[e-med] Le Brésil se dote d'une usine publique de préservatifs en Amazonie

Le Brésil se dote d'une usine publique de préservatifs en Amazonie
BRASILIA, 30 nov 2005 (AFP)

Le Brésil est en train de construire la première usine publique de
fabrication de préservatifs dans le cadre de sa politique de lutte contre le
sida, a-t-on appris mercredi de source officielle.

Pedro Chequer, chef du programme anti-sida du Ministère de la Santé, a
indiqué que l'usine implantée à Xapuri, dans l'Etat amazonien de l'Acre,
producteur de latex, commencera à produire un million de préservatifs
l'année prochaine.

"C'est la première fabrique d'Etat de préservatifs du Brésil et peut-être du
monde", a souligné Chequer.

L'installation de l'usine à Xapuri, localité où Chico Mendes, le défenseur
de l'Amazonie avait été assassiné par des tueurs en 1988, permettra de
répondre aux besoins de la région en matière de prévention et de traitement
du sida.

Le ministère a plus de mal à implanter son programme anti-sida dans la
région amazonienne où des populations vivent dans des régions reculées.

En 2006, le gouvernement brésilien distribuera gratuitement un milliard de
préservatifs dans le pays contre 650 millions cette année.

Le programme de prévention et traitement du sida qui prévoit la distribution
gratuite de 17 médicaments anti-rétroviraux a permis depuis 1996 de
contrôler l'épidémie au Brésil où l'on estime à 600.000 le nombre de
séropositifs et de malades, soit la moitié du nombre qui avait été prévu
pour l'an 2000.

Les campagnes publicitaires du ministère en faveur de l'utilisation massive
du préservatifs ont provoqué des frictions avec l'Eglise catholique qui ne
reconnaît pas son efficacité et prône l'abstinence sexuelle.

Mercredi, le ministre de la Santé, Saraiva Felipe, a déclaré que le Brésil
continuerait à utiliser tous les moyens disponibles de lutte contre le sida
"sans tenir compte des considérations morales ou religieuses".

La campagne de lutte contre le sida visera spécialement en 2006 les
populations noire et métisse, généralement les plus pauvres, qui sont les
plus touchées par la pandémie.