# \[e-med\] Largent des bailleurs du sida fragilise les systèmes de santé

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**Category:** e-med\
**Created:** [August 28, 2008, 8:10am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-l-argent-des-bailleurs-du-sida-fragilise-les-systemes-de-sante/30401 "2008-08-28T08:10:14Z")\
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**Post date:** [August 28, 2008, 8:10am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-l-argent-des-bailleurs-du-sida-fragilise-les-systemes-de-sante/30401/1 "2008-08-28T08:10:14Z")

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AFRIQUE: Largent des bailleurs du sida fragilise les systèmes de santé -  
rapport  
[http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=79988](http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=79988)

JOHANNESBOURG, 25 août 2008 (PlusNews) - Laide internationale à la lutte  
contre le sida ces dernières années a été bien plus importante que celle  
dédiée aux autres maladies, mais quel a été limpact de tout cet argent  
sur des pays où les financements contre le VIH/SIDA excèdent souvent les  
budgets nationaux de la santé ?

Les trois principaux bailleurs de fonds de la lutte contre le sida le  
Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ; le  
Plan durgence du président George Bush contre le sida, PEPFAR ; et le  
programme plurinational contre le sida (MAP, en anglais) de la Banque  
mondiale- ont dépensé 20 milliards de dollars pour combattre lépidémie  
depuis 2000.

Mais un nouveau rapport intitulé « Seizing the opportunity on AIDS and  
health systems », [http://www.cgdev.org/content/publications/detail/16459/](http://www.cgdev.org/content/publications/detail/16459/)  
publié par le Centre for global development, basé aux Etats-Unis, et lancé  
début août lors de la XVII Conférence internationale sur le sida à Mexico,  
suggère que largent des donateurs a pu en fait affaiblir les systèmes de  
santé, pourtant essentiels pour une réponse efficace à lépidémie.

« Les gros bailleurs de fonds [de la lutte] contre le VIH créent des  
systèmes spécifiques au sida qui sont en compétition [avec les systèmes de  
santé] pour les travailleurs de la santé et les employés, qui partagent  
les mêmes infrastructures inadaptées et qui compliquent les flots déjà  
complexes dinformation », a dit Nandini Oomman, principal auteur de  
létude.

Soulignant que « lavenir de la réponse mondiale au VIH/SIDA ne peut pas  
être envisagé indépendamment de celui des systèmes nationaux de santé »,  
létude sintéresse à linteraction entre les trois bailleurs de fonds et  
les systèmes de santé dans trois pays où ces bailleurs travaillent : le  
Mozambique, lOuganda et la Zambie.

En sintéressant à trois composantes de ces systèmes de santé le système  
dinformation sanitaire, la chaîne dapprovisionnement en médicaments  
essentiels et les ressources humaines- les chercheurs ont noté que les  
bailleurs de fonds avaient développé des mécanismes spécifiques au sida,  
ponctionnant souvent des ressources essentielles dans le système général  
de santé des pays.

Dans le domaine des systèmes dinformation sanitaire, par exemple, les  
trois bailleurs ont leurs propres exigences en matière de recueil des  
données, ce qui a accablé des personnels de santé déjà submergés par de  
multiples tâches administratives. « Cet effort supplémentaire prend du  
temps [qui pourrait être consacré à] aider les patients VIH/SIDA ou  
fournir dautres services de santé », a souligné M. Oomman.

Dans le but de distribuer des médicaments antirétroviraux de manière plus  
efficace, les bailleurs ont aussi soutenu le développement de mécanismes  
distincts de ceux utilisés pour les autres médicaments essentiels.

« Dans la mesure où les ARV sont offerts à de plus en plus de structures  
sanitaires, conserver des systèmes distincts va devenir de plus en plus  
complexe », a averti létude, recommandant dintégrer les deux systèmes.

Les trois pays couverts par létude sont confrontés à de sérieuses  
pénuries de travailleurs de la santé qualifiés, mais au lieu de former des  
personnels supplémentaires, les trois bailleurs de fonds ont financé des  
formations spécifiques sur le VIH/SIDA pour le personnel existant.

Dans certains cas, ils ont récompensé les travailleurs pour la charge de  
travail supplémentaire induite par la gestion de leurs programmes, en leur  
accordant des primes.

« De telles primes concentrent lattention du personnel sur le VIH/SIDA   
dans certains cas en réduisant le temps quil consacre aux autres services  
de santé », ont fait valoir les auteurs du rapport.

Le PEPFAR a également financé le recrutement de très nombreux travailleurs  
sanitaires des organisations non gouvernementales (ONG), qui gagnent  
souvent bien mieux leur vie que leurs collègues du secteur public. Un  
employé de bureau travaillant pour un programme financé par le PEPFAR en  
Zambie, par exemple, gagne deux fois plus quune infirmière diplômée dans  
le secteur public zambien, selon létude.

Sans surprise, le financement des bailleurs de fonds utiliser pour mieux  
rémunérer les emplois dans les ONG a entraîné le départ des personnels,  
pourtant désespérément requis, du secteur public.

Létude conclut que les bailleurs de fonds devraient réadapter leur  
réponse, pour passer du mode durgence initial à la mise en place de  
systèmes permettant dobtenir de meilleurs résultats.

ks/kn/ail

Thèmes: (IRIN) Economie, (IRIN) VIH/SIDA (PlusNews), (IRIN) Recherche

[FIN]

[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
