# \[e-med\] "Utiliser le sida comme une plateforme industrielle pour transférer des technologies"

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**Category:** e-med\
**Created:** [February 21, 2012, 8:34am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-utiliser-le-sida-comme-une-plateforme-industrielle-pour-transferer-des-technologies/36906 "2012-02-21T08:34:45Z")\
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**Post date:** [February 21, 2012, 8:34am UTC](https://talk.edrugplus.org/t/e-med-utiliser-le-sida-comme-une-plateforme-industrielle-pour-transferer-des-technologies/36906/1 "2012-02-21T08:34:45Z")

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[L'Agence de Presse Xinhua (Agence Xinhua) est une agence de presse  
officielle de la République populaire de Chine.]

"Utiliser le sida comme une plateforme industrielle pour transférer des  
technologies", selon le chef de l'Onusida  
&nbsp;&nbsp;(Xinhua) - Liu Fang  
le 28-01-2012 15:00  
[http://www.chine-informations.com/actualite/utiliser-le-sida-comme-une-plate](http://www.chine-informations.com/actualite/utiliser-le-sida-comme-une-plate)  
forme-industrielle-pour-transferer\_38703.html

Pour lutter efficacement contre le sida sur un continent où 400.000 enfants  
naissent chaque année avec cette maladie, le directeur exécutif de  
l'Onusida, Michel Sidibé, préconise de la même pandémie comme "une  
plateforme industrielle pour transférer des technologies" existant dans les  
pays émergents.

Dans un entretien samedi à Xinhua en marge du 18e sommet ordinaire de  
l'Union africaine (UA) à Addis Abeba, le Dr. Sidibé a expliqué que l'enjeu  
de cette plateforme prévue en partenariat avec l'agence du Nouveau Programme  
pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) est la fabrication par l'Afrique  
de ses propres médicaments.

Question : Monsieur le directeur exécutif, comment va se réaliser la  
plateforme industrielle pour la fabrication de médicaments sur le Sida que  
vous proposez à l'Union africaine à travers le NEPAD?

Réponse : Je crois que l'Afrique se transforme. L'Afrique, c'est  
pratiquement le continent du futur. Il y a dix ans de cela les gens  
pensaient que c'était plutôt la région des problèmes et aujourd'hui on voit  
des croissances économiques de plus de 6%. Il y a même des pays qui sont à  
plus de 10% et certains qui frôlent les 15% de croissance économique. Alors,  
ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est que cette croissance économique  
soit redistribuée et que cela puisse permettre non pas seulement bien sûr de  
transformer le continent du point de vue des infrastructures, mais que cela  
permette aux êtres humains de vivre en bonne santé.

Et donc, notre combat aujourd'hui est d'utiliser le Sida comme étant une  
plateforme industrielle pour transférer des technologies qui existent dans  
les pays émergents, que ça soit la Chine ou que ça soit le Brésil, pour  
faire en sorte que l'Afrique puisse s'en approprier et produire les  
médicaments que nous ne produisons pas aujourd'hui. Ce qui est triste, parce  
qu'on a 5 millions de personnes qui attendent le médicament et qui ne l'ont  
pas. On a 1 million 700.000 personnes qu'on a perdues, malheureusement dû au  
fait que ces personnes n'avaient pas accès aux médicaments l'année dernière,  
en une seule année. Je crois que c'est trop et on se bat avec l'Union  
africaine et aussi surtout le NEPAD (Nouveau Partenariat pour le  
développement de l'Afrique , ndlr) pour qu'il y ait au moins un sommet  
africain de crise sur cette question.

Q : Ce projet, c'est avec des multinationales ou bien avec le secteur privé  
africain?

R : Moi je crois qu'il faut ouvrir le secteur social aux privés. Il faut  
amener un business qui va permettre d'augmenter les capacités de réponse au  
niveau social. Et ça, je crois qu'il est important aussi de commencer à  
avoir un nouveau paradigme de travail, voir comment l'Afrique peut aussi  
commencer à négocier des transformations des investissements au niveau  
social avec la Chine et avec les autres pays.

Q : Est-ce que vous ne vous attaquez pas là à certains gros intérêts qui  
sont notamment ceux des industries pharmaceutiques appartenant à grandes  
puissances?

R : Aujourd'hui, les intérêts ne sont plus cloisonnés. On est dans un monde  
qui se globalise. Je peux vous dire que les firmes pharmaceutiques sont les  
premières aujourd'hui à rechercher un dialogue avec le continent africain,  
avec les pays émergents, à mettre à la disposition de ces pays-là leurs  
licences pour pouvoir produire pour et non plus le million, mais pour la  
plupart des personnes qui auront besoin des médicaments.

Q : Quels sont les résulats réalisés depuis le sommet mondial de juin 2011 à  
New York?

R : Plusieurs résultats. D'abord, amener le débat sur la dépendance et faire  
en sorte que les leaders africains ouvrent une fenêtre d'opportunités pour  
parler de la pérennisation des programmes. C'est un problème important.  
L'appropriation de la réponse, c'est pour moi une question importante. On ne  
peut pas mettre quelqu'un sous traitement pendant 30 ans croyant que cela ne  
se produira seulement que sur des ressources venant de l'extérieur. Mais, ce  
qui m'a beaucoup frappé pendant ces trois-quatre derniers mois, c'est  
l'effort des Etats eux-mêmes de décider de ne plus avoir des enfants qui  
naissent avec le Sida. On a un plan global qui a été établi. Ce plan global  
se traduit en plans nationaux et la plupart des pays africains ont des plans  
d'accélération. Ils sont en train de se battre maintenant pour qu'il n'y ait  
plus d'enfants qui naissent avec le Sida. On a a déjà le Botswana, la  
Namibie et l'Afrique du Sud qui ont réussi dans ce domaine et on a plein  
d'autres pays qui sont en train de suivre ce sillage. Je suis persuédé qu'en  
2015 on n'aura pas d'enfants avec le Sida et ce sera une nouvelle génération  
sans Sida sur le continent.

Q : 400.000 enfants qui naissent avec cette maladie sur ce continent, c'est  
énorme, pourrait-on dire...

R : 400.000 enfants qui naissent en Afrique alors que cela ne se produit  
plus dans le reste du monde. Donc, il faut encore une fois, à travers cette  
responsabilité partagée, faire qu'on mobilise les énergies, les capacités  
africaines pour stopper cette transmission de la mère à l'enfant et sauver  
la mère.
