# \[e-med\] La Banque mondiale redoute une crise financière des systèmes sanitaires

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**Category:** e-med
**Created:** [May 29, 2006, 7:41am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-la-banque-mondiale-redoute-une-crise-financiere-des-systemes-sanitaires/25506 "2006-05-29T07:41:13Z")
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#### Post date: [May 29, 2006, 7:41am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-la-banque-mondiale-redoute-une-crise-financiere-des-systemes-sanitaires/25506/1 "2006-05-29T07:41:13Z")

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La Banque mondiale redoute une crise financière des systèmes sanitaires  
[http://www.jeuneafrique.com/jeune\_afrique/article\_depeche.asp?art\_cle=PAN60026labanseriat0](http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=PAN60026labanseriat0)

26 mai 2006 - PANAPRESS  
Un nouveau rapport de la Banque mondiale met en garde contre le risque de  
voir les systèmes sanitaires du monde entier confrontés à des difficultés  
liées à la prise en charge de la forte hausse des coûts, pendant que les  
pays se débattent contre le problème du VIH/SIDA et sont sous la menace  
d'une possible épidémie de grippe aviaire.

Le rapport, intitulé "Health Financing Revisited -A Practitioners Guide",  
note par ailleurs que l'important déséquilibre entre les systèmes de santé  
des pays riches et des pays pauvres persiste.

Malgré l'intérêt sans précédent de la communauté internationale pour la  
santé, en tant que question de sécurité humanitaire et nationale et la  
spectaculaire hausse des niveaux de l'aide au développement consacrée à la  
santé, trois millions de personnes sont décédées du VIH/SIDA au cours de  
l'année dernière, révèle le document de la Banque mondiale, qui indique que  
l'espérance de vie moyenne est aujourd'hui de 47 ans en Afrique, alors  
qu'elle aurait pu être de 62 ans, sans les ravages du VIH/SIDA.

La tuberculose est une maladie qui se soigne avec des médicaments peu  
onéreux et pourtant 5.000 personnes en meurent chaque jour. Il en va de même  
pour le paludisme, qui fait 3.000 victimes par jour, essentiellement des  
enfants.

Le rapport fait part de graves préoccupations au sujet des efforts  
actuellement consentis au plan international pour élargir la portée des  
systèmes de soins de santé et, ainsi, améliorer, d'ici 2015, la santé de  
millions des personnes appartenant aux couches les plus démunies de la  
société, conformément aux Objectifs du Millénaire pour le Développement  
(OMD).

L'aide au développement pour la santé a enregistré une hausse au cours des  
dernières années, mais les récentes constatations laissent à penser que les  
donateurs doivent consentir des efforts plus concertés pour ouvrer avec les  
gouvernements à la mise au point de plans de développement et à la mise à  
disposition de solides financements à long terme.

Le rapport estime que, pour sa part, la communauté internationale doit  
respecter sa promesse d'augmenter de manière substantielle l'aide au  
développement et, dans le même temps, de la rendre prévisible et durable.

Les nombreux efforts des donateurs ont contribué à déplacer les priorités en  
termes de dépenses nationales, à augmenter les coûts de transaction et à  
fragmenter la fourniture des services de santés.

Par ailleurs, il revient aux pays en développement de prendre en charge la  
réforme de leurs systèmes de financement de la santé afin de mettre en place  
des budgets de fonctionnement suffisants et de veiller à ce que tous les  
citoyens aient accès à des soins de santé effectifs.

Selon le rapport, les dépenses de santé enregistrées pour l'année 2002 au  
niveau de la planète s'élevaient à 3,2 billions de dollars US, soit 10 pour  
cent environ du Produit intérieur brut (PIB) mondial, mais seuls quelque 12  
pour cent de cette somme ont été dépensés dans les pays à revenus faibles ou  
intermédiaires.

D'un autre côté, les pays à revenus élevés ont dépensé cent fois plus pour  
la santé d'un de leurs citoyens que les pays à faibles revenus, alors que  
les populations démunies des pays en développement sont dans une situation  
difficile, du fait qu'elles supportent 90 pour cent de la charge morbide du  
monde.

Selon Jean-Louis Sarbib, vice-président principal du Réseau du Développement  
humain de la Banque mondiale, auteur du rapport, le document nous montre  
comment les pauvres des pays en développement sont confrontés au risque  
quasi-certain d'un effondrement financier en essayant de faire face à des  
maladies aux effets catastrophiques, sans pour autant jouir de la protection  
financière qu'offrent les systèmes de santé des pays de l'OCEDE.

Il a ensuite expliqué que cette inégalité a des conséquences dramatiques sur  
la santé des populations pauvres du monde, étant donné que le fait de tomber  
malade d'une affection majeure et de devoir supporter les frais médicaux de  
sa propre poche conduit inexorablement à la pauvreté.

Selon le rapport, la réforme du secteur sanitaire est un processus complexe,  
et cela quelle que soit la partie du monde concernée.

Si l'expérience internationale montre qu'il existe de nombreux modèles qui  
pourraient constituer une source d'inspiration, il n'existe pas une route  
unique que pourraient emprunter les pays qui ambitionnent d'offrir des soins  
médicaux de qualité à leurs citoyens, soins qui seront également à très  
faibles coûts pour les ménages et les économies nationales.

L'aide au développement pour la santé a enregistré une augmentation  
significative au cours des dernières années, pour atteindre le chiffre de 10  
millions de dollars US en 2003.

