[e-med] Bientôt des médicaments vendus à l'unité? (France)

Bientôt des médicaments vendus à l'unité

C.G. | Publié le 26.09.2013, 08h12 | Mise à jour : 10h18

http://www.leparisien.fr/societe/bientot-des-medicaments-vendus-a-l-unite-26
-09-2013-3171217.php

L'achat des médicaments en boîte ne sera bientôt plus la règle. Leur vente à
l'unité va être testée dans plusieurs régions. | LP/LAURENT JADE

Faire des économies et mieux protéger la santé des Français. Ce double
objectif a été défendu ce jeudi matin, sur i>Télé, par la ministre de la
Santé <http://actualites.leparisien.fr/sante.html&gt; , Marisol Touraine, qui a
annoncé une période de test concernant la vente de médicaments à l'unité.
Alors que l'achat en boîte est la règle, se procurer des médicaments à la
pièce va être possible dans «certaines régions et certaines pharmacies» le
temps d'un essai.

Les résultats de cette expérimentation permettront d'étendre ou non la
mesure à l'ensemble du territoire. «Nous allons commencer par les
génériques», a expliqué Marisol Touraine.

La mise en place de ce système permettrait de faire des économies en vendant
les médicaments en moins grande quantité, alors que le gouvernement cherche
à réduire le déficit de la Sécurité sociale
<http://www.leparisien.fr/economie/l-assurance-maladie-va-devoir-se-mettre-a
u-regime-sec-25-09-2013-3169265.php> . Il permettrait aussi de mieux soigner
les Français selon la ministre. «Les médicaments entassés dans une armoire à
pharmacie amènent des gens à prendre des médicaments pas forcément adaptés»,
a-t-elle expliqué, s'appuyant sur le fait qu'il y a «1,5 kg, en moyenne, de
médicaments non utilisés par chaque Français». Cette mesure limiterait donc
également le gâchis de médicaments.

Pour que la vente de médicaments à l'unité permette de véritablement
réaliser des économies, Marisol Touraine a précisé qu'il ne serait pas
nécessaire de repasser chez le médecin généraliste pour tout nouvel achat.
Une nouvelle ordonnance ne sera pas nécessaire pour avoir quelques
médicaments en plus, correspondant à la prescription d'origine, tant que les
quantités restent limitées. Mais, normalement, le pharmacien aura donné au
patient, dès le premier passage en pharmacie, le nombre de médicaments dont
il a besoin pour se soigner.

Gilles Bonnefond, président <http://actualites.leparisien.fr/president.html&gt;
de l'Uspo (Union des syndicats de pharmaciens d'officine), a réagi avec
réserve à cette proposition. «Je suis prudent, ça n'a pas été préparé.
Attention aux systèmes couteux et inadaptés», a-t-il déclaré sur Europe 1.
Quant aux éventuelles économies que pourrait générer ce mode de vente, il
considère que les pharmaciens ne délivrent pas trop de médicaments. «Nous
délivrons ce qui est prescrit par les médecins. Les pharmaciens ne poussent
pas au gaspillage.»

LeParisien.fr

Chers E-Mediens
Je suis surpris par cette demarche sur trois points au moins
  * Pourquoi reserver la vente a l'unite aux medicaments genÃeiques. Normalement ils sont moins chers que les produits princeps. La mesure, ainsi presentee, risque de degrader l'image de ces produits. J'aurais plutot compris que la phase pilote concerne des groupes therapeutiques, ou des formes pharmaceutiques (Produits sous blister, injectables...) avec aussi bien les generiques que les princeps
  * La porte ouverte au renouvellement "a l'appreciation" risque d'annuler les effets attendus, s'ils existent, et mettra le Pharmacien dans une position delicate si elle n'est pas parfaitement encadree
  * La vente de medicaments en vrac est bien implantee chez les anglosaxons avec tout un environnement technique technologique et culturel (piluliers, informatisation du systeme d'etiquetage, dispensation differee dans le temps....)

