Utilisation rationnelle des médicaments : Une étude transversale en Mauritanie

Chers E-mediens,
je suis heureuse de partager notre récente publication sur l’utilisation rationnelle des médicaments en Mauritanie, qui est disponible en libre accès à IPRP_A_447664 17…29 (dovepress.com).
L’article est en anglais, mais ci-dessous, j’inclue le résumé en français :

Introduction : L’utilisation rationnelle des médicaments est essentielle pour prévenir les effets indésirables des médicaments, obtenir des résultats thérapeutiques et optimiser les coûts de traitement. Alors que l’usage irrationnel des médicaments est fréquemment rapporté en Afrique subsaharienne, à notre connaissance, aucune étude formelle n’a été menée en Mauritanie jusqu’à présent. L’objectif principal de cette étude était donc d’analyser l’utilisation rationnelle des médicaments dans les formations sanitaires publiques et privées à but non lucratif, dans cinq districts sanitaires de Mauritanie.
Méthodes : Nous avons mené une étude transversale pour évaluer l’utilisation rationnelle des médicaments. Nous avons utilisé les indicateurs standards dérivés des méthodologies de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et du Réseau International pour l’Utilisation Rationnelle des Médicaments (INRUD). Les données ont été collectées prospectivement à partir de 1050 ordonnances/patients, dans trente-et-un postes/centres de santé publics et privés à but non lucratif dans cinq districts sanitaires. Les données ont été analysées à l’aide du logiciel Statistical Package for the Social Sciences. Une valeur P inférieure à 0,05 avec un intervalle de confiance de 95 % a été considérée comme significative pour les associations dans les tests statistiques.
Résultats : Le nombre moyen de médicaments par ordonnance était de 2,21 ; 83,1% (1931/2325) des médicaments étaient prescrits par nom générique, mais seulement 54% (1253/2325) figuraient sur la Liste Nationale des Médicaments Essentiels (LNME).Des antibiotiques ont été prescrits dans 62,4% (655/1050) des consultations et des médicaments injectables dans 15,6% (164/1050) des consultations. La durée moyenne de la consultation était de 16,32 minutes et la durée moyenne de la délivrance était de 97 secondes. Les médicaments délivrés étaient correctement étiquetés et 83% (871/1050) des patients ont respecté le schéma d’administration correct. Le NEML, et le “NEML restreint” pour 76 médicaments couramment utilisés, étaient disponibles dans tous les établissements de santé interpellés, mais les directives thérapeutiques nationales n’étaient disponibles que dans 60,26% d’entre eux.
Conclusion : Nos résultats indiquent un excès possible de prescriptions d’antibiotiques et un manque probable de connaissance des directives thérapeutiques nationales. Il est nécessaire d’étudier plus en détail les schémas de prescription par rapport aux directives thérapeutiques spécifiques à chaque pathologie, et d’étudier qualitativement les facteurs qui contribuent à la prescription irrationnelle observée. En outre, il semble important de former le personnel local à l’utilisation rationnelle des médicaments.

Avec mes meilleurs vœux,

Raffaella Ravinetto
Pharmaceutical Public Health
Institute of Tropical Medicine, Belgium
www.itg.be / Pharmaceutical Public Health | Institute of Tropical Medicine (itg.be)
Thanks for not printing this email unless strictly necessary

2 Likes

Dear colleague,

Many thanks for sharing with us this Great and excellent job done. Let’s have a look on it !

Chère Raffaella,

Je vous remercie d’avoir réalisé cette étude. Elle est très claire et ses résultats seront utiles pour ceux d’entre nous qui travaillent en Mauritanie.

Je n’ai qu’une question sur la méthodologie. Si je ne me trompe pas, le guide de l’OMS (How to investigate drug use in health facilities: selected drug use indicators ; 1993) propose une batterie d’indicateurs, mais sans définir de valeurs optimales. J’ai vérifié vos citations et, dans ces études, la source originale n’est pas claire non plus (en fait, dans certaines références aux valeurs optimales, le guide de l’OMS est également cité).

Je pense que ces indicateurs sont très utiles en raison de leur universalité et de leur simplicité, même s’ils ont été définis en 1993. Toutefois, je ne vois pas clairement d’où proviennent les valeurs optimales ou de référence (peut-être sont-elles énoncées dans le guide de l’OMS lui-même et je les ai ignorées).

Merci beaucoup.

Salutations,