# \[e-med\] Le fabricant du Prozac est accusé d'avoir caché des données inquiétantes

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**Created:** [January 3, 2005, 12:27pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-le-fabricant-du-prozac-est-accuse-davoir-cache-des-donnees-inquietantes/21305 "2005-01-03T12:27:42Z")\
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**Post date:** [January 3, 2005, 12:27pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-le-fabricant-du-prozac-est-accuse-davoir-cache-des-donnees-inquietantes/21305/1 "2005-01-03T12:27:42Z")

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Le fabricant du Prozac est accusé d'avoir caché des données inquiétantes  
LE MONDE | 01.01.05 | 13h03  
[http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-392634,0.html](http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-392634,0.html)

Selon le "British Medical Journal", des études internes suggèrent un lien  
entre l'antidépresseur et les passages à l'acte violent ou suicidaire.

Le laboratoire pharmaceutique américain Eli Lilly aurait été au courant, dès  
les années 1980, des effets secondaires inquiétants de leur médicament  
vedette, le Prozac, prescrit à près de 50 millions de personnes dans le  
monde, et aurait cherché à en minimiser les répercussions. Le British  
Medical Journal (BMJ) indique, dans son édition du 1er janvier 2005, avoir  
reçu d'une source anonyme des documents internes du laboratoire qui semblent  
établir un lien entre cet antidépresseur et des passages à l'acte violent ou  
suicidaire. Le journal les a transmis à la Food and Drug Administration  
(FDA), l'agence du médicament aux Etats-Unis.

Ces documents n'étaient pas connus lorsque s'est tenu aux Etats-Unis, en  
1994, le retentissant procès Wesbecker, impliquant la fluoxétine,  
commercialisée sous le nom de Prozac. En 1989, Joseph Wesbecker, qui  
souffrait de longue date de dépression et placé depuis un mois sous Prozac,  
avait tué 8 personnes et en avait blessé 12 autres avant de retourner l'arme  
contre lui.  
Les plaignants, ayants droit des victimes, ont tenté de prouver que  
l'antidépresseur avait joué un rôle déclenchant dans l'acte de Joseph  
Wesbecker et que le laboratoire Eli Lilly avait dissimulé des études  
défavorables à sa molécule. Après un verdict du jury favorable à Eli Lilly,  
le juge avait réussi à faire admettre à la firme qu'elle avait passé un  
accord secret d'indemnisation avec les victimes.

"ACCÈS D'EXCITATION MOTRICE"  
Les documents reçus par le BMJ "paraissent suggérer un lien entre le  
médicament et les tentatives de suicide ou de violence", écrit Jeanne  
Lentzer, une journaliste indépendante new-yorkaise, dans l'hebdomadaire  
britannique. Un rapport du 8 novembre 1988 indique notamment que "38 % des  
patients sous fluoxétine signalaient des accès d'excitation motrice, contre  
19 % pour les patients recevant un placebo, soit une différence de 19 %  
attribuable à la fluoxétine".

Le docteur Richard Kapit, rapporteur à la FDA du dossier d'autorisation de  
mise sur le marché du Prozac, a indiqué au BMJ qu'il n'avait pas eu  
connaissance de ces rapports. "Ces données sont très importantes. Si ce  
rapport a été fait par ou pour Lilly, la firme se devait de nous le  
transmettre et de le publier."

Un membre démocrate du Congrès, Maurice Hinchley, examine désormais ces  
documents afin de savoir si le laboratoire a délibérément dissimulé des  
données. De son côté, la firme pharmaceutique a réfuté, vendredi 31 décembre  
2004, avoir dissimulé quoi que ce soit. "Lilly a systématiquement fourni aux  
autorités du médicament du monde entier les résultats de ses essais  
cliniques et des enquêtes de surveillance menées après la mise sur le marché  
du produit, y compris celle concernant la fluoxétine", a indiqué le  
laboratoire.

L'affaire survient alors que les agences du médicament viennent, non sans  
retard, de mettre en garde contre les prescriptions d'antidépresseurs chez  
les moins de 18 ans (Le Monde du 12 novembre 2004). Elle est à rapprocher  
d'un autre article du BMJ, le 11 décembre 2004 et sous la même signature,  
faisant état de documents confidentiels, émanant cette fois de Pfizer. Ils  
concernent la sertraline (Zoloft), un antidépresseur de la même famille que  
le Prozac, après l'assassinat de ses grands-parents par un adolescent  
américain traité par ce médicament.

Paul Benkimoun

. ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.01.05
