# \[e-med\] Lettre ouverte au prochain directeur régional de l'OMS en Afrique

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**Created:** [November 3, 2014, 12:20pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-lettre-ouverte-au-prochain-directeur-regional-de-loms-en-afrique/41079 "2014-11-03T12:20:22Z")\
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LETTRE OUVERTE AU PROCHAIN DIRECTEUR RÉGIONAL DE LOMS EN AFRIQUE

INTERNATIONAL - PAR BERTRAND LIVINEC ET SIMON KABORE - Publié le 31 Oct,  
2014  
[http://mondafrique.com/lire/international/2014/10/31/lettre-ouverte-au-prochain-responsable-afrique-de-loms](http://mondafrique.com/lire/international/2014/10/31/lettre-ouverte-au-prochain-responsable-afrique-de-loms)

Fortement critiquée pour son manque de réactivité face à l'épidémie de  
fièvre Ebola, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) élira, la semaine  
prochaine, un nouveau directeur régional pour l'Afrique. Dans une lettre  
ouverte, Bertrand Livinec, co-fondateur de l'association "World Public  
Health Association" spécialisée sur les problématiques de santé, et Simon  
Kabore, membre du "Réseau d'Accès aux Médicaments Essentiels" basé au  
Burkina Faso dénoncent les nombreuses défaillances des systèmes de santé  
africains.

Madame, Monsieur,

Vous postulez en novembre 2014 à la fonction de Directeur Régional de l'OMS  
pour la région Afrique et à ce titre nous vous souhaitons bonne  
chance.frique

Comme vous le savez la région Afrique est particulièrement reconnue pour la  
faiblesse de ses systèmes de santé et la crise Ebola vient encore de le  
montrer cruellement.

Nous souhaitons à travers cette lettre ouverte vous faire part de notre  
analyse de la situation et des défis sur lesquels nous souhaiterions que le  
prochain Directeur Régional de l'OMS AFRO prenne fermement position.

Nos constats sur les défaillances des systèmes de santé en Afrique

De nombreux dysfonctionnements minent les systèmes de santé en Afrique  
marqués par linsuffisance du personnel de santé, ainsi que la faiblesse et  
linadéquation des infrastructures et des équipements. Ces défaillances  
sont causées par des budgets nationaux de santé trop faibles, les nombreux  
programmes verticaux, la non prise en compte des déterminants de santé dans  
les planifications et une recherche dans le domaine de la santé sous  
tutelle ne tenant pas compte des priorités locales. Les activités et les  
objectifs de santé sont souvent fixés par des fonds hors des pays concernés.

Les conséquences de cette situation sont : la non atteinte des OMD en  
Afrique, limpossibilité de mettre en uvre les recommandations basiques de  
lOMS sur laccès aux soins et la qualité des services, la résurgence des  
maladies oubliées, le développement des faux médicaments, la vulnérabilité  
des pays face à lémergence de nouvelles pathologies tel que le cas du  
Virus Ebola.

Pallier le manque de volonté politique

Alors que l'OMS AFRO devrait avoir une voix forte en Afrique pour défendre  
la santé des populations africaines, nous estimons que celle-ci est bien  
trop timide et peu portée à dénoncer les injustices flagrantes, les  
dysfonctionnements majeurs qui continuent de persister. Cette voix ne porte  
pas dans un environnement marqué de plus en plus par la fragmentation des  
programmes de santé et la marchandisation. Les soins primaires ne sont que  
trop peu défendus malgré toutes les alertes de la société civile ; on en  
voit aujourd'hui toutes les conséquences avec la crise Ebola qui sévit sur  
plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.

On constate par ailleurs pour illustrer la situation par quelques exemples  
de natures différentes mais qui montrent dans quel cadre se situent les  
systèmes de santé :

Un constat sanitaire stagnant ou en faible progression

- Les performances de santé sont médiocres sur de nombreux pays  
sub-sahariens. Alors que l'OMD n°4 (mortalité infanto-juvénile), excellent  
indicateur de la qualité d'un système de santé, visait un peu plus de 4% de  
baisse par an de 1990 à 2015, la plupart des pays sub-sahariens sont très  
en dessous de cet objectif et certains en dessous de 2%. C'était pourtant  
un objectif raisonnable et atteignable pour des pays où les dirigeants sont  
normalement engagé dans la santé et où les politiques socio-économiques  
maintiennent les inégalités sociales à un niveau raisonnable.

