Chers e-médiens,
Je vous soumets mon analyse de ce rapport : WHO Bulletin publishes Foundation's latest research: how big pharma addresses access to hepatitis C drugs
http://www.accesstomedicineindex.org/who-bulletin-publishes-foundations-latest-research-how-big-pharma-addresses-access-hepatitis-c-drugs
J’y vois trois inconvénients majeurs :
1- Le rapport prend pour acquis que les stratégies des laboratoires dans les PRFI sont des stratégies qui ont pour objectif d’améliorer l’accès, alors que ce sont aussi (surtout ?) des stratégies commerciales. Que dire par exemple du fait qu’en signant des accords de licence volontaire avec les principaux génériqueurs indiens, les labos transforment leurs principaux adversaires (concernant les DPI) en partenaires commerciaux ?
2- L’analyse de l’impact réel de ces stratégies sur l’accès est limitée (par exemple le rapport ne dit pas qu’une grande partie des pays inclus dans le champ géographique des licences volontaires n’ont pas de brevet pour les nouveaux traitements et n’ont donc pas besoin d’être « autorisés » à acheter des génériques).
3- Le rapport donne à penser qu’il est de la responsabilité/volonté des laboratoires pharmaceutiques de permettre l’accès aux médicaments alors qu’il s’agit d’abord et avant tout de la responsabilité des gouvernements qui pour se faire disposent d’outils de contrainte des industriels (comme la licence obligatoire par exemple). Ce type d’approche risque justement d’affaiblir ces outils en faisant croire que l’accès aux médicaments relève des industriels.
4- Le rapport oublie de mentionner la question de l’enregistrement des médicaments dans les pays qui est une composante essentielle de l’accès et pour l’hépatite C est aujourd’hui un réel problème !
Bien à vous,
Céline Grillon
Médecins du Monde