# \[e-med\] L'AG de l'ONU se prononce en faveur d'un accès aux soins pour tous d'ici à 2010

**URL:** <https://talk.edrugplus.org/t/e-med-lag-de-lonu-se-prononce-en-faveur-dun-acces-aux-soins-pour-tous-dici-a-2010/25560>\
**Category:** e-med\
**Created:** [June 5, 2006, 8:19am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-lag-de-lonu-se-prononce-en-faveur-dun-acces-aux-soins-pour-tous-dici-a-2010/25560 "2006-06-05T08:19:31Z")\
**Posts on this page:** 1\
**Page:** 1

<div class="post-metadata">

**Author:** ![c.bruneton](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/c/3ec8ea/32.png) [@c.bruneton](https://talk.edrugplus.org/u/c.bruneton)\
**Post date:** [June 5, 2006, 8:19am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-lag-de-lonu-se-prononce-en-faveur-dun-acces-aux-soins-pour-tous-dici-a-2010/25560/1 "2006-06-05T08:19:31Z")

</div>

2 juin 2006  
Assemblée générale de L'ONU  
AG/10473  
Département de l'information . Service des informations et des  
accréditations . New York  
[http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/AG10473.doc.htm](http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/AG10473.doc.htm)

Assemblée générale  
86e séance plénière - matin, après midi & soir

L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE RÉAFFIRME LA DÉCLARATION D'ENGAGEMENT DE 2001 SUR LE  
VIH/SIDA ET SE PRONONCE EN FAVEUR D'UN ACCÈS AUX SOINS POUR TOUS D'ICI À  
2010

Elle reconnaît que 20 à 23 milliards de dollars sont nécessaires chaque  
année pour lutter contre la pandémie dans les pays à revenu faible et  
intermédiaire

L'Assemblée générale a adopté sans vote, ce soir, au terme d'un sommet de  
trois jours qui a rassemblé plusieurs dizaines de Chefs d'État et de  
gouvernement, une nouvelle Déclaration politique sur la lutte contre le VIH  
et le sida\*, l'un des plus grands défis qui se posent aujourd'hui aux  
dirigeants de la planète, réaffirmant la Déclaration d'engagement de 2001.  
Elle a également reconnu l'estimation réalisée par le Programme commun des  
Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) selon laquelle 20 à 23 milliards de  
dollars sont nécessaires chaque année, d'ici à 2010, pour développer  
rapidement des actions dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Auparavant, le Secrétaire général, Kofi Annan, avait appelé tous les  
dirigeants à s'engager « personnellement » face à la pandémie qui touche 40  
millions de personnes dans le monde, dont 2,3 millions d'enfants, et a déjà  
fait, en un quart de siècle, 25 millions de morts. Par l'adoption de la  
Déclaration politique s'est achevée la Réunion de haut niveau 2006 consacrée  
au sida, dont l'objectif était notamment d'examiner les progrès accomplis  
dans le cadre de la mise en ouvre de la Déclaration d'engagement sur le  
VIH/sida de 2001. Aux termes du texte, l'Assemblée générale réaffirme en  
outre que l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle  
qui touchent au commerce (ADPIC) n'empêchent pas et ne devraient pas  
empêcher leurs membres de prendre des mesures visant à protéger la santé  
publique. Autrement dit, cet accord ne doit pas compromettre le droit à la  
santé publique, et, en particulier, la promotion de l'accès pour tous aux  
médicaments, y compris la production d'antirétroviraux génériques et d'autres  
médicaments essentiels aux infections liées au sida.

À cette fin, l'Assemblée générale appelle les gouvernements, les parlements  
nationaux, les donateurs, les organisations régionales et sous-régionales,  
les organisations du système des Nations Unies, le Fonds mondial de lutte  
contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que la société  
civile, les personnes vivant avec le VIH, les groupes vulnérables, le  
secteur privé, les communautés les plus touchées par le VIH et le sida et  
autres parties prenantes à travailler étroitement ensemble, d'ici à 2010.

Elle décide enfin d'entreprendre de nouveaux examens complets en 2008 et  
2011, dans le cadre de l'examen annuel de l'Assemblée générale des progrès  
réalisés dans la mise en ouvre de la Déclaration d'engagement sur le  
VIH/sida de 2001.

Le Président de l'Assemblée générale, Jan Eliasson (Suède), s'est félicité  
de l'adoption de cette Déclaration qui, selon lui, établit un nouveau  
dialogue, un nouveau partenariat, une nouvelle dynamique entre les  
gouvernements et la société civile. Il a estimé que l'influence de cette  
dernière, au cours des ultimes jours et heures de négociations, aura en  
partie permis de renforcer le texte, et non de l'affaiblir.

À la tribune de l'Assemblée générale, ce matin, ouvrant le débat général au  
cours duquel se sont exprimés plus de 150 chefs d'État et de gouvernement,  
Ministres, Ambassadeurs ou représentants d'institutions internationales,  
Kofi Annan a appelé tous les dirigeants du monde à décider et proclamer que  
« le sida ne passera pas par moi ». « Il faut que vous fassiez tous de la  
lutte contre le sida votre priorité personnelle, non seulement au cours de  
cette réunion, ou cette année, ou l'année prochaine, mais tous les ans jusqu'à ce que cette épidémie soit enrayée », leur a-t-il déclaré.

Une riposte à long terme doit être basée sur le changement social, sur une  
transformation des mentalités pour que disparaissent les brimades qui  
entravent l'émancipation des femmes, l'homophobie et la stigmatisation, a  
souligné pour sa part Peter Piot, Directeur exécutif du Programme commun des  
Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).

La lutte contre le VIH et le sida n'est pas seulement une question d'argent,  
elle se joue aussi sur le terrain de la culture et des comportements  
sociaux, a ainsi estimé Hilary Benn, Secrétaire d'État pour le développement  
international du Royaume-Uni, lequel, à l'instar de plusieurs de ses  
collègues, aurait souhaité un texte de déclaration plus franc, « qui dise  
toutes les vérités ». Jusqu'à présent, la réaction de la communauté  
internationale n'a pas été à la hauteur de la crise, a déploré Erik Solheim,  
Ministre du développement international de la Norvège. L'une des raisons  
est, selon lui, qu'il n'a pas toujours été possible de parler librement de  
questions taboues, cachant ainsi la réalité de l'épidémie. Le VIH et le  
sida, a-t-il assuré, c'est le sexe, c'est le sang, ce sont les inégalités  
sexuelles, c'est l'homosexualité, c'est la pauvreté, c'est la réalité de nos  
vies, et des vies des populations du monde entier. Pete Hodgson, Ministre  
de la santé de la Nouvelle-Zélande, a regretté que des stratégies  
fondamentales pour combattre la pandémie continuent de faire l'objet de  
controverses. Nous devons prendre des décisions sur tous les fronts, a-t-il  
déclaré.

Son homologue de l'Égypte, Nasr El-Sayed, a jugé, de son côté, que le  
comportement sexuel sain que recommandait l'Islam, prônant fidélité et  
abstinence, expliquait la prévalence relativement basse dans les pays  
arabo-musulmans. Le représentant du Bahreïn a ainsi fait état des efforts  
visant à sensibiliser les groupes vulnérables, à encourager le dépistage  
prémarital ou l'abstinence.

Au nom de l'Union européenne, Ursula Haubner, Ministre de la sécurité  
sociale, de la protection des générations et des consommateurs de l'Autriche,  
a recommandé le recours le plus possible aux flexibilités offertes dans l'ADPIC.  
Ces flexibilités, a-t-elle insisté, ne doivent pas être compromises par les  
accords sur le libre-échange et doivent être conjuguées à des mesures visant  
à éviter la taxation des médicaments antirétroviraux. Pour le Ministre des  
affaires étrangères du Brésil, Celso Amorim, il est essentiel de tirer parti  
de la Déclaration de Doha, adoptée en 2001 par les membres de l'Organisation  
mondiale du commerce (OMC), pour rendre abordable le prix de ces  
médicaments. Aucun droit commercial ne peut s'exercer au détriment du droit  
à la vie et à la santé, a-t-il affirmé.

Par ailleurs, Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo, a  
rappelé, au nom de l'Union africaine, que de tous les continents, l'Afrique  
était celui qui était le plus touché par les ravages de ce redoutable fléau.  
Les obstacles pour relever le défi de la santé sont nombreux, a-t-il dit,  
citant la persistance et l'aggravation de la pauvreté, l'insécurité  
alimentaire, les contraintes économiques, les conflits armés et les  
catastrophes naturelles. Plusieurs ministres africains ont mis l'accent sur  
la nécessité d'encourager des partenariats forts afin de lutter plus  
efficacement contre la pandémie. La Ministre de la santé de l'Afrique du  
Sud, Manto Tshabalabal-Msimang a appelé, de son côté, à un renforcement des  
capacités en ressources humaines.

Après l'adoption de la Déclaration politique, le représentant des États-Unis  
a indiqué que son pays comprenait que la référence faite à la Conférence sur  
la population et le développement et à l'expression « santé génésique » ne  
conférait aucun droit et ne pouvait être interprétée comme un soutien, une  
caution ou un moyen de promouvoir l'avortement. En outre, les États-Unis  
comprennent que l'ensemble des références contenues dans cette Déclaration à  
la notion de « comportement sexuel responsable » renvoient à l'abstinence et  
à la fidélité, a-t-il conclu.

\* Le texte sera publié dans toutes les langues officielles à une date  
ultérieure.

SUITE À DONNER AUX TEXTES ISSUS DE LA VINGT-SIXIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE:  
MISE EN OUVRE DE LA DÉCLARATION D'ENGAGEMENT SUR LE VIH/SIDA (45): RÉUNION  
DE HAUT NIVEAU DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CONSACRÉE AU VIH/SIDA

Déclaration de la Première Dame des États-Unis, en qualité de représentante  
du pays hôte, avant la séance plénière

Mme LAURA BUSH, Première Dame des États-Unis, a déclaré, en tant que  
représentante du pays hôte, que depuis 2001, il était indéniable que l'espoir  
n'a cessé de grandir. La pandémie de sida constitue la crise humanitaire la  
plus grave de notre époque. Elle ne connaît aucune frontière, elle frappe  
toutes les religions, elle s'attaque aux riches comme aux pauvres. La lutte  
contre cette maladie est une lutte urgente pour la vie. Les États-Unis  
tiennent depuis 2001 leurs engagements, c'est-à-dire que nous avons consacré  
chaque année depuis cinq ans plus de ressources financières que l'année  
précédente.

Mme Bush a ajouté que ce financement accru et durable avait contribué à  
permettre à quelque 560 000 personnes vivant en Afrique subsaharienne de  
recevoir un traitement cette année, préserver la santé des populations,  
élaborer des programmes éducatifs qui puissent diffuser l'espoir auprès des  
plus jeunes. En Afrique subsaharienne toujours, l'initiative « ABC » a  
permis de réduire durablement le taux d'infection. Ces programmes éducatifs  
doivent s'accompagner d'une alphabétisation des populations les plus  
défavorisées. Les États-Unis sont engagés dans ce sens au travers de  
programmes de formation des travailleurs de la santé dans les communautés  
locales. Ils ouvrent non seulement pour combattre l'épidémie de sida mais  
aussi pour réduire les incidences du paludisme et de la tuberculose.

Déclarations liminaires

M. JAN ELIASSON (Suède), Président de l'Assemblée générale, a déclaré que  
depuis deux jours une nouvelle dynamique a vu le jour aux Nations Unies avec  
la participation inégalée de la société civile par le biais de tables rondes  
et de groupes de travail. Diverses catégories d'acteurs qui n'ont pas l'habitude  
de travailler ensemble, États Membres, malades du sida et acteurs de la  
lutte contre la pandémie, se sont assis ensemble à la même table. Nous  
disposons maintenant d'un projet de déclaration qui a été achevé dans la  
nuit à trois heures du matin. Il s'agit d'un texte de fond prospectif que j'espère  
nous adopterons aujourd'hui.

M. KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé qu'en 25 ans,  
le sida avait changé le monde. Le sida, qui a fait 25 millions de morts,  
est devenu la principale cause de mortalité aussi bien des femmes que des  
hommes entre 15 et 59 ans et a infligé le plus grand revers dans l'histoire  
du développement humain, a-t-il dit, précisant qu'il représentait désormais  
le plus grave des périls auxquels doit faire face notre génération. Il  
semble plus que jamais que s'il ne se produit pas de changement radical,  
nous serons fort loin, à l'horizon 2010, de l'accès universel à la  
prévention, au traitement, aux soins et aux mesures d'accompagnement,  
objectif que nous nous sommes engagés à réaliser au Sommet mondial de  
septembre dernier, a-t-il déclaré. Selon M. Annan, si nous n'intensifions  
pas considérablement la lutte contre le sida, nous n'atteindrons pas l'objectif  
de développement énoncé dans la Déclaration du Millénaire qui consiste à  
enrayer la propagation du VIH et du sida et à commencer à inverser la  
tendance d'ici à 2015.

Il faut que tous les Présidents et Premiers Ministres, tous les  
parlementaires et hommes politiques décident et proclament que « le sida ne  
passera pas par moi », a affirmé le Secrétaire général. Il faut, selon lui,  
une réforme réelle et positive qui donne un pouvoir plus grand et davantage  
de confiance aux femmes et aux filles et qui modifie les rapports entre les  
femmes et les hommes à tous les niveaux de la société. Il faut que les  
femmes puissent disposer de ressources plus importantes, que la législation  
leur soit plus favorable et qu'elles soient mieux représentées partout où se  
prennent des décisions, a-t-il ajouté. Il faut que vous fassiez tous de la  
lutte contre le sida votre priorité personnelle, non seulement au cours de  
cette réunion, ou cette année, ou l'année prochaine, mais tous les ans jusqu'à  
ce que cette épidémie soit enrayée, a-t-il souligné.

M. PETER PIOT, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, a déclaré que la Déclaration  
commune de 2001 avait marqué un tournant réel dans la lutte à échelle  
mondiale. Se félicitant du chemin parcouru depuis, il a estimé qu'un échec  
serait aujourd'hui impardonnable. Notre réunion, a-t-il dit, doit être  
assortie d'une déclaration soulignant la nécessité absolue d'intégrer la  
lutte contre le VIH/sida dans toutes les stratégies nationales. Il ne s'agit  
pas d'une crise passagère et nos décisions doivent tenir compte de la  
nécessité convenue d'allouer 20 milliards de dollars à la lutte contre le  
sida chaque année à partir de 2008. L'accès universel aux traitements, aux  
soins, le devoir de venir en aide aux personnes les plus vulnérables vivant  
avec le virus est le préalable à une action d'ampleur mondiale qui vise à  
exempter les générations futures de ce fléau dévastateur. La riposte à long  
terme doit être basée sur le changement social, sur une transformation des  
mentalités pour que disparaissent les brimades, qui entravent l'émancipation  
des femmes, l'homophobie et la stigmatisation.

M. RICHARD FEACHEM, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le  
VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, a indiqué qu'il y a cinq ans, le  
Secrétaire général avait proposé la création d'un fonds mondial pour  
combattre le sida en Afrique, qui puisse financer une action rapide et  
urgente. Aujourd'hui, le Fonds travaille dans une centaine de pays et  
dispose d'un budget de 10 millions de dollars. Mais il reste encore  
beaucoup à faire dans la mesure où les niveaux d'investissement doivent être  
accrus. Pour beaucoup de pays réunis ici, il sera nécessaire de trouver de  
nouvelles modalités de fonctionnement pour mener à bien les programmes déjà  
mis en place. J'en appelle à tous les dirigeants pour qu'ils fassent tout  
leur possible afin de trouver ces sources de financement supplémentaires.  
Il faut que le monde des affaires optimise sa contribution et que nous  
élevions notre voix pour qu'aucune femme, homme ou enfant ne meure en raison  
de notre incapacité à trouver les quelques milliers de dollars nécessaires.

Déclarations

MSWATI III, Roi du Swaziland, a rappelé les mesures prises dans son pays  
pour combattre le VIH/sida. Il a souligné qu'une campagne avait été  
entreprise pour éduquer la population et apprendre aux personnes atteintes  
du virus comment mener une vie saine. Le Gouvernement, les associations et  
les organisations non gouvernementales ouvrent ensemble dans le pays pour  
informer la population, a-t-il dit. Il a également indiqué que l'abstinence  
était encouragée, de même que des méthodes traditionnelles. Avec l'abstinence,  
on assiste à une baisse du taux de prévalence chez les jeunes, a-t-il  
assuré. Des dispensaires communautaires traditionnels ont été établis,  
permettant aux enfants orphelins vulnérables de grandir comme les autres  
enfants, de mener une vie normale, a-t-il également indiqué.

