# \[e-med\] Réflexion sur les dons de  médicaments

**URL:** <https://talk.edrugplus.org/t/e-med-reflexion-sur-les-dons-de-medicaments/7127>\
**Category:** e-med\
**Created:** [January 24, 2000, 12:28pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-reflexion-sur-les-dons-de-medicaments/7127 "2000-01-24T12:28:31Z")\
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**Author:** ![remed750131](https://avatars.discourse-cdn.com/v4/letter/r/43a26b/32.png) [@remed750131](https://talk.edrugplus.org/u/remed750131)\
**Post date:** [January 24, 2000, 12:28pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-reflexion-sur-les-dons-de-medicaments/7127/1 "2000-01-24T12:28:31Z")

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E-MED: R�flexions sur les dons de m�dicaments

[Mod�rateur : l'association Pimed organise le 1er avril 2000 � l'h�pital  
Croix Saint Simon � Paris un colloque intitul� "Pour am�liorer la qualit�  
des dons de m�dicaments dont le programme sera mis sur e-med d�s que  
possible.  
Le dr Jean-Loup Rey a analys� les directives de l'OMS en mati�re de dons de  
m�dicaments et vous livre ses r�flexions.  
CB]

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Quelques r�flexions pour pr�parer la journ�e de PIMED

Jean Loup REY

REFLEXIONS sur les DONS de MEDICAMENTS

Il n'est pas question pour moi de discuter le bien fond� de la n�cessit�  
d'am�liorer la qualit� des dons de m�dicaments ni de relativiser la gravit�  
des exc�s et erreurs constat�es ces derni�res ann�es. Mais il me semble  
n�cessaire de revenir sur le fondement de la prescription de bonnes  
pratiques dans ce domaine sans oublier de veiller � la faisabilit� des  
recommandations propos�es et � la possibilit� d'un contr�le minimum.  
Si on reprend les 12 principes directeurs de l'OMS il est possible de faire  
les constats suivants et de poser les interrogations suivantes.

Principe 1  
Les dons doivent �tre bas�s sur un besoin exprim�. Si ce principe veut dire  
qu'il faut une demande formelle du pays b�n�ficiaire, c'est un principe qui  
ne peut pas �tre appliqu� correctement. Il sera toujours possible d'obtenir  
une demande mais cela alourdira les proc�dures et pourra �tre d�tourn�  
facilement. Par contre, si cela veut dire que les dons doivent correspondre  
aux besoins, donc au profil m�dical du b�n�ficiaire, tr�s bien. Si cela  
veut dire que les dons sont impossibles en situation d'urgence, tr�s bien  
(il faudra d�finir pr�cis�ment l'urgence sinon ce principe sera inop�rant).  
Dans ce cas, ces 2 points doivent �tre prioritaires et ne parlons plus de "  
besoins exprim�s�", notion qu'il est difficile � d�finir.