Persistance des systèmes trop verticaux

- que le nombre de nouvelles infections VIH/Sida reste à un niveau élevé en  
Afrique (en particulier sur les pays les plus inégalitaires), malgré des  
milliards de dollars ou d'euros investis à travers des stratégies  
verticales contestées par de nombreux experts de santé publique ; preuve  
que ces approches sont insuffisantes et ne sont pas efficaces sans des  
systèmes de soins primaires de qualité. Il est d'ailleurs surprenant que  
les responsables d'organisations VIH qui disposent d'un pouvoir important  
dans les stratégies de santé ne demandent pas à une réduction significative  
des inégalités sociales étant donné le facteur de corrélation.

Manque de prise en compte de toutes les priorités de santé publique

- que des infections comme les hépatites sont largement passés à travers  
des écrans radars des programmes de santé, malgré le fait qu'elles tuent  
manifestement plus de personnes sur de nombreux pays africains que le  
VIH/Sida. Cette situation est symptomatique du manque d'études sur des  
maladies qui n'intéressent pas les bailleurs, quasiment aucun pays  
sub-saharien n'est en capacité de donner des estimations officielles de  
décès des hépatites. Une évaluation correcte des décès des hépatites en  
Afrique ferait probablement passer le nombre de décès à l'échelle mondiale  
au delà de celui du VIH. Les infections à l'hépatite C progressent en  
Afrique, notamment du fait de l'augmentation significative d'usage de  
drogue, là aussi phénomène qui s'accroit largement avec les inégalités  
sociales et la pauvreté.

Manque dinvestissement dans léducation

- que la pratique de l'excision, où là encore ne sont pas publiés les  
conséquences directes et indirectes en termes de mortalité et d'handicap,  
l'UNICEF déclare que la pratique stagne de manière globale en Afrique alors  
même que les études montrent une baisse très forte de la pratique grâce à  
l'éducation. Pourquoi alors l'UNICEF et l'OMS AFRO n'exhortent pas les pays  
touchés à investir dans l'éducation pour tous, chose possible lorsqu'on  
voit les marges de manoeuvre non utilisées de comprimer les inégalités  
sociales.

Manque de prise en compte des inégalités sociales

- que le Noma, maladie défigurante et souvent mortelle, qui touche des  
enfants de familles pauvres et malnutris, au système immunitaire  
défaillant, n'est là non plus pas évalué et qui ne semble pas disparaître  
malgré des taux de croissance économique élevés sur les principaux pays  
concernés. Est ce trop sensible d'évoquer ce type de maladie qui touche  
chaque année un grand nombre d'enfants en 2014, pendant que les inégalités  
sociales augmentent ?

Pourquoi toutes ces problématiques de santé (il y a bien d'autres exemple à  
donner) qui misent bout à bout ensemble constituent des fléaux énormes pour  
les populations africaines, sont si mal appréhendées, souvent non évaluées,  
alors que dans le même temps des volumes financiers considérables sont  
investis pour lutter contre trois maladies sélectionnées (VIH, Tuberculose,  
Paludisme) ? Pourquoi les leviers des déterminants de santé ne sont pas  
réclamés par les responsables d'organisations de santé pour combattre d'une  
manière globale tous ces fléaux ?

En 2009, lors de la 62ème assemblée mondiale de la santé de l'OMS, le point  
12.5 de l'ordre du jour insistait sur la nécessité de réduire les  
inégalités en matière de santé par une action sur les déterminants sociaux  
de la santé. Il était notamment précisé dans cette déclaration :

« de faire des déterminants sociaux de la santé un principe régissant  
lapplication de mesures, notamment lélaboration dindicateurs objectifs  
qui permettent de surveiller les déterminants sociaux de la santé, dans  
tous les domaines dactivité concernés, et de promouvoir, comme objectif de  
tous les domaines dactivité de lOrganisation et en particulier des  
programmes prioritaires de santé publique, laction sur les déterminants  
sociaux de la santé en vue de réduire les inégalités en matière de sante »

[http://apps.who.int/gb/ebwha/pdf\_files/A62/A62\_R14-fr.pdf?ua=1](http://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/A62/A62_R14-fr.pdf?ua=1)

Nous ne voyons pas dans la réalité de volonté forte d'agir sur les  
déterminants sociaux de la santé de la part de l'OMS AFRO et d'inclure dans  
toute politique ou programme ces déterminants.

