# \[e-med\] Contre le sida, le Brésil poursuit son bras de fer avec les laboratoires

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**Created:** [July 29, 2008, 1:56pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-contre-le-sida-le-bresil-poursuit-son-bras-de-fer-avec-les-laboratoires/30298 "2008-07-29T13:56:24Z")
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Contre le sida, le Brésil poursuit son bras de fer avec les laboratoires  
[http://afp.google.com/article/ALeqM5jFKL5St-E0g16NAv8zpfOmIAmCmg](http://afp.google.com/article/ALeqM5jFKL5St-E0g16NAv8zpfOmIAmCmg)  
Il y a 5 heures

RIO DE JANEIRO (AFP)  Le Brésil, qui a enrayé la progression du sida avec  
sa politique pionnière de lutte contre la maladie entamée il y a plus de 20  
ans, poursuit aujourd'hui son bras de fer avec les grands laboratoires pour  
mettre les médicaments à la portée de tous.

Ce pays de 190 millions d'habitants, où vit un tiers des latino-américains  
séropositifs, enregistre actuellement 32.000 nouveaux cas par an contre  
25.000 dans les années 1990, inversant les pronostics d'une épidémie  
explosive à l'image de l'Afrique.

La directrice du Programme de lutte contre le sida du ministère de la Santé,  
Mariangela Simao, a indiqué à l'AFP qu'en 2002, le taux d'incidence du sida  
était de 22,2 cas pour 100.000 habitants et qu'en 2006 il n'était plus que  
de 17,5, "ce qui confirmerait même une légère tendance à la baisse".

Néanmoins, selon cette responsable qui se rendra à Mexico début août pour la  
Conférence internationale sur le sida, le gouvernement veut encore faire  
baisser ce taux.

Le Brésil compte aujourd'hui 620.000 séropositifs (0,61% de la population de  
15 à 49 ans) et 190.000 malades du sida qui reçoivent un traitement gratuit.

Le ministère de la Santé a investi 820 millions de dollars dans son  
programme antisida en 2007 dont 620 millions ont été destinés aux seuls  
médicaments. Pour 2008, le budget est d'un milliard de dollars.

"Chaque année, de 18.000 à 20.000 personnes entament un traitement contre le  
sida", a précisé Mme Simao, ajoutant que seize antirétroviraux sont  
actuellement disponibles. Sept de ces remèdes sont des génériques qui  
n'étaient pas protégés par des brevets, fabriqués au Brésil par des  
laboratoires publics, tandis que les neuf autres sont importés.

Depuis plusieurs années le Brésil mène un bras de fer avec les grands  
laboratoires étrangers pour faire baisser le prix des antirétroviraux  
importés et tous les ans, il en renégocie le prix.

L'année dernière, faute d'accord avec l'américain Merck sur le brevet de  
l'efavirenz, le Brésil est pour la première fois passé outre les droits du  
laboratoire et a décidé d'importer d'Inde son équivalent générique en  
attendant de le produire lui-même.

"Entre notre commerce et notre santé, nous choisissons de soigner notre  
santé", avait souligné à l'époque le président Luiz Inacio Lula da Silva.

"Aujourd'hui, deux laboratoires développent l'efavirenz, un médicament de  
première ligne, c'est-à-dire utilisé en début de traitement, et qui est  
utilisé par 80.000 de nos malades. Il devrait être commercialisé sur notre  
marché en 2009", a dit Mme Simao.

L'importation du générique indien a déjà permis d'économiser 30 millions de  
dollars en un an, une somme qui sera réinvestie dans la prévention.

La responsable antisida a ajouté que le Brésil avait "de bonnes options  
d'achat" pour les médicaments de seconde ligne utilisés par 30 à 35% des  
patients à un stade plus avancé de la maladie: "Le gouvernement les achète  
en grande quantité et a donc une bonne marge de négociation".

"Mais ce n'est pas le cas de pays comme le Chili ou le Mexique qui les  
payent cinq ou sept fois plus chers car ils sont dépendants d'accords  
commerciaux avec les Etats-Unis", a-t-elle ajouté.

Le Brésil prône une distribution gratuite et universelle des médicaments  
antisida et réclame un assouplissement des règles concernant les brevets  
pharmaceutiques ainsi que des prix plus abordables.

"A Mexico, le Brésil et la France axeront la discussion sur le fait de  
savoir s'il est possible d'atteindre l'accès universel aux médicaments d'ici  
à 2010 et sur l'impact des brevets sur cet accès", a anticipé Mme Simao.
