# \[e-med\] Les antirétroviraux sont encore trop chers -- MSF

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**Created:** [August 4, 2005, 7:25am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-les-antiretroviraux-sont-encore-trop-chers-msf/23069 "2005-08-04T07:25:20Z")\
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**Post date:** [August 4, 2005, 7:25am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-les-antiretroviraux-sont-encore-trop-chers-msf/23069/1 "2005-08-04T07:25:20Z")

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N A T I O N S U N I E S  
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA)  
Réseaux d'Information Régionaux Intégrés (IRIN)

Les antirétroviraux sont encore trop chers -- MSF

DURBAN, le 3 août (IRIN) - Tandis que les prix des médicaments de première  
ligne continuent de baisser, les nouveaux antirétroviraux (ARV) peuvent  
coûter jusqu'à 12 fois plus cher en Afrique subsaharienne, selon un rapport  
publié par Médecins sans frontières (MSF).

Les formules pédiatriques sont également plus coûteuses que les  
antirétroviraux pour adultes : traiter un enfant pendant un an peut coûter  
jusqu'à 816 dollars américains, alors que la même trithérapie pour adultes  
ne coûte que 182 dollars.

Selon Martha Darder, la porte-parole de MSF en Afrique du Sud, une telle  
situation pourrait réduire le nombre de patients sous antirétroviraux (ARV),  
des médicaments susceptibles de prolonger leur espérance de vie.  
En outre, si ces prix ne diminuent pas rapidement, le gouvernement  
sud-africain devra accroître considérablement le budget qu'il consacre aux  
ARV au cours des prochaines années.  
Les antirétroviraux de première ligne sont administrés au début du  
traitement. Par la suite, lorsque les patients commencent à développer une  
résistance à ces médicaments, on leur en prescrit de «deuxième ligne».  
En Afrique du Sud, peu de séropositifs ont développé une résistance, le  
programme de traitement venant juste d'être lancé.

A Khayelitsha, une commune située près de la ville du Cap, l'un des  
programmes de traitement antirétroviral de MSF, financé par des fonds  
privés, a montré que seuls 12 pour cent des patients qui avaient commencé le  
traitement il y a trois ans avaient besoin de passer aux médicaments de  
deuxième ligne.  
Toutefois, selon le rapport, de plus en plus de séropositifs vont  
inévitablement développer une résistance aux médicaments de première ligne.

Selon MSF, le coût prohibitif des médicaments de deuxième ligne s'explique  
principalement par l'absence de concurrence dans ce secteur.

Il en va ainsi du Kaletra, un cocktail coûteux d'antirétroviraux (lopinavir  
et ritonavir) prescrit en Afrique du Sud dans le cadre du traitement de  
deuxième ligne : seuls les laboratoires Abbott, une société pharmaceutique  
internationale, le fabriquent aujourd'hui.  
Un générique équivalent au Kaletra est en cours de production mais il n'a  
pas encore été approuvé.

«S'il n'y a pas de concurrence entre les sociétés pharmaceutiques, les prix  
restent élevés», a déclaré Darder, avant d'observer que le gouvernement  
était tenu de garantir la concurrence sur le marché des ARV.

Les génériques ont permis de réduire les prix de la plupart des  
antirétroviraux de première ligne, qui sont passés de 10 000 dollars en 2000  
à tout juste 150 dollars par patient et par an en juin 2004.  
MSF a toutefois précisé que ces prix n'étaient pas pratiqués dans tous les  
pays en raison de brevets empêchant certains de ces pays d'avoir accès aux  
génériques.

«Nous attendons du gouvernement qu'il contraigne les sociétés  
pharmaceutiques à autoriser les fabricants de produits génériques à produire  
les médicaments prescrits dans le cadre du traitement de deuxième ligne», a  
dit à PlusNews Gordon Mthembu, le président de la branche de Treatment  
Action Campaign (TAC), un groupe de lutte contre le sida, dans la province  
du Gauteng.

La différence de prix considérable qui existe entre ces types de médicaments  
s'explique également par l'adoption, cette année, de la réforme de la loi  
indienne sur les brevets. Membre de l'Organisation mondiale du commerce  
(OMS), l'Inde a dû modifier sa loi sur les brevets pour la rendre conforme à  
l'Accord sur les droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce  
(ADPIC).

Selon la réforme, l'Inde, qui fait partie des plus grands producteurs  
mondiaux de médicaments génériques, doit désormais reconnaître (et donc  
payer) les brevets de ces médicaments. Ce système pourrait permettre au  
détenteur d'un brevet d'être le seul producteur de son nouveau médicament et  
d'en fixer le prix.

Selon MSF, le prix de certains médicaments brevetés demeure très élevé pour  
les pays en voie de développement. De nombreuses sociétés pharmaceutiques ne  
réduisent pas leurs prix pour les consommateurs des pays aux revenus  
intermédiaires, tels que l'Afrique du Sud, le Swaziland ou la Namibie.

MSF a toutefois précisé qu'il existait quelques exceptions à ces  
restrictions imposées en fonction des revenus de chaque pays : Gilead et  
Bristol-Myers Squibb, deux géants de l'industrie pharmaceutique, ont  
récemment décidé d'appliquer leur politique de prix réduits à certains pays  
aux revenus intermédiaires et GlaxoSmithKline propose désormais ses produits  
à prix réduits dans tous les pays bénéficiaires de l'aide du Fonds mondial.

Néanmoins, il existe un autre obstacle à l'accès aux traitements : les  
sociétés pharmaceutiques ne commercialisent pas toujours tous leurs  
antirétroviraux dans les pays qui peuvent prétendre à une réduction des  
prix.  
D'après le rapport, MSF aurait eu des difficultés à acheter des médicaments  
à prix réduits pour ses programmes de traitement antirétroviral. Dans bien  
des cas, même dans les pays les plus pauvres du monde, tels que le  
Mozambique ou le Cambodge, l'organisation a dû importer une partie de ses  
médicaments de pays voisins.

Le rapport reproche aux sociétés pharmaceutiques de rendre «trop complexe»  
l'achat de médicaments à prix réduits. Les produits à prix réduits du  
laboratoire Roche, par exemple, doivent être commandés à partir de Basel, en  
Suisse, et payés en francs suisse, une exigence particulièrement difficile à  
satisfaire pour les pays en voie de développement.

Pour consulter le rapport : www.doctorswithoutborders.org
