[e-med] (2) Communautés de Pratique : un bilan pour 2014 et des projets pour 2015

Les Communautés de Pratiques de « Harmonization for Health in Africa »
(HHA), des smart organisations ?
PAR THE EDITORIAL TEAM
<http://www.santemondiale.org/ihpfr/author/beheerder/&gt; · LE 8 JANVIER 2015
·

Par Maymouna BA <https://www.linkedin.com/pub/maymouna-ba/6b/429/864&gt;,
Socioanthropologue, CREPOS, Dakar-Sénégal

http://www.santemondiale.org/ihpfr/2015/01/08/edito-les-communautes-de-prat
iques-de-harmonization-health-africa-hha-des-smart-organisations/

Du 12 au 13 décembre 2014 s'est tenue à Rabat la 2ème rencontre annuelle
des promoteurs et facilitateurs des Communautés de Pratiques de HHA. Dans
ce billet de blog, Maymouna BA partage les moments
forts de cet atelier. Elle revient sur les forces, les faiblesses, mais
aussi les perspectives d'avenir de ce modèle de gestion des connaissances
appliqué aux programmes de santé.

La gestion des connaissances constitue un défi dans la mise en ¦uvre des
programmes de santé dans les pays à faibles revenus. Les communautés de
pratiques (CdP) entendent combler cette lacune et se veulent des
plateformes efficaces dans ce domaine. La 2ème rencontre annuelle des
promoteurs et facilitateurs des CdP de HHA, qui s'est tenue du 12 au 13
décembre à Rabat, montre que ces dernières s¹inscrivent bien dans cette
voie. Cet atelier, qui a réuni une vingtaine de participants, avait pour
objectif de dresser le bilan des CdP et de relever les défis et
perspectives.

Les CdP se distinguent dans le paysage international par leur caractère
informel et virtuel. Cette spécificité, qui peut paraitre à bien des
égards comme une faiblesse[1]
<http://www.santemondiale.org/ihpfr/2015/01/08/edito-les-communautes-de-pra
tiques-de-harmonization-health-africa-hha-des-smart-organisations/#_ftn1>,
fait en réalité leur force. En effet, depuis leur apparition en 2010, les
CdP se sont davantage structurées. Elles se sont agrandies en nombre et
ont renforcé leur assise spatiale (présence dans presque toutes les
régions du monde). Tout en réaffirmant leur ancrage au mécanisme HHA,
elles ont exploré des synergies entre elles mais aussi avec d¹autres
formes de réseaux.

L'originalité de la contribution des CdP réside dans leur démarcation par
rapport à un modèle classique de partage des connaissances.

L'institution d'un modèle collaboratif bottom up « accroche » à plus d¹un
titre. Ce modèle innovant, qui « casse » la distance entre détenteurs de
savoirs évoluant dans des sphères et niveaux de responsabilités
différents, valorise l'expression d¹expériences multiples et riches. Les
CdP, notamment « Financement Basé sur la Performance » et « Accès
Financier aux Soins de Santé », se positionnent aujourd'hui comme des
plateformes de référence pour le partage des connaissances dans le
financement de la santé. Ces deux CdP mènent d'ailleurs un projet de
recherche collaboratif, le projet Muskoka, qui analyse les défis de la
Couverture Universelle en Santé dans une dizaine de pays francophones
d'Afrique de l'Ouest. Cette recherche contribue à donner plus de
légitimité aux CdP en termes de stratégies d'extension des savoirs. Les
CdP naissantes (« Prestations des Services de Santés
<https://hhacops.org/cop-hsd-pss-bilingual&gt;» (PSS), « Planification et
Budgetisation des Services de Santé
<https://hhacops.org/cop-pbss-hspb-bilingual&gt; », « Ressources Humaines en
Santé <https://hhacops.org/hrh-cop&gt;»\) comptent ainsi suivre leurs pas et
s'activent dans la même lancée.

Les membres des CdP se révèlent donc être des acteurs de changement. Elles
détiennent une force de mobilisation réelle, laquelle suscite un intérêt
grandissant chez les organisations qui ¦uvrent pour les mêmes objectifs, à
savoir le renforcement des systèmes de santé africains. En témoignent
l'intégration de la CdP AFSS comme membre consultatif du Groupe de travail
régional de l¹UEMOA et les multiples collaborations en cours avec
plusieurs institutions.

