# \[e-med\] Communiqué de presse ANRS

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**Created:** [January 27, 2005, 12:28pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-communique-de-presse-anrs/21502 "2005-01-27T12:28:45Z")\
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**Post date:** [January 27, 2005, 12:28pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-communique-de-presse-anrs/21502/1 "2005-01-27T12:28:45Z")

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Communiqué de presse

Un protocole daccord a été signé le 25 janvier par le Ministre de la  
Santé publique, M. Urbain Olanguena Awono, le Ministre de la Recherche  
scientifique et de linnovation de la République du Cameroun, Mme  
Madeleine Tchuente et par le Directeur de lAgence nationale de  
recherches sur le sida en France (ANRS), le Pr. Michel Kazatchkine, en  
présence de M. lAmbassadeur de France au Cameroun, M. Jean-François  
Valette. Cet accord va renforcer la collaboration engagée par les  
équipes de recherche camerounaises et françaises dans le domaine du  
VIH/sida et des hépatites virales en créant un « Site ANRS ». Par  
ailleurs, une journée rassemblant des chercheurs des deux pays  
permettra de faire le bilan des projets déjà engagés, de présenter de  
nouveaux programmes et détablir des priorités scientifiques pour les  
années à venir.

Le protocole daccord établi entre lANRS et les ministères en charge  
de la santé et de la recherche de la République du Cameroun est  
laboutissement dun partenariat déjà ancien entre les laboratoires des  
deux pays. Les premiers projets de recherche financés par lANRS au  
Cameroun remontent à 1999. Ils ont bénéficié, à Yaoundé, dun  
environnement scientifique dynamique dans le domaine de la recherche  
clinique et virologique, à lHôpital central, lHôpital militaire, le  
laboratoire dhygiène mobile, le CHU, ainsi quau Centre Pasteur du  
Cameroun et à lInstitut de recherche pour le développement (IRD).  
Quinze projets de recherche y ont été menés, dont 5 sont terminés. Ils  
dépassent aujourdhui le cadre de la recherche clinique et virologique,  
puisque des équipes danthropologues, dhistoriens, dépidémiologistes  
et déconomistes de la santé sont également financées. Parmi les  
résultats déjà obtenus, lessai ANRS 1274 « Triomune » a apporté pour  
la première fois, en 2004, la preuve de lefficacité et de la bonne  
tolérance dune combinaison dantirétroviraux génériques1. Dautres  
travaux, plus fondamentaux, ont révélé le risque démergence au  
Cameroun de nouveaux rétrovirus portés par des singes infectés2, ainsi  
que lextraordinaire diversité des souches de virus du sida dans ce  
pays, en particulier la présence de virus du groupe N et de virus  
recombinants3. Une étude menée avec dautres pays dAfrique, en  
particulier le Sénégal, a néanmoins démontré que cette diversité  
navait pas a priori dimpact sur la maladie4.

« Le protocole que nous signons avec les autorités camerounaises va  
dynamiser encore cette recherche de haut niveau », estime le Pr Michel  
Kazatchkine. « La création dun site ANRS au Cameroun va permettre de  
péréniser notre soutien, en liaison étroite avec les autorités  
camerounaises et les acteurs de la recherche et de la santé nationaux  
et français ».

La recherche dans les pays du Sud est une des priorités de lANRS qui y  
consacre près de 24% de son budget annuel. LAgence concentre ses  
moyens sur des sites et les programmes de recherche quelle y finance  
sinscrivent dans les priorités de santé publique du pays. Le site est  
placé sous la responsabilité conjointe dun coordonnateur national et  
dun coordonnateur du Nord. Les coordonnateurs du Site Cameroun sont le  
Pr Sinata Koulla-Shiro (Service des Maladies infectieuses de lHôpital  
Central et Faculté de médecine et sciences biomédicales à Yaoundé) et  
le Pr. Eric Delaporte (Laboratoire VIH et maladies associées,  
Université de Montpellier I et IRD). Lesprit qui anime les sites ANRS  
repose sur la collaboration entre équipes du Nord et du Sud : ainsi  
tout projet de recherche doit-il associer au moins une équipe locale et  
une équipe française. Le site « Cameroun » inauguré aujourdhui est le  
quatrième dAfrique. Les trois autres sont localisés au Sénégal, Côte  
dIvoire et Burkina Faso. Ils sintègrent dans un réseau international  
de sites ANRS situés par ailleurs en Asie du Sud Est (Vietnam et  
Cambodge) et en Amérique Latine (Brésil).

