# \[e-med\] "Big Pharma", un pamphlet violent mais étayé contre l¹industrie pharmaceutique

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**Category:** e-med\
**Created:** [September 10, 2013, 12:28pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-big-pharma-un-pamphlet-violent-mais-etaye-contre-l-industrie-pharmaceutique/39478 "2013-09-10T12:28:15Z")\
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**Author:** ![Carinne\_Bruneton2](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/c/6f9a4e/32.png) [@Carinne\_Bruneton2](https://talk.edrugplus.org/u/Carinne_Bruneton2)\
**Post date:** [September 10, 2013, 12:28pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-big-pharma-un-pamphlet-violent-mais-etaye-contre-l-industrie-pharmaceutique/39478/1 "2013-09-10T12:28:15Z")

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"Big Pharma", un pamphlet violent mais étayé contre l¹industrie  
pharmaceutique  
Par Gaëlle Fleitour  
\<[http://www.usinenouvelle.com/la-redaction/gaelle-fleitour.3969&gt](http://www.usinenouvelle.com/la-redaction/gaelle-fleitour.3969&gt); - Publié  
le 05 septembre 2013, à 14h07  
[http://www.usinenouvelle.com/article/big-pharma-un-pamphlet-violent-mais-et](http://www.usinenouvelle.com/article/big-pharma-un-pamphlet-violent-mais-et)  
aye-contre-l-industrie-pharmaceutique.N204143

Publié le 5 septembre, il ne risque pas de laisser indifférent. Coordonné  
par un Américain, le livre invoque douze opposants de l¹industrie  
pharmaceutique (dont un ancien patron de la communication de Sanofi !),  
mais livre une démonstration efficace...  
Une critique violente mais étayée. Publié ce jeudi 5 septembre, le livre "  
Big Pharma " ne cherche pas à faire consensus. Son sous-titre ­ "Une  
industrie toute-puissante qui joue avec notre santé" - en dit long.  
Coordonné par Mikkel Borch-Jacobsen, philosophe, historien et enseignant à  
l'université de Washington, avec l¹aide de douze experts, lanceurs  
d'alerte et journalistes (dont deux Français : Philippe Pignarre, ancien  
directeur de la communication de Sanofi-Synthélabo, et Antoine Vial,  
expert en santé publique), il décortique une par une les mauvaises  
pratiques auxquelles peuvent avoir recours les laboratoires pour vendre à  
tout prix. Avec un parti-pris évident, bien sûr. Et un recours parfois  
exagéré au pathos, en évoquant en détail certains cas dramatiques.

DES SPOTS PUBLICITAIRES POUR " CRÉER " DES MALADIES  
Ceci est "un ouvrage contre l¹industrie qui détourne l¹usage des  
médicaments pour faire du profit, au risque de mettre notre santé en  
danger et de profondément changer la nature de la médecine". L¹ouverture  
du livre paraît bien naïve. Mais au fur et à mesure des pages, la  
démonstration se fait efficace. En remontant à 1962 et la première mise en  
examen d¹une entreprise pharmaceutique aux Etats-Unis - Merrell, accusée  
d¹avoir trafiqué des données sur les effets indésirables de son médicament  
anti-cholestérol -, qui a marqué le début de l¹utilisation des essais  
cliniques tels qu¹on les connaît aujourd¹hui pour évaluer les médicaments.  
Les exemples s¹enchaînent ensuite.

Du marketing réalisé auprès des médecins pour les inciter à prescrire en  
dehors des indications approuvées - comme dans l¹affaire de l¹adjuvant au  
diabète Mediator  
\<[http://www.usinenouvelle.com/article/le-proces-mediator-met-en-defaut-la-p](http://www.usinenouvelle.com/article/le-proces-mediator-met-en-defaut-la-p)  
harmacovigilance-des-laboratoires.N197982\> ou de l¹anti-acnéique Diane 35  
\<[http://www.usinenouvelle.com/article/pilule-l-agence-du-medicament-impose-](http://www.usinenouvelle.com/article/pilule-l-agence-du-medicament-impose-)  
la-suspension-de-la-vente-de-diane-35.N190607\> -, à la méthodologie  
biaisée des essais cliniques dont les essais négatifs ne sont pas publiés.  
En passant par les spots publicitaires visant à "créer" de nouvelles  
maladies aux yeux du public (la dysfonction sexuelle féminine pourrait  
ainsi bientôt apparaître sur nos écrans, car elle intéresserait Pfizer,  
Boehringer et Procter & Gamble selon les auteurs). Sans oublier la  
dépendance engendrée par des médicaments légalement prescrits, d¹où le  
calvaire vécu par le héros de la série télévisée "Dr House", accroc à  
l¹antalgique Vicodin.

