# \[e-med\] L'OMS a besoin d'une année supplémentaire pour résoudre la question des différences en matière de faux médicaments

**URL:** <https://talk.edrugplus.org/t/e-med-loms-a-besoin-dune-annee-supplementaire-pour-resoudre-la-question-des-differences-en-matiere-de-faux-medicaments/35560>\
**Category:** e-med\
**Created:** [May 24, 2011, 2:40pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-loms-a-besoin-dune-annee-supplementaire-pour-resoudre-la-question-des-differences-en-matiere-de-faux-medicaments/35560 "2011-05-24T14:40:17Z")\
**Posts on this page:** 1\
**Page:** 1

<div class="post-metadata">

**Author:** ![remed9](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/r/22d042/32.png) [@remed9](https://talk.edrugplus.org/u/remed9)\
**Post date:** [May 24, 2011, 2:40pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-loms-a-besoin-dune-annee-supplementaire-pour-resoudre-la-question-des-differences-en-matiere-de-faux-medicaments/35560/1 "2011-05-24T14:40:17Z")

</div>

[Remerciements à CR pour la traduction.CB]

Intellectual Property Watch  
23 May 2011  
L'OMS a besoin d'une année supplémentaire pour résoudre la question des  
différences en matière de faux médicaments, ainsi en a décidé le Comité  
De Catherine Saez @ 5:37 pm

[http://www.ip-watch.org/weblog/2011/05/23/who-needs-another-year-to-solve-di](http://www.ip-watch.org/weblog/2011/05/23/who-needs-another-year-to-solve-di)  
fferences-on-fake-medicines-committee-decides/?utm\_source=post&utm\_medium=em  
ail&utm\_campaign=alerts

Les représentants des pays rassemblés à l'Assemblée Mondiale de la Santé  
samedi ont décidé de donner une année supplémentaire au groupe de travail  
chargé de faire des recommandations sur les faux médicaments. A l'unanimité,  
les pays ont décidé qu'il faudra plus de temps pour émettre une  
recommandation consensuelle, notamment sur la question épineuse de la  
propriété intellectuelle.

Tous les pays présents à la réunion du Comité A de l'Assemblée annuelle  
reconnaissent que les faux médicaments sont un problème majeur de la santé  
publique en particulier dans les pays en développement, dont les  
conséquences sont nombreuses parce que les malades reçoivent de mauvais  
ingrédients, une mauvaise dose ou des produits totalement inactifs.

Cependant, la réponse à la question reste une pomme de discorde. Les pays  
essaient de définir le rôle de l'OMS dans la lutte contre les faux  
médicaments, ce qui inclut plus d'information entre les autorités  
nationales, les décideurs politiques, les professionnels de la santé et les  
consommateurs, une augmentation de l'activité en matière de préqualification  
des produits, le soutien technique aux pays, et le rôle de l'OMS avec son  
comité de lutte contre les contrefaçons.

La résolution va maintenant être soumise à l'Assemblée générale pour  
approbation. Cette assemblée se tient du 16 au 24 mai.

Tous les pays qui se sont exprimés ont demandé une année supplémentaire en  
conservant le mandat initial et en demandant un calendrier clair des  
réunions et un rapport pour l'Assemblée Générale de 2012. Des déclarations  
fermes sur la question de la propriété intellectuelle ont été faites, ainsi  
que la nécessité de renforcer les structures réglementaires.

En mai 2010, l'Assemblée générale avait demandé au directeur général de  
l'OMS de réunir un groupe de travail sur les produits "sous  
dosés/douteux:/mal étiquetés/falsifiés/contrefaits". Cette terminologie un  
peu lourde avait été acceptée lors de cette même Assemblée, en réponse aux  
questions de certains pays en développement qui trouvaient que l'appellation  
"contrefait" fait plus référence aux infractions à la propriété  
intellectuelle, comme les brevets et les marques, plutôt qu'à la qualité. Il  
avait été demandé au groupe de travail de présenter son rapport à  
l'Assemblée de 2011. En janvier, des pays membres de l'OMS se sont étonnés  
lors de la réunion du bureau exécutif de l'OMS que le groupe n'avait pas  
encore tenu de réunion (IPW, WHO, 19 January 2011).

Le groupe s'est réuni du 28 février au 2 mars, sans réussir à se mettre  
d'accord sur les recommandations spécifiques de l'Assemblée Générale de la  
Santé, et il a demandé, sous la présidence de Darlington Mwanza de la  
Zambie, d'allonger la période prévue par l'Assemblée Decision WHA 63 [pdf].

L'une des directives données au groupe était d' "examiner les sujets sous  
l'angle de la santé publique, en dehors des aspects commerciaux et de la  
propriété intellectuelle". Les sujets à étudier étaient: les mesures que  
doit prendre l'OMS pour assurer la disponibilité de produits médicaux de  
qualité, sûrs, efficaces et abordables, la relation de l'OMS avec le groupe  
de travail sur la contrefaçon des produits médicaux (International Medical  
Products Anti-Counterfeiting Taskforce - IMPACT), et le rôle de l'OMS dans  
la prévention et le contrôle des produits médicaux de qualité douteuse.  
IMPACT- Pour certains, l'Italie n'en fait pas assez

Le rôle d'IMPACT, qui prévoit l'appel à Interpol pour l'application de la  
législation, dans les activités de l'OMS, a été fortement critiqué par  
certains pays en développement qui n'y voyaient qu'une attention à la  
question de la propriété intellectuelle en santé publique, puisque  
l'application de la loi ne requière aucune expertise en santé.

L'un des sujets clés pour les pays producteurs de génériques était que la  
question des contrefaçons serait utilisée pour semer la confusion dans  
l'esprit des usagers sur la sûreté et la légitimité des génériques, qui sont  
disponibles après l'expiration du brevet et sont distribués à des prix bien  
moins chers que ceux des produits originaux.