Selon Mswati III, la présence de la tuberculose et du paludisme aggrave  
encore le problème du VIH/sida. Il est important, a-t-il estimé, que ces  
trois maladies soient traitées ensemble. La situation exige, selon lui, d'importantes  
ressources. Il a ainsi remercié le Fonds mondial et les partenaires du  
développement. Ces ressources ont permis d'octroyer gratuitement des  
thérapies antirétrovirales aux patients, a-t-il affirmé. Le sida est comme  
une guerre, a-t-il ajouté, précisant que cette maladie ne faisait pas de  
différence entre les niveaux des ressources des pays.

M. DENIS SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo, a rappelé, au  
nom de l'Union africaine, que de tous les continents, l'Afrique était celui  
qui est le plus touché par les ravages de ce redoutable fléau. L'Afrique  
est aussi le continent qui dispose des moyens de riposte les plus  
dérisoires, a regretté M. Sassou Nguesso. Les femmes et les jeunes,  
fondements de nos sociétés et de nos États, sont les plus atteints,  
hypothéquant ainsi gravement le développement de nos pays. Que faire pour  
arrêter l'implacable pandémie? Comment faire pour atteindre l'accès  
universel à la prévention, aux traitements et aux soins du VIH et du sida? a  
demandé le Président congolais. Évoquant le Sommet spécial qui s'est tenu à  
Abuja, au Nigéria en mai dernier, M. Sassou Nguesso a déclaré que l'Union  
africaine avait réaffirmé ses engagements face à la lutte contre le sida, la  
tuberculose et le paludisme. La position commune africaine est une  
convergence, une approche continentale pour relever le défi de la santé. Les  
obstacles sont nombreux, notamment la persistance et l'aggravation de la  
pauvreté, l'insécurité alimentaire, les contraintes économiques, les  
conflits armés et les catastrophes naturelles. Le Président congolais s'est  
félicité que, dans ce contexte, les pays du G-8 aient pris l'engagement de  
mobiliser 50 milliards de dollars d'ici à 2010 pour permettre d'accélérer l'accès  
universel à la prévention, aux traitements et aux soins du VIH. Nous en  
appelons à la solidarité de la communauté internationale dans son ensemble.  
Notre responsabilité est historique, car le destin de millions d'hommes et  
de femmes dépend des engagements que nous prenons aujourd'hui.

M. FRANÇOIS BOZIZE, Président de la République centrafricaine, a déclaré que  
depuis 2001, des efforts considérables avaient été déployés par les États  
africains face à ce fléau qui menace la survie du peuple africain. Ces  
efforts ont permis l'amélioration des indicateurs en matière de lutte contre  
le sida, mais si l'on prend en exemple certains pays comme la République  
centrafricaine, ces indicateurs n'atteignent pas l'objectif 8 de la  
Déclaration du Millénaire pour le développement. Sur 40 000 personnes  
susceptibles de bénéficier de traitements antirétroviraux en Centrafrique,  
seuls 6% y ont accès alors que le pays a le taux de prévalence du sida le  
plus élevé d'Afrique. Les programmes de sensibilisation à l'école n'existent  
pas en raison du décès d'un grand nombre d'enseignants des suites de la  
pandémie et d'un manque de financement. Le Président centrafricain en a  
appelé à ses pairs pour qu'ils souscrivent à l'ensemble des recommandations  
du Secrétaire général face à un fléau qui met en péril l'existence même de  
tout un continent. Ces recommandations, a-t-il précisé sont en adéquation  
avec la Déclaration d'Abuja des chefs d'États africains. Il a souhaité que  
de nouvelles modalités de coopération et de nouvelles procédures de  
financement soient adoptées par les institutions financières  
internationales. Seule la solidarité mondiale pourra orienter nos actions  
pour que la lutte contre le sida prenne son essor véritable en Afrique,  
a-t-il souligné.

M. ARNOLD RÜÜTEL, Président de l'Estonie, a déclaré que le VIH/sida n'était  
pas seulement une maladie, mais est aussi un risque sécuritaire. Le  
VIH/sida a un impact sur tous les aspects humains, les valeurs, les  
convictions, l'appartenance sociale et les comportements, a-t-il souligné.  
Selon lui, la lutte contre le VIH/sida ne sera efficace que si nous tenons  
compte de toutes ces activités. Le Président estonien a rappelé que les  
enfants étaient les êtres les plus faibles de nos sociétés et que plus de  
deux millions d'entre eux étaient séropositifs. Nous devrions nous  
concentrer sur les enfants et les femmes enceintes et prévenir la  
transmission du virus de la femme aux enfants, a-t-il poursuivi.

Selon M. Rüütel, si nous voulons remporter la bataille contre le VIH/sida,  
nous devons surmonter les préjugés sociaux. Tous les États, toutes les  
sociétés doivent agir à cet égard, quel que soit le nombre de leurs victimes  
du VIH/sida, a-t-il estimé. Les traitements antirétroviraux doivent être  
disponibles pour tous ceux qui en ont besoin, a-t-il également déclaré. Le  
succès de la prévention en Estonie est clair, étant donné que le nombre de  
nouveaux cas baisse, a-t-il assuré, se déclarant néanmoins préoccupé car le  
virus s'étend parmi les populations dites vulnérables. Aucun pays ne pourra  
remporter seul la bataille, a-t-il ajouté, précisant que la solidarité  
internationale devait être présente.

M. ELIAS ANTONIO SACA GONZALEZ, Président d'El Salvador, a expliqué que le  
Gouvernement de son pays était pleinement engagé dans la lutte contre les  
discriminations qui continuent de frapper les personnes vivant avec le VIH  
et le sida. Le public doit être davantage informé sur la maladie pour que  
cesse la stigmatisation des groupes vulnérables. Ensemble, la société  
civile, le Gouvernement et les personnes contaminées, nous pouvons changer  
la réalité de ce monde. L'exclusion doit cesser. Le Président salvadorien  
a ajouté que son pays, depuis la Déclaration de 2001, avait réussi à enrayer  
la progression de la pandémie. Nous sommes fiers d'avoir pu adapter notre  
stratégie nationale en fonction des engagements pris à l'échelle  
internationale, notamment en ce qui concerne les programmes intégrés de  
prévention. Depuis 2001, nous avons multiplié par cinquante le nombre de  
personnes qui reçoivent un traitement. Nous avons réussi l'essentiel, à  
savoir baisser de plus de 85% le nombre d'enfants nés avec le virus. La  
jeune génération représente le futur de notre pays. C'est pour elle que  
nous devons maintenir une action soutenue et innovante. L'accès universel  
est en ce sens plus qu'un objectif, il doit devenir rapidement une réalité  
tangible et efficace, ancrée dans les mours d'El Salvador et des autres pays  
de la région et du monde.

M. EDWARD NGOYANI LOWASSA, Premier Ministre de la République-Unie de  
Tanzanie, a relevé qu'en dépit des moyens mis en ouvre, le sida fait  
toujours des ravages. Il nous faut faire face aux menaces multiples que  
pose la pandémie et les recommandations contenues dans le rapport du  
Secrétaire général méritent d'être sérieusement envisagées. Le Premier  
Ministre est revenu sur les activités mises en place dans son pays pour  
lutter contre le VIH et le sida et qui se sont traduites notamment par l'élaboration  
d'un cadre d'évaluation servant de guide à tous les agents et travailleurs  
sociaux. La prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant,  
les questions de droits de l'homme, la lutte contre les stigmatisations font  
partie de notre cadre stratégique. Malheureusement, le coût élevé de ces  
initiatives pose une limite à notre action. Les orphelins du sida et les  
enfants touchés par le virus constituent l'un des défis majeurs que nous  
devons relever dans la mesure où les filets de protection traditionnels se  
sont amenuisés avec le temps. Le financement de programmes de lutte contre  
le sida constitue un autre défi de taille tout comme le sont la grave  
pénurie de personnel qualifié, l'absence d'infrastructures de santé, le  
suivi nutritionnel des patients et l'incidence de la tuberculose.

M. BERTIE AHERN, Premier Ministre de l'Irlande, a déclaré qu'il faudrait un  
leadership mondial, ferme et redoubler d'efforts pour éliminer le VIH/sida.  
Il a indiqué que, grâce à un programme national d'aide au développement, l'Irlande  
avait dépensé plus de 250 millions d'euros au cours des cinq dernières  
années. Il a assuré qu'à partir de cette année, les dépenses de l'Irlande  
dans la lutte contre le VIH/sida et les autres épidémies augmenteraient d'au  
moins 100 millions d'euros par an. Le Premier Ministre irlandais a ajouté  
que son Gouvernement s'était engagé à atteindre l'objectif des Nations Unies  
de consacrer, avant 2012, 0,7% du PNB à l'aide au développement. Pour être  
à l'avant-garde de la lutte contre le VIH/sida, l'Irlande va augmenter sa  
contribution au Fonds mondial pour atteindre 20 millions d'euros par an,  
doubler sa contribution à ONUSIDA pour atteindre 6 millions d'euros par an,  
continuer d'investir dans les nouvelles technologies susceptibles de  
prévenir la maladie, verser chaque année 30 millions d'euros supplémentaires  
aux partenaires de l'Irlande pour les aider à lutter contre la pandémie, et  
à accorder la priorité aux femmes dans les programmes nationaux.

Le rôle de chef de file des Nations Unies est crucial pour faire face à ce  
défi, a-t-il dit, louant l'engagement inlassable du Secrétaire général. L'infection  
du VIH/sida ne connaît pas de frontière, a-t-il déclaré, précisant que l'Union  
européenne et ses pays voisins étaient confrontés à la propagation la plus  
rapide du virus. La prévention est au cour de notre stratégie, a-t-il  
également souligné, mettant notamment l'accent sur la volonté politique.

M. DENZIL L. DOUGLAS, Premier Ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, a déclaré,  
au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et du Partenariat  
PAN-Caraïbes contre le VIH/sida (PANCAP), que, au vu de l'ampleur de la  
tâche qui attend les États, l'humilité devait être de mise. Si en 2010,  
lorsque nous nous réunirons de nouveau, nous serons en mesure d'annoncer que  
chaque homme, femme et enfant a accès à la prévention, aux soins et aux  
traitements, alors nous pourrons crier victoire. Mon optimisme en matière d'accès  
universel est toutefois tempéré compte tenu de la gravité de la situation  
présente. Les besoins sont innombrables, qu'il s'agisse de financement  
durable, de ressources humaines, de capacités techniques et d'éducation.  
Seule une approche intégrée nous donnera les moyens de gagner. Cela suppose  
que nos partenariats internationaux soient simplifiés quant à leur  
fonctionnement. Les pays de la CARICOM souscrivent aux « trois principes »  
établis par l'ONUSIDA ainsi qu'aux recommandations formulées par l'Équipe  
spéciale mondiale visant à renforcer la coordination au sein de la  
communauté des donateurs et des institutions multilatérales. La région des  
Caraïbes forme une mosaïque complexe de 29 pays et territoires d'outre-mer  
qui se caractérisent par une très grande diversité culturelle. Le taux de  
prévalence y est le second plus élevé après celui de l'Afrique  
subsaharienne. À ce jour, 300 000 personnes vivent avec le virus, et il  
existe une grande disparité par pays dans l'accès aux soins. C'est  
pourquoi, à l'horizon 2010, nous devons faire en sorte de tirer les  
bénéfices d'une approche internationale davantage harmonisée, au plan des  
politiques de santé et des législations afférentes notamment.

M. MACKY SALL, Premier Ministre du Sénégal, s'est félicité du renforcement  
de la mobilisation internationale, tout en reconnaissant que les ressources  
financières et techniques mises à disposition ont été insuffisantes pour  
apporter une réponse capable de réduire de manière significative le taux de  
croissance du sida et donner un accès universel aux traitements  
antirétroviraux. Cette rencontre doit être considérée comme le sommet de la  
rupture et de la remobilisation, a-t-il insisté. L'Afrique se trouve dans  
une situation d'urgence sanitaire. Si nous ne réglons pas le problème du  
VIH/sida, les Objectifs du Millénaire pour le développement resteront  
illusoires. Force est de constater que 25 ans après que nous ayons commencé  
à lutter contre la maladie, nous n'avons pas encore commencé à renverser son  
incidence. Nous devons donc relever d'urgence trois défis majeurs: la  
prévention, l'accès universel au traitement et le déficit en ressources  
humaines. Les efforts de prévention et d'information auprès des jeunes en  
particulier doivent être renforcés. Des interventions plus efficaces  
doivent être promues auprès des femmes ainsi qu'auprès des groupes  
vulnérables et nous devons rendre accessibles et pérenniser les traitements  
antirétroviraux, y compris les médicaments de deuxième et troisième  
générations et les formules pédiatriques. Nous devons aussi nous engager à  
accroître de manière substantielle les ressources permettant de répondre à l'exigence  
de visibilité et de durabilité de nos politiques.

M. PAKALITHA BETHUEL MOSISILI, Premier Ministre du Lesotho, a mis l'accent  
sur la nécessité pour tous de renouveler l'engagement à combattre la  
pandémie du VIH/sida sur les plans national, régional et continental, et  
aujourd'hui sur le plan mondial. Le pays est confronté à des ressources  
limitées dans la lutte contre la pandémie, le défi étant d'obtenir des  
ressources humaines, physiques et financières adéquates à la mesure des  
efforts requis pour combattre le VIH/sida. Il s'est également félicité des  
contributions au Fonds mondial, mais, a-t-il ajouté, il faut défendre l'idée  
d'un pool de financement et d'une remise de la dette, afin d'accéder aux  
ressources disponibles pour combattre la pandémie. Le Premier Ministre a  
demandé aux protagonistes de veiller à ce que les fonds atteignent  
véritablement leurs cibles. Il a en outre jugé inexcusable que dans le  
contexte de la mobilisation contre le VIH/sida, le G-8 et d'autres pays n'aient  
pas jugé approprié d'annuler la dette de tous les pays les moins avancés.  
Il est temps d'agir là où nous faisons des discours, a-t-il dit, ajoutant:  
« Contribuons ou cessons de parler ».

M. SUCHAI CHAROENRATANAKUL, Vice-Premier Ministre de la Thaïlande, a indiqué  
que son pays avait réussi à réduire les taux de transmission du VIH par le  
biais de programmes de prévention efficaces. Toutefois, près d'un  
demi-million de personnes vivent avec le virus en Thaïlande. C'est  
pourquoi, notre pays, comme tant d'autres dans cette salle, doit privilégier  
deux domaines dans son combat contre la pandémie. Nous devons assurer par  
tous les moyens un accès universel aux services de prévention des groupes  
les plus vulnérables. Nous devons parallèlement garantir un accès pour tous  
aux traitements, aux soins et à l'accompagnement des malades. À cette fin,  
la mobilisation de tous les secteurs et le renforcement des partenariats  
internationaux seront essentiels pour le succès de notre entreprise commune.

Mme ISHENGUL BOLDJUROVA, Vice-Premier Ministre par intérim du Kirghizistan,  
a évoqué la pauvreté dans son pays qui se trouve à l'origine d'un phénomène  
migratoire important des travailleurs et d'une augmentation de la  
toxicomanie, ces phénomènes étant des facteurs de propagation de la  
pandémie. Ces cinq dernières années, le nombre total de cas de personnes  
infectées par le virus au Kirghizistan a augmenté de 15,6 fois. Dans un des  
districts du pays, l'incidence du sida a été multipliée par 200. En 2005,  
une nouvelle loi a été adoptée tandis que le parlement est en train d'examiner  
des projets de loi relatifs à la toxicomanie et à la décriminalisation des  
groupes vulnérables. Nous avons également créé un comité intersectoriel de  
lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Nous souhaitons  
que la déclaration, qui sera adoptée aujourd'hui guide l'action de la  
communauté internationale face à une épidémie mondiale.

M. PHAM GIA KHIEM, Vice-Premier Ministre du Viet Nam, s'est déclaré  
préoccupé quant à la capacité de la communauté internationale d'enrayer la  
pandémie de VIH/sida d'ici les 10 prochaines années, d'où la nécessité,  
a-t-il ajouté, d'assurer notre responsabilité de prendre des mesures plus  
efficaces pour atteindre les cibles de la Déclaration de 2001. Il a affirmé  
que le Gouvernement du Viet Nam avait toujours été déterminé à tout mettre  
en ouvre pour lutter contre le VIH/sida. Grâce aux efforts entrepris depuis  
15 ans, l'épidémie est désormais maîtrisée parmi les groupes à risques,  
a-t-il dit, précisant que le but était de parvenir à un taux de prévalence  
de 0,3% d'ici à 2010. Ces résultats n'auraient pas été permis sans une  
véritable volonté politique, la participation active de l'ensemble du  
système politique et de la société, des personnes infectées elles-mêmes, et  
de l'assistance de la communauté internationale, en particulier des  
organisations des Nations Unies, a-t-il déclaré.

