E-MED: Les limites du programme d�acc�s aux antir�troviraux
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Les limites du programme d�acc�s aux antir�troviraux : suite de l�article
paru dans le journal de Remed N�26
Depuis les premi�res n�gociations entre les Nations Unies et les firmes
pharmaceutiques en 2001 et les premi�res baisses de prix, on constate que la
majeure partie des pays d�Afrique touch�s par le virus du Sida ach�tent des
ARV g�n�riques. L�argument du prix a paru �tre d�finitivement �tre
pr�pond�rant, puisque les co�ts sont pass�s en 3 ans de 1000 dollars annuels
� moins de 300 dollars, ce qui a permis d�augmenter le nombre de patients
mis sous traitements.
Mais cet argument est-il le seul ? N�existe-t-il pas d�autres raisons
conduisant les acheteurs de m�dicaments � pr�f�rer l�achat des ARV aupr�s de
laboratoires pharmaceutiques plus flexibles, plus proches, et, pour tout
dire, proposant un autre service � leurs clients que celui offert par des
multinationales, plus pr�occup�es de leur image de marque et de leur gestion
de groupe ?
J�avais eu l�occasion, en 2002, de tirer la sonnette d�alarme sur la qualit�
du service rendu par les firmes pharmaceutiques dans le cadre du programme
ACCESS dans un article paru dans le journal de Remed N�26 (www.remed.org). A
l��poque, il avait �t� constat� que les firmes �taient de fa�on g�n�rale
assez peu respectueuses de leurs engagement commerciaux pour les m�dicaments
c�d�s � un prix n�goci� � des acheteurs de Centrales d�achat publiques.
Aujourd�hui, un autre exemple est port� � notre connaissance : il n�existe
plus d�Effavirenz 600 mg � prix Access disponible pour les programmes d�
acc�s aux soins gratuits dans au moins deux pays d�Asie du Sud Est : le
Cambodge et le Vietnam. Des commandes ont �t� effectu�es par diff�rents
programmes de traitement en Asie en d�cembre 2003. La date de livraison
pr�vue �tait le 1er mars 2004. Il s�agit bien s�r de commandes portant sur
de petites quantit�s, chacune d�entre elles repr�sentant les traitements
pour 50 � 300 patients. Le 10 mars, les correspondants de la firme Merck
Sharp et Dohme (MSD) dans cette zone ont pr�venu les acheteurs que les
livraisons ne pourraient avoir lieu qu�� compter de la mi-avril au mieux, et
finalement on peut pr�voir que les produits seront sur le terrain en mai.
Question : comment fait-on pour donner les deux mois de traitements
manquants aux patients, sachant que les plannings de livraison avaient �t�
d�termin�s d�un commun accord avec les fournisseurs ?
La seule solution disponible est d�aller dans les pharmacies du secteur
priv� et acheter les bo�tes 3 fois plus cher que dans les programmes du
secteur public.
Pourtant, le laboratoire aurait pu proposer des solutions alternatives. Dans
le cas qui nous concerne MSD pourrait, si la rupture �tait due � un probl�me
de fabrication, proposer Effavirenz 200 mg au m�me prix par exemple, en
attendant la fabrication d�Effavirenz 600 mg.
Mais rien, aucune information, ni proposition de solution, par l�une des 5
premi�res firmes pharmaceutiques mondiales. La seule r�ponse est � il n�y a
plus d�Effavirenz 600 disponible en Asie du Sud Est, et nous attendons la
livraison �.
Des solutions ont �t� recherch�es en France par ESTHER et d�autres
organismes. Mais la r�ponse est que les m�dicaments au prix Access n�goci�
disponibles pour l�Afrique ne peuvent pas �tre vendus pour les programmes
destin�s aux pays d�Asie. Pourquoi ???
Depuis quelques semaines, et en particulier depuis les diff�rentes
d�clarations d�initiatives pilot�es par les Etats Unis (Programmes Bush,
Initiative Clinton, et d�autres) on voit appara�tre des recommandations
visant � montrer que seules les firmes disposant de brevets sont � m�me d�
assurer un approvisionnement en m�dicaments de qualit� pour l�acc�s aux
traitements.
Mais l�assurance qualit� n�est pas seulement une question de conformit�
pharmaceutique du produit final, cela concerne aussi le respect de ses
engagements, l�instauration de bonnes relations avec les acheteurs, et dans
le cas des programmes d�acc�s gratuits aux traitements pour lutter contre un
fl�au mondial, un engagement volontaire dans le but de permettre au patients
d��tre trait�s dans de bonnes conditions. Toutes ces choses font la qualit�
d�un laboratoire dans les pays d�Europe, et dans les pays du Sud. Il ne
suffit pas de d�penser des millions de dollars en marketing et communication
sur des chartes de qualit�, il faut aussi faire parvenir les m�dicaments que
l�on s�est engag� � fournir en fonction des besoins des programmes.
Messieurs les Pr�sidents des Laboratoires pharmaceutiques, �tes-vous
v�ritablement concern�s par l�acc�s au traitement de millions de personnes
comme vous l�avez affirm� � plusieurs reprises ?
Dr H�l�ne DEGUI
Charg�e de projets GIP ESTHER
helene.degui@esther.fr
tel : 33 (0)1 53 17 51 54
fax : 33 (0)1 53 17 51 57
site : www.esther.fr
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