Principe 2  
Les m�dicaments donn�s doivent appartenir � la liste des M�dicaments  
essentiels (ME). Ce principe est incompr�hensible et inacceptable pour au  
moins deux raisons.  
A/ Si des m�dicaments essentiels sont donn�s cela va contre les int�r�ts du  
syst�me d'approvisionnement pharmaceutique public, et priv�, du pays  
b�n�ficiaire (concurrence d�loyale, circuit parall�le licite ou non, etc..)  
B/ L'int�r�t d'un don de ME est minime sur la plan m�dical�; un tel don  
n'apporte aucun avantage suppl�mentaire pour les malades par rapport � ce  
qui existe.  
Sur ce point il me semble que la r�flexion sur ces dons p�che. En effet,  
quel est le but de ces dons, si c'est donner bonne conscience au donateur  
et au l�gislateur c'est gagner. Par contre, si les dons sont faits dans  
l'int�r�t premier du malade b�n�ficiaire il faut privil�gier les  
m�dicaments r�cents (non essentiels) qui permettront de gu�rir un malade  
grave et/ou avec une maladie grave, nouvelle, �mergente ou pas et cela,  
m�me si le secteur pharmaceutique local est m�content. Ce que ces malades  
ont besoin c'est d'antibiotiques de 3� g�n�ration, d'antiviraux,  
d'antalgiques puissants, d'anticanc�reux, parfois d'antihypertenseurs ou  
d'antid�presseurs r�cents ce n'est pas d'�rythromycine ou de parac�tamol.  
Les ME, il peut et doit les acheter sur le march� national, de m�me les  
associations doivent s'adresser au marche local, c'est leur devoir pour ne  
pas d�stabiliser ce march�..  
Dans cet optique le suivi de bonnes conduites doit se faire au niveau du  
pays donateur et c'est plus difficile que de tout interdire mais il y a des  
chances ainsi que les bonnes pratiques soient mieux suivies.  
Il est possible d'�dicter des r�gles de bonnes conduites et tout faire pour  
les faire appliquer. Pour cela il faut commencer par leur assurer une bonne  
diffusion. Actuellement�; les principes de l'OMS ne sont connus que d'une  
minorit� de personnes concern�es.  
Le tri au d�part doit �tre guid� par le souci d'�tre efficace pour les  
malades b�n�ficiaires, la s�lection des m�dicaments, diff�rente selon les  
pays, doit �tre tr�s rigoureuse pour ne garder que les produits qui  
apportent "�un plus�" � ce qui existe sur les march�s nationaux des pays  
b�n�ficiaires.  
Dans cet optique, est possible d'envisager que ces m�dicaments soient  
r�serv�s aux m�decins ou aux dispensaires sous contr�le de m�decins et  
qu'aucun m�dicament donn� n'entre dans le circuit des SSP ou des  
dispensaires avec infirmier isol�. Cette r�gle permettrait de prot�ger ces  
circuits sur les plans m�dical et financier.

Principe 3  
Ce principe reste valable m�me avec envoi de nouveaux m�dicaments s'il est  
pr�vu en parall�le d'envoyer la documentation compl�te et de faire une  
formation sur les nouveaux produits.

Principe 4  
Ce principe doit �tre appliqu� scrupuleusement. Il pourrait m�me �tre  
compl�t� par l'interdiction d'envoyer certains m�dicaments, m�me si cela  
d�pla�t � l'industrie pharmaceutique. Les m�dicaments qui n'ont pas fait la  
preuve scientifique d'une efficacit� ne doivent pas �tre envoy�s, comme les  
fortifiants, les oligo �l�ments, l'hom�opathie, les m�dicaments de confort.  
Certaines formes doivent �tre exclues comme les sirops, les suppositoires  
ou les ampoules buvables.

Principe 5  
Ce principe est totalement irr�aliste et risque d'avoir des effets pervers.  
Il n'est pas �dict� dans l'int�r�t du malade car il limite tr�s  
s�rieusement l'acc�s des malades des pays b�n�ficiaire aux m�dicaments  
nouveaux tr�s chers. Il doit �tre supprim� mais sa suppression doit  
s'accompagner d'une plus grande vigilance sur les principes 4�;6�;7�;8�;9  
qui d�finissent les minimums de qualit� des produits.

Principe 6  
Si � l'arriv�e la date de p�remption doit �tre de 12 mois il me semble  
n�cessaire de pr�ciser que lors du tri la date de p�remption doit �tre de  
18 mois.

Principe 7  
Il est indiscutable mais peu lisible, il faut mettre en avant l'indication  
de la DCI et la teneur en caract�res latins (pas seulement en cyrillique ou  
en arabe), et la date de p�remption en clair (interdire les codes seuls  
comme aux USA). Les autres indications sont utiles mais pas indispensables.

Principe 8 et 9  
Idem que 7

Principes 10, 11 et 12  
Pas de commentaires

Jean-Loup Rey  
M�decin de sant� publique  
jean-loup.rey@wanadoo.fr

Question du mod�rateur :  
Est-ce que pour les m�dicaments chers, les PED doivent compter sur les dons  
(la charit�)?  
Le d�bat est lanc�...  
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