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7000 enfants en danger de mort
Bristol Myers Squibb : profits criminels
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Ce matin, des militantEs d’Act Up-Paris ont manifesté devant le siège du
laboratoire Bristol Myers Squibb (BMS) dont ils et elles ont maculé
l’entrée de faux sang. Les activistes entendent ainsi dénoncer la
fermeture d’une usine française de BMS à la fin de cette semaine à
Meymac (Corrèze). Cette usine produit une importante quantité de Videx
pédiatrique, un médicament anti-sida destiné aux pays en développement.
Selon l’aveu même de BMS, la délocalisation de l’usine conduira
nécessairement à une rupture de traitements qui pourrait concerner plus
de 7000 enfants des pays du sud dans les prochains mois.
En contact ces derniers jours avec Benoît Gallet, responsable de la
communication de BMS, Act Up-Paris n’a obtenu aucune réponse claire à
ses questions depuis notre dernier communiqué. Nous ne pouvons que le
regretter, compte-tenu des enjeux pour les milliers d’enfants concernés.
En effet, BMS semble davantage préoccupé à jouer la carte de la mauvaise
foi, que de réellement se poser la question de ce qu’il adviendra de
milliers d’enfants africainEs, sud-américainEs, et asiatiques.
Aujourd’hui, ce qui semble préoccuper BMS c’est avant tout le fait que
les antirétroviraux (ARV) pédiatriques ne constituent pas un marché
suffisamment rentable pour le groupe, puisque les besoins d’ARV
pédiatriques sont concentrés dans les pays en développement.
BMS prétend ne pas avoir prévu une augmentation aussi importante des
diagnostics et des mises sous traitement : c’est tout de même étonnant,
pour un des premiers groupes pharmaceutiques mondiaux, de ne pas avoir
prévu ce que pourtant toutes les institutions prédisaient. Moins
étonnant cependant quand on sait que l’industrie pharmaceutique
fonctionne désormais à flux tendu, ce qui conduit à des ruptures de
traitements d’antirétroviraux, y compris en France.
BMS prétend qu’il existe d’autres options thérapeutiques au Videx 25mg :
Il existe effectivement un laboratoire sud-africain, Aspen, qui produit
de la didanosine mais qui n’a à ce jour obtenu aucune préqualification
de la part de l’Organisation Mondiale de la Santé, et ne se destine pas
à l’export. Sans cette préqualification, UNITAID ne peut acheter les
médicaments en question.
Aujourd’hui, la seule alternative pour éviter une rupture de Videx 25mg
est que BMS prenne enfin ses responsabilités, et prolonge la production
de Videx pédiatrique à Meymac le temps qu’un stock suffisant de
didanosine soit constitué. Un rassemblement est d’ailleurs prévu devant
l’usine de Meymac vendredi après-midi pour protester contre sa
fermeture.