[e-med] Escroquerie en France : 30 000 euros de médicaments détournés vers le Congo

Publié le 11/03/2011 07:41 | Jean Cohadon
30 000 € de médicaments détournés vers le Congo
escroquerie
http://www.ladepeche.fr/article/2011/03/11/1032609-30-000-de-medicaments-detournes-vers-le-Congo.html

L'homme achetait des médicaments « classiques », paracétamol et aspirine par
exemple./Photo DDM, archives Un homme de 47 ans, officiellement spécialisé
dans l'import - export vers l'Afrique, est soupçonné d'avoir roulé la caisse
primaire d'assurance maladie et 64 médecins toulousains. Il est accusé de
s'être fait prescrire 30 000 € de médicaments expédiés ensuite vers le
Congo.
Œuvre humanitaire vers un pays en mal de produits de soins ou escroquerie
efficace pour arrondir ses fins de mois ? Les enquêteurs de la brigade
financière préfèrent la deuxième hypothèse. Ces policiers toulousains sont
convaincus que l'association caritative mise en avant par ce suspect de 47
ans n'est qu'une coquille vide. Et que les démarches successives effectuées
chez différents médecins toulousains par le suspect visaient simplement à
stocker un maximum de médicaments avant de les expédier vers l'Afrique pour
grossir ses revenus.
L'alerte a été donnée par la caisse primaire d'assurance maladie qui a
comptabilisé en l'espace de dix mois, entre mai 2009 et octobre dernier, pas
moins de 186 ordonnances prescrites par 64 médecins différents de Toulouse.
Cette frénésie de visites et de prescriptions de médicaments a coûté à la
sécurité sociale la bagatelle de 30 000 € ! Et comme le « patient »
bénéficie de la CMU (la couverture maladie universelle), ces frais médicaux
ne lui ont pas coûté un euro. Sentant l'arnaque, à l'automne, la caisse
primaire a mis en action son service médical pour vérifier si l'homme
souffrait d'une vraie pathologie ou s'il forçait sur l'aspirine à des fins
peu honnêtes. Le patient a alors interrompu son marathon chez les médecins
mais l'enquête s'est poursuivie. Et les policiers de la Financière ont été
d'autant plus attentifs que le suspect n'est pas tout à fait un inconnu. En
effet son passé est marqué par des manœuvres « frauduleuses ».
Lors de sa garde à vue, cet homme qui dit travailler dans l'import-export
vers l'Afrique a juré avoir œuvré en faveur d'une association humanitaire
qu'il a créée dans son pays natal, le Congo. « Santé pour tous » n'a pas
d'existence légale en France mais serait déclarée en Afrique. Les policiers
doutent et de toute façon, l'escroquerie au détriment de la caisse primaire
et des médecins, dont vingt-deux ont déjà déposé plainte, est constituée.
L'homme a quitté les bureaux de la sûreté départementale avec une
convocation devant la justice pour « escroquerie ». Et il sera jugé en
octobre par le tribunal correctionnel.

La sécu veille
À l'ère de l'informatique, on peut se faire délivrer 186 ordonnances par 64
médecins différents avant que la Sécurité sociale réagisse. Même si le
système du médecin traitant limite les abus, rien n'empêche de consulter
deux médecins différents dans la même journée. Et le médecin, sauf demande
ad hoc et accord du patient, ne peut le savoir. Seulement la Sécurité
sociale, via son système informatique, voit apparaître les anomalies et
intervient. Et de plus en plus souvent. Vers les assurés comme les
professionnels de la santé.