# \[e-med\] Pour l'Igas, rien à recycler dans le système Cyclamed

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**Created:** [March 10, 2005, 10:09am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-pour-ligas-rien-a-recycler-dans-le-systeme-cyclamed/21876 "2005-03-10T10:09:38Z")\
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**Post date:** [March 10, 2005, 10:09am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-pour-ligas-rien-a-recycler-dans-le-systeme-cyclamed/21876/1 "2005-03-10T10:09:38Z")

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[un article sur la collecte de MNU qui nous avait échappé... toujours pas de  
décision à ce sujet à ce jour.CB]

Pour l'Igas, rien à recycler dans le système Cyclamed  
Le dispositif de collecte des vieux médicaments favoriserait fraudes et  
trafics.  
Par Eliane PATRIARCA  
samedi 26 février 2005 (Liberation - 06:00)

[http://www.liberation.fr/page.php?Article=278540&AG](http://www.liberation.fr/page.php?Article=278540&AG)

l n'y a rien à sauver dans Cyclamed, le dispositif de collecte des vieux  
médicaments. L'enquête de l'Inspection générale des affaires sociales  
(Igas), diligentée par le ministère de la Santé le 13 septembre, à la suite  
de plusieurs affaires de détournements de médicaments, est sans appel. Menée  
par le docteur Françoise Lalande et par Etienne Grass, remise le 25 janvier  
à Philippe Douste-Blazy, elle confirme la gravité des trafics et démontre  
l'inanité de ce système de recyclage.

«L'existence d'un circuit de médicaments non utilisés (MNU) est en soi  
générateur de trafics, résume Françoise Lalande, surprise par l'ampleur des  
fraudes. Nous pensions que les stocks auraient été nettoyés avant notre  
arrivée puisque notre mission avait été annoncée avec beaucoup de bruit.»  
Mais non : aux 36 cas déjà répertoriés en cinq ans, se sont ajoutés, avec  
l'enquête de l'Igas, 40 nouveaux dossiers de fraudes sur 95 officines  
inspectées. L'anomalie la plus fréquente est le recyclage direct : les  
pharmaciens remettent en rayons les MNU rapportés par les clients. «Certains  
nous ont expliqué que ces boîtes étaient destinées au dépannage d'amis et de  
parents», raconte Françoise Lalande. Mais l'analyse des stocks des officines  
a permis de mettre en évidence un excédent de sorties par rapport aux  
entrées. Preuve incontestable d'un trafic. L'un des pharmaciens avait ainsi  
trouvé une solution pour remplir les piluliers de personnes âgées en maison  
de retraite.

Blanchiment. Des pharmaciens ont aussi utilisé le canal des retours  
grossistes pour «blanchir» des MNU : des médicaments récupérés dans une  
officine peuvent être revendus à une autre. L'Igas cite plusieurs exemples  
de malades ou d'infirmières découvrant que les seringues d'héparine  
préremplie qu'ils allaient injecter avaient déjà été utilisées... «Il est  
clair que le mal est plus étendu que l'a reconnu Cyclamed ; il ne s'agit pas  
que d'une poignée de ripoux», dit Françoise Lalande.

Le concept même de Cyclamed pose problème, selon les enquêteurs. A  
l'origine, ce système est la réponse de l'industrie pharmaceutique au décret  
environnemental de 1992, prévoyant que tout fabricant de produits destinés  
au public devait contribuer à l'élimination des déchets d'emballage de ses  
produits, soit par ses moyens propres, soit en participant à un système  
commun comme Eco-Emballages. «Cyclamed qui se nourrit du gaspillage de  
médicaments propre à la France est bâti à l'envers. Il est financé par les  
cotisations des laboratoires. Leur taux est fixé en fonction des dépenses  
prévues. En bref, moins on recycle de cartons de médicaments, moins la  
cotisation des labos est élevée !» note l'Igas.  
Résultat : le bilan environnemental de Cyclamed depuis sa création en 1993  
est décevant. Pour les emballages de médicaments, le taux de collecte en  
2003 est de 11,6 %, six fois moins que l'objectif de 75 % fixé par le décret  
et atteint par Eco-Emballages. «90 % des emballages de médicaments partent à  
la poubelle avec les ordures ménagères, note François Lalande. L'industrie  
pharmaceutique se défausse ainsi de sa responsabilité.» Cyclamed permet  
ainsi au secteur pharmaceutique d'économiser 4,2 millions d'euros par an de  
cotisations qu'elle devrait verser à Eco-Emballages si elle était entrée  
dans ce système. Côté médicaments, Cyclamed recueille 5,7 % des ventes  
annuelles. Quand on sait qu'en France près d'un médicament remboursé sur  
deux n'est pas pris par le malade, cela représente un bilan très maigre.

Inadapté. Reste alors ce dont Cyclamed s'est toujours vanté : son intérêt  
humanitaire. «Il est mis en cause par ceux-là même qui sont censés en tirer  
avantage», répond Françoise Lalande. Les pays du sud comme l'OMS demandent  
depuis plusieurs années de cesser ces dons qui perturbent les circuits  
pharmaceutiques locaux et alimentent des trafics locaux. «Les MNU sont  
inadaptés : on envoie des médicaments correspondant à nos pathologies  
(psychotropes, traitement du vieillissement ou de la surcharge) alors que  
les besoins sont ceux des pays en crise ou en développement.» Sur place, ces  
médicaments sont inutilisables car inconnus des professionnels du pays, qui  
souvent ne peuvent lire les notices en français ou en anglais. Pour aider  
ces pays du sud, les dons en argent permettant d'acheter des génériques sont  
la meilleure solution, estime Françoise Lalande.

En conclusion, l'Igas préconise donc d'interdire l'utilisation des MNU,et de  
mettre fin à Cyclamed. Philippe Douste-Blazy n'a pas encore pris sa décision  
mais au ministère de la Santé, on parle plutôt de «sécuriser le dispositif  
Cyclamed». S'agirait-il de rassurer l'industrie pharmaceutique ?
