Croi 2021 : un nouvel espoir !
Publié par Fred Lebreton et Bruno Spirele 12.03.2021494 lectures
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L’espoir d’un vaccin thérapeutique
En plénière de clôture, Xu Yu, chercheuse et professeure à Harvard (Boston, États-Unis), a présenté des données intéressantes sur les contrôleurs d’élite. C’est-à-dire les personnes qui contrôlent le VIH pendant de longues périodes sans avoir besoin de traitement. Les contrôleurs d’élite ne représentent que 0,5 % des personnes vivant avec le VIH, mais constituent une sorte de modèle pour imaginer la guérison fonctionnelle. Nous savons que la concentration de VIH dans les réservoirs empêche une guérison. Le cure serait alors l’éradication (élimination des cellules infectées) ou la guérison fonctionnelle (les cellules infectées peuvent persister sans rebond de la charge virale). Comment le virus intégré dans l’ADN persistent-il chez les contrôleurs d’élite ? L’approche est de comparer les lieux d’intégration dans l’ADN entre contrôleurs d’élite et personnes sous traitement antirétroviral contrôlées (charge virale indétectable).
C’est à partir des études sur les contrôleurs d’élite qu’a été conçu un nouveau vaccin thérapeutique (destiné aux personnes déjà infectées par le VIH) a annoncé la Dre Beatriz Mothe, de l'Institut de recherche sur le VIH IrsiCaixa (Badalone, Espagne). Ces études ont identifié les réponses immunitaires des cellules CD4 et CD8 correspondant aux régions spécifiques du VIH qui sont associées au contrôle viral. Le vaccin est conçu pour stimuler des réponses similaires. Dans l’essai Aelix-002 de phase I/Iia, le vaccin a été testé dans deux groupes : un groupe qui avait le vrai vaccin et un autre qui avait un placebo. Après une période sans traitement, la charge virale a rebondi chez tous-tes les participants-es, mais elle n’a pas atteint les niveaux antérieurs au traitement chez la majorité des participants-es. Huit participants-es ont pu arrêter le traitement jusqu'à la 22e semaine. Cinq personnes vaccinées et une personne qui avait pris un placebo ont maintenu une charge virale inférieure à 2 000 copies/ml pendant toute la durée de l'interruption du traitement.
Les résultats de l'essai ont été salués par la professeure Adeeba Kamarulzaman, présidente de la Société internationale de lutte contre le sida (IAS), comme « la première démonstration que chez les personnes séropositives la stimulation des cellules T spécifiques du VIH peut contribuer aux stratégies de guérison » (1). Des résultats à prendre avec prudence car ils posent plusieurs questions, notamment celle de la transmission. Une charge virale inférieure 2 000 copies/ml est certes un niveau bas, mais le seuil international d’indétectabilité est fixé à moins de 200 copies/ml. Toujours est-il que les bonnes nouvelles sont rares en ce moment et ces données constituent un espoir pour les années à venir.