E-MED: Nouveau traitement contre la leishmaniose visc�rale
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Communiqu� de presse OMS/46
17 juin 2002
http://www.who.int/inf/fr/cp-2002-46.html
95 % D�EFFICACIT� POUR LE NOUVEAU TRAITEMENT CONTRE LA LEISHMANIOSE
VISC�RALE
L�Inde homologue le premier m�dicament par voie orale contre la leishmaniose
visc�rale, une maladie mortelle de la pauvret�.
Les chercheurs ont d�velopp� un nouveau m�dicament pour les 500 000
personnes atteintes chaque ann�e de leishmaniose visc�rale, �galement
appel�e � kala-azar � ou � maladie noire �. Cette mol�cule, la milt�fosine
(Impavido�), pourrait sauver la plupart des 60 000 malades qui en meurent
tous les ans. Elle sera vraisemblablement moins ch�re et plus facile �
administrer que tous les traitements actuels. Elle a gu�ri 95 % des patients
trait�s au cours des essais cliniques.
La milt�fosine est le premier m�dicament par voie orale contre la
leishmaniose. Il est pass� du laboratoire � l�homologation en six ans (alors
qu�il faut deux fois plus de temps pour la plupart des m�dicaments), gr�ce �
la collaboration entre les autorit�s indiennes, le fabricant, le laboratoire
biopharmaceutique allemand Zentaris, et le TDR, programme de recherche sur
les maladies tropicales parrain� par la Banque mondiale, le Programme des
Nations Unies pour le d�veloppement et l'Organisation mondiale de la Sant�.
La milt�fosine est d�sormais homologu�e en Inde, o� l�on observe 50 % de la
charge mondiale de la leishmaniose visc�rale. Les autorit�s indiennes
esp�rent avec ce m�dicament pouvoir atteindre leur objectif d��liminer cette
maladie d�ici 2010.
La leishmaniose est l�une des maladies orphelines auxquelles l�OMS portent
unint�r�t particulier. Il s�agit de maladies qui affectent les populations
les plus d�munies dans le monde. Pr�s de 80 % des victimes de la
leishmaniose, par exemple, gagnent moins de 2 dollars US par jour. Pourtant,
ces pathologies n�attirent que relativement peu de financements et ne
retiennent pas beaucoup l�attention du grand public.
� C�est un progr�s fantastique, estime le docteur Gro Harlem Brundtland,
Directeur g�n�ral de l'OMS. Nous disposons d�sormais d�un moyen puissant de
lutte contre cette terrible maladie. Les efforts conjugu�s des partenaires
ont ouvert la voie � une nouvelle �re dans la lutte contre la leishmaniose
visc�rale. C�est ainsi que nous pourrons lib�rer les pauvres d�un de leurs
fl�aux. �
La leishmaniose est une parasitose qui se transmet par la morsure du
phl�botome, petit insecte silencieux. On la retrouve dans 88 pays. Si les
350 millions de personnes qui y habitent sont les plus expos�es, le risque
menace �galement ceux qui se rendent dans ces zones : adeptes du tourisme
aventurier, missionnaires, sp�cialistes du d�veloppement, soldats.
Les r�gions d�end�mie de la leishmaniose ont connu une extension importante
depuis 1993. Les d�placements massifs de populations renforcent l��pid�mie.
Les migrations importantes des campagnes vers les banlieues des grandes
villes au Br�sil, par exemple, y ont d�clench� de grandes flamb�es
�pid�miques. Au Soudan, une �pid�mie a tu� 100 000 personnes dans une r�gion
comptant moins d�un million d�habitants. Plus r�cemment, les co-infections
avec le VIH sont devenues plus fr�quentes. Les interactions des deux
maladies aggravent chacune d�elles en acc�l�rant l�apparition du SIDA et en
raccourcissant l�esp�rance de vie des personnes infect�es par le VIH.
Cette parasitose prend principalement quatre formes, la plus mortelle d�
entre elles �tant la leishmaniose visc�rale vis�e par le nouveau traitement.
