[e-med] Plus de transparence sur les liens entre médecins et l’industrie pharmaceutique (France)

Plus de transparence sur les liens entre médecins et l’industrie
pharmaceutique

Le Conseil d’État a validé l’essentiel du décret, dit « Sunshine Act »,
obligeant les industriels à publier leurs liens d’intérêts avec les
professionnels de santé

28/2/15 - 11 H 48 - Mis à jour le 28/2/15 - 12 H 42

http://www.la-croix.com/Actualite/France/Plus-transparence-sur-les-liens-entre-medecins-et-l-industrie-pharmaceutique-2015-02-28-1285902

Le Conseil d’État a rendu, vendredi 27 février, une décision importante
sur le sujet très sensible de l’éthique médicale. La haute juridiction a
validé l’essentiel du décret, dit « Sunshine Act », obligeant les
industriels à publier leurs liens d’intérêts avec les professionnels de
santé.

Il a également annulé une circulaire d’application jugée trop restrictive,
ce qui devrait amener plus de transparence sur les déclarations de
rémunérations.

Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) avait déposé un recours
en juin 2013, demandant l’annulation de ce décret qui ne répondait pas,
selon lui « aux exigences de transparence entre professionnels de santé et
industrie pharmaceutique ».

TOUT AVANTAGE SUPÉRIEUR À 10 €
Le sunshine Act est l’un des nombreux décrets d’application de la loi sur
le renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de
santé que le précédent ministre de la Santé Xavier Bertrand avait fait
voter en décembre 2011. Cette loi avait été élaborée à la suite du
scandale du Médiator.

< À Lire&#8201;: Les relations médecins-laboratoires

Depuis la parution du décret en 2013, tout avantage d’une valeur
supérieure ou égale à 10 € perçu par un professionnel de santé doit être
déclaré, les entreprises devant ainsi rendre publics les avantages en
nature ou en espèce qu’elles procurent.

Mais dans le cas de conventions passées entre des entreprises et des
praticiens, les montants des rémunérations peuvent être gardés secrets.
Seule l’existence d’une convention entre une entreprise et un
professionnel doit être déclarée.

Ces déclarations sont centralisées sur un site ministériel dédié
(https&#8201;://www.transparence.sante.gouv.fr).

UNE « VISION TRONQUÉE DES LIENS D’INTÉRÊTS »
Pour le Cnom, ce dispositif ne donne « qu’une vision tronquée des liens
d’intérêts », puisqu’il permet de connaître le prix d’un repas ou d’un
billet d’avion offert à un praticien se rendant à un congrès, « mais pas
les sommes versées à un orateur médecin en contrepartie de son
intervention », a rappelé un porte-parole de l’Ordre à l’AFP.

Si sa demande a été rejetée, l’Ordre s’est néanmoins félicité de la
décision du Conseil d’État d’annuler une partie de la circulaire
d’application de ce décret, jugé trop restrictif.

L’ORDRE DES MÉDECINS VEUT RÉÉCRIRE LE DÉCRET
En annulant des dispositions de la circulaire d’application, le Conseil
d’État rend la déclaration de ces rémunérations obligatoires&#8201;: «
demain, le site unique devra dire le docteur X a conclu un contrat de
collaboration avec le labo X pour un montant de 100 €, de 1.000, de 10.000
» estime-t-on au Cnom.

Saluant cette nouvelle donne, le président de l’Ordre des médecins Patrick
Bouet a néanmoins déclaré à l’AFP qu’il souhaitait « réécrire le décret »
en collaboration avec le ministère de la Santé si ce dernier « ne se pli
(ait) pas à cette nouvelle règle ».

De son côté, le ministère a estimé que « cette annulation pourrait
modifier les règles relatives à la publication des rémunérations des
professionnels de santé ».

« Les services du ministère sont en train d’analyser la décision du
Conseil d’État pour en tirer toutes les conséquences juridiques », a-t-il
expliqué, soulignant que le dispositif défini par le Sunshine Act
continuait de « fonctionner ».

UNE ÉVOLUTION DEPUIS 20 ANS
Souvent critiqué, le monde de la santé a pourtant pris, assez tôt,
diverses dispositions pour prévenir les conflits d’intérêts. En 1993, par
exemple, a été instaurée une « loi anti-cadeaux », renforcée à plusieurs
reprises au cours des années suivantes.

Depuis 2008, un visiteur médical travaillant pour un laboratoire n’a plus
le droit de remettre à un médecin le moindre objet (même un stylo ou des
post-it) ni des échantillons de médicaments. Toute invitation à un congrès
ou à une soirée de formation financée par l’industrie doit aussi être
déclarée auprès de l’Ordre qui juge de son bien-fondé.

Dès 1994, l’Agence du médicament avait aussi obligé ses experts à faire
des déclarations d’intérêts.

LA CROIX

Le "sunshine Act" semble être une bonne chose. Reste à l'étendre aux autres conflits d’intérêts, je pense aux relations entre les industriels et les politiques. Ce sunshine act devrait d'abord s'appliquer aux sociétés de lobby afin de les obliger à signaler tout échange de plus de 10 Euros avec des fonctionnaires en activité. A mon avis les résultats seraient bien meilleurs qu'en limitant la sphère aux seuls médecins. Et cela est valable pour tous les secteurs, santé ou autre.

Jean Louis Roche