Selon M. Olanguena Awono, Ministre de la Santé publique «La signature  
de ce protocole daccord fixe les bases dune collaboration renforcée  
dans un contexte où la recherche en santé est plus que jamais une  
priorité pour les autorités camerounaises déterminées à contrôler le  
VIH/sida et les hépatites. Le Cameroun, caractérisé par une diversité  
virologique singulière et la qualité de ses experts, attend de cette  
collaboration avec lANRS une production scientifique fructueuse et de  
haute qualité ». Mme Tchuente, Ministre de la Recherche scientifique et  
de linnovation estime, quant à elle, que « La synergie entre les  
équipes de recherche du Nord représentées par lANRS et les équipes du  
Sud devrait, à travers ce protocole, aider à lémergence de nouvelles  
connaissances capables de faire avancer la lutte contre la pandémie du  
VIH/sida. Jadhère entièrement à cette initiative ».

LANRS est lagence française de recherches sur le VIH/sida et les  
hépatites virales. Elle a pour objectif dacquérir de nouvelles  
connaissances afin daider, au Nord comme au Sud, à améliorer la  
prévention de ces infections et la prise en charge des personnes  
atteintes. LANRS fédère, autour de grandes priorités scientifiques,  
des chercheurs de toutes les disciplines appartenant aux organismes de  
recherche français (lINSERM, le CNRS, lInstitut Pasteur, lIRD, les  
universités) et aux hôpitaux. LAgence réunit également chercheurs du  
Nord et du Sud autour de projets de recherche qui sinscrivent dans les  
priorités de santé des pays en développement. Son budget annuel,  
denviron 50 millions dEuros (65 millions de Dollars), lui est  
attribué par les ministères en charge de la recherche, des affaires  
étrangères et de la santé.

1. Laurent C, Kouanfack C, Koulla-Shiro S, Nkoué N, Bourgeois A, Calmy  
A, Lactuock B, Nzeusseu V, Mougnutou R, Peytavin G, Liégeois F,  
Nerrienet E, Tardy M, Peeters M, Andrieux-Meyer I, Zekeng L,  
Kazatchkine M, Mpoudi-Ngolé E, Delaporte E. Effectiveness and safety of  
a generic fixed-dose combination of nevirrapine, stavudine, and  
lamivudine in HIV-1 infected adults in Cameroon: open-label multicentre  
trial. The Lancet, 2004, 364: 29-34.  
2. Peeters M, Courgnaud V, Abela B, Auzel P, Pourrut P, Bibollet-Ruche  
F, Loul S, Liegeois F, Butel C, Koulagna D, Mpoudi-Ngole E, Shaw G,  
Hahn B, Delaporte E. Risk to human health from a plethora of simian  
immunodeficiency viruses in primate bushmeat. Emerg Infect Dis, 2002,  
8:451-7.  
3. Simon F, Mauclere P, Roques P, Loussert-Ajaka I, Muller-Trutwin MC,  
Saragosti S, Georges-Courbot MC, Barre-Sinoussi F, Brun-Vezinet F.  
Identification of a new human immunodeficiency virus type 1 distinct  
from group M and group O. Nature Medicine, 1998, 4: 1032-1037.  
4. Laurent C, Bourgeois A, Faye MA, Mougnutu R, Seydi M, Gueye M,  
Liégeois F, Touré Kane C, Butel C, Mbuagbaw J, Zekeng L, Mpoudi Ngole  
E, Mboup S, Peeters M and Delaporte E. No difference in Clinical  
Progression between Patients Infected with the Predominant Human  
Immunodeficiency Virus Type 1 Circulating Recombinant Form (CRF) 02\_AG  
Strain and Patients Not Infected with CRF02\_AG, in Western and  
West-Central Africa : a fouryear prospective multicenter study. J  
Infect Dis, 2002, 186: 486-492.

Contact presse  
Marie-Christine SIMON  
ANRS  
Tél. : 01 53 94 60 30

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**Author:** ![Regis\_Samba-Kounzi](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/r/df705f/32.png) [@Regis\_Samba-Kounzi](https://talk.edrugplus.org/u/Regis_Samba-Kounzi)\
**Post date:** [January 27, 2005, 4:36pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-communique-de-presse-anrs/21502/2 "2005-01-27T16:36:30Z")

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Protocoles Sud est le bulletin d'information d'Act Up-Paris sur les  
Essais dans les pays du Sud, ce deuxième numéro est le fruit de la  
collaboration du REDS (Réseau Ethique Droits et Sida), et du GARE  
(Groupe d'Action pour la Recherche et l'Éthique). Ci-joint, la note  
que nous avions rédigé en commun sur la charte éthique de l'ANRS.

Si vous souhaitez recevoir cette publication sous format pdf, merci de  
nous faire parvenir votre demande à l'adresse suivante :  
Actup@actupparis.org

Régis Samba-Kounzi

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ÉTHIQUE

L’ANRS – l’Agence Nationale française de Recherches sur le  
Sida - a élaboré une charte éthique en concertation avec ses  
partenaires professionnels,institutionnels et communautaires.  
Cette charte, publiée en mai 2002 et devenue depuis un  
texte de référence, énonce les engagements qui s’imposent à  
toute recherche clinique soutenue par l’ANRS et menée dans  
un pays en développement. Elle s'articule autour de trois  
grands principes : partenariat Nord/Sud, protection accrue  
des personnes se prêtant aux recherches et prise en charge  
des patients.

