# \[e-med\] R�flexions sur le g�n�rique (4)

**URL:** <https://talk.edrugplus.org/t/e-med-r-flexions-sur-le-g-n-rique-4/14952>\
**Category:** e-med\
**Created:** [September 19, 2002, 5:31pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-r-flexions-sur-le-g-n-rique-4/14952 "2002-09-19T17:31:13Z")\
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**Author:** ![laurent.ziegelmeyer](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/l/f08c70/32.png) [@laurent.ziegelmeyer](https://talk.edrugplus.org/u/laurent.ziegelmeyer)\
**Post date:** [September 19, 2002, 5:31pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-r-flexions-sur-le-g-n-rique-4/14952/1 "2002-09-19T17:31:13Z")

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E-MED: R�flexions sur le g�n�rique (4)  
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Bonjour,

Syndicaliste dans l'industrie pharmaceutique, je voudrai donner quelques  
�l�ments d'appr�ciation sur les g�n�riques :  
c'est un extrait d'un paier qui va sortir bient�t dans la revue Politique,  
revue europ�enne de d�bats :

"Revenons sur la notion de m�dicaments g�n�riques, et les diff�rences entre  
Nord et Sud. Les m�dicaments fabriqu�s au Br�sil, en Inde par exemple  
d�nomm�s g�n�riques sont des copies de m�dicaments encore prot�g�s. Par  
contre, en Europe, le terme g�n�rique �voque des mol�cules dont le brevet a  
expir�. Et souvent, les fabricants de ces g�n�riques sont des filiales de  
grands groupes pharmaceutiques ! Il y a aussi une diff�rence dans le d�bat,  
ce que font les br�siliens est l'appropriation de m�dicaments pour r�pondre  
� des besoins de sant�, appropriation in�vitable face � Big Pharma. Au nord,  
les gouvernements disent augmentons la part des g�n�riques, pour diminuer  
les d�penses de sant�. Au del� de l'aspect contestable de cette approche  
comptable, il faut �voquer �galement le marchandage avec les industriels,  
qui est en gros, nous augmentons la pr�sence des g�n�riques, si vous  
augmentez nos prix sur les mol�cules innovantes, avec le risque d'aggraver  
encore l'�cart entre une m�decine pour les riches et une m�decine pour les  
pauvres Il ne faudrait pas qu'� terme on aille vers des m�dicaments pour les  
pauvres les g�n�riques, et des m�dicaments pour les riches avec des prix  
libres que seraient les mol�cules innovantes ! ! Et puis cette r�flexion sur  
le g�n�rique, cette mode devrai je dire, part d'un principe contestable :  
consid�rer le m�dicament comme un produit anodin. Enfin il serait illusoire  
de croire que dans un cadre exclusivement priv�, sans r�forme des brevets,  
la concurrence entre grands groupes pour la fabrication de g�n�riques ferait  
r�ellement baisser les prix de mani�re durable. C'est un secteur o� pour  
prot�ger les profits, l'entente est de mise. Prenons l'exemple de Pretoria,  
mais surtout la d�couverte r�cente aux USA et en Europe d'un accord illicite  
entre trusts sur le prix des vitamines ! Il faut dire �galement  
qu'aujourd'hui les g�n�riques les moins chers restent encore hors de port�e  
pour la plupart des habitants des pays pauvres."

La question de fond me semble t il reste le r�le des �tats, autre extrait de  
l'article :

"En fait c'est bien de changements radicaux dont nous avons besoin. Il  
s'agit tout d'abord de d�battre de la notion de propri�t� intellectuelle et  
de son appropriation. Les brevets dans ce domaine ne sont qu'une  
confiscation pour des int�r�ts lucratifs. Il faut sortir de ce syst�me. Je  
rappellerai ce que disait le docteur Salk, cr�ateur du premier vaccin contre  
la polio en 1955. Un journaliste lui demanda � qui appartenait cette  
d�couverte, il r�pondit : � Eh bien au peuple, il n'y a pas de brevet. Peut  
-on breveter le soleil ? �.

Il ne s'agit pas d'imposer aux labos de faire l'aum�ne mais bien de donner �  
chaque �tre humain le droit � la sant� et cela repose la question du  
m�dicament pour qui, pour quoi faire ? Je rajouterai avec quelle industrie  
pharmaceutique ?