M. YOSHIRO MORI, ancien Premier Ministre du Japon, a tenu à rendre un  
hommage appuyé au courage de tous ceux qui vivent avec le virus du sida, et  
à tous ceux également qui leur apportent quotidiennement leur soutien. M.  
Mori a salué l'engagement des leaders du G-8 de répondre à l'épidémie à l'échelle  
globale. Le Fonds mondial joue dans ce cadre, avec les autres agences des  
Nations Unies, un rôle central en vue de sensibiliser les opinions publiques  
du monde entier à la nécessité d'engager des stratégies mondiales de lutte  
contre la pandémie. En 2004, le secteur privé japonais a établi le «  
Friends of the Global Fund, Japan », que je préside, a-t-il indiqué. Cette  
organisation a pour but de renforcer les contributions nationales auprès du  
Fonds mondial. Elle encourage et promeut la coopération parmi les pays d'Asie  
de l'Est. Nous tenons compte du fait que le sida est lié à d'autres fléaux,  
tels que la pauvreté et le préjudice social. La lutte à tous les niveaux  
contre la pandémie relève du combat pour la sécurité humaine pour tous. C'est  
pourquoi, notre tâche doit comprendre un volet humanitaire déterminé.

VOLET A

Déclarations

M. LESLIE RAMSAMMY, Ministre de la santé du Guyana, au nom du Groupe de Rio,  
a déclaré que les pays qu'il représente étaient attachés à l'accès universel  
aux traitements, aux soins et à l'appui aux malades. Au cours de l'année  
2005, on a noté, a-t-il rappelé, plus de décès causés par la maladie qu'au  
cours des derniers 25 ans. Notre réponse doit être plus forte et nos  
stratégies mieux coordonnées, sinon, a prévenu le Ministre de la santé, les  
objectifs que la communauté internationale s'est fixée pour 2010 ne seront  
pas réalisés. Les pays de notre région déploient des efforts considérables  
en ce sens, a-t-il dit. Pour enrayer l'épidémie, la réponse apportée n'est  
pas uniforme et chacun peut apprendre de l'expérience de l'autre. Au sein  
du Groupe, ce sont les questions financières qui font le débat. De nombreux  
pays d'Amérique latine et des Caraïbes ne peuvent prétendre aux ressources  
du Fonds mondial et il est regrettable que 25 ans après avoir pris cet  
engagement, tous les pays développés ne consacrent toujours pas 0,7% de leur  
PNB à l'aide publique au développement (APD). En effet, a poursuivi le  
Ministre de la santé, la pauvreté demeure l'obstacle majeur dans la lutte  
contre le VIH/sida. La réduction des prix est indispensable pour permettre  
l'accès universel aux médicaments et aux soins de base.

M. MOHAMMED CHEIKH BIADILLAH, Ministre de la santé du Maroc, a déclaré qu'il  
était indispensable de revitaliser les efforts de lutte contre la pandémie  
du VIH/sida, qui résiste à toutes les actions entreprises pour la juguler.  
Il faut atteindre le seuil minimum de 0,70% d'aide publique au  
développement, et assurer l'annulation de la dette des pays pauvres, ainsi  
que l'accès aux marchés internationaux de leurs produits, a dit le Ministre.  
Il a d'autre part demandé à la communauté internationale d'assurer des coûts  
abordables pour l'importation des équipements de laboratoire et des  
médicamentas antirétroviraux, et a souhaité une responsabilisation renforcée  
envers les pays du Sud, ainsi que la promotion d'une coopération  
triangulaire et Sud-Sud dans le domaine de la formation des cadres, ainsi qu'un  
transfert approprié des compétences. Ce sont là quelques mesures qui  
pourraient contribuer à la lutte contre la pandémie a dit le Ministre. Ces  
mesures, a-t-il cependant prévenu, resteront insuffisantes si l'on n'envisage  
pas d'autres moyens de financement novateurs parmi lesquels pourrait  
figurer, entre autres, la reconversion de la dette des pays connaissant une  
forte prévalence du sida. Attirant l'attention sur la situation en Afrique  
subsaharienne, le Ministre a insisté sur la nécessité de redoubler d'efforts  
afin de fournir à la communauté scientifique internationale les moyens de  
trouver un vaccin.

Mme TABITHA BOTROS SHOKAI, Ministre de la santé du Soudan, a souscrit à la  
déclaration prononcée plus tôt par le Président de la République du Congo  
qui, a-t-elle dit, reflète la situation qui prévaut sur le continent  
africain. Le Soudan est victime d'un fléau dont la propagation est  
imputable à la persistance de conflits armés aux frontières et à de profonds  
changements climatiques. Ces éléments exacerbent les problèmes liés à l'extrême  
pauvreté, qui est à la base du développement de l'épidémie du sida et de la  
persistance de la tuberculose et du paludisme. Les économies du continent  
sont gravement et durablement entravées, ce qui retarde de manière  
dramatique le développement technique indispensable à la mise sur pied de  
véritables infrastructures sanitaires. C'est pourquoi, le Gouvernement  
soudanais est engagé dans la réalisation de la paix et de la stabilité, qui  
sont les préalables au développement de notre société à tous les niveaux.  
Avec l'Union africaine, nous ouvrons en vue d'instaurer les conditions d'un  
développement durable qui s'appuie notamment sur la lutte contre les grandes  
pandémies qui minent notre pays et l'Afrique tout entière.

M. CELSO AMORIM, Ministre des affaires étrangères du Brésil, a estimé que la  
Déclaration d'engagement de 2001 a constitué un nouveau tournant dans la  
lutte contre le VIH/sida. De même, l'élan créé par l'initiative 3 fois 5  
devrait aussi permettre de parvenir à l'accès universel aux médicaments  
antirétroviraux d'ici 2010. Nous devons tirer parti de la Déclaration de  
Doha, adoptée en 2001 par les membres de l'Organisation mondiale du commerce  
(OMC), pour rendre abordable le prix de ces médicaments. Aucun droit  
commercial ne peut s'exercer au détriment du droit à la vie et à la santé, a  
insisté le Ministre. Le Brésil, a-t-il poursuivi, s'est engagé à créer une  
centrale d'achat de médicaments à des prix abordables et il enjoint tous les  
pays à se joindre à ses efforts. Nous devons également, a-t-il conclu,  
mener des actions de prévention auprès des groupes vulnérables et augmenter  
les ressources financières affectées à la lutte contre la pandémie,  
notamment en Afrique, un continent qui mérite une attention particulière.

M. FRANCISCO DUQUE III, Secrétaire du Département de la santé des  
Philippines, a déclaré que, depuis la tenue de la session extraordinaire de  
l'Assemblée générale consacrée au VIH/sida, son pays avait renforcé les  
programmes de prévention destinés aux groupes les plus vulnérables, comme  
ceux constitués par les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres  
hommes, les usagers de drogues injectables, et les migrants. Par ailleurs,  
le Gouvernement des Philippines a établi un système d'évaluation et de  
surveillance nationales de la pandémie du VIH/sida, a inclus les traitements  
antirétroviraux dans la liste des médicaments remboursables, et mis en place  
un mécanisme d'importation des traitements bon marché. Le représentant  
philippin a également fait état de l'implication, dans son pays, du monde  
des affaires dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le  
développement (OMD), notamment en ce qui concerne la lutte contre le VIH et  
le sida. La réponse effective à la pandémie par les Philippines nécessitera  
la mise en ouvre du Plan à moyen terme pour la période 2005-2010, qui suit  
les recommandations de l'initiative visant à garantir un accès universel à  
la prise en charge pour les malades. Cela permettra d'apporter une réponse  
rationnelle et coordonnée à la pandémie dans le cadre de la réforme du  
secteur national de la santé, qui s'appuie sur les principes suivants: une  
bonne gouvernance; un mécanisme de régulation solide; un financement durable  
des soins de santé et un système de prestations médicales efficace, a  
indiqué M. Duque III.

M. GINÉS GONZÁLEZ GARCÍA, Ministre de la santé et de l'environnement de l'Argentine,  
a rappelé que pour être efficaces, les politiques devaient inclure tous les  
secteurs. En Argentine, malgré certaines résistances qui perdurent, il  
existe un engagement fort dans ce sens, par une coordination et une  
participation visible et active avec la société civile et les acteurs  
sociaux. Nous faisons partie des pays d'Amérique du Sud qui assurent une  
couverture de soins intégrale, a-t-il affirmé, appelant les partenaires à  
permettre un accès aux ressources du Fonds mondial, aux médicaments et aux  
soins de santé qui ne discrimine pas le continent. La santé est un droit de  
l'humanité, a déclaré le Ministre, rappelant les défis que représentent les  
négociations sur le prix des médicaments, la prévention et la promotion des  
droits de l'homme pour tous, notamment les homosexuels, les lesbiennes, les  
transsexuels, les travailleurs du sexe et les toxicomanes. Une attention  
spéciale doit aussi être accordée à la prévention de la transmission du  
virus de la mère à l'enfant. Certaines organisations multilatérales et  
certains des pays les plus puissants du monde défendent le droit inaliénable  
lié à la propriété intellectuelle, ce qui limite considérablement l'accès  
aux médicaments et aux vaccins et conduit à un nombre élevé de morts. Notre  
mission est d'empêcher ce résultat, a-t-il enfin ajouté, appelant les  
Nations Unies à apporter un soutien ferme à la récupération et à la mise en  
pratique des aménagements à l'Accord sur les aspects des droits de propriété  
intellectuelle qui touchent au commerce, dans le cadre de la Déclaration de  
Doha.

M. HONG SUN HUOT, Ministre d'État et Président de l'autorité nationale sur  
le VIH/sida du Cambodge, a parlé des démarches entreprises par son pays pour  
faire face à la pandémie du VIH/sida, qui touchait 1,9% de la population  
adulte en 2003, contre 3% en 1997. Affirmant que l'accès universel à la  
prévention, aux traitements et aux soins, d'ici à 2010, pouvait devenir une  
réalité et non demeurer un simple slogan, il a voulu partager certaines  
initiatives prises par son pays en vue de garantir l'accès universel aux  
traitements. Il a expliqué que l'ensemble des provinces du pays avaient  
désormais accès à des infrastructures de dépistage et d'assistance; que 20  
millions de préservatifs étaient vendus chaque année au Cambodge; et que 12  
000 Cambodgiens étaient actuellement en mesure d'avoir accès à des thérapies  
antirétrovirales. « Malgré ces réalisations, le Cambodge reste confronté à  
des défis importants, dont l'augmentation des infections au sein des couples  
mariés, la concentration de l'épidémie parmi les homosexuels et les  
consommateurs de drogues par injection, et la croissance de la  
prostitution », a indiqué M. Sun Huot.

Mme ELENA SALGADO, Ministre de la santé de l'Espagne, a indiqué que le sida  
constituait un problème à la fois sanitaire et social auquel il faut  
répondre par des engagements nouveaux. Nous appuyons la déclaration de l'Union  
européenne et celle qui sera adoptée aujourd'hui, a-t-elle dit, en estimant  
que la prévention est le nerf de la guerre dans la lutte contre la pandémie.  
À l'horizon 2010, nous devons avoir réalisé l'objectif visant à réduire de  
moitié des infections dans le monde. Dans ce cadre, il est absolument  
nécessaire d'éliminer les obstacles économiques et idéologiques qui limitent  
l'accès aux initiatives de prévention, telles que l'utilisation des  
préservatifs, a dit la Ministre. En Espagne, notre politique nationale a  
permis d'enrayer l'épidémie grâce à la mise en ouvre de programmes de  
prévention efficaces, qui ont notamment consisté en la distribution de  
produits de substitution et de seringues stériles.

Réduire les risques d'infection va de pair avec la défense des droits de l'homme,  
a estimé la Ministre espagnole. Le respect des libertés fondamentales doit  
être le cadre de la réponse au VIH en ce qui concerne les groupes les plus  
vulnérables, les toxicomanes, les homosexuels, et les femmes. Ces groupes  
doivent prendre une part active à la conception des interventions dans les  
domaines de prévention qui les concernent, a-t-elle recommandé. La lutte  
contre le sida est devenue depuis 25 ans une école de la tolérance et de la  
solidarité à l'échelle internationale, a poursuivi Mme Salgado. L'ONUSIDA a  
multiplié son budget, la société civile et les pouvoirs publics doivent s'appuyer  
sur les jalons que la communauté internationale pose depuis plus de deux  
décennies, a-t-elle ajouté, en indiquant que l'Espagne, comme tous les pays  
de l'Union européenne, continuera de s'engager pleinement dans la riposte  
contre le VIH/sida.

Mme GHALIA MOHAMED BIN HAMAD AL-THANI, Ministre et Présidente du Conseil d'administration  
de l'Organisation nationale de la santé du Qatar, a estimé que la pandémie  
du VIH/sida n'est pas uniquement un problème de santé publique mais a  
également une dimension socioéconomique. Face aux ravages qu'elle créée -65  
millions de personnes infectées en 25 ans-, la Ministre a plaidé pour une  
intensification des efforts de la part de la communauté internationale.  
Peut-être nous faut-il refondre nos stratégies, accorder une attention  
voulue à la prévention et agir sans retard, a-t-elle suggéré. Au Qatar,  
bien que le nombre de malades n'étaient que de 212 à la fin de l'année 2005,  
un cadre d'action a été mis en place qui prévoit, entre autres, des  
activités d'information et de sensibilisation par le biais de la radio.

M. NORAYR DAVIDYAN, Ministre de la santé de l'Arménie, a indiqué qu'un  
engagement politique récent avait été pris par son pays, après la session  
extraordinaire de 2001, afin d'accroître les initiatives de lutte contre l'épidémie  
de VIH et du sida. Un dispositif a été créé en vue de coordonner la riposte  
en utilisant les indicateurs de mise en ouvre et de suivi énoncés dans la  
Déclaration. Les deux premiers des « trois principes » préconisés en 2001  
ont déjà été mis en place, tandis que le troisième est en cours d'élaboration,  
a indiqué M. Davidyan. Des programmes nationaux -qui se placent dans le  
cadre international- ont été mis sur pied en Arménie afin d'établir des  
initiatives d'éducation qui soient axées sur les enfants et d'autres groupes  
vulnérables. La réduction des risques ainsi que les initiatives d'atténuation  
des comportements à risque ont également été privilégiées afin de  
sensibiliser le grand public et de lui assurer un accès plus élargi aux  
services, notamment en ce qui concerne les jeunes.

Le Ministre a déclaré que le Fonds mondial contre le VIH/sida avait  
contribué de manière significative aux initiatives nationales arméniennes et  
que le succès de la plateforme nationale aurait été difficilement imaginable  
sans l'intervention du Fonds. M. Davidyan a indiqué que les ressources  
visant à soutenir le programme national feraient l'objet d'un accroissement  
annuel, l'objectif final du récent engagement politique de son gouvernement  
étant de parvenir à l'accès universel à l'horizon 2010. « Un programme de  
traitements antirétroviraux a commencé en 2005, et de nouveaux médicaments  
ont été mis au point, afin de lutter contre les conséquences de l'infection,  
et afin d'améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH,  
ceci, en vue notamment de faciliter leur retour à une vie normale », a dit  
le Ministre. Des recommandations spéciales ont été introduites qui s'inscrivent  
dans le droit fil de l'accès universel et des mesures préventives, a-t-il  
précisé, en indiquant qu'elles seront répercutées dans le programme national  
de 2007-2011. Ce programme devra être mis en ouvre avec le soutien de l'ONUSIDA,  
du Fonds global et d'autres partenaires. L'Arménie appuie la Déclaration  
politique qui doit être adoptée aujourd'hui et estime qu'elle servira de  
base solide aux initiatives mondiales axées sur la prévention, a conclu M.  
Davidyan.

