[e-med] Embargo sur la santé des ivoiriens

Message adresse ce jour aux journalistes francais sante par le Prof Gerard
Granger suite à  l'arret de la distribution de medicaments en Cote d'Ivoire

Chers amis journalistes, Pour information, voici le message adressé par le président du conseil de l’ordre des pharmaciens de Côte d’Ivoire, le Dr Parfait Kouassi (tél : +225 22410647Cell: +225 07097242 ; mail : parfaitkp@hotmail.com) alertant sur la situation sanitaire préoccupante que vit son pays. « La réalité est que l'arrêt de la Banque centrale, les fermetures des banques commerciales, l'arrêt des transactions financières avec l'UE mettent les grossistes locaux dans l'incapacité de régler leurs fournisseurs en UE. De plus, le blocus des ports rend toute importation impossible depuis l'UE. Or 90% des médicaments viennent d'UE. De facto, depuis le 11 février, les flux de médicaments en direction de la CI sont interrompus. Il y aura donc pénurie de médicaments une fois que les stocks déjà disponibles seront épuisés. Les délais de couverture sont évalués à environ 1mois et demi, car d'ici fin Mars. Il ne s'agit donc pas d'un embargo sur les médicaments mais de la conséquence des mesures de blocus général visant à asphyxier le régime Gbagbo .Les programmes de coopération interne sont eux aussi suspendus avec le régime Gbagbo et dans ce contexte, les dotations de fond pour les fournitures d'ARV, tuberculose, paludisme etc... sont eux aussi suspendus. C'est un contexte extrêmement compliqué, lié à des décisions politiques . En dehors d'un relai par les humanitaires (ONG..), je ne vois pas comment éviter la catastrophe humanitaire, si d'ici lÃ, le contexte reste en l'état. »

N'GUETTA Kouao Alain-Claude
Pharmacien

Un moratoire permettrait de suspendre cette décision qui va à l’encontre des principes moraux.
Il est urgent que soit dissocié l’approvisionnement en médicaments essentiels pour la côte d’ivoire et embargo.
Il faut établir un pont humanitaire afin que la pharmacie centrale puisse trouver un arrangement de toute urgence avec l’EU, l’union des Etats Africains, l’UNICEF et l’OMS et la Banque Mondiale.
Il est donc plus que nécessaire que les « génériqueurs » puisse mettre en œuvre un Fonds fiduciaire disponibles à travers des programmes du même type que le programme africain de lutte contre l’onchocercose (APOC) avec une contribution des gouvernements nationaux, des fonds provenant des organisations non-gouvernementale de développement et financés par des contributions volontaires.
Au niveau de l’APOC c’est la Banque Mondiale qui est l’agent financier. C’est elle qui gère le Fonds fiduciaire et rend compte au Forum d’Action commune de la situation financière de l’APOC.
La Banque Mondiale pourrait donc mettre en place un dispositif humanitaire similaire et les ONG se charger de l’acheminement dans les zones de pénuries.
Le Fonds serait constitués des créances actuellement irrécouvrables en raison de la suspension du traitement des opérations financières interbancaires.
Il reste un mois de stock, pour des traitements qui ne devraient surtout pas être stoppés, tels que les traitements contre le VIH SIDA. Une récente étude Sud Africaine à démontrée que sur un plan épidémiologique la morbi mortalité est augmentée de manière dramatique dès lors que les traitements ne sont plus dispensés dans les temps, notamment en raison de résistances bactériennes antagonistes.
Il convient en cette matière de ne pas sous-estimer la catastrophe humanitaire « de rebond » consécutive à l’arrêt brutal des traitements en médicaments de première nécessité.
José Manuel BOUDEY
Economiste et juriste de la santé

Chers E-mediens

Nous n avons à ce jour reçu aucune information ou directive
nous interdisant d approvisionner la Coté d Ivoire et la PSP en
médicaments .

Les grands groupes de transport maritimes ne garantissent
plus le bon acheminement des conteneurs sur le port
d 'Abidjan et c 'est cela qui constitue l'obstacle majeur .

Si la PSP passe des commandes urgentes pour les hopitaux
ivoiriens, alors nous ferons tout notre possible pour les
acheminer soit directement soit avec l'aide des ONG
opérationnelles .

Mais pour le moment nous n avons recu aucune demande .

Tres cordialement

Francois QUENEHEN
Directeur Export Afrique
Fresenius Kabi