Bonjour à tous,
Nous lançons un appel à communication pour tous ceux qui seraient intéressés
à proposer une présentation pour notre Table Ronde du 10 novembre 2010 en
relation avec le thème ci-dessous.
La date limite de soumission de votre communication est le 30 septembre
2010.
Merci pour votre fidélité et à bientôt de vous lire
Carinne Bruneton
délégue générale
Réseau Médicaments et Développement
35 rue Daviel, 75 013 Paris
tel 33 1 53 80 20 20
port 06 70 04 76 72
remed@remed.org et c.bruneton@remed.org
www.remed.org
TABLE RONDE DE ReMeD : NE PAS PERDRE DE VUE L'EQUILIBRE DES ROLES DES ACTEURS DANS L'ACCES AUX SOINS
C'est une excellente initiative cette table ronde de ReMeD, mais certains termes peuvent prêter à confusion (cela ne semble pas le cas dans votre réunion, mais sait-on jamais!). Le mot "soins de proximité" pour les actes diagnostics et thérapeutiques: Non; mais pour la pharmacie Oui, comme ils est rapporté dans l'annonce de la table ronde, à condition de parler "d'assurer des services de proximité" (contribution volontaire et responsabilité spatiale du pharmacien), car étymologiquement d'après le Larousse : proximité = voisinage immédiat ou proche des préoccupations quotidiennes de vie du malade". Le terme "proximité" devient ambigu lorsqu'il est employé dans les actes de soins (responsabilité civile voire pénale et déontologique du médecin envers son malade et le devenir de sa maladie), c'est à juste titre que le droit à la santé figure dans votre table ronde (félicitations ReMed). En médecine on parle de plus en plus de "soins de proximité" à la place "de soins de santé primaires" de l'OMS selon la Conférence d'Alma Atta. Soin de proximité interfère avec l'obligation de "soins de santé hierarchisés" à travers le district qui a permis d'ouvrir la porte " aux soins de santé secondaire (hôpital général), tertiaire (hôpital de référence ou spécialisé), voire quaternaire (CHU)" donc l'obligation pour l'Etat d'assurer un service continu et performant à travers la diversité des compétences des intervenants pour que l'affection primaire qui produira une affection secondaire (du fait de sa complication) soit prise en charge selon son niveau de gravité, parfois par celui là même qui en a fait le diagnostic au départ, où qui oriente la malde vers un autre confrère plus spécialisé (la finalité de l'organisation en districts qui s'adapte parfaitement avec la croissance de l'enfant qui passe du nourrisson au bébé puis à l'âge adulte). Certains collègues ont faits la promotion du terme "soins de proximité" depuis les morts en France du fait de la canicule de l'été 2007. Ils ont inspiré certains décideurs locaux en santé (qui ont saisi l'occasion pour peser du fait de leurs responsabilités managériales qui sont plus proches des compréhensions des politiques qui sont soucieux avant tout de limiter les dépenses en santé ou de trouver de nouvelles formes de financement de la santé) et ont conduits à revoir l'existant et en même temps la notion de "santé primaire" au profit de "soins de proximité". Ils ont appelé à la création d'établissements séparés dits "de proximité" et ont entrainé une perturbation dans la chaine de "la hiérarchie et la continuité toujours performante des soins médicaux" en écartant la polyclinique et le centre de santé regroupés en district qui constituait le fer de lance de certains systèmes de santé hiérarchisés en vue de meilleurs actes médicaux. Dans certains pays, le district a vu ses polycliniques autonomisées dans leur gestion (décision managériale) au prix d'une rupture de la hiérarchie qu'offrait le district (secteur sanitaire) comme entité centrale qui s'adapte aux autres activités périphériques de santé publique, ce qui n'a pas manqué d'avoir des implications négatives sur les soins des CHU et des EHS (établissements spécialisés), leur adaptation aux vrais problèmes de santé de la population, ainsi qu'à la formation pratique de leurs internes, assistants et professeurs dans la délivrance des soins de qualité, mais aussi sur le développement de la recherche opérationnelle. Mettre à part le centre de santé et la polyclinique pour mieux développer une médecine de pointe dans les hôpitaux et CHU à qui l'on réservera les grands moyens est une vision élitiste qui va couper automatiquement les professionnels de la base des problèmes de santé de la population. Les médicaments essentiels de l'enfant sont prometteurs d'un avenir meilleur en santé, si les mondes de la décision politique et managériale écoutent mieux les professionnels de la santé avant de voir comment réaliser d'hypothétiques économies.
Bonne réussite pour la table ronde.
Professeur A. Helali
Directeur
Centre National de Pharmacovigilance et de Matériovigilance.
16000 Alger