Mme AGNES VAN ARDENNE-VAN DER HOEVEN, Ministre pour le développement de la  
coopération des Pays-Bas, a déclaré que quatre dollars seulement étaient  
nécessaires pour empêcher la transmission du VIH de la mère à l'enfant  
pendant la grossesse afin de lui épargner la mort. Contrairement à cinq ans  
en arrière, nous avons aujourd'hui les moyens financiers d'intervenir, ce  
qui rendrait notre échec encore plus tragique, a-t-elle fait remarquer. Les  
dirigeants du monde avaient en effet promis de soigner 80% des mères  
infectées par le VIH: seulement 9% ont bénéficié de cet aide. Les efforts  
de la communauté internationale n'ont pas non plus empêché plus de quatre  
millions de nouveaux cas d'infection et trois millions de morts l'an  
dernier, en particulier en Afrique où un enfant sur neuf est aujourd'hui  
orphelin à cause du sida. Il est donc urgent d'affecter les ressources  
nécessaires au renforcement des capacités nationales, dans un esprit de  
simplification et d'harmonisation pour éviter de se disperser, a-t-elle  
estimé, appelant à adopter le principe des « three ones »: uncadre d'action,  
une autorité nationale qui coordonne, et un système d'évaluation. Par  
ailleurs, elle a appelé à une prévention basée sur la santé et les droits  
sexuels, ainsi que sur l'éducation des jeunes, méthode qui a porté ses  
fruits aux Pays-Bas. Le seul moyen de mettre un coup d'arrêt à la plus  
grande catastrophe humanitaire de notre temps est de combiner l'engagement  
et la coordination, a-t-elle conclu, invitant à se regarder dans un miroir  
et à se poser la question suivante: que voulons nous transmettre à la  
prochaine génération?

Mme ABATOR THOMAS, Ministre de la santé et de l'hygiène de la Sierra Leone,  
a indiqué que la prévalence du VIH/sida dans son pays, soit 5,5%, est un  
défi constant à la dignité humaine. La Ministre a évoqué les mesures mises  
en place pour coordonner la réaction nationale, et sensibiliser le public et  
lutter contre la stigmatisation qui découle de la pandémie. Nous tentons  
également de renforcer nos partenariats avec la société civile, a expliqué  
la Ministre. Celle-ci est revenue sur des questions qui lui sont apparues  
comme essentielles, notamment la nécessité de mettre en place des programmes  
de réduction de la pauvreté, des campagnes d'information chez les jeunes et  
les groupes les plus vulnérables de la société, développer des programmes  
multisectoriels efficaces, fournir des systèmes de soins et des systèmes de  
protection sociale ainsi que la prise de mesures législatives permettant aux  
individus d'être à l'abri de toute discrimination.

Mme MARIA SOLEDAD BARRIA, Ministre de la santé du Chili, a estimé que la  
pandémie du VIH/sida reflétait une bonne partie des injustices et des  
inégalités présentes dans le monde, particulièrement celles qui sont liées à  
la pauvreté, à la faim et aux discriminations fondées sur le sexe. La  
pandémie touche les populations et les pays les plus vulnérables, où il est  
plus difficile d'avoir accès à des infrastructures de prévention et de  
traitement, et encore quand elles existent, a-t-elle remarqué. Il faut que  
les gouvernements et la société civile coopèrent davantage afin de mettre en  
place des politiques de santé adaptées aux réalités épidémiologiques,  
sociales et culturelles des différents pays, a-t-elle estimé, soulignant,  
par ailleurs, l'importance de respecter les droits des personnes qui vivent  
avec le VIH/sida. Elle a donc plaidé pour la mise en place de mesures  
juridiques et politiques pour garantir la protection et la promotion des  
droits de ces personnes, ainsi que de l'ensemble de la population.

Mme NUNEZ MORDOCHE, au nom du Ministre de la santé publique de Cuba, a  
déclaré que cinq ans après à la Conférence des Nations Unies sur le  
VIH/sida, et malgré des progrès importants, le tableau d'ensemble a peu  
changé. La pauvreté s'accroît, et les inégalités également, ce qui a pour  
effet d'intensifier la vulnérabilité des plus pauvres face au virus. Malgré  
le blocus des États-Unis qui rend difficile sur le sol cubain l'accès des  
médicaments produits en Amérique du Nord, nous avons accomplis des résultats  
remarquables. Les différents programmes de prévention et d'éducation mis en  
ouvre dès 1986 ont porté leurs fruits. Les procédures de dépistage et les  
travaux de recherche restent soutenus grâce à la priorité qu'accorde le  
Gouvernement cubain à la santé de ses citoyens. L'accès est universel et  
gratuit et après plus de 20 ans d'épidémie, la prévalence continue de  
baisser à Cuba. Au plan international, Cuba offre son aide en matière  
notamment de formation de personnel de santé. Nous estimons que la somme  
nécessaire de 20 milliards est adaptée aux besoins dans les domaines de la  
prévention, de l'éducation et en vue de changer durablement les  
comportements à l'égard du VIH/sida comme des malades.

Princesse Stéphanie de Monaco, a souhaité manifester sa solidarité avec les  
malades du sida dont beaucoup ne bénéficient toujours pas de traitements  
antirétroviraux. Dès 1997, a-t-elle rappelé, Monaco s'est associé à l'action  
d'ONUSIDA et participe au Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le  
paludisme. Monaco s'est aussi engagé dans le cadre de la campagne conjointe  
UNICEF/ONUSIDA sur le thème « Unissons-nous pour les enfants contre le  
sida ». La Princesse a assuré la communauté internationale de sa  
détermination à favoriser l'accès à une meilleure information et à la  
prévention par le biais de son association FIGHT AIDS MONACO. Dans ce  
cadre, a-t-elle expliqué, nous intervenons dans les établissements scolaires  
et universitaires. Nous luttons au quotidien pour que la dignité de tout  
malade soit préservée.

Mme CHRISTINE NOBOUT ADJOBI, Ministre de la lutte contre le sida, de la Côte  
d'Ivoire, a déclaré qu'avec 7%, son pays avait le taux de prévalence le plus  
élevé de la sous-région ouest-africaine. Face à cela, nous sommes  
déterminés à lutter contre cette pandémie, a dit Mme Nebout Adjobi. Cette  
volonté nous a conduits à établir un Ministère en charge de la lutte contre  
le sida, ainsi, de 2003 à 2005, l'État a engagé un montant global d'environ  
14 millions de dollars dans la lutte contre la pandémie. La majorité des  
entreprises du pays ont mis en place des politiques et des programmes de  
lutte contre le VIH/sida, a indiqué la Ministre. Environ 4,36% des femmes  
enceintes infectées reçoivent un traitement antirétroviral complet pour  
réduire le risque de transmission de la mère à l'enfant, a-t-elle indiqué.

La crise sociopolitique qui perdure empêche la mise en ouvre d'une politique  
antisida à l'échelle du pays tout entier, a-t-elle dit, en ajoutant que l'insuffisance  
des ressources financières et de la coordination entravent encore les  
efforts déployés. « C'est en ce sens que nous recommandons de soutenir le  
processus de réunification du pays pour une restauration du système  
sanitaire et pour intensifier la prévention », a dit la Ministre, en  
ajoutant qu'il est urgent que « dans un contexte aussi troublé que celui de  
la Côte d'Ivoire, la communauté internationale nous aide à faire face aux  
obstacles qui entravent la mise en ouvre de la politique nationale de lutte  
contre le sida ». « Cela permettrait une meilleure appréciation du suivi de  
la Déclaration d'engagement », a estimé Mme Noubet Adjobi.

M. JULIO VEGA PASQUIER, Ministre de l'intérieur du Nicaragua, a estimé que  
le VIH/sida représentait une menace, non seulement sur la santé publique,  
mais aussi pour le développement et la sécurité publique, qui exigeait l'action  
de tous. Rappelant que le Nicaragua était un pays jeune et parmi les plus  
pauvres d'Amérique latine, il a évoqué les résultats satisfaisants des  
campagnes de communication, d'éducation et d'information menées en  
partenariat avec la société civile. Cette volonté ne servira pas à grand  
chose si elle ne s'appuie pas sur un soutien financier solide, a-t-il  
néanmoins déclaré, appelant les institutions financières internationales à  
soutenir le Nicaragua dans sa lutte, ainsi que tous les pays du monde à  
assurer les conditions d'un prix accessible aux traitements. Dans cette  
lutte, nous n'avons pas été seuls, a poursuivi le Ministre, saluant les  
contributions du Fonds mondial et d'ONUSIDA, mais rappelant que, malgré un  
des niveaux de prévalence les plus bas, le Nicaragua était particulièrement  
vulnérable et devait par conséquent être considéré comme un pays prioritaire  
par les Nations Unies.

M. DATUK CHUA SOI LEK, Ministre de la santé de la Malaisie, a fait part de  
la détermination de son gouvernement à mettre en ouvre les dispositions de  
la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida, dans un contexte pourtant  
marqué par un nombre important de contraintes financières et techniques. Il  
a expliqué que le Plan national stratégique de son pays s'articule autour  
des éléments suivants: le renforcement des actions de plaidoyer, le  
renforcement des capacités de formation, la réduction de la vulnérabilité  
des usagers des drogues et de leurs partenaires face à la pandémie; la  
réduction de la vulnérabilité des groupes vulnérables et l'amélioration de l'accès  
aux traitements. Nous avons été en mesure de tripler le nombre de personnes  
ayant accès aux traitements antirétroviraux, au cours des trois dernières  
années, a-t-il affirmé, en ajoutant que dès 1988, son pays a mis en place  
des programmes de prévention pour diminuer les taux de transmission du virus  
de la mère à l'enfant. Nous avons, par ailleurs, fourni une thérapie de  
substitution aux usagers de drogues par intraveineuse et avons lancé, en  
2005, un programme d'échange de seringues, a-t-il encore dit, avant d'attirer  
l'attention sur le doublement, dans les cinq prochaines années, de l'allocation  
budgétaire à la lutte contre la pandémie.

M. RADOSLAV GAYDARSKI, Ministre de la santé de la Bulgarie, a fait part des  
efforts unifiés de son pays et de sa forte volonté politique d'enrayer la  
pandémie du VIH/sida. Nous encourageons, a indiqué le Ministre, les  
gouvernements à accroître leurs efforts de prévention, à augmenter le volume  
de l'aide financière qu'ils accordent aux programmes de lutte contre le sida  
et aussi à promouvoir l'accès des groupes vulnérables aux services de  
prévention. Nous demandons en outre aux donateurs internationaux de  
continuer à soutenir cette lutte.

M. YURIY POLYACHENKO, Ministre de la santé de l'Ukraine, a indiqué que les  
programmes mis en ouvre en Ukraine visent en premier lieu à perfectionner  
les moyens de distribution des traitements antirétroviraux. Toutefois, la  
situation reste préoccupante car le taux de propagation du virus est l'un  
des plus élevés d'Europe orientale. Nous réitérons notre volonté de mettre  
en ouvre la Déclaration de l'ONU sur le VIH/sida, et ce, en privilégiant une  
coopération productive avec la communauté des donateurs, la Banque mondiale,  
le Fonds mondial et toutes les institutions pertinentes des Nations Unies, a  
affirmé le Ministre, en s'associant à la déclaration faite par l'Autriche,  
au nom de l'Union européenne, et en espérant que la déclaration politique de  
la Réunion de haut niveau, qui sera rendue publique, ce soir, donnera un  
nouvel élan à la lutte contre le VIH/sida.

Mme PILAR MAZZETTI SOLER, Ministre de la santé du Pérou, a affirmé que son  
pays avait engagé son combat contre le VIH/sida dans un esprit de respect  
des droits de l'homme et dans le contexte de la lutte contre la pauvreté.  
Dans notre pays, l'accès aux traitements antirétroviraux est un droit de  
santé, a-t-elle déclaré, rappelant que, depuis 2001, le Pérou avait mis au  
point une structure sociale et financière de lutte contre la pandémie afin  
de faciliter l'accès aux traitements. Au mois de septembre, l'État  
péruvien, qui a bénéficié d'un financement du Fonds mondial contre le  
VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, assumera intégralement le coût des  
traitements destinés aux malades, a indiqué Mme Soler. « Nous continuerons  
à construire une relation de confiance avec la société civile », a assuré la  
Ministre, en rappelant que de nombreux défis restaient à relever, notamment  
le renforcement de la prévention parmi les populations vulnérables  
(autochtones, enfants, homosexuels masculins, travailleurs sexuels), et  
celui du système de santé dans son ensemble, qui nécessite de nouvelles  
formes de financement et d'assistance technique internationale. « Nous  
estimons prioritaire que la communauté internationale continue de se  
mobiliser », a-t-elle déclaré, en rappelant la vulnérabilité de l'Amérique  
latine face au virus et en regrettant que le document final ne soit pas plus  
explicite.

M. NIMAL SIRIPALA DE SILVA, Ministre de la santé du Sri Lanka, a déclaré que  
la transmission de connaissances ne permettra pas à elle seule de changer  
les comportements. Nous devons adopter une approche plus large qui  
introduise des changements durables, notamment pour vaincre la  
stigmatisation des victimes de la pandémie. Ceci exige un engagement  
politique de haut niveau. Au Sri Lanka, a expliqué le Ministre, 1,5% de la  
population travaille à l'étranger tandis que la perte de valeurs  
traditionnelles en raison de la mondialisation et un manque de prise de  
conscience suffisante risquent de faire basculer la situation dans le pays.  
Nous avons imprimé une direction politique au plus haut niveau en matière de  
lutte contre le VIH/sida et notre nouveau Président a accordé un rang de  
priorité élevée à cette pandémie. Le Sri Lanka accueillera en août 2007 le  
Congrès mondial Asie/pacifique sur le sida et je vous invite tous à y  
participer, a-t-il lancé aux participants.

M. PONMEK DARALOY, Ministre de la santé publique de la République  
démocratique populaire lao, a affirmé que, cinq ans après la 26ème session  
extraordinaire de 2001, des actions urgentes étaient nécessaires pour  
accroitre le niveau des réponses apportées aux défis du VIH/sida à tous les  
niveaux. Cette Réunion de haut niveau constitue une occasion précieuse pour  
relancer et revitaliser la réponse globale contre la pandémie, a-t-il  
poursuivi. Il a indiqué que son pays, avec l'aide d'ONUSIDA et de l'OMS,  
entre autres, poursuivait ses efforts en vue de garantir un accès universel  
au traitement et à la prévention. Il a constaté que si son pays connaissait  
une faible prévalence du VIH, il restait néanmoins hautement vulnérable à l'épidémie,  
notamment en raison de sa position géographique, des migrations, et de l'évolution  
des modes de vie. Le Ministre a ainsi fait part des mesures entreprises par  
son pays pour lutter contre le VIH/sida, dont l'élaboration d'une stratégie  
nationale et d'un plan d'action visant à fournir un accès universel à la  
prévention et au traitement. Dans ce plan, a-t-il expliqué, l'accent est  
mis sur la promotion de pratiques sexuelles sûres, surtout pour les groupes  
les plus vulnérables. Il a de plus précisé que ce plan s'attachait à  
intégrer la prévention dans les programmes de santé reproductive et à  
répondre à la vulnérabilité des femmes, des jeunes et des enfants, notamment  
par la fourniture de produits de prévention et de traitements abordables.  
M. Daraloy a enfin estimé que si beaucoup avait été fait ces cinq dernières  
années, son pays avait toujours besoin du soutien des partenaires de  
développement en termes de ressources et de capacités de mise en ouvre.

M. JEAN-LOUIS ROBINSON, Ministre de la santé et du planning familial de  
Madagascar, s'est associé à la déclaration de l'Union africaine et a  
souhaité apporter des précisions sur la situation dans son pays. Son pays,  
a-t-il indiqué, a établi un plan stratégique national pour la coordination  
et le renforcement des activités de prévention afin d'endiguer la  
propagation de l'épidémie. Le Ministre a expliqué que celui-ci préconisait  
une approche multisectorielle comprenant l'amélioration de l'accès aux  
informations et aux moyens de prévention primaire, l'assurance de la qualité  
des services, un système de suivi-évaluation et le développement de la  
coopération internationale dans la lutte contre le sida. Une vaste campagne  
de sensibilisation et de responsabilisation de toutes les couches de la  
population a été menée à cet effet, a-t-il ajouté.

Le Ministre a estimé que le défi était maintenant d'amener la population à  
adopter des comportements responsables. Dans cette perspective, il a  
souligné que les médias étaient mis à contribution et que des initiatives d'information  
étaient menées au niveau local, y compris les régions difficiles d'accès.  
Plus de 85% des Malgaches sont désormais informés des généralités sur le  
VIH/sida, s'est-il félicité, tout en indiquant que le pays devrait  
poursuivre ses efforts de prévention. Il a aussi mis l'accent sur l'importance  
d'une coopération internationale renforcée pour améliorer les  
infrastructures de soins, intensifier les programmes de prévention et  
assurer un meilleur accès au traitement. Les ressources que nous devons  
mobiliser doivent être proportionnelles à la pandémie, a-t-il déclaré. Ce n'est  
pas un choix, c'est une nécessité.