Samedi, l'Inde s'est exprimée au nom des pays du Sud Est Asiatique SEAR.  
"Les questions sur l'accès et l'abord posés par les prix élevés, la  
faiblesse des infrastructures réglementaires et d'autres contraintes de  
capacité sont de plus exacerbés par certains qui sèment délibérément la  
confusion entre les questions de la propriété intellectuelle et celles de la  
qualité" c'est ce qu'à dit le délégué dans son papier (disponible en anglais  
written statement [pdf]).

Les pays SEAR "continuent à penser que la question de la propriété  
intellectuelle reste prépondérante sur le calendrier d'IMPACT et que IMPACT  
n'est pas mandaté pour être associé à l'OMS en aucune façon" a dit ce  
représentant. "L'OMS doit donc en finir avec sa relation avec IMPACT si elle  
veut poursuivre son mandat dans la santé publique en y gardant toute son  
attention".

Récemment, IMPACT a déménagé du quartier général de l'OMS à Genève pour  
s'installer dans les locaux de l'agence italienne du médicament à Rome. Le  
représentant indien a demandé que toute relation entre l'OMS et IMPACT soit  
arrêtée jusqu'à la finalisation du travail du groupe et l'approbation de ses  
recommandations.

Le délégué indien a ajouté que IMPACT, ou son addition à l'OMS, avait été  
décidé par le secrétariat de l'OMS et non par les groupes de direction de  
l'OMS. Il a demandé un renforcement de la surveillance dans la santé, des  
autorités réglementaires, la promotion de l'accès aux médicaments et que  
l'OMS prennent clairement ses distances en matière de propriété  
intellectuelle.

Que l'OMS arrête sa relation avec IMPACT a aussi été demandé par Sri Lanka,  
le Kenya et la Thaïlande. La Tunisie a demandé de revoir le travail à faire  
par IMPACT et de l'améliorer, rappelant que IMPACT avait été créé en  
l'absence de consensus sur un outil international de lutte contre les  
mauvais médicaments.

Un représentant de la Hongrie, au nom de l'Union Européenne, a déclaré que  
les pays comprennent les questions sur la gouvernance à IMPACT, mais qu'ils  
pensent aussi qu'IMPACT a été efficace et que la relation avec l'OMS  
demandait plus de discussions. La France, Monaco et le Canada ont aussi  
apporté leur soutien à IMPACT.

Renforcement des autorités réglementaires, une clé pour l'abord des  
produits.  
Nombre des pays qui ont pris la parole samedi, dont certains pour qui la  
définition "sous dosés/douteux/etc" n'est qu'un truc, ont souligné le rôle  
de l'OMS à soutenir les pays dans le renforcement des autorités  
réglementaires, et l'absolue nécessité d'obtenir des produits de qualité  
ainsi que la façon la plus efficace de lutter contre les produits falsifiés.

La Tanzanie, s'exprimant pour les pays africains, a déclaré que  
les contrefaçons sont un problème majeur en Afrique, demandant que des  
outils internationaux législatifs soit développés pour réglementer et  
monitorer les systèmes de distribution des médicaments tout  
particulièrement.

Le Kenya a déclaré que les génériques sont aussi touchés par la question des  
contrefaçons et que si des produits abordables étaient disponibles pour les  
populations, il serait plus facile de contrôler les produits falsifiés. Le  
Brésil a demandé que la lutte contre les faux médicaments soit conduite en  
parallèle à l'accès aux médicaments pour tous, car les deux objectifs sont  
intriqués.

Interrogé par Intellectual Property Watch au début de l'Assemblée Générale  
de la Santé, la ministre afghane de la santé a déclaré que dans son pays, où  
42% de la population vit avec seulement 1$ par jour, les faux produits sont  
un problème aigu. Le pays a besoin d'aide pour augmenter ses capacités à  
tester et certifier les médicaments, a-t-elle déclaré, et aussi pour le  
rendre capable d'en fabriquer, soit par des entreprises locales soit avec  
des multinationales. L'assistance technique et financière sont des clés pour  
atteindre ces buts, a-t-elle déclaré.

La résolution a été bien accueillie par les labos, les ONG prônant des  
médicaments abordables.

L'association des labos a déclaré à Intellectual Property Watch qu'elle  
approuve l'allongement de la durée.  
Mario Ottiglio, directeur de International Federation of Pharmaceutical  
Manufacturers & Associations en charge des affaires réglementaires et de la  
politique mondiale en santé déclare qu' "il est vital pour les états membres  
d'approuver une plateforme à long terme de collaboration internationale qui  
met la sécurité des malades au coeur du débat. Cela permettra de construire  
un vrai engagement global pour une réponse effective aux faux médicaments,  
s'inscrivant dans l'effort global de lutte contre les médicaments de  
mauvaise qualité. Ne pas le faire revient à laisser le jeu dans les mains  
des criminels qui en profitent au dépens de la santé publique".

Une ONG représentante de Third World Network, parlant au nom de CMC Churches  
Action for Health ainsi que d'autres ONG de même pensée, a déclaré qu'un  
élément critique et pourtant peu souligné, en réponse à la question des  
médicaments falsifiés, est d'assurer la disponibilité des médicaments à des  
prix abordables ce qui présente l'avantage de ne pas voir s'engouffrer des  
médicaments de qualité douteuse, selon les termes de son papier.  
Elle souligne l'importance de renforcer les capacités réglementaires, en  
particulier en Afrique, où dit-elle, une étude de l'OMS a conclu que les  
pays n'ont pas la capacité de contrôler la qualité, l'innocuité et  
l'efficacité des médicaments sur le marché.
