[e-med] Sida: montée en puissance des antirétroviraux en matière d e prévention

Sida: montée en puissance des antirétroviraux en matière de prévention
De Christine COURCOL (AFP) – Il y a 16 heures
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hUdVcaSU2hx6Yil1bt5sR76gg05w?docId=CNG.f924baf2a7e4381be48d55dfd841115b.341

PARIS — Deux nouvelles études font apparaître le rôle essentiel que
peuvent jouer les antirétroviraux en matière de prévention du sida, à la
veille de la conférence sur le sida de Rome qui doit mettre le sujet au
coeur de ses débats.

Les deux études, conduites dans trois pays africains et portant sur des
hétérosexuels, la population la plus touchée dans le monde, ont établi que
la prise d'une pilule d'antirétroviral par jour avant exposition par des
personnes non infectées -ce que l'on appelle "la prophylaxie
pré-exposition (PrEP)"- pouvait réduire de près de deux tiers le risque
d'infection au VIH.

Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida, a immédiatement salué
cette "avancée scientifique majeure, qui reconfirme le rôle essentiel que
le traitement antirétroviral doit jouer dans la réponse au sida". "Ces
études peuvent nous aider à franchir un seuil dans la réponse à
l'épidémie", a-t-il dit.

Margaret Chan, qui dirige l'Organisation mondiale de la santé, a fait
valoir que ces études "pouvaient avoir un impact énorme pour la prévention
de la transmission hétérosexuelle".

Les études, conduites l'une par l'université de Washington, et l'autre par
le CDC (Centre de contrôle des maladies d'Atlanta), ont été menées au
Botswana, au Kenya et en Ouganda.

L'étude TDF2, du CDC, a suivi 1.219 hommes et femmes hétérosexuels au
Botswana, tous non infectés, qui ont reçu soit un comprimé
d'antirétroviral (ARV) -un mélange de tenofovir/emtricitabine- une fois
par jour, soit un placebo. L'ARV a réduit le risque de 63% par rapport au
groupe placebo.

Celle de l'université de Washington, Partners PrEP, s'est intéressée à
4.758 couples hétérosexuels sérodiscordants (l'un infecté, l'autre pas) au
Kenya et en Ouganda. La personne non infectée prenait soit du tenofovir,
soit un mélange de tenofovir et d'emtricitabine, soit un placebo.

Dans le premier cas, le risque d'infection a été réduit de 62% par rapport
au groupe placebo, dans le deuxième, de 73%.

Les chercheurs ont interrompu l'étude après connaissance de résultats
intermédiaires, estimant qu'il n'aurait pas été "éthique" de la poursuivre
pour les personnes prenant un placebo, et ont publié ses résultats. Le
CDC, qui devait publier son étude à Rome la semaine prochaine lors de la
conférence sur le sida, a fait de même.

Une précédente étude, conduite dans des couples d'hommes sérodifférents,
avait fait apparaître en novembre une réduction de 44% de l'infection chez
ceux qui prenaient un mélange de tenofovir/emtricitabine. Mais on ignorait
si la prévention pouvait fonctionner dans des couples hétérosexuels.

Une autre étude, FEM-Prep, n'avait pas fait apparaître d'effet protecteur
chez les femmes hétérosexuelles.

En mai, un essai clinique conduit dans neuf pays auprès de 1.763 couples
pour la plupart hétérosexuels a montré que chez les couples dont le
conjoint séropositif prenait des antirétroviraux à un stade précoce de la
maladie, le risque d'infecter son partenaire était réduit de 96%.

Ces résultats en cascade mettent en valeur le rôle central que peuvent
jouer les antirétroviraux dans la prévention, qui sera au coeur de la
conférence de Rome.

Déjà, nombre de chercheurs, dont ceux ayant travaillé sur l'étude TDF2,
relèvent qu'il est essentiel d'utiliser en combinaison d'autres méthodes
de prévention, notamment les préservatifs.

"Nous sommes à une période pivot", a souligné Mitchell Warren, directeur
exécutif de l'ONG américaine Avac, pour qui il faut maintenant établir
"comment utiliser au mieux les ARV comme outils de prévention".

Ces résultats devraient aussi inciter des personnes à risque à se faire
tester, alors que seulement la moitié des 33 millions de personnes vivant
avec le virus savent qu'elles sont séropositives.

Copyright © 2011 AFP.