En réalité, la plupart des plans nationaux africains ont été bâtis en  
fonction des agendas des bailleurs internationaux, de nombreuses maladies  
sont ignorées ou font l'objet de très peu d'études ; la recherche médicale  
africaine est encore très majoritairement sous tutelle des pays du Nord. La  
manière dont les systèmes sont conçus est peu transparente, c'est à dire  
qu'ils ne découlent pas d'un processus logique et transparent basé sur la  
connaissance exacte de toutes les causes de mortalité et morbidité. Les  
populations africaines sont clairement sous-informées sur toutes les  
maladies (et causes de ces maladies) qui les touchent.

Focus sur la crise Ebola

La crise Ebola impacte aujourd'hui très sérieusement trois pays d'Afrique  
de l'Ouest (Guinée, Sierra Leone, Libéria). La réaction des autorités  
spécialisées et agences internationales a été on le sait très tardive.

Récemment, des critiques extrêmement virulentes ont vu le jour vis à vis de  
l'OMS AFRO, que ce soit de la part d'experts indépendants ou même du siège  
central de l'OMS qui s'est plaint du manque de coopération.

Il a été dit que ces pays sortaient de guerres civiles ou de troubles  
politiques importants et que cela justifiait la défaillance des systèmes de  
santé. Le journal Le Monde dans un article du 20 octobre 2010 fait à juste  
titre la genèse des actions d'organisations comme le FMI ou la Banque  
Mondiale dans les années 1980-1990, où la masse salariale notamment dans le  
secteur de la santé de ces pays a été drastiquement diminué avant que ces  
pays ne connaissent des troubles très importants du fait d'une  
paupérisation importante de la population. Les auteurs font un constat que  
nous ne pouvons que partager « Née de la déliquescence des institutions  
médicales de la région, lépidémie de virus Ebola est un révélateur  
terrible des effets des politiques néolibérales. »

On ne passera pas non plus sous silence le fait que ces pays, non seulement  
faiblement pourvu en effectifs de santé, voient une bonne partie de leurs  
cadres s'expatrier vers des pays occidentaux, en particulier les Etats  
Unis, le Canada, le Royaume Uni et également la France dans le cadre de  
politiques migratoires de type brain drain. L'effet de ciseaux pour ces  
pays pauvres est totalement désastreux. L'OCDE et l'OMS avait publié une  
étude édifiante en 2010 sur la ponction exercée par les pays occidentaux  
sur les ressources de santé en Afrique, quelles dispositions ont été prises  
depuis ?

On peut citer cet extrait qui évoque notamment le cas du Libéra et de la  
Sierra Léone :

« Parmi les pays où le taux dexpatriation des médecins est supérieur à 50  
% (ce qui signifie que les médecins nés dans ces pays sont aussi nombreux à  
travailler dans les pays de lOCDE quà travailler dans leur propre pays)  
on trouve de petits États insulaires des Caraïbes et du Pacifique, ainsi  
que cinq pays africains  Mozambique, Angola, Sierra Leone, République Unie  
de Tanzanie et Liberia. Plusieurs pays africains francophones ont aussi des  
taux dexpatriation élevés, supérieurs à 40 %. »

[http://www.oecd.org/fr/els/systemes-sante/44786070.pdf](http://www.oecd.org/fr/els/systemes-sante/44786070.pdf)

Comment l'OMS AFRO se positionne t-il face à cette situation d'hémorragie  
des ressources de santé africaines ? S'agit-il d'une simple logique du  
marché de l'emploi international qu'il faille respecter dans le cadre d'une  
doctrine néolibérale non négociable ?