M. LETI PELESALA, Ministre de l'intérieur de Tuvalu, a déclaré que dans son  
pays, le taux d'infection par habitant est l'un des plus élevés au monde.  
Très mobile dans toute la région du Pacifique, la population de Tuvalu est d'autant  
plus exposée. Le Ministre a jugé « utile » l'aide du Fonds mondial avant de  
souligner néanmoins que l'accès aux ressources du Fonds reste hautement  
problématique pour des petits États insulaires en développement comme  
Tuvalu. Il a donc appelé les organisations régionales du Pacifique à  
coordonner leur action en vue de permettre à des pays comme le sien un  
accès simplifié au Fonds. Les volets financiers et techniques de la «  
riposte » mondiale au VIH/sida doivent être renforcés, a-t-il insisté. Si,  
a-t-il conclu, nous reconnaissons l'importance de l'aide fournie par les  
pays donateurs, nous les appelons néanmoins au respect des engagements dans  
le domaine de l'aide aux petits États insulaires en développement.

M. DAVID PARIRENYATWA, Ministre de la santé et de l'enfant du Zimbabwe, a  
indiqué que son pays était le seul à prélever une taxe de 3% allant au sein  
du Fonds mondial pour la lutte contre le sida. Depuis le début de la lutte  
contre le VIH/sida, le taux de prévalence au Zimbabwe est passé de 31% à 20%  
en raison des modifications dans le comportement des individus, a dit le  
Ministre. Au Zimbabwe, notre détermination à lutter contre le sida en  
associant tous les acteurs de la société civile nous a permis de faire des  
progrès sur le front de la prévention de la transmission de la mère à l'enfant,  
a-t-il poursuivi. « Le défi pour nous est désormais de fournir des  
médicaments antirétroviraux aux personnes infectées qui n'en bénéficient  
pas, soit 10% des malades recensés », a souligné M. Parirenyatwa.

Rappelant que son pays avait été fortement touché par l'épidémie du  
VIH/sida, M. DOUGLAS SLATER, Ministre de la santé et de l'environnement de  
Saint-Vincent et Grenadines, a indiqué que des ressources importantes  
avaient été investies dans les efforts pour combattre cette maladie. Il a  
souligné que cette lutte était une priorité pour ce pays malgré les autres  
défis de développement auxquels il fait face et les limites financières et  
en ressources humaines. Il a fait part des initiatives prises pour  
combattre le VIH/sida, dont la création d'un conseil national sur ce thème.  
Il a mis l'accent sur la volonté de son Gouvernement de travailler  
étroitement avec la société civile ainsi qu'avec le secteur privé pour  
vaincre la maladie. Il y a deux ans, nous avons mis en place un programme  
de traitement gratuit pour toutes les personnes infectées par le VIH, a-t-il  
poursuivi, notant que cela avait réduit leur taux de mortalité. Toutefois,  
il s'est inquiété du nombre de nouvelles infections, insistant sur l'urgence  
de traiter de la question de la prévention. Par ailleurs, le Ministre a mis  
en avant les efforts visant à éliminer la discrimination dont souffre les  
personnes atteintes de la maladie. Dans ce cadre, il a appelé les  
partenaires de développement à poursuivre leur soutien à son pays. Nous ne  
pourrons répondre à ce défi sans leur aide, a-t-il précisé. La guerre  
contre le VIH doit recevoir le soutien de tous les États Membres si nous  
voulons atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement et le  
développement durable, a-t-il conclu.

Mme MAIGA ZEINA MINT YOUBA, Ministre de la santé du Mali, a déclaré que son  
pays avait fait de la lutte contre le sida un chantier national de  
développement durable bâti autour de la personne humaine. La gratuité des  
soins, a-t-elle affirmé, nous permet aujourd'hui de prendre en charge 7 500  
patients alors que de vastes campagnes d'information, de sensibilisation et  
d'éducation essentiellement axées sur les jeunes et les adolescents sont en  
voie d'élaboration. La vision du Mali est volontariste. Elle s'appuie, a  
expliqué la Ministre, sur les trois piliers que sont la gouvernance  
démocratique, le renforcement structurel et la viabilité de la lutte contre  
le sida. La réalisation de ces trois piliers constitue le défi majeur de l'accès  
universel à la prévention, aux soins et aux traitements dans les pays de la  
sous-région. Afin d'atteindre les résultats escomptés, la Ministre a, au  
nom de son pays, lancé un appel à toutes les parties prenantes des États et  
à l'ensemble des partenaires financiers en faveur du renforcement des  
capacités techniques. De même, a-t-elle conclu, il convient de garantir le  
transfert de technologies pour la fabrication de médicaments et de mobiliser  
des ressources internes et externes afin de pérenniser les stratégies à  
court, moyen et long terme.

M. TEDROS ADHANOM, Ministre de la santé de l'Éthiopie, a indiqué que la  
prévalence du sida chez les adultes est passée de 7,3 en 2001 à 3,5 en 2005.  
Notre réponse multisectorielle à la pandémie a permis des progrès  
significatifs dans les domaines des soins et de la prévention et du soutien  
aux victimes. Pour intensifier nos actions de prévention, a-t-il expliqué,  
nous avons mis en ouvre une approche novatrice visant le déploiement d'ici à  
2008 de 30 000 travailleurs de la santé qui seront alors en mesure d'atteindre  
chaque foyer éthiopien. Nous avons aussi intensifié notre fourniture de  
médicaments antirétroviraux. Ainsi le nombre de malades traités se situait  
autour des 900 en 2005 pour s'élever aujourd'hui à 34 000, le but étant de  
traiter gratuitement 100 000 malades d'ici à la fin de 2006. D'ici à 2010, a  
assuré le Ministre, nous parviendrons à garantir une couverture intégrale  
aux malades.

M. TAMSIR MBOWE, Secrétaire d'État à la santé et à la sécurité sociale de la  
Gambie, a estimé que la réponse au VIH/sida devait être ciblée, concertée,  
durable et continue. Il a de plus déclaré qu'une volonté politique forte  
devait être démontrée. Il a indiqué que depuis la Déclaration sur le  
VIH/sida de 2001, la Gambie avait intensifié sa campagne globale contre la  
pandémie et que des ressources avaient été mobilisées à travers la Banque  
mondiale et d'autres organisations bilatérales. Il a fait valoir que son  
Gouvernement avait fourni gratuitement des médicaments antirétroviraux aux  
personnes vivant avec le sida. Rappelant que le Comité régional de l'Organisation  
mondiale de la santé (OMS) a proclamé 2006 « Année de l'accélération de la  
prévention du VIH en Afrique », il a souligné que son pays avait lancé un  
programme dans ce cadre.

La Gambie est un des rares pays d'Afrique dont la prévalence de VIH décline,  
a-t-il constaté. Ceci est le résultat du travail continu du pays en faveur  
de la prévention et de la sensibilisation, a-t-il ajouté. Le Ministre a de  
plus souligné que la lutte contre le VIH/sida ne serait gagnée qu'à travers  
un travail commun et en prenant en compte tous les secteurs. Notant que le  
VIH/sida ne connaissait pas de frontières politiques ou géographiques, il a  
enfin estimé que l'exclusion de Taiwan des interventions internationales en  
matière de santé et de réseaux de contrôle posait une menace à la fois pour  
Taiwan mais aussi pour la communauté internationale, dans son ensemble.

M. FRED T. SAI, Conseiller présidentiel sur la santé reproductive et le  
VIH/sida du Ghana, a indiqué que son pays avait intégré les problématiques  
liées au sida dans la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté. Le  
taux de prévalence, aujourd'hui de 2,7%, baisse depuis trois ans, a-t-il  
indiqué en ajoutant que le rôle de la société civile avait été crucial pour  
parvenir à ce résultat. Au Ghana, les personnes vivant avec le virus sont  
pleinement impliquées dans les divers comités et groupes de travail  
pertinents. Elles permettent de renforcer, de l'intérieur, la lutte  
indispensable contre la discrimination à laquelle les personnes contaminées  
sont toujours confrontées au quotidien, a dit M. Sai. Un volet de notre  
stratégie nationale concerne le soutien aux orphelins et aux enfants les  
plus vulnérables, et la réduction du risque de transmission du virus de la  
mère à l'enfant fait également partie des priorités nationales en matière de  
santé publique, a dit le Conseiller. « À nos yeux, la clé demeure la  
prévention. C'est pourquoi, il est vital de mettre en ouvre les conditions  
d'un financement durable des ressources humaines et des capacités techniques  
et médicales », a-t-il recommandé.

M. NATAENARA KIRATA, Ministre de la santé de Kiribati, a déclaré que lorsque  
la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida a été adoptée en juin 2001,  
Kiribati ne faisait pas encore partie de la famille des Nations Unies. Ce  
document historique, signe de la préoccupation mondiale face à ce fléau,  
visait à mettre en ouvre les meilleures pratiques possibles afin d'améliorer  
le bien-être des familles et communautés touchées par ce virus mortel. Nous  
saluons les efforts de tous ceux qui ont donné vie à ces engagements. Nous  
avons nous-mêmes bénéficié de nombreux programmes régionaux. Kiribati  
reconnaît aussi le rôle joué par la Communauté du Pacifique en termes de  
coopération et de soutien dans la mise en ouvre de l'ensemble de ces  
initiatives. Toutefois, le Gouvernement est préoccupé par le fait que les  
promesses faites dans le cadre du Sommet du Millénaire pour le développement  
ne seront pas toutes tenues en raison de l'absence de ressources  
financières. Le Ministre a également relevé le lien important entre la  
tuberculose et le sida ainsi que les problèmes communs qui en découlent et a  
appelé les Nations Unies à consacrer davantage de ressources pour examiner  
conjointement ces deux maladies.

Mme JOSETTE BIJOU, Ministre de la santé publique et de la population de la  
République d'Haïti, a déclaré que dans le domaine de la prévention, les  
acquis étaient importants, le taux de prévalence du VIH/sida chez les femmes  
enceintes notamment étant passé de 5,96% en 1996 à 3,1% en 2004. En ce qui  
concerne la prévention de la transmission de la mère à l'enfant, la  
couverture de soins s'applique aujourd'hui à 19% des femmes, ce qui  
constitue une avancée par rapport aux années précédentes. Au plan des  
droits de l'homme, deux décrets ont été adoptés, qui portent sur la  
protection des femmes violentées et sur celle des travailleurs vivant avec  
le virus. À l'avenir, l'accent devra être mis sur l'accès universel aux  
techniques de prévention et de prise en charge des personnes dans un souci d'équité  
et de justice sociale pour tous.

M. OSCAR FERNANDES, Ministre d'État de l'Inde, a déclaré qu'à ce jour, plus  
de cinq millions de personnes vivaient avec le virus du sida en Inde. Notre  
Gouvernement est fermement engagé à inverser cette tendance, a ajouté M.  
Fernandes. Cette volonté politique de contenir dans un premier temps la  
progression de l'épidémie, a-t-il souligné, est affirmée dans la  
Constitution. Jusque dans les villages les plus reculés, nous nous  
efforçons de juguler la progression de la pandémie du sida. Le Ministre a  
encore déclaré que l'Inde avait accompli des progrès notables en matière  
scientifique. Notre stratégie de lutte contre le sida vise par ailleurs à  
établir un équilibre entre prévention, soins et traitements. Sur ce dernier  
point, a ajouté M. Fernandes, nous nous sommes fixés comme objectif de  
rendre dès cette année les traitements antirétroviraux accessibles à 100 000  
personnes, dont 10 000 enfants, au lieu des 30 000 que nous comptons aujourd'hui.  
L'Inde finalise en outre un projet de loi visant à renforcer la protection  
des femmes, des enfants et des autres groupes de personnes vulnérables  
vivant avec le VIH.

M. MORRIS DUKULY, Ministre d'État chargé des questions présidentielles du  
Libéria, a expliqué au nom de la Présidente du Libéria, que son pays n'avait  
entamé que récemment son redressement après des années de conflit armé. La  
pandémie est aujourd'hui la menace la plus grave qui pèse sur le  
développement humain, notamment dans des pays comme le Libéria dont le  
capital humain a été décimé par des années de guerres civiles. Aujourd'hui,  
a ajouté le Ministre, nous disposons d'un plan national stratégique qui  
appelle à des actions concertées de traitement, de soins et de soutien aux  
victimes. Dans le cadre de la Déclaration d'Abuja de 2001, les  
gouvernements africains s'étaient engagés à verser 15% de leur budget annuel  
à l'amélioration du secteur de la santé. Par ailleurs, la pauvreté et le  
dénuement étant des facteurs importants de propagation du sida, il est  
indispensable d'adopter une approche intégrée, a-t-il conclu.

Mme ANNIKA NILSSON, Ministre de la santé et des affaires sociales de la  
Suède, a estimé qu'en matière de lutte antisida il fallait faire « plus,  
mieux, et plus vite ». « L'urgence de notre réponse doit être combinée à  
des engagements à long terme. Il faut mettre fin à la discrimination, qui  
sape l'effort de prévention, la recherche de traitement et le soutien  
apporté aux malades » a-t-elle ajouté. Nous devons renforcer le volet  
consacré aux droits de l'homme dans les législations nationales en place, a  
dit Mme Nilsson. Il nous faut intensifier les mesures de prévention en  
mettant l'accent sur les groupes vulnérables, les hommes qui ont des  
rapports sexuels avec d'autres hommes, les travailleuses du sexe, les  
prisonniers, les migrants et autres groupes sur lesquels l'information est  
pour l'instant insuffisante. De même, la lutte contre l'épidémie de sida  
doit avoir pour corolaire celle contre la pauvreté, a estimé la Ministre  
suédoise, qui a conclu qu'un engagement durable visant l'innovation  
technique et l'implication des femmes contaminées doit être le moteur de la  
lutte mondiale contre le sida.

M. JOSÉ MENDOZA GRACÉS, Vice-Ministre de la santé du Venezuela, a rappelé qu'il  
y a cinq ans, les États Membres des Nations Unies avaient établi des  
priorités pour l'humanité. Toutefois, les progrès indiscutables obtenus  
sont désormais menacés pour diverses raisons. La lutte contre la pandémie  
du sida doit désormais s'inscrire dans une stratégie générale de santé des  
populations, en particulier des plus pauvres. Le Venezuela est passé d'une  
politique sociale et de projets pilotes à des stratégies massives et  
accélérées ayant permis à la population de faire des progrès spectaculaires.  
Le Vice-Ministre s'est inquiété en particulier des doubles discriminations  
dont souffrent les femmes et jeunes femmes en raison de leur séropositivité  
et de leur sexe. Il est indispensable que les femmes aient le contrôle de  
leur sexualité par le biais des microbicides et préservatifs. Il est aussi  
indispensable de promouvoir les droits de l'homme des groupes vulnérables  
que sont les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes,  
les lesbiennes, et les toxicomanes. Par ailleurs, le Vice-Ministre a réfuté  
catégoriquement les chiffres avancés par ONUSIDA selon lesquels seulement 4%  
des femmes enceintes au Venezuela vivant avec le VIH reçoivent la  
trithérapie et 32% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.  
Au Venezuela, 100% des femmes enceintes bénéficient de la trithérapie,  
a-t-il précisé. Le Vice-Ministre s'est également érigé contre les  
multinationales qui abusent des droits de propriété intellectuelle au  
détriment des droits de l'homme des malades du sida.

M. WANG LONGDE, Vice-Ministre de la santé de la Chine, a indiqué qu'au cours  
de ces trois dernières années, son Gouvernement a pris une série de mesures  
intégrées pour lutter contre l'épidémie du VIH et du sida. À la fin de  
2005, un dispositif opérationnel fondé sur le leadership du Gouvernement,  
une coopération multisectorielle et une participation du public a pris  
forme. Le budget spécial du Gouvernement central pour la lutte contre le  
VIH/sida est passé de 100 millions de yuans en 2002 à 800 millions de yuans  
en 2005, et celui des gouvernements locaux s'est accru de manière  
substantielle. Après avoir cité les mesures pratiques prises par son pays,  
le Vice-Ministre a dévoilé les priorités de son Gouvernement pour l'avenir.  
Il a cité la pleine mise en ouvre des plans prévus pour 2006-2006 et l'incorporation  
du contrôle du VIH/sida dans l'ordre du jour du développement  
socioéconomique; la diffusion d'information sur le VIH/sida à 80% de la  
population urbaine et à 75% de la population rurale, âgées de 15 à 49 ans;  
la protection des personnes vivant avec le VIH/sida et la lutte contre la  
discrimination sociale; la promotion des préservatifs et des programmes de  
méthadone pour les populations à haut risque; et enfin, le renforcement de  
la coopération internationale et la promotion du rôle des ONG.

