[e-med] L’auto-évaluation des compétences des communautés pour mieux faire face au paludisme

[que pensez-vous de cette initiative ?CB]

L’auto-évaluation des compétences des communautés pour mieux faire face au
paludisme
Août 2007 - Editorial du Docteur Soliou BADAROU
http://www.santetropicale.com/benin/bada0807.htm

Plus qu’un problème de santé publique, le paludisme est devenu aujourd’hui
un problème de développement. Malgré les succès enregistrés au Bénin, des
efforts restent encore à consentir quant à l’atteinte des objectifs d’Abuja,
surtout dans un contexte de limitation des ressources financières, de faible
implication et d’appropriation des initiatives de lutte contre le paludisme
par les communautés à la base. Conscient de cette réalité, le médecin-appui
paludisme des départements du Borgou et de l’Alibori, Dr Akogbéto Pétas et
son équipe a initié à titre expérimentale, une approche dite
d’auto-évaluation des compétences des communautés face au paludisme qui est
une initiative qui vise d’une part à mieux faire adhérer les populations à
la lutte contre le paludisme et d’autre part à renforcer leurs compétences
face au paludisme. Cette initiative a ciblé les villages de Guinagourou, de
Nassy, de Gninsy, de Sontou et de Sandilo dans la commune de Pèrèrè
(département du Borgou) au nord-est du Bénin. Elle a durée de septembre 2006
à Avril 2007 et vise deux objectifs, il s’agit d' :

* Amener les communautés de ces 5 villages à auto-évaluer leurs
compétences face au paludisme
* Amener les communautés des 5 villages ciblés à la planification et à
la mise en œuvre d’interventions qui concourent d’une part au renforcement
de leurs compétences et d’autre part à la lutte contre le paludisme

Les différentes phases de cette approche peuvent être résumées comme suite
(Evaluation de base, formation des facilitateurs communautaires,
auto-évaluation des compétences, atelier de partages d’expériences, réunion
de microplanification, mise en œuvre des microplans, suivi de la mise en
œuvre, évaluation finale)

Principaux résultats obtenus :

* Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans ayant accès à un traitement
rapide et adéquat dans les 24 heures suivant l’apparition de la fièvre est
passé de 38 à 88%
* Pourcentage de ménages disposant de moustiquaires imprégnées de 20 à
62%
* Pourcentage de femmes enceintes qui dorment sous moustiquaires
imprégnées de 20 à 40 %
* Pourcentage des femmes enceintes ayant bénéficié d’un traitement
préventif intermittent correct à la sulfadoxine-sulfadoxine de 36 à 70%

Cette approche qui mérite d’être généralisé à l’ensemble de nos contrées a
l’avantage de faciliter la responsabilisation et l’implication effective des
populations dans la planification et la mise en œuvre des activités de lutte
contre le paludisme, encourager l’appropriation par les communautés des
initiatives de lutte contre le paludisme, de minimiser les coûts des
activités et par conséquent la rationalisation des ressources financière et
enfin promouvoir l’apprentissage et l’échange au sein des communautés et
avec d’autres communautés en vue de l’acquisition de compétences.
Vivement que cette belle initiative du Dr Akogbéto et son équipe ne s’arrête
pas et que d’autres puissent lui emboîté le pas.

Parakou, le 29 août 2007 Docteur Soliou BADAROU

Cette initiative doit être félicitée, encouragée, et entourée de manière à
pouvoir y appliquer des indicateurs d'efficacité standardisés permettant
des études comparatives.

Il est en effet essentiel de se baser sur une approche communautaire pour
envisager une lutte efficace contre le paludisme.

Il est inutile de distribuer des médicaments:
         1) si l'ensemble de la population n'est pas sensibilisée à une
prise en charge rationnelle du paludisme à partir des moyens dont elle dispose
         2) si on lui impose un nouveau traitement plutôt que de le lui
proposer par une approche communautaire

Ces initiatives, pour l'instant bénévoles, doivent être renforcées et
financées au niveau international car elles représentent un des maillons
essentiels des programmes d'approvisionnement en médicaments.

Pascal MILLET
Université Victor Segalen Bordeaux2
pascal.millet@u-bordeaux2.fr

Je salue à sa juste valeur l'initiative d'abord de cette pertinente approche
pour susciter la participation pleine et active de la communauté.
Chapeau bas aux concepteurs de cette approche; approche qui mériterait par
ailleurs a être démultipliée dans nos zones afin de faire bouger davantage
certains de nos indicateurs.

Encore merci de partager la stratégie particulièrement utilisée pour
améliorer le taux d'utilisation des moustiquaires au niveau communautaire
car une chose est d'essayer de les rendre disponible, mais c'est tout un
programme que de s'assurer de l'utilisation effective par les populations
cibles (femmes enceintes et même enfants de moins de cinq ans).

Serigne Diagne
Conseiller Technique MSH/RPM Plus
Dakar Sénégal

Bonjour,

Cette approche communautaire est intéressante et montre l'impact en matière d'efficience d'accès aux soins primaires et secondaires, l'efficacité en terme de réduction de morbidité sera un atout supplémentaire pour pérenniser les acquis.

Quelles sont les retours d'expériences relatives aux modalités pratiques de la réimprégnation des moustiquaires, achat du produit, procédures de dilution, trempage, séchage?

Damien OTT
Médecin de santé publique
damienott@hotmail.com

Bonjour,

Un point additionnel à renseigner relativement à réimprégnation des
moutiquaires, est la dangerosité des produits utilisés et leurs conséquences
sur les personnes qui les manipulent...

Dr Issa DRAME
Evaluateur principal
ccde@aviso.ci

Les 7é et 8é forums pharmaceutiques internationaux tenus à Brazzaville et lomé avaient dans leurs recommandations respectives demandées aux Ordres et Syndicats des pharmaciens d'intensifier la lutte contre la vente illicite des médicaments.

L'analyse de ce fléau au cours du 8é forum pharmaceutique tenu à Lomé a revelé un grand nombre de dysfonctionnements des systèmes d'approvisionnement, de distribution du médicament en Afrique auxquels s'ajoutent l'inaccesssiblité des populations aux médicaments essentiels. L'exploitation de l'ignorance de ces dernières est faite par les vendeurs des médicaments de la rue alimentés par des sources variées qui partent de l'officine, des organes de gros, des centrales d'achat, des hopitaux, des pays frontaliers et de délégués médicaux.

Les derniers cités parmi lesquels se trouvent malheureusement des "égarés" viennet d'être suspendus de visites dans les officines pharmaceutiques du Congo Brazzaville suite à la prise la main dans le sac par les services de police commis par le syndicat d'un des leurs au cours d'une livraison de médicaments aux vendeurs de la rue. Cette suspension amenera certainement les deux parties à une concertation responsable afin que le médicament soit manipulé par des personnes assermentées.
  
dr Kambou Alphonse
sg synaphac
ispharmaf@yahoo.fr

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