# \[e-med\] Note d'information de l'OMS sur l'anémie hémolytique tardive après le traitement à l'artésunate ,  Octobre 2013

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**Category:** e-med\
**Created:** [November 1, 2013, 3:46pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-note-dinformation-de-loms-sur-lanemie-hemolytique-tardive-apres-le-traitement-a-lartesunate-octobre-2013/39712 "2013-11-01T15:46:35Z")\
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**Post date:** [November 1, 2013, 3:46pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-note-dinformation-de-loms-sur-lanemie-hemolytique-tardive-apres-le-traitement-a-lartesunate-octobre-2013/39712/1 "2013-11-01T15:46:35Z")

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Note d¹information de l¹OMS sur l¹anémie hémolytique tardive après le  
traitement à l¹artésunate  
Octobre 2013  
[http://www.who.int/malaria/publications/atoz/who\_note\_haemolytic\_anaemia/fr/index.html](http://www.who.int/malaria/publications/atoz/who_note_haemolytic_anaemia/fr/index.html)

L¹artésunate injectable réduit de façon considérable la mortalité due au  
Plasmodium falciparum, et il est le traitement de choix pour les patients  
atteints de paludisme grave. Lors de deux essais contrôlés randomisés de  
grande ampleur sur ce type de patients, le traitement parentéral à  
l¹artésunate a réduit le nombre des décès de 34,7 % (essai asiatique  
SEAQUAMAT) et de 22,5 % (essai africain AQUAMAT) par rapport à la quinine  
injectable1,2. Actuellement, l¹OMS recommande l¹artésunate (en  
intraveineuse ou en intramusculaire) comme traitement de première  
intention pour la prise en charge initiale du paludisme grave3.

Un certain nombre de cas d¹anémie hémolytique tardive ont été identifiés à  
la suite du traitement du paludisme grave à l¹artésunate injectable. La  
fondation MMV (Medicines for Malaria Venture) a convoqué, en mars 2013,  
une réunion d¹experts pour étudier les données disponibles sur ce  
problème. Le rapport intégral de cette réunion peut être consulté sur la  
page internet de MMV  
([http://www.mmv.org/newsroom/events/expert-group-meeting-safety-profile-inj](http://www.mmv.org/newsroom/events/expert-group-meeting-safety-profile-inj)  
ectable-artesunate).

La présente note d¹information rend compte de la position actuelle de  
l¹OMS et du Programme de lutte antipaludique (GMP), établie d¹après les  
résultats de la réunion et en consultation avec les coprésidents du Groupe  
d¹experts techniques de l¹OMS sur la chimiothérapie antipaludique.

Résumé

On a observé des cas d¹anémie hémolytique tardive à la suite du traitement  
à l¹artésunate injectable chez des voyageurs non-immuns présentant un  
paludisme grave à P. falciparum, en particulier les patients ayant une  
hyperparasitémie. L¹anémie hémolytique post-thérapeutique n¹est pas  
spécifique à des formulations particulières d¹artésunate injectable et  
elle a été décrite après l¹administration de ce produit, mais aussi  
d¹artéméther en intramusculaire et d¹artéméther-luméfantrine per os.

Les données disponibles proviennent principalement de rapports de cas et  
d¹études rétrospectives, avec des différences au niveau de la conception,  
des définitions de cas, des paramètres cliniques et des définitions de  
l¹anémie tardive. Les définitions du paludisme grave étaient également  
diverses. Par conséquent, l¹incidence et les facteurs de prédisposition  
(autres que l¹hyperparasitémie) restent incertains.

Les mécanismes de l¹anémie hémolytique tardive à la suite du traitement du  
paludisme grave sont multiples et ne sont pas totalement compris. La  
fièvre bilieuse hémoglobinurique (hémolyse massive et brutale avec  
hémoglobinurie associée au paludisme) et l¹hémolyse grave provoquée par le  
paludisme lui-même pourraient se superposer à l¹anémie hémolytique  
tardive. Dans certains cas, il pourrait y avoir la contribution d¹une  
hémolyse auto-immune.

