# Lénacapavir : bouger les lignes avec le modèle «Netflix»

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9 janvier 2026

Lénacapavir : bouger les lignes avec le modèle «Netflix»

Dans un article publié dans JAMA, des chercheurs de Johns Hopkins  
proposent une solution pour surmonter les obstacles économiques qui  
freinent l’adoption du lénacapavir en prophylaxie pré-exposition  
(PrEP) du VIH : les accords de licence par abonnement, inspirés du  
«modèle Netflix».

Par Charles Roncier, Vih.org  
[https://vih.org/vih-et-sante-sexuelle/20260109/lenacapavir-bouger-les-lignes-avec-le-modele-netflix/](https://vih.org/vih-et-sante-sexuelle/20260109/lenacapavir-bouger-les-lignes-avec-le-modele-netflix/)

Le lénacapavir, médicament long acting injectable deux fois par an, a  
démontré une efficacité de 100% et 96% dans les essais PURPOSE-1 et  
PURPOSE-2. Bien qu’il ne soit pas un vaccin, le lénacapavir en  
présente pratiquement les mêmes avantages. Mais les coûts élevés de  
ces médicaments nouvelle génération continuent de freiner leur  
adoption optimale et empêche la PrEP injectable à action prolongée  
d’avoir l’impact qu’elle devrait avoir pour réhausser le contrôle de  
l’épidémie.

L’expérience du cabotégravir, commercialisé depuis 2021, illustre le  
problème : malgré une protection quasi-parfaite, cette PrEP injectable  
bimestrielle ne représente que 3% des prescriptions américaines en  
2025. Le prix annuel de 22000 à 25900 dollars constitue le principal  
frein, malgré une préférence marquée des utilisateurs pour ces formes  
injectables.

Avec un prix de gros de 28 218 dollars par an aux États-Unis mais des  
coûts de production estimés à moins de 100 dollars par an, le prix  
auquel le lénacapavir est commercialisé par Gilead soulève des  
questions. D’autant plus quand on le compare aux 40 dollars annuels  
négociés pour les pays couverts par les licences volontaires signées  
en octobre 2024. Deux accords avec des fabricants de génériques  
indiens permettront en effet cette distribution à bas coût, fruit de  
mois de négociations menées par Unitaid, la Clinton Health Access  
Initiative et la Fondation Gates.

Dès juin 2025, l’Onusida avait exhorté Gilead à réviser ses prix,  
citant des études estimant le coût de production entre 35 et 46  
dollars par an. Aujourd’hui, s’il captait seulement 5% du marché  
américain de la PrEP au prix actuel, le lénacapavir coûterait plus que  
l’ensemble des autres dépenses en PrEP orale.

Les accords par abonnement : une alternative ?

Face à cette situation où le prix reste bloqué à un niveau très élevé,  
les auteurs de l’article publié dans JAMA rappellent la solution  
adoptée pour les antiviraux directs contre l’hépatite C. Là aussi, à  
84 000 dollars par cure, le prix empêchait l’adoption de ces  
traitements extrêmement efficaces. L’Australie et les États américains  
de Louisiane et Washington ont négocié des accords innovants : au lieu  
de payer par patient traité, les assureurs publics versent une somme  
forfaitaire pour un accès illimité. Ce modèle a bénéficié à tous : les  
laboratoires préservant leurs revenus, les patients accédant aux  
traitements, et les payeurs maîtrisant leurs coûts. Cette tarification  
par abonnement, formellement appelée accords de licence par abonnement  
(payer license agreements ou PLAs) et communément désignée sous le nom  
de modèle Netflix, pourrait être utilisée dans le cas du lénacapavir.

Trois caractéristiques rendent le lénacapavir adapté à ce modèle :  
prix élevé limitant l’utilisation, coûts de production marginaux  
faibles (estimés à moins de 100 dollars), et taux d’utilisation  
prévisibles. Les accords éliminent les coûts marginaux, suppriment le  
besoin d’autorisations préalables et permettent aux pharmacies de  
stocker le produit sans contraintes financières.

Aux États-Unis, les gestionnaires pharmaceutiques et Medicaid, le  
deuxième plus grand financeur pour les patients actuellement sous  
PrEP, pourraient négocier ces accords. L’administration Trump a déjà  
manifesté son intérêt, et un projet de loi bipartisan sur l’hépatite C  
pourrait offrir un cadre pour un accord fédéral incluant les  
non-assurés et populations carcérales. Des pays à revenu  
intermédiaire, exclus des accords de génériques mais ne pouvant  
assumer les prix actuels, pourraient également bénéficier d’accords  
négociés via des mécanismes comme le Fonds mondial.

Les auteurs rappellent que sans action rapide, le potentiel du  
lénacapavir serait retardé d’une décennie. Les accords par abonnement  
représentent une solution pour concrétiser sa promesse, bien que les  
négociations pour un prix à 40 dollars dans certains pays (certes à  
ressources limitées et à très fort niveau d’épidémie, voire notre  
article) démontrent déjà qu’une approche plus radicale de réduction  
des prix reste envisageable.

En France, il semble que la firme n’ait pas encore déposé une demande  
d’autorisation dans cette indication, rappelons-le le médicament est  
déjà utilisé en traitement de l’infection VIH dans des cas de  
multirésistance. Le prix des médicaments remboursés est fixé en  
fonction du service médical rendu (par rapport à l’existant) et du  
nombre de personnes potentiellement concernées. Dans ce cas précis,  
pour le lénacapavir, il s’agit d’une utilisation en prévention, donc  
un grand nombre de personnes, probablement quelques dizaines de  
milliers, pendant une durée potentiellement de plusieurs années. Mais  
pour évaluer le service médical rendu, encore faudrait-il avancer sur  
l’impact possible de cette avancée pour gagner de nouveaux  
utilisateurs et utilisatrices, allonger les durées d’utilisation et  
ainsi accélérer la baisse de la transmission.
