Mali : Médicaments illicites : tolérance zéro
l'Essor n°15444 du - 2005-05-03 08:00:00
http://www.essor.gov.ml/sem/cgi-bin/view_article.pl?id=9572
Il était environ 15h30 sous un soleil de plomb, ce vendredi 29 avril,
lorsque le ministre de la Santé, Mme Maiga Zeïnab Mint Youba, accompagnée de
son homologue de l'Industrie et du Commerce, Choguel Kokalla Maiga, sont
arrivés dans la zone aéroportuaire de Sénou, sur le site de destruction des
médicaments illicites et de stupéfiants saisis au niveau des cordons
douaniers.
C'est un gros stock qui va partir en fumée : 1886 cartons de médicaments (ne
répondant pas aux normes d'importation de produits pharmaceutiques et
interdits pour la plupart dans notre pays) et de stupéfiants (des briquettes
de chanvre indien), interceptés ces quatre derniers mois par
l'administration douanière. Les contrebandiers appréhendés venaient du Bénin
et de Guinée.
La volonté des pouvoirs publics de s'opposer à l'entrée en fraude des
médicaments est consacrée par un décret de février 2002 créant la Commission
nationale de lutte contre la vente illicite des médicaments.
Les médicaments illicites ont envahi le marché à une période où l'État, à
travers le département de la Santé, ne disposait pas d'une politique de
santé intégrant un mécanisme d'approvisionnement correct du pays en
médicament. Le phénomène persiste alors que notre pays possède un schéma
directeur d'approvisionnement et de distribution des médicaments.
Les spécialistes relèvent que les médicaments illicites sont généralement
des produits de mauvaise qualité. Ils sont, de surcroît, importés et stockés
dans des conditions violant les normes de la pratique pharmaceutique. Ces
produits se retrouvent souvent à l'origine d'intoxication ou d'accidents
mortels.
Mme Zeïnab Mint Youba rappellera à ce propos la nécessité de barrer la route
aux médicaments illicites voire d'empêcher la vente illicite de médicaments
licites. L'opération de destruction illustre la répression de la vente des
médicaments prohibés, indiquera-t-elle en saluant les efforts déployés par
la Douane et la Commission nationale de lutte contre les médicaments.
Son homologue de l'Industrie et du Commerce situera la saisie dans le cadre
de la lutte contre la fraude et le commerce déloyal. C'est un acte de portée
politique et pédagogique que viennent de réaliser les services de la Douane
car c'est une façon de restaurer l'autorité de l'État, jugera Choguel Maiga
Le ministre de la Santé boutera ensuite symboliquement le feu à
l'amoncellement de cartons de médicaments et de drogue. Les flammes
réduiront en cendres "l'objet du délit" sous le regard des photographes et
d'un cameraman de l'ORTM employés à immortaliser cette purification par le
feu.
B. DOUMBIA