# \[e-med\] Médicaments sous-standards en Afrique

**URL:** <https://talk.edrugplus.org/t/e-med-medicaments-sous-standards-en-afrique/37828>\
**Category:** e-med\
**Created:** [September 14, 2012, 1:27pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-medicaments-sous-standards-en-afrique/37828 "2012-09-14T13:27:23Z")\
**Posts on this page:** 1\
**Page:** 1

<div class="post-metadata">

**Author:** ![Christophe\_Luyckx2](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/c/ad7895/32.png) [@Christophe\_Luyckx2](https://talk.edrugplus.org/u/Christophe_Luyckx2)\
**Post date:** [September 14, 2012, 1:27pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-medicaments-sous-standards-en-afrique/37828/1 "2012-09-14T13:27:23Z")

</div>

Bonjour à tous et à toutes,

Un débat animé a lieu pour le moment sur e-drug (version anglophone de  
e-med) et nous pensons intéressant de le relayer, voire de le poursuivre  
également sur e-med. Il sagit dun débat qui a déjà suscité plus dune  
dizaine de messages. Vous trouverez ci-dessous la traduction en français de  
notre intervention à ce sujet.

E-DRUG: Indian substandard products in Africa (10)  
--------------------------------------------------

Cher e-mediens,

Nous nous réjouissons de linitiative dentamer un débat à propos des  
médicaments sous-standards : ils représentent en effet un problème de santé  
public majeur dans tous les pays où le respect de la législation  
pharmaceutique est insuffisant. Il est positif que la prise de conscience de  
ce problème qui est bien plus large et complexe que la contrefaçon de  
médicaments soit de plus en plus importante. Pour information, nous avons  
publié récemment un éditorial à propos des médicaments sous-standards (en  
anglais) dans le « Tropical Medicine and International Health » qui peut  
être consulté ici :

[http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1365-3156.2012.03076.x/abstract](http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1365-3156.2012.03076.x/abstract)

Nous voudrions néanmoins ajouter quelques commentaires à la discussion en  
cours:

1. Les produits médicaux de mauvaise qualité (sous-standards ou  
contrefaits) peuvent causer un taux élevé de morbidité et de mortalité sils  
atteignent le patient. Ce risque est pourtant évitable si nous adoptons des  
politiques dapprovisionnement PREVENTIVES face au risque de délivrer des  
médicaments de mauvaise qualité plutôt que didentifier les cas défaillants  
a posteriori à travers des contrôles qualité aléatoires sur le terrain.

2. Sur le long-terme, cela devrait être atteint par le renforcement de  
la régulation dans tous les pays ainsi que sur le marché international.  
Néanmoins, compter exclusivement sur les autorités de régulation nationales  
pour garantir la qualité des médicaments dans les pays en développement est  
probablement insuffisant à court-terme : Selon lOMS, seuls 20% des états  
membres ont des autorités de régulation du médicament à « capacités  
développées, les 80% restants étant catégorisés en « capacités limitées à  
variables ». De plus, leur capacité à contrôler les qualité des médicaments  
qui sont importés sur leur territoire ou fabriqués localement sont dautant  
limités que le contexte global est de plus en plus libéralisé et dérégulé.

3. Beaucoup dorganisations médicales (ONGs, centrales dachat etc.)  
possèdent une vraie possibilité dinfluencer le marché car ils achètent des  
quantités importantes de médicaments et autres produits médicaux. Si ces  
organisations décident dacheter exclusivement des produits qui répondent à  
des standards de qualité stricts (standards OMS), leurs fournisseurs  
adapteront leurs standards et les produits quils commercialisent en  
conséquence . Le Fonds Mondial ayant adopté une politique  
dapprovisionnement stricte, basée sur les principes de la préqualification  
de lOMS, a déjà joué un rôle majeur en poussant le marché des médicaments  
pour le Sida, la malaria et la tuberculose vers des standards adéquats, du  
moins dans le secteur non lucratif.

4. Recevoir de linformation fiable et objective sur la qualité des  
médicaments (mais aussi des tests, matériel médical etc.) disponibles sur  
le marché international est complexe, cher et demande beaucoup de temps.  
Pour autant, très peu dinformation est partagée : des organisations qui  
souhaitent évaluer un distributeur ou un fabricant ont rarement accès à des  
données déjà récoltées par une organisation similaire. Parallèlement, un  
fournisseur peut être audité des dizaines de fois par an pour les mêmes  
objectifs, avec des standards et référentiels de qualité différents et par  
différentes organisations (quand le résultat nest pas, lui aussi,  
radicalement différent).  
Comment attendre des fournisseurs de médicaments quils agissent de manière  
cohérente alors que nous ne sommes même pas capables de le faire  
nous-mêmes?

5. Partager de linformation sur base des mêmes référentiels parmi des  
organisations poursuivant les mêmes objectifs de santé publique éviterait la  
duplication defforts et dargent et pousserait les fournisseurs qui  
travaillent dans des contextes insuffisamment régulés à améliorer leurs  
standards. Il est en effet essentiel que, non seulement les organisations  
acheteuses de médicaments aient la capacité de prendre des décisions sur  
base dinformation fiable et objective, mais aussi que les fournisseurs  
sachent que ces acheteurs partagent linformation entre eux. De cette  
manière, une forte pression sexercera sur eux pour que leurs standards de  
qualité saméliorent.

6. Nous ne devrions pas perdre de vue que la majorité des fournisseurs  
de médicaments sont des sociétés privées, qui poursuivent le profit. Il  
nest dès lors pas surprenant quelles ne « sauto-régulent pas » mais  
adaptent, au contraire, leur offre aux demandes de leurs clients. Si un  
client exige le médicament le moins cher et na pas dexigences qualitatives  
strictes, les chances quil reçoive un médicament sous-standard seront  
forcément élevées. De plus, un fournisseur ninvestira dans lamélioration  
de la qualité que si cela lui rapporte des marchés. Dès lors, une voix  
commune avec des exigences de qualité similaires et provenant de plusieurs  
organisations (ONGs, centrales dachat, autorités de régulation etc.) aura  
sans aucun doute un impact qui ne serait pas atteignable si chacune de ces  
organisations agissait en solo..

Pour citer la devise belge, le pays où notre programme www.quamed.org est  
situé (et bien que la Belgique nen donne pas un bon exemple pour le moment  
;-): "L'union fait la force"

Christophe Luyckx - QUAMED Coordinator  
Institute of Tropical Medicine | Nationalestraat, 155 | 2000 Antwerpen  
Belgium  
email: cluyckx@itg.be  
cell: +32 473 65 52 09  
office +32 3 247 65 95  
fax: +32 3 247 65 32  
web: www.quamed.org | www.itg.be

Raffaella Ravinetto - Head of the Clinical Trials Unit - Chair of the Quamed  
Steering Committee Institute of Tropical Medicine | Nationalestraat, 155 |  
2000 Antwerpen  
email: rravinetto@itg.be  
office +32 3 247 66 25  
fax: +32 3 247 66 47  
web: www.quamed.org | www.itg.be
