Bernard Kouchner écarté de la course à la direction de l'OMS
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 06.11.06 |
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Bernard Kouchner, ancien ministre socialiste de la santé et ancien représentant de l'ONU au Kosovo, était donné parmi les favoris. Son activisme et ses projets de réforme séduisaient beaucoup de pays, mais ils ont également pu en effrayer d'autres, soucieux de préserver le caractère feutré de l'institution. Il a été éliminé, lundi 6 novembre, au troisième tour de scrutin du conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a-t-on appris de source diplomatique.
Onze candidats étaient initialement en lice pour succéder au Sud-Coréen Lee Jong-wook, terrassé par une attaque cérébrale durant une réunion de travail, le 22 mai. Lors d'une réunion à huis clos, le conseil exécutif, où siègent trente-quatre pays, a sélectionné cinq d'entre eux, qui subiront mardi un "grand oral". Mercredi, le conseil exécutif annoncera le nom de la personnalité dont la nomination devra être approuvée le lendemain par l'Assemblée de l'OMS, forte de cent quatre-vingt-treize Etats membres.
HANDICAP POUR LES ASIATIQUES
Le conseil exécutif a donné l'avantage aux candidats du sérail, qui connaissent les rouages de l'organisation. Trois candidats travaillant actuellement au sein de l'OMS figurent dans la liste : le Koweïtien Kazem Behbehani, la Chinoise Margaret Chan et le Japonais Shigeru Omi. Le Mexicain Julio Frenk connaît lui aussi l'institution puisqu'il était directeur exécutif de l'OMS avant de prendre à Mexico le portefeuille de la santé, voilà six ans. La ministre de la santé espagnole, Elena Salgado, fait figure d'outsider, notamment parce qu'elle n'est pas médecin.
Le Mexicain Julio Frenk se voulait le candidat du consensus, ce qui lui a permis de passer le premier barrage, en dépit de relations jugées par certains trop conciliantes avec le lobby de l'industrie du tabac dans son pays.
La Chinoise Margaret Chan, tout comme le Japonais Shigeru Omi ont certainement bénéficié de l'expérience et du prestige acquis en 2003 dans leur lutte réussie contre le SRAS. Mais, après la récente élection au poste de secrétaire général de l'ONU du Sud-Coréen Ban Ki-moon, la règle non écrite de répartition géographique des postes stratégiques de l'ONU pourrait affaiblir leur position. Tout comme celle du Koweïtien Kazem Behbehani, dont le pays est considéré par l'ONU comme faisant partie de l'aire asiatique.