Tous les acteurs sont d'accord pour considérer que la défaillance des  
systèmes de soins primaires sur les pays touchés n'a pas permis d'endiguer  
Ebola. On pourra relire à bon escient le très bon rapport de l'OMS daté de  
2008 sur la santé dans le monde intitulé « Les soins de santé primaires :  
maintenant plus que jamais ». On peut dire que la non application de ces  
recommandations fait cruellement défaut aujourd'hui. Nous nous permettons  
de relever un extrait de ce rapport qui nous semble particulièrement  
pertinent pour éclairer la situation que nous vivons en 2014 :

« . Ce que font valoir les auteurs, cest quen général, face à ces  
problèmes, la réaction du secteur sani- taire et plus généralement de la  
société, a été lente et inadaptée. Cet état de choses est révélateur, à la  
fois dune inaptitude à mobiliser les ressources et les institutions  
nécessaires pour faire évoluer le secteur de la santé dans le sens des  
valeurs exprimées par les soins de santé primaires, et dune incapacité à  
contrer ou tout du moins à infléchir sensiblement les forces qui tendent à  
donner une orientation différente à ce secteur, à savoir : la priorité  
excessive accordée aux soins spécialisés en milieu hospitalier, la  
fragmentation des systèmes de santé et la prolifération des systèmes de  
soins dérégulés à but commercial. Ces puissantes tendances ont  
paradoxalement pour effet déloigner les systèmes de santé des attentes de  
la population en matière de santé et de soins. Lorsquils ont été consacrés  
par la Déclaration dAlma-Ata, les principes qui mettaient en avant  
léquité en matière de santé, les soins centrés sur la personne et le rôle  
central dévolu aux communautés dans laction sanitaire, on les a jugés  
radicaux. Pourtant la recherche en sciences sociales indique aujourdhui  
que ces valeurs sinscrivent peu à peu dans le courant de pensée dominant  
des sociétés en voie de modernisation : elles correspondent à lidée que  
les gens se font de la santé et de ce quils attendent de leur système de  
santé. »

[http://www.who.int/whr/2008/08\_report\_fr.pdf?ua=](http://www.who.int/whr/2008/08_report_fr.pdf?ua=)

Nos inquiétudes pour l'avenir

Or, les Etats au lieu de prendre plus de leadership sur les questions de  
santé, par une allocation adéquate des ressources, sorientent semble t-il  
hélas plus vers une libéralisation des systèmes de santé en Afrique.

La charge financière de plus en plus élevée des dépenses de santé,  
entrainée par cette marchandisation, sur les ménages crée un accroissement  
des inégalités dans l'accès aux soins. Pire, elle est entrain de remettre  
en cause les acquis de laccès aux médicaments essentiels menacés, en  
prônant une libéralisation des systèmes dapprovisionnement dans les pays,  
que de nombreuses années deffort avaient réussi à harmoniser et à  
sécurisation à un certain niveau.

Cette situation est favorisée en notre sens par la détérioration de la  
gouvernance et le leadership de la santé mondiale. Laction de l'OMS, dont  
on notera de plus en plus l'influence de financement venant du privé et le  
recul du financement venant des états, est actuellement diluée dans le  
panorama général de la santé.

Nous nous permettons de citer encore une fois le rapport de l'OMS sur la  
santé mondiale en 2008 :

« La plupart des responsables de la santé savent bien que les systèmes de  
santé sont sou- mis à des forces et à des influences puissantes qui  
prennent souvent le pas sur létablissement rationnel des priorités ou des  
politiques, détournant par là les systèmes de santé de leur orientation  
première.71 Aujourdhui, les systèmes de santé classiques sont sous  
linfluence dun certain nombre de tendances caractéristiques, à savoir :

- une importance disproportionnée accordée aux soins tertiaires spécialisés  
que lon qualifie souvent « dhospitalocentrisme » ; la fragmentation, qui  
résulte de la multiplication des programmes et des projets ; et la  
marchandisation envahissante des soins de santé consécutive à la  
dérégulation des systèmes de santé. »

Ce recul du leadership de lOMS favorise l'affaiblissement de la santé  
publique à travers une multitude d'initiatives privées qui empêche toute  
cohérence globale, qui favorise la montée des partenariats publics-privés,  
et entraine une immense difficulté à agir sur les déterminants sociaux de  
la santé pourtant indispensables pour améliorer significativement les  
statistiques médicales.