Les données préliminaires donnent à penser que le principal avantage  
pharmacodynamique de l¹artésunate par rapport à la quinine est qu¹il  
détruit les jeunes trophozoites dans la circulation sanguine, avant qu¹ils  
ne soient séquestrés dans la microcirculation, ce qui pourrait être à  
l¹origine de l¹hémolyse tardive. C¹est ce mécanisme qui explique l¹action  
rapide de l¹artésunate et son effet bénéfique sur la mortalité et d¹autres  
issues cliniques. La plupart des jeunes trophozoites détruits par  
l¹artésunate sont rapidement éliminés dans la rate qui «dénoyaute» les  
érythrocytes, c¹est-à-dire que l¹intérieur des globules rouges est  
débarrassé du parasite mort. Les hématies « auparavant parasitées »  
retournent dans la circulation, mais avec une espérance de vie réduite  
d¹environ 7 à 15 jours. La destruction tardive des érythrocytes «  
auparavant parasités » correspond à l¹évolution dans le temps de l¹anémie  
tardive post-thérapeutique que l¹on observe sur le plan clinique. Les  
patients sauvés par l¹artésunate, qui auraient pu mourir s¹ils avaient été  
traités à la quinine, sont plus particulièrement ceux qui ont des  
parasitémies élevées. Tous les cas signalés d¹anémie hémolytique tardive  
après traitement à l¹artésunate injectable ont été pris en charge avec  
succès. Il a fallu transfuser certains patients, mais aucun décès n¹a été  
rapporté.

Conclusions

Des données très probantes indiquent que l¹artésunate (en intraveineuse ou  
en intramusculaire) est en général bien toléré et que c¹est un traitement  
salvateur en cas de paludisme grave à Plasmodium falciparum, avec lequel  
on obtient une baisse sensible de la mortalité par rapport à la quinine.  
Les bénéfices thérapeutiques dépassent donc de loin le risque des effets  
indésirables liés à l¹artémisinine, y compris l¹anémie hémolytique tardive  
post-thérapeutique.

Recommandations

L¹OMS recommande fortement de continuer à administrer l¹artésunate  
injectable pour traiter le paludisme grave. Il faut rappeler et soutenir  
la nécessité de poursuivre l¹utilisation de ce médicament et promouvoir  
l¹adoption de ce traitement comme médicament de première intention du  
paludisme grave à P. falciparum.

Il faut cependant que les professionnels de santé soient mis au courant du  
risque d¹anémie hémolytique tardive pouvant survenir jusqu¹à un mois après  
le traitement. Il convient de renforcer les systèmes de pharmacovigilance  
au niveau des pays en collaboration avec les programme nationaux de lutte  
antipaludique et le Centre Collaborateur OMS international de surveillance  
du médicament, pour mieux détecter les effets indésirables survenant après  
l¹administration de l¹artésunate comme d¹autres médicaments.

L¹utilisation de la même définition de l¹anémie hémolytique tardive et du  
paludisme grave est indispensable pour la comparabilité des données entre  
les études cliniques. De même, il faut standardiser les méthodes de  
pharmacovigilance pour améliorer la collecte des données et  
l¹interprétation des résultats.  
Prochaines étapes recommandées

? Des études de physiopathologie devraient être menées pour caractériser  
les mécanismes de l¹hémolyse et de l¹évolution du cadre hématologique  
après le paludisme grave, ainsi que des interventions qui pourraient  
prévenir le problème ou améliorer la situation.

? Des essais cliniques prospectifs sont nécessaires

? pour définir la fréquence, la gravité et l¹évolution dans le temps de  
l¹anémie hémolytique tardive post-thérapeutique,

? pour déterminer les facteurs prédictifs/pronostiques de l¹anémie  
hémolytique post-thérapeutique.

? Il est recommandé d¹harmoniser les études en phase IV, en particulier  
celles qui proposent des systèmes de notification spontanée en ligne par  
les laboratoires pharmaceutiques.

? Il faut examiner davantage le rôle des registres des cas graves de  
paludisme en tant que méthode de surveillance pour obtenir des données et  
des informations supplémentaires.
