[e-med] Afrique: Stratégies pour réduire la mortalité maternelle

Afrique: Stratégies pour réduire la mortalité maternelle
http://www.afriquejet.com/actualite/1708-afrique-strategies-pour-reduire-la
-mortalite-maternelle.html

L'Afrique invitée à intensifier ses stratégies pour réduire la mortalité
maternelle - La sixième conférence africaine sur la santé et les droits
sexuels a pris fin vendredi à Yaoundé, la capitale camerounaise, en
recommandant, entre autres, aux pays africains d'intensifier leurs
stratégies pour réduire la mortalité maternelle.

Selon la conférence, les pays africains doivent développer une nouvelle
approche qui aidera à réduire le fléau de la mortalité maternelle à
travers des allocations de ressources adéquates, des plaidoyers, la
recherche, le renforcement des capacités et l'accès, aussi bien à la santé
sexuelle que reproductive.

La conférence, qui s'était ouverte lundi sur le thème:' Éliminer la
vulnérabilité des femmes et des jeunes filles; et droits à la santé
sexuelle et reproductive en Afrique', a réuni plus de 500 participants
venus d'Afrique et d'autres régions du monde.

En effectuant un rapide survol de la mortalité maternelle en Afrique, les
participants ont observé des efforts dans bien des pays africains pour sa
réduction, mais en dépit des financements venant des agences de donation
internationales, le continent reste toujours vulnérable.

Ils ont indiqué que la mortalité maternelle était un défi auquel l'Afrique
doit faire face, mais la volonté politique n'est pas assez affirmée et on
enregistre des décès évitables dans beaucoup de cas, si seulement l'accès
aux soins de santé était amélioré.

Les femmes enceintes ont besoin d'un accouchement sans risque, mais en ce
moment, au Ghana par exemple, plus de 30 pc des femmes donnent naissance
sans assistance ou avec l'aide d'une voisine.

Au moins une femme ghanéenne sur quatre a un besoin non satisfait en
matière de planning familial.

Les participants ont également noté que la bonne santé des mères était
incontournable pour atteindre les autres Objectifs de développement.

L'Objectif N°5 de développement du millénaire, qui appelle à la réduction
de la mortalité maternelle au ratio de 75 pc et un accès universel aux
services de reproduction en l'an 2025, montre ses plus lents progrès au
Ghana et dans d'autres pays comme le Nigeria et la Sierra-Leone.

Investir dans la santé de la reproduction, c'est investir dans le futur de
la femme et de sa famille, aussi bien dans la productivité économique et
la stabilité de la nation à long terme.

Aller à la rencontre des besoins essentiels des femmes fera baisser le
taux de mortalité maternelle, la prévention des grossesse non désirées
étant l'un des chemins les plus effectifs pour prévenir les décès à la
suite d'accouchements, ont-ils déclaré.

'En 2001, les dirigeants africains ont promis d'allouer au moins 15 pc de
leurs budgets nationaux à la santé. Mais plus de dix années après,
beaucoup de pays n'ont pas encore atteint cet objectif. Même mon pays le
Cameroun n'a pas tenu la promesse. S'ils avaient alloué plus de ressources
utilisées de manière judicieuse, nous serions déjà loin dans ce domaine,'
a indiqué le Dr; William Takay.

Il a constaté que son pays n'avait pas fait beaucoup de progrès dans la
réduction de la mortalité maternelle à cause de la rigueur de la politique
économique appliquée avec le Programme d'ajustement structurel qui a
conduit à la réduction radicale des salaires des fonctionnaires, des
financements dans le domaine de la santé et la fermeture de toutes les
écoles de sages-femmes.

Cependant, inquiet des développements pris par le fléau des mortalités
maternelles, le gouvernement camerounais a commencé à mettre en oeuvre des
programmes qui comprennent notamment une mobilisation des finances, la
surveillance et l'évaluation, le renforcement des capacités, la
communication et la sensibilisation sexuelle des populations.

Le directeur des services techniques du Conseil national du planning
familial du Zimbabwe, le Dr. Edmore Munongo, a indiqué qu'une croissance
régulière dans l'utilisation des préservatifs passée de 35 pc en 1984 à 60
pc en 2006, a été enregistrée à cause de ces différents programmes d'éveil.

'Nous avons toujours des besoins insatisfaits au niveau du planning
familial sur une moyenne régionale évaluée à 13 pc. Nous avons encore des
difficultés à atteindre certaines zones et il y a des questions
culturelles et religieuses auxquelles il faut faire face. La connaissance
du planning familial et des contraceptifs est élevée maintenant, nous
avons reçu des soutiens notables de donateurs qui nous ont permis
d'intensifier les informations sur la santé sexuelle et reproductive',
a-t-il ajouté.

Le Dr. Patrick Aboagye des services de santé du Ghana a indiqué que dans
son pays les questions de santé maternelle sont plus considérées comme des
problèmes de développement, insistant sur le fait qu'il a été donné plus
de priorité aux questions de gouvernance et de responsabilité, avec la
donation de 10 pc de leurs salaires par les autorités gouvernementales
pour aider à réduire la mortalité maternelle.

Pour sa part, le Pr. Friday Okonofua de la Fondation Ford à Lagos a
insisté sur le besoin de plus de recherches sur l'état de la sexualité des
Africains par des Africains, en indiquant qu'il existe un énorme déficit
de connaissance sur le continent qui exige une intervention rapide.

Selon lui, 'les publications et les recherches effectuées par les
africains sont en nombre limité. La plupart de nos connaissances sur la
sexualité en Afrique nous viennent de l'extérieur, de ce fait, nous ne
comptons que sur ce que les organisations de recherches internationales
font.

Mais elles manquent d'une connaissance profonde de l'Afrique. Nous avons
besoin de nous embarquer dans le renforcement des capacités, nous avons
besoin d'institutions qui s'investissent sur ce que nous ignorons. Nous
avons besoin d'une intégration systématique des études universitaires et
post-universitaires pour avoir des données fiables'.

En outre, les participants ont également suggéré le besoin d'intensifier
l'utilisation d'accoucheuses qualifiées et compétentes et une attention
sur la qualité des contraceptifs importés en Afrique, du fait que la
plupart de ces produits sont en dessous des normes internationales.

Pana 09/02/2014

Chers tous,

Ce problème ne sera résolu que si dans nos pays il a un engagement
politique avéré de "réhabiliter" nos systèmes de santé et de les rendre
accessible à la majorité de nos populations. Des stratégies "parcellaires"
ne sont que des "oasis des succès"

Franck Biayi
Pharmacien