# \[e-med\] Une firme pharmaceutique accusée de dissimulation

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**Created:** [December 21, 2006, 5:27pm UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-une-firme-pharmaceutique-accusee-de-dissimulation/27018 "2006-12-21T17:27:01Z")\
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Une firme pharmaceutique accusée de dissimulation  
JEAN-MICHEL BADER.  
Publié le 20 décembre 2006  
Actualisé le 20 décembre 2006 : 08h01  
[http://www.lefigaro.fr/sciences/20061220.FIG000000030\_une\_firme\_pharmaceutique\_accusee\_de\_dissimulation.html](http://www.lefigaro.fr/sciences/20061220.FIG000000030_une_firme_pharmaceutique_accusee_de_dissimulation.html)

Dès 1996, l'association américaine des diabétiques et des diabétologues  
avait mis en garde contre certains effets de l'Olanzapine (Zyprexa°).

Depuis plusieurs années, Eli Lilly, le laboratoire d'Indianapolis, a  
constamment minimisé les risques d'obésité et de diabète liés à l'Olanzapine Zyprexa°, un de ses médicaments vedettes.

SELON des documents confidentiels rendus publics dimanche et lundi dernier  
par le New York ­Times, la firme pharmaceutique Eli Lilly aurait tenté de  
minorer les ­effets secondaires de l'Olanzapine. C'est un expert travaillant pour ­James Gottstein, l'avocat des plaignants d'une class action, qui a donné à Alex Berenson, journaliste au quotidien new-yorkais, la matière des articles.

D'après des documents internes de la firme, 30 % des patients traités par  
Zyprexa (olanzapine), un psychotrope utile contre la schizophrénie et la  
maniaco­dépression (commercialisé en France depuis 1999), ont eu une prise  
de poids rapide et importante de 11 kg en moyenne au bout d'un an. Certains  
malades ont pris jusqu'à 50 kg ! La plupart des psychotropes modernes ont ce  
type d'effet indésirable, et le résumé des caractéristiques du produit de  
l'Agence française de sécurité ­sanitaire des produits de santé (Afssaps)  
considère le gain de poids comme « très commun et ­supérieur à 10 % ». Mais  
le Zyprexa a déjà été prescrit à 20 millions de malades, et génère un  
chiffre d'affaires annuel de 4,2 milliards de dollars par an.

Le Dr Alan Breier, directeur médical de la firme, a écrit en ­novembre 1999  
dans un courriel interne à des employés : « Le gain de poids et  
l'hyperglycémie associés à l'olanzapine sont des menaces majeures au succès  
à long terme de cette molécule d'une importance capitale.» Car le second  
effet indésirable sérieux de ce médicament est l'augmentation du sucre dans  
le sang.

L'association américaine des diabétiques et des diabétologues ont dès 1996  
averti de ce risque. En 2000, un groupe de médecins a mis en garde la firme  
que la situation « pourrait devenir plus sérieuse que nous ne  
l'anticipons ». Eli Lilly a constamment nié tout lien de causalité entre la  
prise de Zyprexa et la survenue d'un diabète. Mais des documents du  
marketing d'Eli Lilly en 2000 et 2001 soulignaient que les psychiatres  
relevaient plus souvent ces deux complications avec le Zyprexa qu'avec  
d'autres psychotropes.

Marketing incontrôlable

En 2005, un accord est intervenu entre 8 000 malades plaignants aboutissant  
au fait qu'Eli Lilly doit payer 750 millions de dollars de dédommagements.  
Mais d'autres procédures sont en cours. Selon le New York Times, les 11  
millions de pages de documents rendus ­publics sont « bourrées de références  
réclamant que les interrogations sur le diabète et l'obésité ne fassent pas  
souffrir les ventes » de Zyprexa. Lilly corporate, qui dans un communiqué  
diffusé lundi 18 décembre « déplore la diffusion illicite de documents  
confidentiels » n'indique pourtant pas vouloir poursuivre le journaliste ou  
le ­directeur de la publication.

La firme est également accusée d'avoir poussé le médicament au-delà des  
indications officielles, et depuis l'automne 2000. La campagne baptisée «  
Viva Zyprexa » ­ordonnait aux délégués médicaux de suggérer aux médecins la  
prescription du Zyprexa aux patients âgés ayant des symptômes de démence. Or  
la Food and Drug Administration n'autorise pas le Zyprexa dans les démences,  
et a même publié pour les médecins un avertissement important « qu'il  
augmente le risque de mort chez les patients » en question. Dominique Amory,  
patron de la filiale française, martèle que « jamais Lilly ne s'est engagé  
dans une promotion hors autorisation ». Mais certaines équipes marketing  
sont incontrôlables...

Autre affaire délicate pour Eli Lilly : le mauvais feuilleton du ­Xigris,  
seul médicament utile ­contre des infections gravissimes (choc septique) et  
qui est à nouveau promu follement par le géant de la pharmacie. Des revues  
médicales américaines (dont le prestigieux New England Journal  
of ­Medicine), des médecins et des socié­tés savantes se rebellent ­contre  
cette promotion indue. Constatant en 2002 que les ventes du ­Xigris,  
autorisé un an auparavant, ne décollent pas, Eli Lilly avait à la fois fait  
du lobbying politique et lancé une campagne gigantesque de promotion  
(«Survivre au choc septique») pour court-circuiter les médecins  
prescripteurs. La firme américaine a tenté de manipuler le congrès de la  
société européenne de médecine de soins intensifs et a tenu la main des  
experts rédigeant des recommandations thérapeu­tiques publiées en mars 2004  
dans Critical Care Medicine (une revue financée à 90 % par Eli Lilly). Or ce  
médicament a des risques plus ­sérieux que prévu : la fréquence des  
hémorragies sous Xigris est de 6,5 % et non plus 3,5 %. La société  
américaine des maladies infec­tieuses a refusé les recommandations de la  
campagne «Survivre au choc septique» achetée par Eli Lilly.