Cependant il faut reconnaitre qu'en matiere d'usage rationnel du medicament l'approche est excellente et il vaut mieux rester sur ce terrain. Honnetement je pense que le vrac, bien fait sur le plan pharmaceutique, coute aussi cher que la dispensation par paquet toutefois sur le plan Sante Publique et Usage Rationnel des Medicament ses avantages sont indeniables

Pr Amor TOUMI

Bonjour à tous,
Encore une fois, une décision par un ministre qui n'y connait rien au
médicament et n'a pas étudié la complexité du problème de la dispensation
à l'unité, un joli effet d'annonce plus politique que scientifique basé sur
une idée préconçue fausse. La contenance des conditionnements a été calculée
sur des durées standard de traitement avec des posologies moyennes. Ce n'est
pas les 3 ou 4 cps ou gélules qui peuvent rester dans le conditionnement à
la fin d'un traitement qui font le trou de la Sécurité Sociale ! Les
médicaments non utilisés qui nécessitent une structure comme Cyclamed sont
issus essentiellement de la non observance par les patients de leurs
prescriptions. A traiter en amont.
Par contre la dispensiation de médicaments à l'unité entraine des problèmes
insolubles :
- N° de lots, dates de péremption nécessiteront pout le pharmacien de
refaire des conditionnements apportant ces informations.
- Notice ? Sans doute rarement lue par le patient mais qui a son rôle et est
obligatoire.
- L'ouverture du conditionnement apportera une rupture dans la chaîne de la
traçabilité et pourra exonérer le Laboratoire fabricant de sa responsabilité
!
C'est vrai ça se fait au Royaume Uni depuis longtemps, c'est aussi en Europe
un pays qui compte beaucoup de contrefaçons...

Jean-Yves Videau
Phramacien en retraite

Tout à fait d'accord avec Jean Yves (que je salue au passage). Il est d'ailleurs peu probable que cela aboutisse un jour. Probablement une gesticulation politique pour noyer le poisson de l'impossible équilibre budgétaire.
Amicalement,
Jean Louis Roche

Bien sût cette mesure démagogique sous la pression de médias mal informées
n'apportera pas beaucoup d'économies et supprimera le principe de qualité
français (traçabilité jusqu'à la délivrance patient).
Il en tout cas tout à fait anormal de réserver cela aux génériques : déjà
qu'ils sont déconsidérés en France que vont-ils devenir?
Et cette mesure ne touche pas au fond du problème qui est la prescription
médicale avec des ordonnances de plus de 4 produits, des mentions abusives
NS, la non utilisation de la DCI, des produits connus pour leur non
efficacité, etc. etc.

Dr Jean Loup Rey
Santé publique

Chers E-Mediens

« L'achat des medicaments en boite ne sera bientot plus la regle. Leur vente a l'unite va etre testee dans plusieurs regions »

Des lors que l on se lance dans une operation de cette envergure, avec pour effet subliminal de reduire le deficit en matiÃee de dispensation de medicament, il est avere que toute ces bonnes intentions qui ont pour objectifs, une logique de reduction economique sont vouees a un demi echec.

Le fait de demarrer par les generiques n est egalement pas un bon choix au moment ou l on ressent un niveau d acceptabilite en diminution dans notre pays.
J acquiesce aux propos de Mr Amor TOUMI (que je salue au passage, me souvenant de l une de ses dernieres interventions au forum de Carthage de Tunis, lorsque nous parlions de la technopole de Sidi Thabet).

Il faut definir les contours d une sante par tous et pour tous, responsable et mettre en place des prealables qui tiennent a la logique d une filiere (systeme d nformation, dispensation differee et regulee sans pour autant faire des Pharmaciens des « gardes rouges » aupres de leur patientelle.