Il faut dire que la force des CdP réside dans leur capacité à s'intégrer
dans un processus apprenant. A l¹instar des smart phones, elles
s'ajustent aux opportunités nouvelles, mettent à jour leurs stratégies
d'action et n'hésitent pas à tester de nouvelles « applications ». Les CdP
ont ainsi diversifié leurs méthodes de partage des connaissances. Les
rencontres face à face se sont multipliées. Les webinaires sont venus
enrichir les forums de discussion, bulletins d¹information et autres
blogs. La participation active des CdP à des conférences
internationales[2]
<http://www.santemondiale.org/ihpfr/2015/01/08/edito-les-communautes-de-pra
tiques-de-harmonization-health-africa-hha-des-smart-organisations/#_ftn2>,
à travers la tenue de stand, l¹organisation de session satelliteŠ) a
amélioré leur visibilité. La migration de certaines CdP vers la plateforme
« knowledge gateway » entre dans cette dynamique de positionnement.

Forte de tous ces acquis, les CdP étalent aujourd¹hui de grandes
ambitions. D'autres projets multi-pays de recherche-action sont déclinés,
à l'instar de celui sur l'épidémie d¹Ebola que va explorer la CdP PSS.
Toujours dans l'optique de l'innovation, ce projet compte investir les
réseaux sociaux dans sa démarche de recueil et de diffusion de
l'information. Le développement d'un projet en ligne (wiki projet) qui va
produire un système de gratifications en fonction des contributions des
membres, s'inscrit dans la même dynamique ; tout comme l'expérimentation
d'un « hub CoP PBF » en RDC ou le développement de séries de wébinaires en
2015 <https://hhacops.org/webinars&gt;\.

Les défis sont cependant importants. Ils sont liés à la facilitation et la
modération d¹une part (en terme de motivation et des compétences
requises). D¹autre part, la participation active des membres constitue
toujours un goulot d¹étranglement. Ces défis font que même si le rôle des
CdP dans le renforcement des systèmes de santé n¹est plus à démontrer,
elles restent fragiles et peinent à exploiter pleinement les nombreuses
opportunités de partenariats à leur portée.

Nous, membres des CdP, devons donc nous montrer smart et exploiter au
mieux les perspectives qui se dessinent de plus en plus clairement. Le
devenir des CdP dépendra de la visibilité et de la crédibilité que nous
continuerons à lui apporter. Il est fonction de nos contributions
régulières et des nos fructueux échanges. Il est aussi soumis à notre
engagement actif et notre volonté à se constituer en relais avec nos
réseaux respectifs, de sorte à enrôler toute personne que nous jugeons
capable d'apporter de l'enthousiasme et du dynamisme. Bref, il nous
appartient tout simplement de faire vivre la flamme CdP, si nous voulons
faire pleinement profiter de cette innovation à nos systèmes de santé.

[1]
<http://www.santemondiale.org/ihpfr/2015/01/08/edito-les-communautes-de-pra
tiques-de-harmonization-health-africa-hha-des-smart-organisations/#_ftnref1

Le manque de personnalité juridique des CdP limite leur potentiel en
termes de levée des fonds

[2]
<http://www.santemondiale.org/ihpfr/2015/01/08/edito-les-communautes-de-pra
tiques-de-harmonization-health-africa-hha-des-smart-organisations/#_ftnref2

Bonjour Carinne,

Merci pour ce partage de rapport.

L'approche Bottom-Up, avec une participation à la base, est très utile pour identifier les faiblesses des systèmes voire les défaillances majeures.

Maintenant, je pense qu'on ne peut pas échapper aux stratégies Top-Down si on veut bâtir des systèmes de santé public forts et cohérents par rapports aux priorités de santé publique.
Il faut déjà avoir une vision extrêmement claire des priorités de santé sur chaque pays, ce n'est pas le cas. L'article dans le monde écrit par des personnes de l'AFD met bien en évidence la problématique des schémas verticaux. On ne peut plus lancer des initiatives privées dans tous les sens quand la cartographie épidémiologique est bien souvent sur de nombreux pays opaque ou au moins très partielle.

Le renforcement des systèmes publiques est indispensable. Les acteurs privés ne sont pas en capacité d'avoir des actions systémiques, ni d'être efficaces sans un système public fort.
Le mot innovation pour qualifier de nombreux projets de santé en Afrique a été trop utilisé. Les schémas verticaux n'ont eu de cesse de dire qu'ils avaient des financement innovants et des activités innovantes. Stoppons la course à "l'innovation" et revenons à des choses simples et soldes qui fonctionnent correctement pour tous.

Et personnellement, je ne suis pas pour l'harmonisation coute que coute des systèmes de santé. Parce qu'à chaque fois, ce sont des organisations internationales ad-hoc qui prennent le leadership avec le succès qu'on connait. Un pays, des priorités de santé spécifiques, un système de santé adapté. Chaque pays doit aller à sa vitesse, en toute transparence, en se focalisant sur ses priorités et en corrigeant ses principales faiblesses.

Bonne journée,

Bertrand Livinec