[e-med] (11)Initiative de Bamako: quelques réflexions

En réponse au message du Dr Sergio Giani

Bonjour Sergio,

J¹ai lu avec beaucoup d¹attention votre message sur la mise en ¦uvre de
l¹IB au Mali.
Je voudrais simplement vous inviter à rechercher et à lire l¹histoire de
l¹Assistance Publique des Hôpitaux de Paris. Surtout du passage de l¹Hôtel
Dieu
aux hôpitaux publics.
En lisant votre message, j¹ai pensé que la Loi de François Premier, Roi
de France sur la santé devait être appliquée au Mali et maintenant.
Par contre Je serais d¹accord avec vous sur la médecine traditionnelle.
Je crois qu¹au Burkina Faso, dans le cadre de la normalisation des
centres de santé, il est en cours d¹avoir une salle de consultation pour
les
tradipraticiens. Je veux dire que dans une aire de santé, tous les
tradipraticiens devaient exercer au centre de santé le plus proche de leur
résidence. Cela permettra d¹améliorer le taux de fréquentation et réduire
le
taux de mortalité.
En effet, en milieu rural, les consultations aux centres santé se fait
lorsque la situation du patient devient très critique. Au même moment, la
famille avait déjà dépensé toutes les ressources du ménage pour avoir
accès aux
remèdes traditionnels.
Je n¹ai pas de données d¹une étude pour confirmer. Par contre je sais
que les prix des produits et services de médecines traditionnels sont
encore
plus élevés que ceux des médicaments essentiels.
Un coq, une poule, une chèvre couteraient encore plus chers que la prise
en charge thérapeutique annuelle du paludisme simple des membres d¹un
ménage de
7 personnes.
C¹est claire, de nos jours l¹accès financier aux ME ne serait pas un
problème si les « gens » le voulaient. Je veux parler de la Banque
Mondiale par exemple. Il suffit de conditionner l¹accès aux dettes par un
« indicateur traceur d¹accès aux ME en milieu rural ». Nous verrions
comment la chanson sera récitée dans les radios, les télévisions et les
journaux par les Présidents, les Premiers Ministres et autres membres de
gouvernement. Donc par les directeurs généraux et autres directeurs, ect.
Cet indicateur sera tellement pris au sérieux que tous les moyens seront
mise en ¦uvre pour atteindre le taux fatidique de 90 % d¹accès financier en
milieu rural aux médicaments essentiels.
Tous les experts de santé publique savent comment rendre les ME
financièrement disponible en milieu rural.
Et d¹ailleurs depuis des siècles dans les villages, des organisations,
des coopératives et des groupements existaient pour nous faciliter le
travail.

De nos jours, les ménages savent aussi qu¹ils
doivent s¹organiser pour avoir une bonne accessibilité financière aux ME.
Ils
veulent la réalisée par eux-mêmes et pour leur meilleure santé.
A mon avis, Il nous appartient de les accompagner à mieux adapter leurs
connaissances aux besoins du système de santé actuel. Ces besoins, c'est
nous,
les gouvernants, les institutions et organisations internationales.

Beaucoup avaient réfléchis à la place des ménages,
il est temps que les ménages eux-mêmes réfléchissent pour leur propre bien
être.

Bien à vous et bon week-end à tous !

Dr Hamado SAOUADOGO
Pharmacien de santé publique
Spécialiste en management des systèmes de santé