L operation pilote qui reste confinee aux generiques sur certaines regions auraient du inclure des regions « princeps » et des « regions generiques » et des « regions mixtes » afin de faire une evaluation tout au long de l experimentation.

Ceci dit, il s agit aussi d education des patients sur la preservation des produits de sante, leur conservation et la securite en matiere de tracabilite des produits.

Un bon stratege tente de regarder autour de lui, des experiences en vrac similaire, notamment dans la grande distribution et l on a constate que les manipulations, le réassortiment, le respect des DLV peuvent accroitre fortement les couts et engendrer des pertes qui correspondent aux durees de traitement, de nombreux produits en vrac.

Dans le cas de cette experimentation, les produits de sante soit seraient dans un premier temps de- blisterises soit acheminees en vrac (sur le plan logistique ce serait un gageur) ne serai-ce parce que les pharmaciens dans un souci de rationalisation ont acquis des automates par toboggan.

De plus, de nombreux medicaments sont sensibles a l humidite et se delite, ce qui n est pas tres raisonnable s ils s agit d un enrobage particulier et des excipients à liberation differee.

De plus, les pharmaciens jouent assez bien leur role de « stoppeur » de dispensation de medicament des lors qu ils constatent que le patient reclame des produits via une nouvelle ordonnance alors que l informatique de l officine deduit que ce patient dispose de suffisamment de produits.
   
J en deduit que c est en aval que cela doit se regler , c'est-Ã -dire au niveau de l industriel, si l on est capable de faire des blisters de 8 gelules on est aussi capable d en faire de 2 ou de 4 ou de 10, etc..

Prenons le cas d un produit tel que l HYdroxyzine diclorhydrate 25 mg 30 comprimes (Atarax®) qui est un anxiolytique preconise pour tout patient devant faire un scanner avec injection et preconis pour les allergies afin de prevenir les oedemes de quick . La posologie est de deux comprimes, mais dites moi, quel est le laps de temps entre un prochain scanner. Oui il est vrai que la date de peremption est longue, mais il est si facile ne se perdre dans le flot de son stock pharmaceutique familial de securite et encore plus facile pour une nouvelle prescription qui passe par le cabinet de radiologie/scanner, la facilite entraine le gaspillage.

Alors que faire pour etre rationnel, l une des pistes a envisager serait simplement de valider une fois pour toute les directives des industriels qui en accord avec la profession et les études cliniques precisent la duree normal d un traitement en jours, en semaine ou en mois et qu a partir du moment ou l on souhaite continuer un traitement, a l issu du traitement initial et en accord avec le medecin referent et le pharmacien , la possibilité de renouveler le traitement au moins deux fois puis un ticket moderateur serait exige au troisieme renouvellement lequel n est souvent qu un concentre d habitudes et de confort.
L industrie pharmaceutique, creait donc des blisters avec le nombre requis de comprimes calcules sur la dose admissible d un traitement lambda, la logistique ne varie pas et par consequent, pas de reel surcout.

Le vrac est une fausse bonne idee meme si l idee sur le plan sanitaire a sa justification medicale, mais les risques induits de detournement de produits non tracables constituent un risque sanitaire important pour les populations.

La logique de filiere doit etre auscultee avec precision et ne jamais perdre de vue que les produits vendu en vrac sur le marché traditionnel ne sont pas tous des produits plus seins que ceux sous emballage ( je pense au constat de la repressions des fraudes et notamment, aux legumes soit disant du terroir, aux huiles en vrac reconditionnees sous un label falsifie).

Une table ronde sur l amenagement des process industriel avec les acteurs de sante, les industriels de la sante, l etat et les associations de consommateur doit etre mise en place en amont pour evaluer les impacts d une telle décision politique.

De plus, les pharmaciens « regulateurs » sont souvent indisponibles car occupe a la gestion globale aussi, ce sont donc des preparateurs qui assureraient cette regulation, s ils etaient seuls decideurs il est fort a parier qu ils prendraient des directives souples et humaines comme des elements de coercition, avec le pouvoir qu ils auraient sur le patient, surtout le plus pauvre et le moins averti.

