[e-med] Un « plan Marshall » contre Ebola

(2 articles, sur le sujet, quels seront les effets collateraux de cette initiative?...CB))

Ebola : les pays touchés demandent une aide massive
Le Monde.fr avec AFP Le 04.03.2015 à 09h55 • Mis à jour le 04.03.2015 à 10h47
http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2015/03/04/ebola-les-pays-touches-demandent-un-plan-marshall_4586975_3212.html

Les trois pays d’Afrique de l’Ouest touchés par le virus Ebola ont demandé
à la communauté internationale de leur apporter une aide financière
massive, lors d’une réunion organisée à Bruxelles, mardi 3 mars.

« L’impact d’Ebola sur nos économies a été profond », a plaidé la
présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf. Accompagner le redressement
de la région « va requérir des ressources significatives, même un plan
Marshall » sur le modèle du plan américain de reconstruction de l’Europe
après la Seconde guerre mondiale, a-t-elle ajouté.

La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone vont « présenter un plan régional
», a indiqué son homologue guinéen Alpha Condé. « Nous avons besoin d’une
annulation de la dette et d’un plan Marshall car c’est comme si nous
sortions d’une guerre », a-t-il insisté. Il a aussi appelé les pays
donateurs « à débourser les aides promises ».

« Débourser ce qui a été promis »

Sur 5,1 milliards de dollars engagés, 2,4 milliards ont été versés. Les
coprésidents de la conférence ont souligné l’importance « de couvrir un
déficit immédiat de financement de 400 millions de dollars » pour
notamment financer équipes et matériel médical, et soutenir les salaires
du personnel de santé.

« L’UE n’est pas opposé à rehausser le soutien, mais il faut d’abord
débourser ce qui a été promis », a déclaré à l’AFP Claus Haugaard
Sorensen, chef du Service européen d’aide humanitaire Echo.

Le FMI a accordé lundi à la Sierra Leone une extension de crédit et un
allégement de dette pour un montant total de plus de 187 millions de
dollars. Il avait déjà fait don début février de 100 millions de dollars
aux trois pays pour leur permettre d’alléger leur dette. Chute de 12 % du
PIB de la zone, systèmes de santé sinistrés avec le risque d’un regain du
sida ou de la malaria, chute de la production agricole , secteur minier
affecté : la conférence a mis en lumière l’ampleur des défis.

« Zéro cas » en avril

Il faut reconstruire « de manière urgente les services sociaux », en
particulier en matière de santé et d’éducation, a relevé le président de
Sierra Leone, Ernest Bai Koroma. L’accès à l’eau et l’assainissement ont
aussi été identifiés comme des priorités. Les trois dirigeants ont fait
front commun contre tout relâchement des efforts pour arriver au « zéro
cas ». Mme Sirleaf a rappelé qu’ils s’étaient fixés mi-avril pour
atteindre cet objectif.

Après un « manque de coopération », qui a contribué à la propagation de la
fièvre hémorragique, « cette réponse régionale est une première et c’est
intéressant », s’est félicitée la secrétaire d’État française au
Développement, Annick Girardin.

Tous les participants - agences de l’ONU, Banque mondiale, ONG,
délégations européennes, américaine, chinoise ou cubaine - ont insisté sur
ce renforcement de la mobilisation. Arriver au zéro cas « va être une
tâche très difficile et méticuleuse », a toutefois mis en garde le
coordinateur de l’ONU pour la lutte contre l’épidémie, David Nabarro.

Sur la bonne voie

Depuis l’automne, les nouveaux cas ont été divisés par dix, passant de
quelque 900 à une centaine en moyenne par semaine, selon l’ONU. Quoique
tardif, le sursaut international a aussi empêché l’épidémie, qui a fait
plus de 9 700 morts recensés, de s’installer dans le reste de l’Afrique de
l’Ouest.

Si le Liberia est sur la bonne voie, la tendance est repartie à la hausse
dans certaines zones côtières de Guinée et de Sierra Leone, avec une
persistance de foyers aléatoires. Parmi les priorités, la mise en place
d’équipes sanitaires volantes. « La réponse doit être plus mobile et
flexible, gagner les zones rurales, tracer chaque cas », a relevé le
coordinateur de l’UE contre Ebola, Christos Stylianides.

Il faut aussi convaincre les « communautés qui résistent encore »
d’adopter les bonnes pratiques, a souligné Ismaïl Ould cheikh Ahmed, qui
dirige la mission de coordination des Nations Unies. En matière de
personnel, « il manque encore de 200 à 300 spécialistes de santé publique
», à trouver surtout en Afrique pour plus d’efficacité, a précisé David
Nabarro.

Le plan d’aide demandé par les trois pays devraient à nouveau être discuté
lors d’une réunion conjointe de la Banque mondiale et du FMI du 16 au 18
avril puis en juin avec une conférence des Nations Unies.