Afrique du Sud : un marché de l’obésité devenu champ de bataille pharmaceutique
(Agence Ecofin) - La concurrence sur le marché des médicaments
anti-obésité s’intensifie en Afrique du Sud, opposant deux rivaux de
longue date des deux côtés de l’Atlantique.
C’est une décision qui ne devrait pas passer inaperçue. Le géant
pharmaceutique danois, Novo Nordisk, a annoncé mercredi 25 mars une
baisse du prix de son traitement contre l’obésité Wegovy, en Afrique
du Sud.
Selon les détails relayés par Reuters, le prix de la dose injectable
la plus faible est passé de 3 090 rands (181,7 $) à 1 873 rands,
tandis que le prix de la dose la plus élevée a été réduit de 27% à 3
746 rands.
Une compétition intense
En jouant sur les prix pour la seconde fois depuis décembre,
l’entreprise qui a débarqué dans la première économie industrielle du
continent en août 2025 entend devancer le rival américain Eli Lilly.
Le laboratoire d’Indianapolis avait lancé son produit phare Mounjaro
via son partenaire local Aspen dès décembre 2024 pour le traitement du
diabète de type 2, avant que celui-ci ne soit autorisé en octobre 2025
pour la perte de poids.
Avec cette baisse, le produit de la dose la plus faible de Novo
Nordisk est désormais plus compétitif que celui de son concurrent qui,
d’après les données de Reuters, se commercialise à partir de 3 600
rands.
Si cette démarche devrait lui permettre de rééquilibrer à son avantage
le rapport de force, l’entreprise a encore d’autres cartes à jouer.
Elle réfléchit notamment à une nouvelle diminution de ses tarifs
notamment au niveau de sa seconde dose et envisage aussi d’introduire
la version en comprimés du Wegovy dans le pays.
Un marché à fort potentiel
Cette bataille en cours entre les deux protagonistes sur le marché
sud‑africain des traitements de l’obésité s’explique par son potentiel
intéressant tant par sa taille que par ses perspectives de
développement. Dans la nation arc-en-ciel, plus de la moitié de la
population adulte – et plus des deux tiers des femmes – vit
aujourd’hui en situation de surpoids ou d’obésité, soit l’un des
niveaux les plus élevés d’Afrique subsaharienne, selon les données de
l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Se confiant à Reuters en août dernier, Sara Norcross, directrice
générale de Novo Nordisk Afrique du Sud estimait que moins de 1 % sur
environ 20 millions de personnes en surpoids ou obèses bénéficient
actuellement d'un traitement, ce qui ouvre des opportunités de vente
importantes pour l’entreprise.
Cette rivalité des deux laboratoires dans la nation arc-en-ciel
s’inscrit dans une dynamique mondiale. En Europe comme en Amérique,
ils s’affrontent pour gagner des parts sur un marché des traitements
contre l’obésité que Goldman Sachs Research estime à environ 100
milliards de dollars par an, d’ici 2030.
Du point de vue réglementaire, les entreprises peuvent également
espérer un environnement plus favorable globalement. Selon Reuters,
citant un document interne de l’OMS, début mai 2025, l’organisation se
préparerait pour la première fois à soutenir officiellement l’usage de
médicaments amaigrissants dans le traitement de l’obésité chez
l’adulte. Une approche qui romprait avec une position qui privilégiait
avant tout la prévention et les changements de mode de vie et de
consommation.
Espoir Olodo