M. MYA OO, Vice-ministre de la santé du Myanmar, a expliqué que les  
objectifs principaux du programme national de lutte antisida de son pays  
étaient axés sur la prévention, notamment du risque de transmission du virus  
de la mère à l'enfant; la protection des produits sanguins, et le  
renforcement des capacités sanitaires. « Nous collaborons dans ce cadre  
avec les autres pays de la région, à travers la communauté de l'ASEAN  
notamment », a-t-il ajouté. Au plan de la prévention de la transmission  
sexuelle du virus, le Myanmar a facilité l'accès aux préservatifs aux jeunes  
de 15 à 24 ans. Notre gouvernement a également mis en place un service  
efficace de distribution de méthadone et de seringues stérilisées à  
destination des usagers de drogues par injection, a dit M. Mya OO. Grace  
aux efforts conjoints de tous nos partenaires, le traitement antirétroviral  
est désormais disponible pour les mères infectées dans quelque 79 townships,  
a dit le Ministre en indiquant que par ce biais, le nombre d'enfants nés  
avec le virus devrait passer de 2 000, comme c'est le cas aujourd'hui, à 1  
000 d'ici 2010.

M. B. NIYOZMATOV, Vice-Ministre de la santé de l'Ouzbékistan, a fait le  
bilan des actions menées par son Gouvernement en citant en particulier la  
mise en place d'un comité national de coordination placé sous la direction  
du Cabinet du Vice-Premier Ministre et la fourniture de soins de santé aux  
femmes enceintes malades du sida. Il existe également des projets pilote  
mis en ouvre grâce à une coopération avec le Fonds mondial contre le sida,  
la tuberculose et le paludisme. Le Vice-Ministre a ajouté que son pays  
avait ouvert 208 antennes accueillant des toxicomanes et 30 antennes  
fournissant des services aux personnes souffrant de maladies sexuellement  
transmissibles. Nous souhaitons toutefois établir une coopération encore  
plus efficace en vue de favoriser un plus grand accès à la prévention et aux  
soins. Grâce à la coopération avec les ONG, a-t-il ajouté, nous avons fait  
de grands progrès en matière de prévention, de diagnostic de services  
sociaux et d'appui pour les personnes touchées par le VIH ou le sida.

Mme LIDIETH CARBALLO QUESADA, Vice-Ministre de la santé du Costa Rica, a  
déclaré que le travail fait dans le pays contre le VIH/sida était coordonné,  
dans le cadre d'efforts conjoints du Gouvernement, de la société civile et  
des agences de coopération. Depuis 1997, 100% de la population bénéficie  
des traitements antirétroviraux, a-t-elle annoncé, évoquant aussi une  
amélioration des soins aux malades et à leurs familles ainsi que le  
renforcement de programmes d'éducation sanitaire. Nous devons procurer à  
nos citoyens les outils nécessaires pour combattre la discrimination,  
défendre les droits de l'homme et diminuer la transmission du virus, quel  
que soit le mode de transmission, a-t-elle déclaré. Il est important de  
reconnaître l'impact des flux migratoires sur la prévention et les  
traitements, en particulier dans des pays comme le Costa Rica où l'accès  
universel aux soins de santé est garanti, a conclu la Vice-Ministre,  
rappelant, à cet égard, la nécessité d'une coopération internationale,  
bilatérale et multilatérale pour parvenir aux objectifs fixés en matière de  
lutte contre le VIH/sida.

M. NASR EL-SAYED, Ministre de la santé et de la population de l'Égypte, a  
estimé que la prolifération de la maladie était intolérable en ceci qu'elle  
contribue à la régression de la croissance économique qui entrave le  
développement des pays les plus nécessiteux. Cette Réunion de haut niveau  
constitue un moment historique pour passer en revue le chemin parcouru  
depuis 2001, a dit Nasr El-Sayed. Il ressort que le manque de fonds sape la  
mise en ouvre de programmes thérapeutiques, a-t-il relevé. Il faut  
impérativement proposer à des prix abordables les médicaments les plus  
efficaces aux pays en développement, a-t-il plaidé. S'attaquer à la  
pauvreté, qui est à l'origine de la persistance des grandes épidémies, doit  
être l'affaire de tous. En Egypte, les moyens de prévention ont été  
renforcés de manière substantielle. Nous avons lancé de nombreuses  
campagnes médiatiques pour sensibiliser les plus jeunes aux pratiques à  
risques et pour valoriser le rôle de la femme dans les différentes  
initiatives de prévention nationale, a indiqué le Ministre. Le comportement  
sexuel sain que recommande l'Islam, qui prône fidélité et abstinence,  
explique la prévalence relativement basse dans les pays arabo-musulmans, a  
estimé le Ministre égyptien.

M. MAMHOUD FIKRI, Sous-Secrétaire adjoint à la médecine préventive au  
Ministère de la santé des Emirats arabes unis, a déclaré que dans les pays  
en développement qui souffrent déjà de la grande pauvreté, le VIH/sida n'a  
fait qu'exacerber la vulnérabilité des populations. Il est nécessaire  
aujourd'hui de favoriser le partenariat mondial avec de tels pays afin de  
leur permettre de mettre en ouvre leur plan national stratégique de lutte  
contre la pandémie, et ce, en facilitant les transferts technologiques et  
financiers. Nous soulignons également, a-t-il dit, la nécessité de  
favoriser l'accès de ces pays aux médicaments et de privilégier l'approche  
préventive, en particulier les mesures visant à modifier et à contrôler les  
comportements qui contribuent à la transmission de la maladie. Le  
Sous-secrétaire adjoint a également affirmé que la pandémie ne constituait  
pas un problème de santé publique dans son pays mais que celui-ci restait  
solidaire des efforts mondiaux. Nous disposons ainsi d'un programme  
national de contrôle et de prévention établi dès 1985 par le Ministère de la  
santé. Parmi les mesures préventives les plus importantes, le  
Sous-Secrétaire adjoint a cité la cessation des importations de sang pour  
favoriser les dons locaux et la mise en place de programmes de dépistage du  
VIH/sida pour tous les patients hospitalisés, les écoliers et les étudiants  
ainsi que les couples avant leur mariage, et les détenus.

Mme SANDRA ELISABETH ROELOFS, Envoyée spéciale du Président de Géorgie, a  
précisé que son pays présentait une faible prévalence du VIH/sida, mais qu'il  
était exposé à de graves risques du fait du nombre important de migrants.  
Nos systèmes de contrôle et de dépistage volontaire fonctionnent  
efficacement. Il nous faut renforcer les mesures de prévention du risque de  
transmission mère-enfant, a dit Mme Roelofs. Nous avons également mis en  
ouvre une feuille de route en vue de rendre effectif l'accès universel au  
traitement, aux soins et au soutien aux malades, a-t-elle ajouté. Le  
problème que pose le sida à nos sociétés, a-t-elle dit, n'est pas simplement  
de collecter des fonds, mais de dépenser ces ressources avec intelligence et  
sagesse. Impliquer les femmes à l'échelle de toute la région de l'Eurasie;  
faire participer plus activement les femmes qui ont un rôle de dirigeant  
dans leurs pays respectifs; éduquer les enfants pour en faire des  
adolescents conscients de leur santé, voilà à quoi doivent être consacrés  
les fonds récoltés, a estimé Mme Roelofs.

Mme XIOMARA CASTRO DE ZELAYA, Première Dame du Honduras, a indiqué que son  
pays avait établi une couverture de santé universelle pour sa population, ce  
qui a contribué à la création d'un plus grand nombre de centres de santé et  
de laboratoires, ainsi qu'à des avancées en matière de prévention. Les  
succès que nous avons remportés, a ajouté la Première Dame, résultent en  
partie de la coopération internationale avec la société civile. La Première  
Dame a également abordé la situation des femmes et des enfants infectés par  
le virus et a indiqué qu'elle avait lancé un appel aux Premières Dames d'Amérique  
latine afin d'établir des coalitions pour lutter contre ce fléau. Faisant  
le lien entre le VIH et le sida et les droits de l'homme, elle a encouragé  
les medias à promouvoir des valeurs morales et des styles de vie sains au  
lieu de diffuser des messages sexistes objectivant la femme.

Mme ANNMAREE O'KEEFFE, Ambassadeur de l'Australie pour le VIH/sida, a  
indiqué que son pays jouait un rôle central dans la région du Pacifique.  
Nous avons, a-t-elle affirmé, accompli des avancées sans précédent pour  
freiner la propagation du virus et fournir des traitements et des soins  
adaptés aux personnes vivant avec le VIH. La réussite australienne repose  
sur des partenariats solides avec les groupes vulnérables, les secteurs de  
la santé et de la recherche. Les programmes d'éducation qui ont été engagés  
intègrent les techniques les plus innovantes en matière de prévention.  
Notre action, a-t-elle ajouté, s'étend à la région tout entière, ce qui  
implique de se pencher sur la situation très complexe des petites nations,  
dont les petits États insulaires, qui apparaissent peu armées face à l'épidémie.  
L'Australie continue de développer des partenariats associant les secteurs  
privé et public. Cela démontre, a insisté l'Ambassadeur, notre volonté de  
solliciter tous les acteurs possibles. C'est en ce sens que le pays attache  
la plus haute importance au renforcement de la participation des personnes  
vivant avec le virus aux processus de prise de décisions. La féminisation  
accrue de la pandémie est une source d'inquiétude. Pour mettre fin à cette  
évolution, l'Australie est engagée dans une lutte active contre la violence  
sexuelle, qui frappe de plus en plus les jeunes filles, a-t-elle indiqué,  
avant d'estimer que ces dernières doivent pouvoir bénéficier d'un accès aux  
services sociaux, juridiques et de santé de base.

M. ROBERT AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée) a évoqué, au nom du Forum des  
îles du Pacifique, des pays membres du Secrétariat de la Communauté du  
Pacifique et des organisations de la société civile du Pacifique, la  
Stratégie régionale du Pacifique de lutte contre le VIH/sida. Cette  
Stratégie repose sur huit éléments: le leadership; la prévention et la  
préservation de communautés saines; l'accès aux services de qualité; le  
respect des droits de l'homme et l'implication des malades du sida; la  
coordination et le partenariat; le financement et l'accès aux ressources; le  
suivi, le contrôle et la recherche, et la lutte contre les vulnérabilités.  
Le représentant a précisé qu'en octobre 2005, les dirigeants des 22 îles et  
territoires du Pacifique avaient appelé à une analyse plus poussée du  
concept de « Fonds de santé pour le Pacifique » en raison notamment des  
difficultés d'accès au Fonds mondial contre la sida, la tuberculose et le  
paludisme. L'approche unique pratiquée par le Fonds mondial continuera, en  
effet, de marginaliser les pays dans lesquels existent de réelles chances d'inverser  
la tendance.

M. AHMED MAHDI AL-HADDAD (Bahreïn) a souligné la menace que posait le sida  
et affirmé que cette pandémie constituait un des défis les plus importants  
auxquels la communauté internationale était confrontée aujourd'hui. Il a  
insisté sur l'importance de l'échange de meilleures expériences et de  
pratiques nationales réussies dans la mise en ouvre de la Déclaration de  
2001 afin de renforcer les efforts de prévention, de traitement, de soins et  
d'appui. Il a toutefois regretté qu'en dépit des efforts importants visant  
à améliorer l'accès aux traitements, près de cinq millions de cas sont  
diagnostiqués chaque année. Cela constitue un obstacle de taille pour  
réaliser l'objectif d'un accès universel au traitement d'ici à 2010, a-t-il  
ajouté. Il a fait remarquer que, malgré une faible prévalence nationale du  
VIH/sida, son pays avait adopté la résolution 26/2 de l'Assemblée générale  
et avait, depuis 2001, entrepris toutes les mesures nécessaires pour faire  
face à cette maladie mortelle. Il a notamment fait part des efforts visant  
à sensibiliser les groupes vulnérables, à encourager le dépistage prémarital  
ou l'abstinence ou encore à assurer la gratuité des soins pour les personnes  
infectées. Aujourd'hui, les efforts de prévention se poursuivent, a-t-il  
ajouté, car c'est seulement ainsi que l'on pourra réduire l'impact de la  
maladie, a-t-il conclu en demandant que la communauté internationale s'engage  
ensemble pour accélérer la lutte contre le VIH et le sida.

M. ISIKIA SAVUA (Fidji) a déclaré que son pays avait fait beaucoup d'efforts  
pour sensibiliser les populations à la gravité de la pandémie. Cinq  
nouveaux cas de VIH et de sida ont été déclarés au cours des deux premiers  
mois de l'année 2006, ce qui est beaucoup pour une petite île comme Fidji, a  
dit M. Savua. « Le Gouvernement s'efforce de coordonner les activités  
prioritaires pour le programme d'action 2002-2004 que nous avons établi pour  
notre pays », a-t-il annoncé. À Fidji, les patients ont accès à un fonds  
global qui leur permet de bénéficier de traitements antirétroviraux  
remboursables. Toutefois, l'absence d'un cadre juridique approprié pose des  
problèmes dans des domaines comme ceux des droits de l'homme et de la  
discrimination, a dit le représentant.

M. ADAMANTIOS TH. VASSILAKIS (Grèce) a affirmé qu'en dépit des efforts  
déployés à tous les niveaux, la pandémie de VIH/sida avait pris la dimension  
mondiale d'une crise exceptionnelle. La Grèce, ayant reconnu l'ampleur du  
problème, a pris donc des mesures qui s'imposaient en adoptant une nouvelle  
stratégie multisectorielle, qui s'appuie sur la coordination dans les  
activités nationales et internationales. Des campagnes de prévention  
ciblées ont donc été lancées avec le concours du Gouvernement, de la société  
civile et des entreprises du secteur privé. L'éducation est en effet la  
clef du changement, en particulier pour les jeunes qui devraient être  
informés le plus tôt possible, a estimé le représentant. Aussi, le message  
est-il adressé en priorité dans les lycées, avec un objectif, d'ici à 2010,  
de 95% des adolescents sensibilisés aux dangers de la pandémie. Nous  
insistons par ailleurs sur la nécessité de passer des tests de dépistage, de  
fournir un soutien psychologique et social aux malades et d'atteindre l'objectif  
d'un accès universel aux traitements antirétroviraux en coopération avec les  
pays des Balkans et d'Afrique, a conclu le représentant.

Mme MARY SHAWA, Ministre d'État auprès du Président et du Cabinet du  
Gouvernement du Malawi, a parlé des structures nationales mises en place  
dans son pays pour combattre le VIH et le sida et leurs conséquences sur la  
population. Notre approche s'est orientée vers une prise en compte  
multisectorielle des problèmes qui sont gérés en coordination par les  
différents ministères, les organisations non gouvernementales et la société  
civile, a déclaré la représentante. Elle a indiqué qu'un accent particulier  
était mis sur les efforts visant à assurer que les fonds alloués soient  
effectivement utilisés dans les différents programmes mis en place dans le  
pays et pour qu'une analyse de l'impact réel de ces derniers soit menée.

Quatre-vingt-cinq pourcent des jeunes entre 15 et 24 ans sont capables d'identifier  
les moyens de prévention du virus, et l'utilisation des préservatifs est en  
hausse, à 47%, a-t-elle assuré, affirmant également que le Malawi avait mis  
en place des politiques d'accès équitable aux traitements antirétroviraux.  
Les questions de la transmission de mère à enfant et du soutien  
psychologique et économique aux orphelins de la maladie font aussi l'objet  
de programmes gouvernementaux, tout comme celle de la discrimination à l'égard  
des personnes atteintes du virus, a dit Mme Shawa. Malgré tous ces efforts,  
les statistiques continuent de montrer des résultats inquiétants en raison  
de la persistance de blocages et surtout d'un manque de ressources, a-t-elle  
poursuivi. Le Malawi a besoin de plus de ressources pour placer ou  
maintenir des milliers de personnes sous traitement antirétroviral et  
financer des programmes visant à réduire l'impact de la maladie, a dit la  
Ministre. Elle a appelé la communauté internationale à augmenter ses  
contributions et à inclure des programmes de nutrition dans les politiques  
globales menées par les organismes internationaux.

