[e-med] Valse or no valse à Vienne ?

Manif à l'ouverture de la conférence sida à Vienne

Plusieurs centaines d'activistes ont manifesté hier soir, lors de la
cérémonie d'ouverture de la conférence. BROKEN PROMISES KILL. NO RETREAT.
FUND AIDS. Les promesses non tenues tuent. Les pays riches ne doivent pas se
dédire et augmenter leurs financements du Fonds Mondial de lutte contre le
sida :
voir les vidéos (il faut cliquer sur les photos) :
http://www.actupparis.org/spip.php?article4119
http://vienne2010-actupparis.blogs.nouvelobs.com/

Bonjour,

Pour faire suite aux commentaires (Bill Clinton veut réduire les coûts de
l'aide, Bill Clinton veut réduire les dépenses liées à l'aide etc...), je me pose la question de savoir si Bill Clinton ne voudrait pas que l'aide publique mondiale passe totalement par les associations américaines et sorte ainsi de la mise en oeuvre par les organisations internationales, qui coûtent cher, nous le savons tous?
Après tout, il me semble me souvenir que les Etats Unis ont bloqué leurs
contributions à l'ONU pendant 5 ou 10 ans entre les années 1990 et 2000 (mandats Clinton et Bush) avec comme argument que les fonds versés à l'ONU n'étaient pas utilisés comme ils le souhaitaient. Donc, ce serait assez dans la vision à
laquelle nous avons été habitués.

Mais je dois sûrement me tromper...

Car, si le discours de Bill Clinton exprimait une critique des méthodes de
gestion de l'aide, alors je crois que les associations présentes à Vienne
auraient probablement fait un lobbying effréné pour empêcher l'expression de ce point de vue.

Je prends pour exemple le lobbying terriblement efficace réalisé par des
associations françaises et internationales au mois de janvier dernier, pour
stopper un amendement à la Loi de Finances en France qui visait à distribuer 5% des 600 (700?) millions d'euros annuels versés par les contribuables français pour les programmes de santé gérés par des organisations internationales. L'idée de modifier cette affectation de ressources avait pour but de financer des projets spécifiques mis en oeuvre par des organismes bi-latéraux français. Suite à ces interventions des associations activistes, qui considéraient que l'aide publique au développement française ne doit pas être gérée par les organismes français, cet amendement n'a pas été voté à l'Assemblée nationale. Nos députés ont choisi de favoriser l'augmentation des contributions françaises vers les institutions internationales plutôt que vers nos propres organisations.
Donc, ce vote a confirmé la politique française qui consiste depuis maintenant 6 ans, à faire partir la totalité de l'aide publique au développement française du Trésor Public vers les organisations internationales.

Aujourd'hui, un homme politique "mondial" semble dire que cette aide est mal gérée par ces mêmes organisations.

Que faut-il penser ?
Que disent les Associations de personnes sur ce que dit Bill Clinton au sujet de l'efficacité de l'aide?
Ils sont pour ? Ils agissent contre cette vision ? Le point de vue des
associations lobbyistes serait très enrichissant pour ce débat sur l'efficacité.
De mon côté, je tiens à souligner que je partage plus ou moins ce point de vue sur l'efficacité de l'aide, ou au moins il me semble que ce débat peut être ouvert.

Par exemple, en première approche et à mon petit niveau, j'aurais souhaité que l'amendement présenté à nos députés pour la mise en oeuvre des projets par les experts français et francophones soit possible, car cela m'aurait permis entre autres, de travailler en français plutôt que de passer ma vie à réaliser des plaidoyers en anglais dans les enceintes internationales, pour des activités dans des pays francophones.

Mais à l'inverse, d'un point de vue de santé publique, il me semble que le
problème de la mise en oeuvre de l'aide peut être analysé sous l'angle de ce que disait Churchill : "La démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres... ".

On pourrait dire que la gestion de l'aide par des organisations
internationales est la pire des méthodes, à l'exception de toutes les autres...

Donc quelle va être la vision mondiale de cette question puisque ce débat est posé à Vienne pour l'IAS? Chacun des pays donateurs va-t-il se mettre à
critiquer la gestion des autres ? Et dans quel but ? Pour récupérer l'exécution de ses contributions ?

Je ne crois pas que cette conférence soit le lieu pour faire un discours
démagogique sur le prix des billets d'avion ou les activités dans les pays. Bien sûr il faut appuyer les politiques nationales (ce que personnellement je dis et j'écris depuis 2002), mais aujourd'hui, il manque 15 milliards de dollars pour les programmes de lutte. Donc il ne me semble pas opportun de pointer les questions d'exécution, et de dire que certains types d'activités soient plus efficaces que d'autres, alors que les évaluations ne montrent pas véritablement de différence de façon globale. Je suis d'accord pour critiquer les méthodes, mais à condition que le lien commun soit bien que chacun travaille sur la même construction. Et pour l'instant la construction semble fragile.

Et c'est pour cela que je voudrais bien entendre les réponses des associations de lobbyistes : pour ou contre une gestion commune par des organisations communes ? Ou bien pour une gestion par le plus gros contributeur ?
Après tout, pourquoi pas ? Si les choses vont dans ce sens, peut-être que le deuxième contributeur aux programmes internationaux pourra du coup, lui aussi, exécuter ses propres dépenses ?

Alors, les américains gèreraient leur programmes, les français aussi, les
allemand de même, les japonais etc...
Mais je ne suis pas sûre que les malades y gagnent.

Economisons d'abord sur les débats inutiles.
Hélène DEGUI, hdeguifr@yahoo.fr
tel : 06 62 40 29 84