[e-med] L'Europe envisage des solutions pour les maladies «négligées»

L'Europe envisage des solutions pour les maladies «délaissées»
14 septembre 2010

L'Union européenne envisage d'encourager les groupes pharmaceutiques à
trouver des traitements contre des maladies délaissées, en leur offrant de
mettre sur le marché plus rapidement leurs médicaments qui rapportent.
David Ridley, professeur à l'université Duke (Etats-Unis) et Alfonso
Calles-Sánchez, expert au Bureau des brevets espagnols et ancien responsable
de la politique pharmaceutique à la Commission européenne, font campagne
pour un système de priorités pour la commercialisation des médicaments
similaire à celui qui a été adopté en 2007 aux États-Unis.

David Ridley et Alfonso Calles-Sánchez détaillent leur idée dans la revue
médicale The Lancet du 11 septembre. Ils écrivent: «Nous proposons une étape
supplémentaire qui pourrait être franchie pour encourager le développement
de médicaments pour les maladies laissées de côté», dans l'Union européenne.

Le système consisterait à «récompenser un fabricant qui a mis au point un
nouveau médicament contre une maladie négligée avec un 'bon' qui permettrait
à un futur médicament, probablement à grand succès, d'être étudié plus
rapidement».

Selon David Ridley, cité dans un communiqué de Duke, «les scientifiques
connaissent des molécules qui pourraient potentiellement agir contre des
maladies délaissées, mais ils sont généralement incapables de convaincre de
dépenser des millions pour tester ces molécules». Et d'ajouter: «Un 'bon'
européen offrirait une incitation forte pour les organisations, afin
qu'elles utilisent leurs connaissances et leurs ressources pour trouver des
solutions pour des pathologies qui seraient ignorées autrement.»

Dans l'avenir, la mise en place d'un tel projet pourrait permettre le
développement de traitements contre des maladies qui n'intéressent pas les
laboratoires pharmaceutiques car elles ne sont pas «rentables», et avoir un
impact sur «un milliard de personnes dans le monde touchées par des maladies
traditionnellement délaissées, comme le paludisme, la tuberculose, la
leishmaniose, et la filariose lymphatique, qui posent de très gros problèmes
de santé publique».

Le milliardaire Bill Gates, grand philanthrope, résume le mécanisme: si un
groupe pharmaceutique «met au point un médicament contre le paludisme, votre
médicament rentable contre le cholestérol pourrait être proposé sur le
marché un an plus tôt. Cette étude [de mise sur le marché] prioritaire
pourrait valoir des centaines de millions de dollars.»

Pour plus de détails, lire l'article Introduction of European priority
review vouchers to encourage development of new medicines for neglected
diseases.

The Lancet, Volume 376, Issue 9744, Pages 922 - 927, 11 September 2010
doi:10.1016/S0140-6736(10)60669-1Cite or Link Using DOI
Introduction of European priority review vouchers to encourage development
of new medicines for neglected diseases
Original TextProf David B Ridley PhD ab, Alfonso Calles Sánchez MS bc

http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(10)60669-1/abstract

Summary
Every year 1 billion people worldwide are affected by traditionally
neglected diseases, such as malaria, tuberculosis, leishmaniasis, and
lymphatic filariasis, which impose tremendous public health burdens.
Governments, foundations, and drug manufacturers have, however, started to
support development of new treatments. European Union Member States have
been leaders in implementing so-called push mechanisms (payment for drug
development) and pull funding (reward for output), such as the advance
market commitment, which creates a market for vaccines by guaranteeing
prices. We propose an additional step that could be taken to encourage
development of medicines for neglected diseases. A priority review voucher
scheme, as is already in place in the USA, would reward a manufacturer that
developed a new medicine for neglected diseases with a voucher that could be
redeemed for priority review of a future medicine, probably a potential
blockbuster drug. Unlike the US system a European voucher would also
accelerate pricing and reimbursement decisions. This scheme would be likely
to provide substantial benefits to voucher holders, society, and public
health organisations.