# \[e-med\] Le Brésil et l'Unicef attaquent la politique contre le sida de Bush

**URL:** <https://talk.edrugplus.org/t/e-med-le-bresil-et-lunicef-attaquent-la-politique-contre-le-sida-de-bush/24021>\
**Category:** e-med\
**Created:** [December 2, 2005, 8:08am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-le-bresil-et-lunicef-attaquent-la-politique-contre-le-sida-de-bush/24021 "2005-12-02T08:08:15Z")\
**Posts on this page:** 1\
**Page:** 1

<div class="post-metadata">

**Author:** ![remed9](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/r/22d042/32.png) [@remed9](https://talk.edrugplus.org/u/remed9)\
**Post date:** [December 2, 2005, 8:08am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-le-bresil-et-lunicef-attaquent-la-politique-contre-le-sida-de-bush/24021/1 "2005-12-02T08:08:15Z")

</div>

Le Brésil et l'Unicef attaquent la politique contre le sida de Bush  
BRASILIA, 21 nov 2005 (AFP)

Le responsable du programme de lutte contre le sida au Brésil et le  
directeur de l'Unicef en Amérique latine ont attaqué lundi à Brasilia la  
"politique intégriste religieuse" du président américain George W. Bush pour  
combattre cette maladie.

Le responsable du programme antisida du ministère brésilien de la Santé,  
Pedro Chequer, a affirmé que cette politique, qui conditionne les aides  
financières à l'abstinence sexuelle comme principale méthode de prévention  
dans les pays bénéficiaires, courait le risque de provoquer un véritable  
"génocide".

Lors d'une conférence de presse pour présenter les résultats du rapport  
annuel de l'ONU sur le VIH/sida, M. Chequer a dénoncé "l'imposition de  
politiques anti-scientifiques sur des bases théologiques intégristes" de la  
part des Etats-Unis.

"Je dirais sans avoir peur de me tromper que l'abstinence ne fonctionne même  
pas chez le clergé catholique; c'est un fait, nous ne pouvons le nier", a  
affirmé le responsable brésilien.

La prévention fondée sur l'abstinence est "vouée à l'échec" et peut créer  
une "inversion" de la tendance à la baisse du VIH/sida dans de nombreux pays  
et c'est pourquoi "nous allons provoquer un génocide", a-t-il ajouté.

Le directeur du Fonds des Nations unies pour l'Enfance (Unicef) en Amérique  
latine, Nils Karstberg, a déploré quant à lui "qu'en ce moment en Amérique  
centrale et dans une partie des Caraïbes, on conditionne trop les ressources  
en matière de prévention à des programmes qui ne sont financés que s'ils  
sont basés sur l'abstinence".

M. Kartsberg a fait remarquer qu'il y avait de plus en plus de cas de sida  
chez les femmes en raison du viol de fillettes et d'adolescentes, souvent  
par des adultes de leur entourage familial.

"El là, l'abstinence n'a pas de sens puisque ces fillettes sont violées",  
a-t-il souligné.

De plus, selon les deux responsables, une bonne partie des fonds attribués  
par le programme PEPFAR (Plan d'urgence du président des Etats-Unis contre  
le sida) -15 milliards de dollars en cinq ans pour quinze pays-, reste aux  
Etats-Unis pour acheter des médicaments de l'industrie locale.

Le Brésil a refusé en mai dernier une aide de 48 millions de dollars du  
gouvernement américain parce que les Etats-Unis exigeaient en contrepartie  
de cette aide, une condamnation de la prostitution, les prostituées étant  
les principales bénéficiaires du programme.

Depuis la fin des années 1990, le Brésil a mis en place un programme  
pionnier de lutte contre le sida en matière de prévention et de traitement  
qui a réduit de plus de 40% les décès dus à cette maladie.

Le programme brésilien d'antirétroviraux prévoit la fourniture gratuite d'un  
cocktail de 16 médicaments à 155.000 séropositifs dans tout le pays. Il a  
remporté le Prix Gates de Santé Mondiale 2003.