Mme COUMBA BÂ, Conseillère auprès du Président de la Mauritanie, a fait part  
de l'engagement de son pays dans le combat contre la propagation du sida.  
Rappelant que la Mauritanie avait mis en place un programme à cet effet dès  
1988, elle a souligné que le pays avait également adopté en 2002 une  
politique multisectorielle dans ce domaine. S'agissant de la prévention,  
elle a noté que la société civile, le secteur privé et les ministères  
compétents menaient des campagnes de sensibilisation sur tout le territoire,  
ciblant particulièrement les jeunes, les femmes en âge de procréer, celles  
enceintes, et les populations migrantes. Mme Bâ a aussi indiqué que la  
Mauritanie participait à des initiatives sous-régionales, telle la Caravane  
de l'espoir qui associe leaders religieux, journalistes et personnes vivant  
avec le virus dans le but de lutter contre la stigmatisation et la  
discrimination dont souffrent ceux qui sont affectés par la pandémie. Des  
dispositions sont prises pour rendre l'accès au traitement gratuit à tous  
les Mauritaniens, mais aussi à tous ceux vivant dans le pays, a-t-elle fait  
savoir. Réitérant l'engagement de son pays envers la Déclaration de 2001,  
elle s'est dite convaincue que la lutte contre le VIH/sida ne pouvait être  
gagnée que dans un contexte d'effort mondial. Elle a ainsi estimé que la  
communauté internationale et les partenaires techniques et financiers  
devaient redoubler d'efforts pour aider les pays en développement.

M. PAUL KAGAME, Président de la République du Rwanda, a expliqué que, depuis  
2001, son pays avait adopté une approche multidisciplinaire, décentralisée  
et axée sur les besoins spécifiques des communautés locales. Il a salué la  
qualité des partenariats ouverts avec les initiatives internationales,  
telles que le Plan du Président Bush contre le sida, le Fonds mondial ou  
encore la Fondation Clinton. Des efforts notables commencent ainsi à porter  
leurs fruits au Rwanda, a affirmé M. Kagame. Le taux de prévalence chez les  
hommes est de 3% et de 3.7% chez les femmes. De récentes études montrent  
une baisse générale du taux de prévalence chez les adultes, a-t-il insisté.  
Toutefois, aux fins d'une lutte véritablement efficace contre la progression  
de la pandémie, il a estimé qu'il convient de prendre des engagements  
durables, renforcer les infrastructures sanitaires et améliorer la formation  
des personnels de la santé. Le Rwanda est déterminé, a-t-il assuré, à  
mettre pleinement en ouvre la Déclaration politique de la Réunion de haut  
niveau de 2006 sur le VIH/sida, ainsi que l'ensemble des engagements y  
afférents.

M. SIMON IDOHOU (Bénin) a fait valoir que, malgré un taux de prévalence  
moyen qui semble s'être stabilisé autour de 2% depuis 2000, le pays n'était  
pas à l'abri d'une explosion de la maladie sans une persistance dans ses  
efforts pour lutter contre le VIH/sida. Il a rappelé que depuis 2001, des  
progrès avaient été réalisés dans la mise en ouvre du plan stratégique  
multisectoriel sur le VIH/sida. Il a ainsi attiré l'attention sur la  
création d'un comité national de lutte contre le sida et sur les  
partenariats avec la société civile afin de renforcer la réponse locale.  
Par ailleurs, il s'est félicité qu'aujourd'hui, 85% des jeunes avaient  
entendu parler du VIH/sida et que le réseau épidémiologique s'améliorait  
dans le pays. S'agissant des soins et des traitements, il a souligné la  
gratuité de la prise en charge depuis décembre 2004. Il a expliqué que dans  
la perspective de parvenir à un accès universel au traitement, à la  
prévention, aux soins et à l'appui, son pays s'était fixé certains objectifs  
nationaux. Parmi ceux-ci, il a cité la réduction d'au moins 25% du taux de  
prévalence chez les jeunes de 15 à 24 ans ou celle de 50% de la proportion  
des nourrissons infectés d'ici 2010 ainsi que la garantie de la prise en  
charge et du soutien des personnes infectées. Enfin, il a estimé que la  
mobilisation des ressources et le soutien de la communauté internationale  
devaient être renforcés pour élargir la réponse nationale.

Mme SUSANA RIVERO (Uruguay) a estimé que seule une réponse globale pouvait  
permettre de lutter efficacement contre la pandémie. Cependant, elle a  
expliqué que les pays d'Amérique latine étaient exclus de l'accès au Fonds  
de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme parce qu'ils ne  
correspondaient pas aux critères exigés pour bénéficier de son aide. Selon  
sa délégation, des progrès ne seront possibles que par le biais de  
programmes de santé publique tenant compte des droits à la santé sexuelle et  
génésique. Il est indispensable, a insisté la représentante, de travailler  
à cette fin avec la société civile, très active en Uruguay. Le Gouvernement  
uruguayen considère en outre qu'il faut promouvoir l'égalité des sexes, en  
autonomisant les jeunes filles, en les mettant à l'abri des abus et de l'exploitation  
sexuels, en s'occupant des orphelins et, plus largement, en éliminant toutes  
les formes de discrimination et de stigmatisation, a conclu la  
représentante.

M. IGOR DZUNDEV (ex-République yougoslave de Macédoine) a affirmé que dans  
son pays, qui connaît le taux le plus bas de prévalence du VIH/sida de la  
région, l'accent était mis sur la prévention, notamment parmi les jeunes et  
les groupes à haut risque. Il a expliqué que près de 50% de la réponse  
nationale était basée sur la prévention. Le Gouvernement s'emploie aussi à  
augmenter l'engagement du secteur non-gouvernemental dans la mise en ouvre  
de cette réponse, a-t-il ajouté. Il a noté que son pays s'inquiétait du  
coût des médicaments car le marché des antirétroviraux est encore modeste  
dans la région, en raison d'une demande faible. Cela n'incite pas les  
compagnies pharmaceutiques à réduire leurs prix, a-t-il regretté. Par  
ailleurs, il a estimé que les défis posés par le VIH/sida étaient de plus en  
plus complexes et touchaient toutes les sociétés. C'est donc une bataille  
commune que nous livrons, a-t-il fait valoir, en plaidant pour un  
financement prévisible et soutenu ainsi que pour l'utilisation efficace des  
ressources. Enfin, il a indiqué qu'il fallait, entre autres, s'engager à  
identifier de nouveaux mécanismes et outils dans ce secteur et combattre les  
idées fausses et les préjugés.

M. ANDREAS MAVROYIANNIS (Chypre) a déclaré que l'infection par le VIH se  
maintenait à un taux de prévalence très faible de 0,1% de la population à  
Chypre, notamment parce que le Gouvernement a fait de la lutte contre la  
pandémie une priorité depuis l'apparition du virus sur l'île en 1986.  
Ainsi, les politiques chypriotes sont harmonisées avec celles de l'Union  
européenne et d'autres partenaires internationaux dans ce domaine. Des  
programmes de prévention ont été ainsi inclus dans les programmes scolaires  
et, en vue d'éliminer les phénomènes de stigmatisation et de discrimination  
à l'encontre des malades. Chypre a éliminé toutes les dispositions  
juridiques qui pourraient poser problème dans l'accès à la prévention, aux  
soins, aux traitements et au soutien, a précisé le représentant. Les  
données disponibles montrent des tendances stables, mais les autorités  
continuent de surveiller les menaces que constituent les comportements  
sexuels à risques ou la consommation de drogues injectables, a-t-il dit.

M. SAMDUTH SOBORUN (Maurice) a regretté que l'épidémie de VIH/sida ait  
progressé malgré les efforts entrepris par les États, à la suite de la  
Déclaration d'engagement de 2001. Il a souligné les graves effets de cette  
maladie sur le développement socioéconomique, notamment l'incidence négative  
sur les ressources humaines, affirmant que le VIH/sida sapait les efforts  
pour réaliser les OMD. Maurice n'épargne aucun effort dans sa lutte contre  
le virus, a-t-il poursuivi, et nous appuyons l'engagement pris en juillet  
2005 par les pays du G-8 pour assurer un accès universel aux soins et au  
traitement d'ici 2010. Il a estimé que la prévention et le traitement sont  
deux composantes essentielles et complémentaires de la stratégie de lutte  
contre le sida. Il s'agit de toucher tous les individus de manière à sauver  
des vies, a-t-il insisté. Par ailleurs, il a déploré la stigmatisation et  
la discrimination des malades du sida et a souhaité qu'on protège  
particulièrement les femmes et les enfants de toute discrimination.  
Espérons que lors de notre prochaine rencontre, a-t-il conclu, nous pourrons  
faire preuve de plus d'optimisme quant aux changements de comportements face  
aux malades du sida.

M. MARCELLO SPATAFORA (Italie) a indiqué que le point de départ de la lutte  
contre le VIH/sida devait être la protection des droits fondamentaux des  
individus infectés par le virus, en particulier les femmes et les enfants.  
Il est nécessaire également de fournir les financements suffisants à une  
stratégie de lutte qui soit efficace, a-t-il estimé. La leçon que nous  
devons tirer des 25 ans de lutte contre le sida est qu'il nous faut  
renforcer les systèmes de santé des pays pauvres. L'action de l'Italie dès  
le début a été d'investir dans le capital humain et financier, afin de  
renforcer de tels systèmes dans les pays en développement. Dans ce  
contexte, l'Italie reconnaît la nécessité de travailler en coordination avec  
tous les partenaires de la société civile, ainsi qu'avec le secteur privé.  
L'Italie, a ajouté le représentant, accorde une attention particulière au  
financement et à la recherche, et a investi au cours des cinq dernières  
années 400 millions d'euros par le biais du Fonds mondial de lutte contre le  
sida, la tuberculose et le paludisme.

M. MILAD ATIEH (République arabe syrienne) a déclaré qu'en dépit du nombre  
limité d'infections en Syrie, le pays avait mis en place des programmes de  
prévention et de soins en faveur des malades. Il a insisté sur la nécessité  
de garantir le traitement gratuit des personnes vivant avec le VIH et le  
sida. La stratégie nationale syrienne se base sur les éléments suivants:  
garantir les services de prévention contre le sida et les maladies  
sexuellement transmissibles dans le cadre des services sanitaires, empêcher  
la transmission du virus de la mère à l'enfant et renforcer la surveillance  
de la transfusion sanguine. Plusieurs plans et programmes ont également été  
lancés pour les immigrés qui ont dû quitter leur pays en raison des  
persécutions dont ils ont fait l'objet. Le plan national évoqué prend en  
compte les traditions, y compris religieuses, ce qui a permis d'obtenir des  
résultats concrets, a précisé le représentant. Mais la Syrie essaie de  
trouver un financement adéquat pour garantir les mesures prévues par le  
plan, notamment auprès du Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, a-t-il  
conclu.

M. BAN KI-MOON, Ministre des affaires étrangères et du commerce de la  
République de Corée, a noté le grand nombre de défis qu'il restait à relever  
dans la lutte contre le VIH/sida. La grande majorité des gens vivant avec  
le VIH n'ont pas accès à des traitements appropriés, a-t-il par exemple  
avancé. Notant que les mesures à prendre pour lutter contre la maladie  
avaient déjà été bien établies dans la Déclaration de 2001, il a tout  
particulièrement insisté sur la nécessité d'assurer une action concertée et  
de mobiliser davantage de ressources. La prévention est essentielle dans le  
cas du VIH/sida car il n'existe pas de remède ou de vaccin, a-t-il  
poursuivi. Il a estimé qu'une attention particulière devait être portée aux  
groupes vulnérables comme les femmes et les jeunes. De plus, il a noté que  
certains pays qui sont déjà frappés par la pauvreté doivent en plus subir l'impact  
du VIH/sida. Leurs objectifs de développement économique sont en  
conséquence de plus en plus hors de portée, a-t-il déploré. Il a ainsi  
affirmé qu'il fallait offrir davantage d'aide aux pays les moins avancés d'Afrique  
afin de briser le cercle vicieux de l'épidémie et du manque de  
développement. Enfin, il a annoncé que son pays avait contribué à hauteur  
de 10 millions de dollars au Fonds mondial pour la période 2007-2009, et ce,  
en hommage au Dr. Lee Hong-wook qui a dirigé la lutte de l'OMS contre ce  
virus et d'autres maladies.

M. AHMED OWN (Jamahiriya arabe libyenne) a déclaré que son pays luttait avec  
détermination contre le VIH/sida en lançant des programmes de prévention et  
de traitement. Mais pour parvenir à les appliquer, l'aide financière des  
pays les plus développés est indispensable, a-t-il précisé. Selon lui, il  
faut adopter des mesures ambitieuses et éliminer les obstacles à la lutte  
contre la pandémie, notamment le prix prohibitif des médicaments et les  
barrières tarifaires, mais aussi déployer des efforts dans le domaine de la  
recherche et du développement. À cet égard, l'industrie pharmaceutique doit  
travailler à l'élaboration de traitements efficaces et abordables,  
accessibles aux pays en développement, a conclu le représentant.

M. MOHAMED LATHEEF (Maldives) a déclaré que la stratégie nationale de lutte  
contre le sida dans son pays avait été établie en 1987, quatre ans avant que  
le premier cas de sida fut diagnostiqué aux Maldives. Cette stratégie a été  
progressivement enrichie par l'apport du secteur privé et des ONG dans les  
domaines de la prévention et du contrôle des taux de contamination, a dit M.  
Latheef. La défense des valeurs religieuses et culturelles a joué un rôle  
essentiel dans la prise de conscience sous-tendant les programmes de  
prévention. Si les Maldives ont recensé jusqu'à maintenant seulement 11 cas  
de contamination, leur population, de plus en plus mobile, est plus exposée  
au risque d'infection aujourd'hui qu'hier, a dit le représentant. « La  
forte présence touristique est un autre facteur propice à une augmentation  
du nombre de personnes contaminées », a-t-il noté. Pour le représentant, l'implication  
de la société civile et du secteur privé -notamment des laboratoires  
pharmaceutiques-, la réaffirmation de la volonté politique des États, et la  
mobilisation accrue de ressources permettront, ensemble, d'atteindre les  
objectifs identifiés pour mettre fin à la pandémie de VIH/sida.

M. ERASMO LARA (République dominicaine) a souligné les initiatives et  
mesures prises par son pays afin d'élaborer et de mettre en ouvre une  
réponse nationale multisectorielle et globale face au VIH/sida. Il a  
notamment précisé que cette réponse mettait l'accent sur la participation de  
tous les acteurs sociaux du pays et visait à renforcer les alliances  
stratégiques entre secteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux.  
Reconnaissant la féminisation de la pandémie dans le pays, il a indiqué que  
le Gouvernement dominicain avait donné une priorité à ce problème en  
encourageant la prise de mesures pour l'égalité entre les sexes et la  
prévention en faveur des femmes. Soulignant l'importance d'efforts communs  
au niveau régional, il a expliqué que son pays mettait au point une démarche  
conjointe, avec la République d'Haïti, dans le cadre d'une stratégie  
binationale. Par ailleurs, le représentant a insisté sur la nécessité de  
respecter et de protéger les droits humains et les libertés fondamentales  
des personnes vivant avec le VIH/sida. À cet égard, il a précisé que son  
pays donnait la priorité à l'éducation, à l'emploi, et à l'accès aux soins  
médicaux, tout en respectant la confidentialité du statut des personnes  
affectées.

CARDINAL JAVIER LOZANO BARRAGAN (Saint-Siège) est revenu sur les  
contributions spirituelles, médicales et sociales de l'Église catholique en  
précisant que le Pape était profondément préoccupé par les ravages que  
causait la pandémie du sida. En fait, a-t-il précisé 27% des centres  
prodiguant des soins aux malades du sida sont d'obédience catholique. Il a  
également expliqué que l'Église travaillait en particulier à la formation du  
personnel médical et privilégiait les actions de prévention, de soins et d'aide.  
De manière plus spécifique, l'ONG Caritas international est présente dans  
102 pays et mène des  
actions de lutte contre le sida dans 62 d'entre eux. Nos programmes de  
prévention insistent sur l'enseignement de comportements responsables  
propres à prévenir la transmission de la pandémie. Nous luttons aussi  
contre la stigmatisation des malades du sida, facilitons les programmes de  
détection et fournissons des conseils, a indiqué le représentant du  
Saint-Siège.