1. Le partenariat Nord/Sud à tous les niveaux

Selon la charte de l'ANRS, ce part e n a riat doit notamment se  
t raduire par une composition mixte des équipes de recherche  
sur le terra i n , des comités d’animation et d’évaluation des  
protocoles de recherche au siège de l'ANRS, ainsi que par une  
a rticulation des recherches avec les programmes de santé  
p u blique des pays dans lesquelles elles se déroulent.

L’intérêt de la participation des associations – et en particulier  
des associations de malades - à l’élaboration de la recherche  
réside en trois points principaux :

- Elles assurent un soutien et un relais d'information auprès  
des participants à la recherche.

- Elles exercent également une vigilance éthique en effectuant  
un travail d'analyse des protocoles et des notices  
d'information aux patients.

- En s'efforçant de faire valoir le point de vue des malades tels  
qu'ils s'expriment au quotidien, elles incitent les  
chercheurs à répondre à leurs besoins prioritaires.  
Ce constat est largement partagé par l’ANRS qui, en France,  
implique des représentants de malades à sa politique de  
recherche. De la même façon,l’implication des associations du  
Sud permettra une pertinence accrue et une meilleure adaptation  
de la recherche aux besoins des malades du Sud. À  
l'heure actuelle, nous constatons une sous-représentation des  
associations du Sud dans les instances de l'ANRS.Les associations  
de malades sont par ailleurs absentes des structures  
chargées de la gestion des sites de recherche de l'ANRS.  
Nous exigeons que soit facilitée une réelle et forte implication  
des associations de lutte contre le sida et de malades  
du p ays concerné, tant lors de l'élaboration des pro g r a m m e s  
de recherche que lors de leur déroulement sur le terrain.  
L'ANRS doit permettre la participation à ses instances d'un  
représentant associatif de chaque pays dans lequel elle  
mène des programmes de recherche.  
Que fait l’ANRS dans les  
pays du Sud ?

2. Une protection accrue des personnes se prêtant aux recherches

Selon la charte de l’ANRS, le Comité National d'Ethique du  
pays où se déroule une recherche doit systématiquement  
être consulté et rendre un avis favorable au lancement du  
programme. Un comité indépendant est par ailleurs chargé  
de suivre le déroulement de chaque recherche, pour s'assurer  
du respect de l’éthique, de l’application des bonnes pra t i q u e s  
et de la validité des résultats. Enfin, la Charte insiste sur le  
consentement éclairé indissociable de la notice d'information  
aux patients que doit lire et signer chaque personne qui envisage  
d'entrer dans un protocole de recherche.

Pourtant , la simple existence d'un Comité National d'Ethique  
ne suffit pas. En l'absence de moyens suffisants à son bon  
fonctionnement , si sa composition empêche la prise en compte  
des intérêts des personnes touchées et si ses membres ne  
sont pas fo rmés aux enjeux de l'éthique de la recherche, a l o rs  
la protection des malades se révèle être un leurr e. Les comités  
indépendants prévus par la Chart e, quant à eux, n'existent pas  
dans tous les projets de recherche de l'ANRS et lorsqu' ils  
existent , les associations de personnes concernées en sont  
exclues .Dans la plupart des cas, par ailleurs , les notices  
d'information  
destinées aux malades ne contiennent pas toutes les  
informations nécessaires pour que le malade puisse donner un  
consentement libre et éclairé.

Nous demandons à l'ANRS d'engager un plaidoyer pour permettre  
l'amélioration  
de la protection des personnes se prêtant aux recherches , à travers la  
sensibilisation  
des gouvernements des pays dans lesquels elle les mène. L'Agence doit  
également associer systématiquement les associations de  
lutte contre le sida et de malades du pays concerné au projet ,  
à travers une réunion d’information et un travail commun  
sur la notice d’information patient, par le biais de réunions  
régulières d’information sur le déroulement , le rythme  
des inclusions et les résultats intermédiaires et par la communication  
des conclusions de la recherche et la façon dont  
celles-ci pourront trouver une application dans le pays .

3. La prise en charge des patients

Selon la charte d'éthique, l'’ANRS doit prendre à sa charge le  
soin des personnes participant à une recherche dont elle est  
promoteur pendant toute la durée de celle-ci. L’Agence s’attache  
à prévoir avec les autorités de santé les modalités de  
prise en charge (soins et traitements) des personnes une fois  
la recherche achevée.  
Jusqu'ici,les modalités de la prise en charge ne sont pourtant  
pas négociées avec les participants à la recherche mais définies  
unilatéralement par l'ANRS qui négocie avec les pays  
dans lesquels la recherche se déroule.  
Nous exigeons que les modalités de prise en charge des  
personnes se prêtant aux recherches soient définies en partenariat  
avec les associations de lutte contre le sida et de  
personnes vivant avec le VIH.

REDS et GARE avec le soutien d’Act Up-Paris
