[e-med] (2)N�gociations � l�OMC

E-MED: (2)N�gociations � l�OMC
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Des m�dicaments g�n�riques pour les pays pauvres

Swissinfo - Friday, 15th November [Back]

Les pays pauvres doivent pouvoir importer des m�dicaments g�n�riques pour
lutter contre le sida, la malaria et la tuberculose.

A Sydney, les ministres de 25 pays membres de l'OMC ont suivi sur ce point
la position de la Suisse et celle les Etats-Unis

Telle est la position que Pascal Couchepin, ministre suisse de l'�conomie,
est venu d�fendre � la �mini-minst�rielle� de Sydney, qui s'est achev�
vendredi.
Lanc� lors du Sommet de Doha l'an dernier, le cycle de n�gociations de
l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les m�dicaments doit en
principe aboutir � un accord avant la fin de l'ann�e.
C'est donc pour aplanir certaines divergences que l'Australie a convoqu� 25
ministres (dont 18 des pays d�velopp�s) pour deux jours � Sydney.

Commerce Sud-Sud

Un des enjeux majeurs de ces discussions est d'accorder aux pays qui n'ont
pas les moyens de fabriquer eux-m�mes des m�dicaments g�n�riques le droit de
les acheter � d'autres pays mieux lotis.
Des nations comme le Br�sil ou l'Inde ont en effet d�j� une industrie
pharmaceutique bien d�velopp�e, m�me si elle est essentiellement ax�e sur
les g�n�riques.
Par �g�n�riques�, on entend des m�dicaments dont la formule n'est plus
prot�g�e par un brevet. Ces pr�parations sont g�n�ralement bon march�, car
les firmes qui les produisent peuvent s'�pargner les frais de recherche et
de d�veloppement.

Une gifle pour les pays du Sud

Tel qu'il semble se dessiner � l'issue de la r�union de Sydney, le compromis
lib�raliserait donc ce commerce entre pays pauvres, mais seulement pour les
m�dicaments destin�s � lutter contre trois maladies mortelles: le sida, la
malaria et la tuberculose.
De quoi d�cevoir Fran�ois Meinenberg, de la D�claration de Berne, une
organisation qui s'engage pour un commerce Nord-Sud plus �quitable.
�La position d�fendue par la Suisse et les Etats-Unis a fini par l'emporter,
constate-t-il. C'est une gifle pour les pays du Sud, qui attendaient un
accord bien plus large.�

Un pas dans la bonne direction

Plus nuanc�, Bernard Hirschel, chef de l'unit� VIH / sida � l'H�pital
universitaire de Gen�ve salue le fait que l'on discute enfin de
l'approvisionnement en m�dicaments des pays qui n'ont pas les moyens de les
acheter au Nord.
�On vient de faire un pas vers la reconnaissance de quelque chose qui est de
toute fa�on in�vitable, et qui dans certains cas existe d�j�, se r�jouit le
professeur genevois.
Actuellement toutefois, les r�gles admises par l'OMC n'autorisent les pays
en voie de d�veloppement � s'approvisionner en g�n�riques qu'aupr�s d'un
nombre limit� de fournisseurs.

Des enjeux �normes

Les enjeux �conomiques, on s'en doute, sont �normes. Et il n'est pas
�tonnant de voir les pays o� l'industrie pharmaceutique est tr�s puissante -
comme la Suisse et les Etats-Unis - essayer de prot�ger leurs entreprises.
En Suisse, Novartis est d�j� bien actif dans le secteur des g�n�riques, o�
il a r�alis� 7% de ses 32 milliards de francs de chiffre d'affaires en 2001.
Et le g�ant b�lois est en discussions pour racheter Lek, une marque slov�ne
qui ne fait que du g�n�rique.
�Pour nous, cela reste malgr� tout un petit business, temp�re Felix Raeber,
porte-parole de Novartis. D'ailleurs, 90% de nos g�n�riques sont fabriqu�s
en Autriche.�

La peur de l'invasion

Pour la chimie b�loise, l'enjeu majeur ne serait donc pas le commerce de
g�n�riques entre pays pauvres, mais bien le risque de voir les march�s du
Nord envahis par des g�n�riques fabriqu�s au Sud.
Aux craintes exprim�es dans ce domaine par Felix Raeber r�pondent celles
d'Horst Kramer, porte-parole de Roche, qui affirme que cette invasion a d�j�
commenc�.
�Le d�veloppement d'un nouveau m�dicament co�te tr�s cher, rappelle Horst
Kramer. Si nous voulons continuer � faire de la recherche, nous avons besoin
d'un retour sur investissement. Il est donc vital pour nous d'�viter
l'importation de g�n�riques sur nos march�s.�

Rivaux mais compl�mentaires

Une analyse que ne conteste pas Daniel Berman, de la section suisse de
M�decins sans fronti�res. Selon lui, les malades du Sud ont autant besoin
des multinationales de la pharmacie que des fabricants locaux de g�n�riques.
�Nous ne r�soudrons pas le probl�me du sida en Afrique uniquement avec des
g�n�riques, ni uniquement avec Roche ou Novartis. Nous avons imp�rativement
besoin des deux�, admet Daniel Berman.

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