Sans une reprise en main des stratégies de santé en Afrique on s'oriente  
tout droit vers des systèmes encore plus privatisés, plus couteux et  
souvent inaccessibles aux plus pauvres, moins cohérents et sans vision  
holistique. Nous sommes actuellement à la croisée des chemins où il faudra  
savoir si la priorité est la santé financière des oligarches, de plus en  
plus nombreux aussi en Afrique, ou bien la santé des populations en  
particulier celles qui sont les plus défavorisées.

Les coefficients de Gini (mesure d'inégalités de revenus) se situent sur  
bon nombre de pays africains à des niveaux extravagants et dans de très  
nombreux cas au dessus des inégalités aux Etats Unis. La présidente de la  
Banque centrale américaine, Janet Yellen, sest dite tout récemment «très  
inquiète» du creusement constant des inégalités de revenus et de richesse  
aux Etats-Unis. Elles ont quasiment «atteint un sommet depuis un siècle»,  
sest-elle indignée. La situation est pire sur beaucoup de pays africains,  
quelle est l'avis de l'OMS AFRO alors que ces inégalités ont un impact  
terrible sur les statistiques de santé ?

Nos attentes en matière de prise de position de l'OMS AFRO :

Madame, Monsieur,

Nous considérons que les stratégies de santé actuellement en vigueur ne  
répondent pas aux attentes des populations africaines et restent dans le  
sillage de politiques socio-économiques largement néo-libérales imprimées  
sur le continent. Ces stratégies donnent des résultats sous-performants.

Aussi, nous considérons que des changements de cap importants sont  
nécessaires et demandons des prises de position fermes de l'OMS AFRO sur  
les points suivants :

- Sur le rôle de l'OMS AFRO

- une clarification sur son rôle face à la démultiplication des acteurs

- Sur l'éthique de la santé

- une meilleure gouvernance basée sur des principes éthiques

- une répartition équitable des accès et qualité aux soins de santé à la  
population

- une Couverture Universelle de Santé dans chacun des pays africains et une  
évaluation de lefficacité de mise en uvre et une analyse des écarts  
restant

- Sur les stratégies de santé

- Définition des politiques de santé publique et comment mieux inclure et  
mobiliser la société civile dans le processus décisionnel  
- une approche holistique et intégrée de la santé  
- une transparence totale sur les cause de mortalité et de morbidité par  
pays  
- le renforcement des soins primaires, avec une évaluation systématique des  
pays selon les recommandations de l'OMS et publication des rapports  
- l'arrêt des stratégies verticales par leur réintégration dans les  
politiques nationales  
- le renforcement très significatif de la promotion de la santé

Sur les inégalités d'accès aux soins et les déterminants de santé

- l'inclusion systématique des déterminants de santé dans les politiques  
nationales  
- l'identification systématique des outils pour réduire les inégalités  
d'accès et de qualité aux soins  
- la réduction forte des inégalités sociales d'un côté, et de dispenser de  
l'autre côté une éducation de base minimale pour tous les citoyens ainsi  
qu'une alimentation saine

Sur les ressources humaines de santé

- une revalorisation des conditions de travail et de rémunération, une  
répartition équitable et juste des ressources budgétaires de létat  
- la demande de mise en place d'un moratoire sur les politiques migratoires  
occidentales qui continuent à ponctionner les ressources de santé africaines

Sur l'accès aux médicaments

- le développement de médicaments génériques de manière locale  
- l'évaluation et le suivi de la qualité de production et de contenu des  
médicaments

Madame, Monsieur,

Si les déclarations d'intention se succèdent au fil des ans de la part des  
décideurs ou de responsables de la santé, nous ne pouvons hélas que  
constater que celles-ci ne sont pas en majorité suivies d'effet. Nous  
espérons que votre élection à la Direction Régionale de l'OMS AFRO  
permettra un changement en profondeur et que vous pourrez uvrer sans  
pression extérieure à la santé des populations africaines.