M. SHIMELIS ADUGNA (Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge  
et du Croissant-Rouge) a déclaré que la Fédération avait pris de nombreuses  
mesures depuis la session de 2001, notamment en formant des partenariats  
avec les personnes qui vivent avec le VIH et le sida et en créant le Fonds  
Masambo, qui fournit des traitements antirétroviraux aux personnels et aux  
volontaires impliqués dans cette action. Par ailleurs, la Fédération a  
organisé un projet en vue de créer un code de bonne pratique à l'intention  
des ONG travaillant auprès de malades. Elle a également mené des campagnes  
dans 128 pays pour lutter contre la discrimination et la stigmatisation. L'Observateur  
a fait ensuite trois propositions pour réaliser davantage de progrès. Tout  
d'abord, les gouvernements devraient veiller à ce que le sixième cycle du  
Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme soit  
parfaitement alimenté et que les promesses de contributions soient  
respectées. Les gouvernements devraient également aider à développer et  
mettre en ouvre des mécanismes de responsabilisation à l'intention de tous,  
y compris des ONG. Enfin, ils devraient envisager le financement des  
réseaux de volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge lorsqu'ils  
sont impliqués dans des actions liées aux politiques de lutte contre la  
pandémie, a-t-il ajouté en conclusion.

M. FERNANDO VALENZUELA, Observateur de la Communauté européenne auprès des  
Nations Unies, a fait part de sa profonde préoccupation face à l'impact  
dévastateur du VIH/sida qui se propage en dépit des efforts de la communauté  
internationale. Il a ainsi réitéré l'engagement de la Commission européenne  
à élargir les interventions et à fournir le soutien nécessaire aux pays  
partenaires. Il a fait part des efforts de mobilisation de ressources  
financières de la Commission, indiquant entre autres qu'elle avait, entre  
2003 et 2006, alloué 280 millions d'euros en moyenne par an à la lutte  
contre le virus. Il a aussi noté que la Commission et les membres de l'Union  
européenne fournissaient 65% du financement total du Fonds mondial. Il s'est  
dit particulièrement inquiet de l'augmentation de la prévalence du VIH/sida  
chez les jeunes et les femmes. « Il est essentiel de répondre à leurs  
besoins dans l'élaboration des programmes d'éducation et de sensibilisation,  
mais aussi dans la fourniture des soins », a-t-il estimé. Par ailleurs, il  
a rappelé que la Commission travaillait étroitement avec de nombreuses ONG  
et la société civile. Un partenariat étroit avec le secteur privé et la  
société civile est une condition essentielle à l'élargissement des réponses  
nationales, a-t-il argué. Enfin, il a noté que la Commission souhaitait  
maintenant que trois points soient abordés dans la lutte contre le sida: un  
coût abordable pour les médicaments, la recherche de programmes et de  
technologies préventifs, et la sensibilisation pour mettre fin à la  
complaisance et freiner l'épidémie.

VOLET B

Déclarations

Mme URSULA HAUBNER, Ministre fédérale de la sécurité sociale, de la  
protection des générations et des consommateurs de l'Autriche, s'exprimant  
au nom de l'Union européenne et des pays associés, a rappelé que les  
engagements internationaux en matière de VIH/sida, convenus en 2005, dans le  
domaine de l'accès universel à la prévention et au traitement d'ici à 2010,  
doivent envisager la prévention comme une démarche intersectorielle qui  
concerne tous les secteurs de la santé, comme indiqué dans les déclarations  
de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD)  
et la Conférence de Beijing, y compris en matière de la santé maternelle.  
Cette démarche nécessaire signifie également que les secteurs de l'éducation,  
du transport, de la défense et d'autres fassent partie de la réponse. Pour  
l'Union européenne, il est aussi fondamental de renforcer la Déclaration d'engagement  
de 2001. L'accès aux antirétroviraux s'est amélioré, a-t-elle constaté,  
mais la situation reste grave dans de nombreux pays. Elle a ainsi estimé  
que l'initiative « 3 fois 5 » a joué un rôle important même si des efforts  
supplémentaires demeurent nécessaires.

La Ministre a recommandé, par conséquent, de recourir le plus possible aux  
flexibilités offertes dans l'Accord sur les aspects des droits de propriété  
intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC). Ces flexibilités, a-t-elle  
insisté, ne doivent pas être compromises par les Accords sur le  
libre-échange et doivent être conjuguées à des mesures visant à éviter la  
taxation des antirétroviraux. De son avis, un accès universel à la  
prévention, au traitement, aux soins et à l'accompagnement exige une mise en  
ouvre intégrale des procédures reconnues comme efficaces, dont l'éducation  
sexuelle, la distribution de préservatifs féminins et masculins, les  
programme d'échange des seringues, et la recherche scientifique sur les  
vaccins ou encore les microbicides. Compte tenu du facteur aggravant qu'est  
la pauvreté, l'Union européenne, a poursuivi la Ministre, considère la lutte  
contre le VIH/sida comme un défi multisectoriel qui concerne tous les  
aspects du développement. Les problèmes structurels que sont la lutte  
contre la pauvreté, la promotion et le respect des droits de l'homme, l'égalité  
entre les sexes, l'élimination de la violence sexuelle et la lutte contre la  
discrimination doivent donc être au centre de toute politique de lutte  
contre le VIH/sida, qui doit concerner tous les segments de la population, y  
compris les jeunes femmes, les fillettes et les adolescents.

Une réponse efficace au VIH/sida doit aussi viser les groupes vulnérables  
comme ceux qui abusent des drogues et leurs partenaires sexuels, les hommes  
qui ont des relations sexuelles avec les hommes, les prostitués et leurs  
clients, les femmes et les enfants exposés aux trafics des êtres humains,  
les prisonniers, les transsexuels, les migrants ou encore les réfugiés et  
les personnes handicapées. Soulignant que pour qu'elle réussisse, la  
prévention doit se fonder sur des informations avérées, la Ministre s'est  
dite profondément préoccupée par la résurgence de messages partiaux et  
incomplets qui ne se fondent sur aucune preuve et ont un effet limité. La  
Ministre a souligné que les maladies sexuellement transmissibles et le  
VIH/sida ont les mêmes causes sous-jacentes, à savoir la pauvreté, l'intégralité  
entre les sexes et la marginalisation des groupes les plus vulnérables.

La Ministre a poursuivi en arguant que les traditions culturelles et les  
normes de masculinité et de sexe mettent les femmes en danger et renforcent  
également la vulnérabilité des hommes et des garçons au VIH/sida. Aucune  
stratégie ne réussira si l'on ne répond pas aux besoins spécifiques des  
femmes, a-t-elle prévenu. Revenant à la discrimination, elle a souligné que  
l'implication des personnes vivant avec le VIH/sida dans l'élaboration des  
réponses à apporter est de la plus grande importance. Elle a aussi souligné  
l'importance qu'il y a à abandonner des mesures « non efficaces » qui visent  
à limiter la libre circulation des personnes infectées et leurs opportunités  
d'emplois.

M. HILARY BENN, Secrétaire d'État pour le développement international du  
Royaume-Uni, a affirmé que les pays situés en première ligne de la lutte  
contre le VIH/sida devaient énoncer très clairement les stratégies par  
lesquelles ils ont l'intention de procéder, d'établir des programmes  
budgétisés liés à des plans de santé, de recruter des personnels et d'acheter  
des traitements antirétroviraux. Un accès universel au traitement sera  
impossible tant que des soins de santé décents ne seront disponibles dans  
chaque communauté, dans chaque village et dans chaque ville, a-t-il ajouté.  
Tout plan crédible ou tout programmé planifié et chiffré doit être associé à  
des ressources, a-t-il également estimé. Il faut donc faire en sorte que l'argent  
nécessaire soit disponible, et c'est la raison pour laquelle l'aide est  
indispensable et qu'il faut que les États et autres donateurs contribuent au  
Fonds mondial contre le VIH/sida, la tuberculose et les maladies  
infectieuses, a dit M. Benn. Les plans et stratégies de lutte contre la  
pandémie doivent se fixer des objectifs, c'est pourquoi, dans la  
Déclaration, nous avons besoin d'avoir des cibles et des objectifs  
intermédiaires d'ici à 2008, a estimé le Secrétaire d'État britannique.

M. Benn a également affirmé qu'il fallait reconnaître que la lutte contre le  
VIH/sida n'était pas seulement une question d'argent, mais qu'elle se jouait  
également sur le terrain de la culture et des comportements sociaux. Il a  
indiqué qu'il aurait souhaité un texte de Déclaration final plus franc, qui  
dise toutes les vérités. Dire la vérité, c'est dire, par exemple, que des  
groupes comme celui des hommes qui ont des relations avec d'autres hommes,  
et les travailleurs du sexe sont plus vulnérables que les autres à l'infection,  
a-t-il souligné. C'est dire que des jeunes femmes, par choix ou par  
nécessité, échangent du sexe contre de l'argent ou de la nourriture. Dire  
la vérité, c'est aussi dire que l'emploi de préservatifs permet de se  
protéger contre le VIH/sida, de même que l'usage de seringues propres. L'abstinence,  
c'est bien pour ceux qui sont en mesure de la pratiquer, mais la vérité c'est  
que biologiquement les êtres humains aiment avoir des relations sexuelles et  
que l'on ne doit pas mourir par ce que l'on aime en avoir, a-t-il déclaré.

M. RICHARD NCHABI KAMWI, Ministre de la santé et des services sociaux de la  
Namibie, a indiqué que son pays a lancé un programme de prévention de la  
transmission du VIH/sida de la mère à ses enfants, en utilisant des  
médicaments antirétroviraux. Nous sommes ainsi en mesure de fournir un  
traitement à près de 50% des malades, a-t-il précisé. Il existe aussi en  
Namibie des programmes d'éducation et de sensibilisation, ainsi que des  
programmes de dépistage, de diagnostic et d'autres qui s'adressent aux  
toxicomanes. Notre objectif est d'atteindre la population dans toutes les  
régions du pays, a indiqué le Ministre. Il a espéré pouvoir bénéficier de  
ressources complémentaires, avec la participation du Fonds mondial de lutte  
contre le VIH/sida, et permettre l'accès universel au traitement. Selon le  
Ministre de la santé, un partenariat fort est la clef de la réponse. Il a  
remercié la société civile de son action en ce sens et souhaité que soit  
renforcé le rôle de ces acteurs. Il a conclu en se déclarant fermement  
engagé à mettre en ouvre la position commune africaine adoptée à Abuja en  
2006, ainsi que la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida de 2001.

Mme SHEILA D. TLOU, Ministre de la santé du Botswana, a mis l'accent sur la  
détermination de son pays dans la lutte contre le VIH/sida. Elle a ainsi  
affirmé qu'en 1999, le Botswana avait mis en place un programme national  
pour empêcher la transmission du virus de la mère à l'enfant. Plus de 85%  
des femmes séropositives participent à ce programme aujourd'hui, contre 28%  
en 2002, a-t-elle dit. Selon la Ministre, s'il reste un long chemin à  
parcourir, le Botswana est en mesure de réaliser ses objectifs avant 2010.  
Il n'est possible d'enrayer la pandémie que si l'on met l'accent sur la  
prévention, a-t-elle assuré. Malgré les progrès réalisés, un grand nombre  
de défis a dû être relevés, a ajouté la Ministre, évoquant les difficultés  
liées au manque de ressources humaines. Elle a, en outre, affirmé que les  
stéréotypes et les discriminations constituaient un obstacle au succès des  
programmes.

M. PHILIPPE DOUSTE-BLAZY, Ministre des affaires étrangères de la France, a  
donné lecture d'un message du Président Jacques Chirac. Dans ce message, le  
Président Chirac a d'abord rappelé que la communauté internationale a pris  
deux engagements: assurer l'accès universel au traitement d'ici à 2010, et  
renverser la progression de la pandémie en 2015. Il faut tenir ces  
engagements, car nous avons tous les moyens de réussir, a-t-il affirmé. Au  
Nord comme au Sud, les gouvernements et les sociétés civiles sont maintenant  
mobilisés, et les ressources ont été décuplées depuis 2001, a-t-il notamment  
expliqué. Cependant, a estimé M. Chirac, nous sommes loin du compte car,  
pour pouvoir répondre aux besoins immédiats, il faudrait déjà traiter 6  
millions de personnes atteintes, alors qu'à l'heure actuelle seulement un  
million et demi bénéficient de traitements antirétroviraux.

Dans son message le Président français a identifié cinq priorités, la  
première étant l'accroissement des moyens, pour lequel la moitié du chemin a  
été faite. Pour le nouvel effort qu'il faut fournir, il a souhaité voir  
mettre en place de nouveaux mécanismes de financement, comme la contribution  
de solidarité sur les billets d'avion adoptée déjà par 14 pays et qui  
rentrera ainsi en vigueur en France le 1er juillet. Un modèle économique  
nouveau est également indispensable, notamment pour consolider la baisse des  
prix des médicaments. La deuxième priorité, pour M. Chirac, est la  
coordination des actions des bailleurs bilatéraux et multilatéraux, en appui  
des stratégies nationales de lutte contre le VIH/sida. En troisième  
priorité, il a demandé que l'on aide les pays du Sud à renforcer leurs  
systèmes de santé et a indiqué qu'il proposerait au Sommet du G-8 de  
Saint-Pétersbourg d'engager une réflexion internationale sur des mécanismes  
d'assurance-maladie adaptés aux pays les plus pauvres. Pour le Président  
français, en quatrième priorité, il est aussi nécessaire de renforcer l'effort  
de recherche, car seul un vaccin préventif permettra d'enrayer l'épidémie du  
VIH. Il faut pour cela améliorer la coopération internationale publique et  
privée. La France est pleinement engagée en ce sens à travers l'Agence  
nationale de recherches sur le sida, a-t-il indiqué. Pour conclure, M.  
Douste-Blazy a déclaré que le Président Chirac a estimé que la coopération  
internationale dans la lutte contre le VIH/sida est une question de sécurité  
pour l'avenir de l'humanité et un enjeu de dignité humaine et de justice.

Mme ULLA T?RN?S, Ministre de la coopération pour le développement du  
Danemark, a affirmé que les efforts nationaux pour le financement pour le  
développement étaient bien connus. Le Danemark, a-t-elle ajouté, fournit  
plus de 0,7% de son PNB pour l'aide au développement; le Gouvernement ayant  
fait la promesse pour que cette aide ne soit jamais inférieure à 0,8%. Le  
Danemark fait partie d'un club élitiste de cinq pays seulement qui honorent  
leurs promesses, a-t-elle poursuivi, priant les autres pays à se joindre à  
eux. La Ministre a également indiqué qu'elle avait récemment décidé de  
doubler le financement en faveur d'activités pour lutter contre le VIH/sida.  
Elle a précisé que le Danemark augmenterait son aide de manière à atteindre  
plus de femmes, de jeunes filles, d'orphelins et d'enfants vulnérables.

M. JEAN-LOUIS SCHILTZ, Ministre de la coopération et de l'action humanitaire  
du Luxembourg, a constaté que la Déclaration d'engagement de 2001 n'est pas  
restée lettre morte mais que cela ne signifie pas que la communauté  
internationale peut se reposer sur ses lauriers. Le virus progresse avec de  
nouveaux visages, et en particulier, des visages de femmes. Ce sont les  
groupes les plus vulnérables qui sont les plus touchés, a-t-il noté. Pour  
en venir à bout un jour, la Réunion d'aujourd'hui doit permettre de s'engager  
avec force dans ce combat, a-t-il estimé. Nous devons faire preuve de  
volonté politique, a dit M. Schiltz. Notant que les initiatives se  
multiplient, il a appelé à plus d'efforts de coordination et d'harmonisation.  
Nous devons nous pencher sur les besoins collatéraux, en renforçant  
notamment les capacités et les ressources humaines, en luttant contre la  
pauvreté et promouvant le rôle des femmes.

Le Ministre a cité l'initiative ESTHER qui a permis de démontrer qu'avec une  
approche intégrée et une « action sur le contexte », il est possible d'élargir  
l'accès à un traitement de qualité et durable, dans les pays en  
développement. Quant à la prévention, il a considéré que l'ignorance est un  
des pires ennemis de la lutte contre le VIH/sida. Il a aussi appelé l'industrie  
pharmaceutique à assumer sa part de responsabilité. La nécessaire  
augmentation des ressources en 2007 ne peut rester un vou pieux, a-t-il  
ajouté. Le Luxembourg qui, avec quatre autres pays, consacre déjà 0,7% de  
son RNB à la coopération au développement, continuera d'être un partenaire  
fiable dans la lutte contre le VIH/sida, a promis le Ministre.

Mme MANTO TSHABALALA-MSIMANG, Ministre de la santé de l'Afrique du Sud, a  
déclaré que si la communauté internationale veut renforcer les services
