Diarrh�es � microsporidies au cours de l�infection � VIH/sida
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R�dig� le 3 janvier 2011
Chez les patients infect�s par le VIH et ayant un taux de lymphocytes CD4 inf�rieur � 100 par millim�tre cube, les microsporidies entra�nent des diarrh�es dont la gravit� varie en fonction de l�esp�ce incrimin�e. Enterocytozoon bieneusi est associ� aux formes les plus graves avec risque de d�c�s.
Une �tude prospective r�alis�e � l�H�pital la Rabta de Tunis (Tunisie) sur 108 patients VIH+ pr�sentant une diarrh�e
Le diagnostic de microsporidiose intestinale a �t� fait par d�tection des spores de microsporidies � partir de frottis de selles color�s par la coloration classique de trichrome de Weber modifi�e.
L�identification de l�esp�ce en cause a �t� obtenue par la m�thode hautement sensible de l�amplification g�nique par la polymerase chain reaction (PCR). Cette �tape est indispensable pour adapter le traitement et �valuer le pronostic.
- Caract�ristiques des patients :
* 48,1% �taient des femmes ;
* l��ge moyen �tait de 39,7 ans ;
* la diarrh�e �voluait sur un mode chronique [1] dans 25% des cas et de fa�on aigu� dans 9,3% des cas ;
* des microsporidies ont �t� retrouv�es chez les femmes dans 64,7% des cas. A la coloration de Weber modifi�e, 7,4% des selles �taient positives et on retrouvait 15,7% de positivit� par PCR. La PCR �tait positive chez 11,3% des patients asymptomatiques et chez 33,3% des sujets diarrh�iques ;
* la diarrh�e chronique �tait associ�e � un taux de CD4 inf�rieur � 100 par millim�tre cube ;
* 4 d�c�s sont survenus au cours d�infection � Enterocytozoon bieneusi.
- En ce qui concerne les esp�ces identifi�es :
* Enterocytozoon bieneusi a �t� isol� dans 7,4% des cas chez des patients pr�sentant une diarrh�e chronique.
Enterocytozoon bieneusi a �t� d�crit pour la premi�re fois en 1985. Il �met des sporontes de 15 � 20 μm et peut contenir jusqu�� 20 noyaux, qui vont donner des spores de 1 μm. Ces parasites se localisent entre le noyau et la bordure en brosse des ent�rocytes et lib�rent des spores dans la lumi�re intestinale qui vont coloniser de nouvelles cellules ou �tre �limin�es avec les f�ces.
* Encephalitozoon intestinalis a �t� retrouv� dans 8,3% des selles infect�es, avec une association plus fr�quente au portage asymptomatique et aux diarrh�es aigu�s.
Encephalitozoon intestinalis (anciennement appel�e Septata intestinalis) a �t� d�crit en 1993 et se d�veloppe dans une vacuole parasitophore. Les m�rontes contiennent 2 � 4 noyaux et les spores, lib�r�es dans la lumi�re intestinale, mesurent 1,5 � 2 μm.
Des parasites opportunistes dont le pouvoir pathog�ne s�exprime sous la forme de diarrh�es chroniques
Les microsporidies sont des organismes unicellulaires et intracellulaires appartenant au r�gne des Fongi et s�exprimant chez les sujets immunod�prim�s, et notamment chez les sujets s�ropositifs au VIH.
La connaissance des microsporidioses intestinales est concomitante de l�infection � VIH/sida. Ce fut la premi�re cause de diarrh�e dans les pays d�velopp�s avant l�av�nement des traitements antir�troviraux hautement actifs (HAART).
Les esp�ces de microsporidies infectant l�homme ont �t� identifi�es aussi bien dans des sources d�eau que des aliments ou des animaux de ferme ou domestiques, sugg�rant une transmission hydrique, alimentaire et zoonotique. La contamination est f�co-orale.
Les microsporidies se reproduisent en deux phases dans la m�me cellule h�te : m�rogonie (formation de m�rontes � partir du sporoplasme introduit dans la cellule) puis sporogonie (formation d�une paroi autour des m�rontes pour former des spores).
Enterocytozoon bieneusi et Encephalitozoon intestinalis colonisent l��pith�lium de l�intestin gr�le, conduisant � une alt�ration de la muqueuse intestinale sous la forme d�un aplatissement de la couche de cellules �pith�liales, d�une accumulation de graisses et d�une desquamation importante. Ces modifications ont pour cons�quences une atrophie villositaire compens�e par une hyperplasie des cryptes, et une diminution de la surface d�absorption.
Une r�ponse diff�rente au traitement selon l�esp�ce en cause
Les infections intestinales dues � Encephalitozoon intestinalis sont sensibles � l�albendazole, avec disparition de la diarrh�e, r�gression de la malabsorption intestinale (am�lioration du test au D-xylose) et n�gativation des selles. La dur�e du traitement est de 21 jours, � raison de deux prises de 400 mg par jour par voie orale.
Sous albendazole, la sympatomatologie intestinale entra�n�e par Enterocytozoon bieneusi r�gresse mais l�infestation persiste, avec mise en �vidence des parasites lors des examens de selles. C�est pourquoi il est recommand� de traiter ces parasites par la fumagilline � la dose de 60 mg par jour pendant 14 jours. Le traitement peut entra�ner des effets secondaires r�versibles (leuco-neutrop�nie, chute des plaquettes sanguines) n�cessitant une surveillance du patient pendant toute la dur�e du traitement.
Pas de chimioprophylaxie des microsporidioses mais la mise en pratique des r�gles hygi�no-di�t�tiques individuelles pour pr�venir la contamination f�co-orale .
Source :
- Impact des esp�ces de microsporidies sur la clinique des diarrh�es associ�es au VIH
S. Aissa, R. Abdelmalek, N. Chabchoub
M�decine et maladies infectieuses, 2010, N� 40, p. 53
- Identification d�Enterocytozoon bieneusi par PCR dans les selles des patients immunod�prim�s tunisiens
S. Anane, E. Kaouech, S. Belhadj, R. Abdelmalek,
Pathologie Biologie, Sous presse. Epreuves corrig�es par l�auteur. Disponible en ligne depuis le mardi 2 juin 2009
- Parasitoses intestinales �mergentes
P. Bour�e, A. Lan�on, P. Resende
Revue Francophone des Laboratoires, 2008, vol. 399, pp. 23-28
Pour en savoir plus :
- esante.univ-rennes1 : microsporidioses
- Femmesetsida : Manifestations cliniques et biologiques de l�infection � VIH/sida chez la femme (p.55)