Elle attaque le foie et la rate en provoquant des acc�s irr�guliers de
fi�vre et une perte de poids importante. Dans les pays en d�veloppement, o�
les patients ont souvent une nutrition insuffisante et un syst�me
immunitaire d�ficient, elle entra�ne syst�matiquement la mort en l�absence
de traitement.
On observe 90 % des cas dans cinq pays : l�Inde, pays le plus touch�, le
Bangladesh, le Br�sil, le N�pal et le Soudan.
Jusqu�� maintenant, tous les traitements avaient de gros inconv�nients.
Certains �taient toxiques et pouvaient entra�ner des s�quelles
irr�versibles, comme le diab�te. En Inde, on compte jusqu�� 60 % de cas de
r�sistance aux m�dicaments de premi�re intention. Les autres m�dicaments
d�clenchent des r�actions secondaires dangereuses entra�nant la mort d�
environ 9 % des patients trait�s. Certains traitements imposaient des
injections, d�autres une administration intraveineuse pendant 15 � 30 jours
� l�h�pital. Tous �taient si on�reux que la plupart des malades n�avaient
pas les moyens de se faire soigner.
Mais la milt�fosine vient bouleverser la donne. Elle est le fruit de la
collaboration entre le laboratoire allemand Zentaris et le programme de
recherche sur les maladies tropicales, parrain� par la Banque mondiale, le
PNUD et l�OMS. Le laboratoire, � l�origine une partie de ASTA Medica, avait
d�velopp� ce principe actif pour lutter contre le cancer du sein, mais un
chercheur, parrain� par le TDR, et affect� � la t�che de cribler les
nouvelles mol�cules, d�couvrit alors qu�il avait un effet sur les
leishmanies, tandis que les chercheurs allemands d�montraient son action
par voie orale. Avec l�aide financi�re et administrative du TDR, ainsi que
la coop�ration officielle des autorit�s indiennes, les essais cliniques,
suivant les meilleures pratiques de la r�glementation internationale, ont
�t� lanc�s sous l��gide de Zentaris. Le principe actif s�est av�r� tr�s
efficace, s�r et il a �t� homologu� par les autorit�s indiennes en mars de
cette ann�e. Son prix n�a pas encore �t� fix�, mais il sera sans doute bien
moins cher que les traitements actuels.
Il n�existe pas de m�dicaments sans effets secondaires et la milt�fosine n�
�chappe pas � la r�gle. Toutefois ils sont moins graves que ceux des
traitements actuels. On peut observer des vomissements, mais pas
imm�diatement apr�s l�absorption. Ces troubles sont en g�n�ral mod�r�s et ne
durent que quelques jours. A cause du risque potentiel pour le f�tus, il
faut faire attention lors de l�administration � des femmes en �ge de
procr�er. Certaines donn�es portant sur l�animal de laboratoire �voquent la
possibilit� d�un effet sur la sant� g�n�sique de l�homme. Jusqu�� pr�sent,
les �tudes cliniques ont �tabli qu�il ne s�agissait pas l� d�un v�ritable
probl�me, mais ce point sera contr�l�, avec d�autres propri�t�s du
m�dicament, lors des essais en phase IV qui commenceront en Inde en
juillet. Ces �tudes seront con�ues pour �valuer avant tout les performances
du m�dicament en situation r�elle et son impact potentiel � long terme dans
la lutte contre la leishmaniose.
Les chercheurs esp�rent voir appara�tre � l�avenir de meilleures m�thodes de
diagnostic de la leishmaniose visc�rale, ne n�cessitant pas de co�teux
mat�riels de laboratoire. Bien souvent en pays tropical, on confond ais�ment
la forte fi�vre occasionn�e par la leishmaniose avec le paludisme. Un test
facile d�emploi, applicable pr�s du domicile du patient, faciliterait
grandement la lutte contre la leishmaniose visc�rale. Les essais de kits
diagnostics, parrain�s par le TDR, sont en cours en Ethiopie, au Kenya et
au Soudan.
Adresse Internet : www.who.int/tdr