Analogiquement, les specialistes du ramassage des dechets urbains au niveau des poubelles selectives jaune, grise, bleu et verte, ont une tendance marquee a ne pas prendre la poubelle jaune (papier) si une canette unique s y trouve, alors non, il faut un debat objectif et constructif qui soit base sur l evidence et ou le patient a son mot a dire.

Jose Manuel BOUDEY
Economiste et Juriste de santé publique
Expert International Independant
+33(0)6 84 528 550

bonjou ra tous
je pensais qu'un confrere malien aurait reagi rapidement; chez nous, le Decret N 95-425/P-RM du 6 Decembre 1995 autorise le deconditionnement des produits suivants:
a) conditionnement double (2 tubes dans une boite)
b) boite de plusieurs blisters (4 et plus)
c) poudres pour preparations injectables
d) ampoules injectables (4 et plus)
j'ajoute personnellement qu'il appartient au pharmacien de tenir compte de la prescription, de la possibilite du moment du patient sans nuire a la bonne observance (quantite pour au moins une cure).

Pr Koumare

Cher Pr Koumare,
A premiere vue, le decret est interessant ! Toutefois, cet interet est limite pour les pathologies de courte duree. Le malade chronique a souvent besoin de conditionnements plus importants que ceux indiques. Le fractionnement indique me semble donc ainsi limite.
Chez les angloxasons, le medecin prescrit et le pharmacien adapte le conditionnement au patient/ client. Biensur les quantites maximales sont aussi defines.
Best

Dr. Armand S. NKWESCHEUMD, MPH
Epidemiologist/ Research Officer -

(Selon le dr Olivier Ewane, pharmacien au Cameroun, beaucoup d'ordonnances ne contiennent même plus de durée de traitement au Cameroun, ce serait au pharmacien de proposer au patient la durée du traitement... est-ce le résultat de l'influence anglophone ? Les pharmaciens camerounais ont-ils été bien préparés à cet exercice? Quid en regard avec la législation en vigueur ?
CB)

Dr Nkwescheumd,
C'est la raison pour laquelle j'ai ajoute la remarque personnelle de ma modeste experience. J'ajoute que notre texte prevoit 4 blisters; deja a 2 j'accepte le deconditionnement. L'essentiel comme vous l'avez dit, et que j'avais indique en remarque personnelle, c'est l'adaptation que fait le pharmacien pour ne pas sacrifier l'observance et l'efficate. C'est peut-etre ma deformation de pharmacologue/toxicologue qui m'y a conduit .
Pr Mamadou Koumare

Cher Professeur Koumaré,
La remarque de Dr Olivier Ewané du Cameroun est pertinente. Je ne suis pas pharmacien pour apprécier l'ampleur du problème au jugé mais j'ai noté une "légèreté " dans la formulation des ordonnances ici chez nous. Pourtant nos enseignants sont clairs et formels lors de la formation.
Je voudrai d'emblée dire que ce n'est pas une influence angloxasone. Cette légèreté s'observe chez les prescripteurs de toute obédience. Je pense tout simplement à un manque de rigueur de la part des professionnels. Dans le même chapitre, j'ajouterai le problème des prescriptions illisibles! C'est même une faute de la part du prescripteur car une mauvaise exécution pourrait avoir des conséquences néfastes.
En principe une ordonnance mal formulée ne saurait être servie par le pharmacien. Il/elle devrait la renvoyer au prescripteur et , ainsi beaucoup pourront s'améliorer.

En somme, Pharmaciens et prescripteurs devraient travailler en collaboration pour une meilleure prestation au client.

Best

Dr. Armand S. NKWESCHEUMD, MPH
Epidemiologist/ Research Officer - Division of Health Operations Research.
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