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[Le lien vers l'article accessibmle en ligne et téléchargeable en .pdf :
http://medicine.plosjournals.org/perlserv/?request=get-document&doi=10.1371/journal.pmed.0030124. Bonne lecture]

L'accès universel aux antirétroviraux en Afrique entraînerait une augmentation de la prévalence de l'infection par le VIH, selon des chercheurs britanniques

WASHINGTON, 14 mars (APM) - L'accès universel aux antirétroviraux dans les pays d'Afrique entraînerait une augmentation de la prévalence de l'infection par le VIH, selon un modèle mathématique présenté dans PLoS Medicine.

Rebecca Baggaley, de l'Imperial College de Londres, et ses collègues ont mis au point un modèle permettant de calculer la prévalence et le nombre d'infections par le VIH dans l'hypothèse -totalement improbable- que les antirétroviraux seraient accessibles à tout séropositif africain, et ce en fonction de plusieurs paramètres.

Les chercheurs ont ainsi pris en compte plusieurs possibilités, telles qu'une épidémie plus ou moins forte, un traitement restreint aux patients au stade sida ou administré plus largement, un accès universel acquis avant ou après le pic d'épidémie, mais également le comportement sexuel.

Or, selon leurs résultats, la prévalence et le nombre d'infections seraient plus élevés en cas d'accès universel que dans une situation où personne ne bénéficierait d'antirétroviraux, et ce quel que soit le cas de figure.

L'hypothèse la plus optimiste, selon laquelle toute personne VIH+ en plus du traitement serait informée sur les risques de transmission, mènerait elle-même à une légère augmentation de la prévalence et du nombre d'infections.

Les chercheurs ont ainsi suggéré que, la hausse de prévalence étant inévitable, il fallait minimiser cet effet en informant les patients de la nécessité d'un changement de comportement sexuel.

Ces résultats "suggèrent que la promotion de la sécurité des pratiques sexuelles est essentielle et doit [...] empêcher les désinhibitions (recrudescence des comportements à risque suite à une perception faussée de la protection des traitements contre la transmission virale), non seulement pour les patients VIH+, mais également pour tout individu", ont recommandé les chercheurs.

Selon des chiffres de juin 2005 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), seul 1 million de personnes VIH+ à travers le monde bénéficient d'un traitement antirétroviral alors que 6,5 millions en auraient besoin, rappelle-t-on.

(PLoS Medicine, vol.3, n°4, 12 pages)