La plupart des récentes augmentations ont été enregistrées en Afrique et  
elles concernaient des maladies et des interventions individuelles, ce qui  
suscite d'importantes interrogations sur la manière de procéder pour obtenir  
une augmentation de l'aide consacrée à des maladies spécifiques et le  
renforcement du système général de santé.

Le rapport estime que le fait d'affecter l'aide au développement à la prise  
en charge de maladies spécifiques peut s'avérer une démarche efficace  
lorsque les pays en développement disposent de moyens financiers trop  
modestes pour financer leurs budgets de santé.

Cependant, alors que leurs systèmes de santé se développent, la tendance à  
la fragmentation excessive des systèmes de santé pour assurer la prise en  
charge de chaque maladie peut être à l'origine de gaspillages et  
d'inefficacités.

---

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#### Post date: [June 4, 2006, 10:09am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-la-banque-mondiale-redoute-une-crise-financiere-des-systemes-sanitaires/25506/2 "2006-06-04T10:09:16Z")

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Bonjour à tous,  
&nbsp;&nbsp;&nbsp;  
&nbsp;&nbsp;Une fois encore, les études confirment ce que les acteurs des systèmes de santé des pays du Sud expriment depuis longtemps : "la fragmentation des prises en charge sont à l'origine de perte d'efficacité (...)"  
&nbsp;&nbsp;dans le cas particulier des achats de médicaments, la multiplication des circuits d'approvisionnement, basés sur des évaluations parfois étonnantes du fonctionnement des centrales d'achat, sont aujourd'hui clairement à l'origine d'un grand nombre de dysfonctinnements conduisant à une baisse de l'accessibilité.  
&nbsp;&nbsp;Encore une fois, si les fonds destinés aux approvisionnement étaient ciblés sur le renforcement des structures existantes dans les pays plutôt que destinés à la création, (parfois ex nihilo dans le cadre d'institutions non spécialisées dans cette activité), de soi-disant "cellules de procurement", il est fortement probable que l'accessibilité globale aux médicaments aurait été améliorée et que les efforts de tous auraient commencé à porter leurs fruits.  
&nbsp;&nbsp;&nbsp;  
&nbsp;&nbsp;mais peut être faut-il attendre encore un prochain rapport sur le sujet.  
&nbsp;&nbsp;&nbsp;  
Hélène DEGUI, hdeguifr@yahoo.fr  
tel : 06 62 40 29 84  
h degui \<hdeguifr@yahoo.fr

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### Author: ![Rame](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/r/74df32/32.png) [@Rame](https://talk.edrugplus.org/u/Rame)
#### Post date: [June 8, 2006, 12:56pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-la-banque-mondiale-redoute-une-crise-financiere-des-systemes-sanitaires/25506/3 "2006-06-08T12:56:48Z")

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Bonjour à tous

Je suis étonné que la Banque Mondiale soit l'auteur d'un rapport qui tire la  
sonnette d'alarme sur la baisse des financements du secteur de la santé.  
N'est-ce pas cette organisation qui, sous le prétexte du libéralisme et de  
la mondialisation contraint les gouvernements des pays en développement  
réduire drastiquement leurs dépenses en matière de santé ?

Je suis d'autant plus sidéré d'entendre la B.M dire que "le fait de tomber  
malade d'une affection majeure et de devoir supporter les frais médicaux de  
sa propre poche conduit inexorablement à la pauvreté". Que dit elle alors de  
ces pays qui, pour la santé de leur population contractent des prèts au près  
de la B.M ? C'est par exemple le cas du Burkina Faso qui contracte un prèt de  
68 milliards auprès de la B.M pour lutter contre le VIH/SIDA entre 2001 et  
2005. Cela n'a pas empêché les malades de ce pays à devoir débourser la  
somme de 5000 fcfa par mois pour leurs ARV et 3000 fcfa pour leur suivie  
biologique. En même temps que le pays s'appuvrit davantage en s'endettant  
pour combattre la maladie, ses habitants aussi s'apprauvissent aussi pour  
pour se soigner. La B.M se permet même se féliciter ce cycle infernal par la  
contribution des malades assureront la pérennité des programmes de prise en  
charge. Comme si ces personnes, même malades ou leurs orphelins ne  
contribueront pas déjà à rembourser cette dette à travers les inombrables  
taxes sur les produits de grande consommation.

N'est-ce pas vraiment cynique pour la B.M d'affirmer tout haut et sans gêne  
que "le fait de tomber malade d'une affection majeure et de devoir supporter  
les frais médicaux de sa propre poche conduit inexorablement à la pauvreté".  
La communauté internationale et les gouvernements africains doivent  
comprendre pour une bonne fois que pour le développement de l'Afrique, des  
systèmes d'accès ambitieux et généreux doivent être mis en place en matière  
de santé pour permettre aux populations d'avoir un niveau de santé optimal  
pour entreprendre la construction de leurs pays. Demander à des populations  
malades et pauvres de pays des traitements dont elles n'ont pas les moyens,  
s'apparente à une myopie politique et de bon sens qu'aucun rapport publié ne  
peut corriger ou pardonner.

Simon Kaboré  
--  
Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME)  
Burkina Faso  
Tel: (226) 50 34 55 32  
e-mail: rame@rame-bf.org  
Site: www.rame-bf.org
