# \[e-med\] Burkina Faso: Menace de rupture d'ARV - On fait comment ?

**URL:** <https://talk.edrugplus.org/t/e-med-burkina-faso-menace-de-rupture-darv-on-fait-comment/36536>\
**Category:** e-med\
**Created:** [December 8, 2011, 11:22am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-burkina-faso-menace-de-rupture-darv-on-fait-comment/36536 "2011-12-08T11:22:07Z")\
**Posts on this page:** 1\
**Page:** 1

<div class="post-metadata">

**Author:** ![remed9](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/r/22d042/32.png) [@remed9](https://talk.edrugplus.org/u/remed9)\
**Post date:** [December 8, 2011, 11:22am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-burkina-faso-menace-de-rupture-darv-on-fait-comment/36536/1 "2011-12-08T11:22:07Z")

</div>

Burkina Faso: Menace de rupture d'ARV - On fait comment ?  
Abdoulaye Tao  
6 Décembre 2011  
[http://fr.allafrica.com/stories/201112071111.html](http://fr.allafrica.com/stories/201112071111.html)

Des associations de lutte contre le Sida ont sonné l'alarme la semaine  
dernière. Le Faso risque d'être en rupture d'ARV après mars 2012.

L'information a fait l'effet d'une bombe. Au Burkina, ce sont 36 000  
personnes qui sont sous ARV, et qui bénéficient de la gratuité des ARV. On  
dénombre également 1800 enfants dans ce cas. Ceux-là sont couverts jusqu'en  
mars, selon les explications des représentants des associations.  
Concrètement, cela veut dire que les structures de prise en charge gratuite  
ne peuvent plus prendre de nouveaux patients maintenant jusqu'en mars. Après  
? Ce sera l'inconnu pour tout le monde. Un scénario inimaginable pour les  
patients qui seront sans assistance si rien n'est fait. Il ne faut cependant  
pas céder à la panique.

Car, la sortie des associations de lutte contre le VIH, vise justement à  
attirer l'attention de l'opinion, des autorités et des partenaires sur les  
risques d'un assèchement des ressources dans la lutte contre la maladie, et  
plus précisément au niveau de la prise en charge des ARV. Plus proches des  
malades, ces associations connaissent mieux que quiconque les revers sociaux  
encourus si le robinet venait à se fermer subitement. Les faits sont  
pourtant têtus. Du fait de la crise qui secoue les principaux pays  
contributeurs, les fonds se font de plus en plus rares. La preuve, le Fonds  
mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose ne financera  
pas de nouveaux programmes avant 2014. Il faudra se résoudre, dans  
l'urgence, à trouver des solutions endogènes pour gérer ces moments  
difficiles.

A quelque chose malheur est bon, dit-on. Les pays pauvres comme le Burkina  
se sont longtemps adossés à la générosité de la communauté internationale,  
contrainte de mettre la main à la poche pour sauver une partie de l'humanité  
qui, si rien n'avait été fait, aurait été décimée par la pandémie. L'espoir  
de contenir le mal est réel. Il recule dans une certaine mesure. Et, c'est  
au moment où il faut maintenir les efforts de la recherche et la prise en  
charge et de la prévention que l'argent, le nerf de la guerre se fait  
désirer. Il faut trouver des alternatives aux financements classiques. Nos  
pays ont-ils jamais réfléchi à cela, aux financements innovants ? Pas si  
sûr. Le Burkina a bien tenté, par le biais des associations, un « sidathon  
», il y a quelques années. A peine 10 millions de F CFA récoltés. Trop  
insignifiant face aux défis.

Le hic dans tout cela, les organisateurs, comme s'ils ont été découragés par  
cette première expérience, n'ont plus rebelotté. L'action des activistes du  
SIDA entre dans le cadre de leur plaidoyer et devrait donc interpeller les  
Africains, leurs opinions publiques sur leur engagement et leur  
participation financière à la lutte. On a trop longtemps tendu la sébile et  
certains acteurs n'ont pas toujours été exemplaires dans la gestion de la  
manne reçue.

De tous ces travers, il faudra tirer leçons, les bonnes, afin de resserrer  
les rangs des acteurs de la lutte contre le VIH/Sida. Il en est de même pour  
les gouvernements qui ont longtemps basé toutes leurs stratégies sur  
l'argent venu d'ailleurs. Ils se retrouvent aujourd'hui dans un cul de sac,  
et il faudra faire preuve d'ingéniosité pour en sortir. C'est une question  
de responsabilité et de souveraineté.