Par cette lettre ouverte, nous espérons que vous prendrez fermement  
position en faveur de systèmes de santé publique éthique, équitable,  
efficaces et non orientés en fonction des flux financiers de groupes  
d'intérêt qui menacent sérieusement la santé publique en Afrique.

Espérant des changements profonds pour les années à venir, nous resterons  
attentifs aux actions qui seront menées par l'OMS AFRO en direction des  
populations, en particulier celles qui restent encore trop souvent à  
l'écart de systèmes de soins de qualité. Nous restons également à votre  
disposition, si vous souhaitez avoir des éclairages sur nos constats, et la  
vision que nous avons sur la santé que nous souhaitons éthique et  
performante en Afrique. Nos avis ne sont pas révolutionnaires, ils se  
basent aussi largement sur des rapports passés de l'OMS où l'on peut y  
trouver toutes les clés pour inverser les tendances actuelles.

Veuillez Madame, Monsieur, recevoir nos vux de succès pour cette élection  
et vous souhaitant la réussite des programmes que vous aurez à mener.

Simon Kaboré, Réseau d'Accès aux Médicaments Essentiels (Ouagadougou)

Bertrand Livinec, World Public Health Association (Genève)

--  
Simon KABORE  
Directeur Exécutif du Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME)  
04 BP: 8038 Ouagadougou 04 Burkina Faso  
Tel: bur (226) 50 37 70 16  
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cel: (226) 70 24 44 55  
E-mail alternatif: simonkabore@rame-int.org

---

<div class="post-metadata">

**Author:** ![koumarem](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/k/bbe5ce/32.png) [@koumarem](https://talk.edrugplus.org/u/koumarem)\
**Post date:** [November 4, 2014, 5:59pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-lettre-ouverte-au-prochain-directeur-regional-de-loms-en-afrique/41079/2 "2014-11-04T17:59:43Z")

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Bonjour

Tout en déplorant avec vous la situation actuelle de nos systèmes de santé, je vous félicite pour votre clairvoyante analyse de situation et surtout quand vous dites" Si les déclarations d'intention se succèdent au fil des ans, de la part des décideurs ou des responsables de santé....celles-ci déclarations) ne sont pas en majorité suivies d'effet"; " Nos avis ne sont pas révolutionnaires, ils se basent aussi largement sur les rapports passés de l'OMS où l'on peut trouver toutes les clés pour inverser les tendances actuelles".

Je pense très humblement que connaissant les conditions dans lesquelles travaillent les membres de l'équipe OMS/Afro, vous devriez vous adresser aux pays pour faciliter la tâche du Directeur régional.

En réalité, l'OMS/Afro ne peut avoir qu'un rôle de secrétariat et d'orientation pour les pays.

Comme secrétariat, elle doit rappeler régulièrement aux pays les pertinentes recommandations faites par eux-mêmes et dont vous avez fait mention. Les aider dans la mise en œuvre adaptée à chaque environnement de ces recommandations.

Je ne vois pas comment l'OMS/Afro peut prendre des positions fermes et pallier le manque de volonté politique dans les pays.

Les propositions et suggestions de l'OMS ne sont pas " paroles d'évangile". Les pays disposent d'experts nationaux aussi valables. Malheureusement, comme je l'ai déjà dit, les décideurs politiques (sans occulter l'influence des "flux financiers des groupes d'intérêts extérieurs), sont souvent "bloqués" par les incohérences de leurs experts et les conditions environnementales.

La "santé" n'est plus malheureusement une affaire des seuls professionnels de la santé (manque d'investissement dans l'éducation.....et autres défis que vous avez relevés).

Pour moi, le changement viendra des pays ou ne sera pas. J'en veux pour preuve, l'échec du Fonds spécial pour la santé en Afrique mis en place par l'ex OUA et l'OMS/Afro et qui devait servir aux urgences comme celle de cette crise Ebola.

De nombreux fonctionnaires africains de l'ONU y ont cru et se sont engagés à l'époque. Le constat est là.....il ne nous reste qu'un "Diplôme d'honneur" (en attaché) comme témoignage de notre déception.

Koumaré