CERTAINS MÉDICAMENTS TOUJOURS SUR LE MARCHÉ  
En prenant des exemples médiatiques, récents et chiffrés, Mikkel  
Borch-Jacobsen livre une démonstration sans concession. Et n¹épargne  
aucune entreprise. Les nourrissons victimes du Prépulsid de  
Johnson&Johnson, dont "ni la compagnie, ni ses cadres ne furent jamais  
inquiétés pour avoir minimisé les risques de leur médicament", affirme  
l¹écrivain. L¹opposition de Wyeth à ce qu¹un oncologue étudie les risques  
cancérigènes de son traitement aux oestrogènes. Or, "malgré d¹innombrables  
articles scandalisés dans la presse, malgré plus de 10 000 procès intentés  
à Wyeth (absorbé depuis par Pfizer) pour avoir caché les risques de ses  
médicaments, le Premarin et le Prempro n¹ont toujours pas été retirés du  
marché", s¹insurge Mikkel Borch-Jacobsen.

Il raconte aussi les évaluations de médicaments par des agences sanitaires  
dont les comités sont peuplés de consultants pour l¹industrie  
pharmaceutique (après avoir été réalisée en France, la purge est  
d¹ailleurs encore en cours dans l¹Agence Européenne du Médicament, pour  
essayer de mettre fin à des conflits d¹intérêt patents).

Et que dire des accidents cardio-vasculaires graves apparus durant les  
essais cliniques de l¹Avandia de GSK (retiré depuis du marché en Europe),  
mais disparaissant des résultats présentés aux autorités sanitaires ? Cela  
a d¹ailleurs valu à la firme anglaise une amende record de trois milliards  
de dollars, réglée à la justice américaine fin 2011. Eclairant également,  
les modifications réalisées par un salarié d¹AstraZeneca en 2006 sur la  
page wikipedia de son produit - une nouvelle génération d¹antipsychotique  
-, sur celles des produits concurrents, et même sur les pages des maladies  
en question !

Les chiffres aussi sont éloquents. "Les compagnies pharmaceutiques  
dépensent en moyenne à peu près deux fois autant en marketing qu¹en R&D",  
nous apprend-on. Un ancien dirigeant de la R&D du français Sanofi  
expliquait en 2000 que 70 à 90% de la recherche était consacrée à mettre  
au point des "me-too", des copies de médicaments à la formule légèrement  
modifiée pour pouvoir la breveter. Enfin, les effets seraient  
responsables, en Europe, de 197 000 morts par an, soit la cinquième cause  
de décès à l¹hôpital.

DES RACCOURCIS POUR ÉTAYER LA DÉMONSTRATION  
Mais certains raccourcis dans l¹ouvrage peuvent faire débat. Peut-on ainsi  
attribuer la tuerie de Columbine en 1999 aux seuls effets secondaires du  
Prozac (l¹antidépresseur de Lilly) que prenaient les deux tueurs lycéens  
qui se suicidèrent ensuite ? Faut-il oublier les initiatives - certes  
encore trop peu nombreuses - prises par certains membres de l¹industrie  
pharmaceutique pour lutter contre les maladies tropicales qui touchent les  
pays émergents? Que penser de la décision de l¹allemand Merck ne plus  
livrer depuis novembre 2012 son anticancéreux Erbitux aux hôpitaux publics  
grecs qui ne le réglaient plus ? La réponse des auteurs à tous ces maux -  
confier la recherche à des centres "déconnectés des centres de profit  
pharmaceutiques" - parait bien illusoire. Mais nul doute que l¹ouvrage  
parviendra un peu plus à saper la mince confiance qu¹ont les Français dans  
l¹industrie pharmaceutique. Pour y remédier, cette dernière n¹a plus  
qu¹une solution : adopter une éthique lui assurant de ne plus nourrir ce  
type d¹ouvrages à l¹avenir.

Gaëlle Fleitour

"Big pharma, une industrie toute-puissante qui joue avec notre santé",  
éditions Les Arènes, 515 pages, 22,80 euros