Le m�dicament n'est pas un produit comme les autres, il faut le consid�rer  
comme partie int�grante de la politique de sant�, comme un bien public, au  
m�me titre que l'eau, l'�nergie... La recherche, la production et la  
distribution pharmaceutique ne doivent donc pas �tre r�gis par les lois du  
profit, sous le contr�le exclusif de quelques grands groupes priv�s. Il  
appara�t clairement que ceux ci doivent �tre plac�s sous contr�le public. En  
France dans les ann�es 80, nous avons connu une nationalisation de  
l'industrie pharmaceutique. Cela n'a pas emp�ch� il est vrai des scandales  
comme l'Oltipraz, traitement contre la bilharziose d�couvert chez  
Rh�ne-Poulenc mais jamais produit. Cela n'a pas permis la constitution d'un  
grand p�le pharmaceutique permettant de r�pondre aux besoins. En fait cette  
nationalisation a remis ces entreprises � flot, ce qui a permis des  
privatisations juteuses ensuite. Ce contr�le public peut prendre plusieurs  
formes. Tout d'abord on peut �voquer la mise en place d'un v�ritable conseil  
scientifique du m�dicament, ind�pendant de Big Pharma, qui en lien avec les  
ONG �tablissent des priorit�s. Les conclusions de ce conseil pourraient  
servir d'orientations tant � la recherche publique, j'y reviendrai qu'�  
l'industrie priv�e. Comment ? Les aides publiques pourraient �tre soumises �  
ces orientations, et on peut imaginer �galement l'obligation pour les trusts  
d'utiliser une partie de leurs b�n�fices � des recherches et des productions  
utiles et indispensables. D'autres pistes peuvent �tre �voqu�es : fond  
aliment� par une taxe sur ces b�n�fices, fond de soutien � la recherche  
publique et � des initiative de solidarit� internationale. On peut penser  
�galement � la r�quisition des unit�s de fabrication qui ne sont pas  
utilis�es afin de produire les m�dicaments faisant d�faut aujourd'hui. Il y  
a �galement n�cessit� � r�fl�chir sur la recherche publique, il faut la  
sortir de son asservissement au priv�. Cela veut dire lui donner plus de  
moyens mais aussi lui donner une autre dimension. Pour d�velopper un  
m�dicament apr�s sa d�couverte, elle est quasi oblig�e de passer par Big  
Pharma, cela suppose donc la mise en place d'un secteur de d�veloppement  
pharmaceutique public.

Cette derni�re proposition m'am�ne � pousser plus loin la r�flexion,  
r�flexion que l'on pourrait r�sumer par une d�claration d'Yves Salesse,  
pr�sident de la fondation Copernic : � La r�alit� d'aujourd'hui est que des  
choix fondamentaux pour la vie imm�diate et l'avenir de nos soci�t�s,  
rel�vent de d�cisions priv�es, alors qu'ils devraient �tre au coeur du d�bat  
d�mocratique. �. Toutes les propositions �voqu�es pr�c�demment ne sont pour  
moi que des mesures temporaires. C'est vers la constitution d'un grand p�le  
public de recherche et de production pharmaceutique qu'il faut aller, mais  
avec un mode de gestion qui ne soit pas calqu� sur le priv�, p�le public  
g�r� par les chercheurs, les salari�s, impliquant les syndicats, les  
associations de malades, les ONG, p�le public tr�s ouvert sur les  
collaborations internationales notamment avec le Sud, p�le public dont les  
d�cisions seraient impuls�es par le d�bat d�mocratique et non par le  
profit."

Cordialement,

Laurent Ziegelmeyer, CGT Aventis

Note du mod�rateur : la r�forme en gestation dans les instances europ�ennes  
et qui sera discut�e le 23 octobre prochain d�veloppe le concept de  
g�n�rique et surtout la base l�gale de ce type de produit dans l'espace  
europ�en ce qui est pour une avanc�e notable dans le domaine. Pour en  
savoir plus : [http://pharmacos.eudra.org](http://pharmacos.eudra.org) ou www.euractiv.com ou  
[http://europa.eu.int](http://europa.eu.int)

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