les formations  
initiales, mais également au cours de la formation continue.

La transparence des liens dintérêt, cela sapplique aussi aux enseignants.

Pour les étudiants, qui sont les prescripteurs de demain, il faut interdire  
tout financement par les laboratoires dans le cadre de leurs études.

Cette absence de liens directs, qui permettra déviter toute suspicion, nous  
devons aussi la retrouver dans le cadre de la formation continue. Cest  
pourquoi je souhaite que la formation continue des libéraux et des  
hospitaliers soit pour partie financée par un prélèvement provenant de  
lindustrie pharmaceutique.

Avec ce nouveau cadre, les professionnels de santé pourront disposer dune  
information publique, indépendante et de qualité. Je vais aussi lancer une  
concertation pour revoir de fond en comble la visite médicale, parce que  
telle quelle existe aujourdhui, cela ne peut pas fonctionner.

Pour le moment, ce que je propose, cest dinterdire la visite médicale dans  
un cadre individuel. Elle doit sinscrire dans un cadre collectif, à  
lhôpital à titre expérimental, avant extension à la médecine de ville. Si  
lon commence par lhôpital, cest parce que cest bien souvent lhôpital  
qui donne la tendance de la prescription, et cest à lhôpital que  
sinitient beaucoup de traitements qui sont ensuite poursuivis en ville.
